On l'oublie trop souvent – paradoxalement, les étudiants eux-mêmes –, mais le deuxième cycle universitaire dans le domaine des Sciences historiques et artistiques est, fondamentalement, celui dont l'objet est d'introduire le candidat à la recherche et à son monde.
Le présent volume découle d'un colloque qui s'inscrit pleinement dans cette optique, car il permet à des étudiants de master et, dans une moindre mesure, de troisième année de licence de se soumettre à une première expérience de communication dans un cadre scientifique formel (une pratique qui est encore rare en France).
Les contributions ont été sélectionnées par un comité scientifique formé d'enseignants-chercheurs et les articles qui en émanent ont aussi été soumis à la critique, via une relecture par le comité éditorial. Pour autant, celui-ci a fait le choix de respecter au maximum l'expression et la pensée de leurs auteurs qui sont, il faut le rappeler, des chercheurs en herbe.
En outre, le lecteur relèvera peut-être l'absence d'unité des diverses contributions ici réunies. Celle-ci a été délibérément voulue. L'idée n'était pas d'offrir un volume sur un thème cohérent, mais de rendre compte de la diversité et de la richesse des études en Sciences historiques et artistiques menées par les étudiants de Lille, de Boulogne-sur-Mer et d'ailleurs.
Que savons-nous des relations culturelles franco-allemandes? ARTE bien sûr, mais encore? Ce dictionnaire informe sur les acteurs des relations culturelles bilatérales, les institutions, la nature des échanges, les circulations et les évolutions. Tout n'a pas commencé en 1963 avec le traité de l'Élysée et l'Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ) grâce auquel plus de 9 millions de jeunes des deux pays ont appris à se connaître ces six dernières décennies. Les relations, en grande partie anéanties par la guerre, ont repris dès la seconde moitié des années 1940 grâce à l'engagement de médiateurs souvent méconnus. Qu'on pense aux premiers jumelages noués avec des villes de RFA et de RDA aussi! Après une première partie synthétique présentant le cadre général des relations franco-allemandes, ce dictionnaire rassemble plus de 350 notices. Près de 200 spécialistes tirent le bilan des réalisations, mais aussi des problèmes qu'il reste à surmonter dans une Europe et un monde en pleine mutation.
Dans un contexte de reconfiguration des principales structures de socialisation, d'accroissement et d'apparition de nouvelles inégalités, les parcours de vie apparaissent de plus en plus incertains et hésitants. Cette évolution des normes institutionnelles entraîne une responsabilisation accrue des individus dans la conduite de leurs transitions biographiques, dans la construction du sens de leur trajectoire et de leur identité. Ainsi l'injonction à se raconter, à construire son parcours, à lui donner du sens, s'impose comme une norme pour certains individus. En particulier, le parcours devient l'outil privilégié de l'État social.Cet ouvrage se propose de montrer comment les logiques institutionnelles, les déterminations sociales et la réflexivité individuelle façonnent les parcours de vie et de leurs évolutions dans nos sociétés contemporaines. L'étude des parcours de vie nous conduit à réinterroger le cœur même de ce qui fait la spécificité des objets en sciences sociales: le lien entre les dynamiques sociales et les actions individuelles et ouvre un espace de compréhension des tensions et mouvements qui animent la société civile.
Qu'apporte la lecture du corpus, inexploré à ce jour, des chansons populaires à la saisie du phénomène touristique? Que nous permet de comprendre des chansons populaires leur croisement avec le tourisme? La réponse, simple à formuler, est riche dans ses développements: en paroles, en musiques et en pratiques, être touriste, c'est choisir une manière d'habiter le Monde.
Le massacre d'Ascq du 1er avril 1944 a profondément marqué la mémoire et l'histoire de la Seconde Guerre mondiale dans le Nord. Il demeure aujourd'hui un enjeu de transmission mémorielle que l'enseignement scolaire de l'histoire ne peut ignorer.Comment cet événement de la Seconde Guerre mondiale est-il enseigné à l'École? À quelles difficultés les enseignants sont-ils confrontés? Plus généralement se pose la question de l'enseignement des traumatismes de l'histoire.Ce livre propose d'abord une mise en perspective historique de cet évènement tragique associant historiens et acteurs de la transmission mémorielle, puis une présentation des pratiques pédagogiques menées par des enseignants des écoles et collèges de Villeneuve d'Ascq lors des commémorations du 75e anniversaire de ce drame. Cet ouvrage collectif donne des clés de lecture d'un événement parfois méconnu et ouvre des perspectives pour que lui soit donné toute sa place dans l'enseignement de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale.
The relief map of Lille is part of the French collection of models of fortified towns and cities that began under Louis XIV and continued until Napoleon III. The object has had a turbulent history since it was made in Lille in 1743.
A veritable time machine, the relief map is a mine of priceless information about the 18th-century city and the meticulousness with which it represents the urban landscapes charms all those who see it.
Thanks to painstaking restoration work, the 14 relief maps deposited by the French state at the Palais des Beaux-Arts have rediscovered their freshness in a specially designed gallery. The map of Lille has been digitised and new exhibition technology now makes it easier for visitors to understand.
Le plan-relief de Lille fait partie de la collection française de maquettes de villes fortifiées initiée sous Louis XIV et poursuivie jusqu'à Napoléon III. L'objet a connu une histoire mouvementée depuis sa fabrication à Lille en 1743.
Véritable machine à remonter le temps, le plan-relief livre des informations irremplaçables sur la ville au 18e siècle et la précision de la représentation urbaine charme tous ceux qui l'admirent.
Grâce à un vaste chantier de restauration, les 14 plans-reliefs déposés par L'État au Palais des Beaux-Arts ont retrouvé leur fraîcheur dans une salle réaménagée. Le plan de Lille a été numérisé et un nouveau dispositif d'exposition le rend désormais plus lisible des visiteurs.
La place du numérique dans l'éducation suscite des débats. Les auteurs ont choisi d'aborder cette question sous un angle spécifique, celui de l'analyse des effets exercés sur les apprentissages, sur le fonctionnement des écoles et sur les milieux professionnels.Cet ouvrage a pour ambition non seulement de faire le point sur ce que le numérique a changé et ce qu'il a rendu possible, mais aussi sur ce qu'il a pu contrarier par sa présence jugée parfois envahissante. Les analyses proposées présentent donc un véritable intérêt pour tous les acteurs sociaux concernés par la transmission et l'appropriation des savoirs.La première partie propose un cadre d'analyse et des repères historiques. Des spécialistes reconnus présentent ensuite des synthèses thématiques concernant aussi bien l'éducation formelle que l'éducation informelle, le milieu scolaire que l'entreprise, les pays développés ou les pays du Sud.
Le plan-relief de Lille fait partie de la collection française de maquettes de villes fortifiées initiée sous Louis XIV et poursuivie jusqu'à Napoléon III. L'objet a connu une histoire mouvementée depuis sa fabrication à Lille en 1743.
Véritable machine à remonter le temps, le plan-relief livre des informations irremplaçables sur la ville au 18e siècle et la précision de la représentation urbaine charme tous ceux qui l'admirent.
Grâce à un vaste chantier de restauration, les 14 plans-reliefs déposés par L'État au Palais des Beaux-Arts ont retrouvé leur fraîcheur dans une salle réaménagée. Le plan de Lille a été numérisé et un nouveau dispositif d'exposition le rend désormais plus lisible des visiteurs.
Le plan-relief de Lille fait partie de la collection française de maquettes de villes fortifiées initiée sous Louis XIV et poursuivie jusqu'à Napoléon III. L'objet a connu une histoire mouvementée depuis sa fabrication à Lille en 1743.
Véritable machine à remonter le temps, le plan-relief livre des informations irremplaçables sur la ville au 18e siècle et la précision de la représentation urbaine charme tous ceux qui l'admirent.
Grâce à un vaste chantier de restauration, les 14 plans-reliefs déposés par L'État au Palais des Beaux-Arts ont retrouvé leur fraîcheur dans une salle réaménagée. Le plan de Lille a été numérisé et un nouveau dispositif d'exposition le rend désormais plus lisible des visiteurs.
Des enfants " trop silencieux " à l'école, des adultes qui racontent en riant leur souffrance lors d'un changement dans leur vie, des vieux dont l'attitude figée traduit un enfermement dans le silence, pourraient-ils passer du " silence sur soi " aux " dires des sentiments "? Telle est la thématique dont l'auteur a l'ambition de s'emparer. Ambition, parce qu'embrasser une thématique large n'est pas de bon ton dans le monde scientifique.
Écouter le silence à différents âges de la vie, conduira pourtant l'auteur à une hypothèse tout à fait nouvelle sur la survenue de l'Alzheimer, sur la stigmatisation des élèves dont le silence est tantôt requis, tantôt rejeté, et sur la contrainte que fait peser le courant de la Pensée dite positive à ne laisser voir aucune faiblesse.
À quelles conditions le " dire ses sentiments " peut-il donc, apparaître? De la réponse à cette question émergent bien des pistes d'action et de prévention pour les professionnels des relations humaines.
Quel rôle jouèrent les Flamands dans la naissance de la " nation France "? Que savait de Bouvines, Courtrai, Cassel ou Roosebeke, marqueurs mémoriels de cinq siècles d'histoire entre le comté de Flandre et le royaume de France, le clerc breton ou le noble provençal? Que disait-on en Normandie ou en Auvergne, de la Flandre, des Flamands, de leur identité mais aussi de leur appartenance au royaume? Les Français – ou tout au moins leurs élites – partageaient-ils avec le roi et avec ceux qui gravitaient à l'ombre de son pouvoir une perception commune de cette " question flamande " qui, des Carolingiens aux Valois, fut récurrente et souvent brûlante?
Le récit que l'on poursuit ici est moins celui des événements tels qu'ils se sont déroulés, que celui de la construction " imaginée " du passé qu'offrent les chroniques médiévales et, à leur suite à partir du XVIe siècle, une grande variété de textes dont l'ambition fut de raconter à un public appelé peu à peu à former une nation une " histoire de France par la mémoire ".
Quand il s'agit de rendre compte, par-delà les calculs intéressés de l'homo oeconomicus, de la manière dont tiennent les sociétés humaines, donner et reconnaître apparaissent comme deux dimensions constitutives de l'agir social. Mais du don et de la reconnaissance, il convient aussi, avant d'en appeler à leur syncrétisme, d'en interroger les proximités et les distances, ainsi que leurs consistances respectives. Par exemple, dira-t-on d'un don sans retour ou d'une reconnaissance sans réciprocité qu'ils sont encore dignes de ces noms ? Les activités de don et de reconnaissance se confrontent alors à une tierce dimension qui les taraude de l'intérieur : la domination.
Cet ouvrage propose d'examiner plus précisément la façon dont se répondent et s'entremêlent les trois modèles du don, de la reconnaissance et de la domination, sur des enjeux contemporains situés au croisement de plusieurs horizons théoriques (la théorie critique, l'anthropologie, la phénoménologie sociale, la psychanalyse).
La figure masculine et quelque peu martiale du hussard noir est inséparable de l'image idéalisée de l'école primaire publique sous la IIIe République. Près de vingt-cinq ans après la publication de l'enquête de Jacques et Mona Ozouf, l'étude historique des dossiers de carrière des instituteurs et des institutrices entrés dans l'enseignement public de la Seine entre 1870 et 1886 dresse le portrait d'un corps enseignant plus divers que ne le laissent supposer les représentations héritées de cette époque. L'étude des sources qu'ils contiennent permet de l'analyser tant du point de vue des origines sociales, des scolarités que de celui du déroulement des carrières.
Au-delà de l'analyse prosopographique, il s'agit d'observer comment cette première génération d'enseignants républicains a contribué à la modernisation de l'école publique et, plus généralement, au processus d'autonomisation du champ social que constitue l'enseignement primaire dans l'agglomération parisienne et à l'échelle nationale.
L'approche archéologique des économies du monde classique est ici mise en œuvre par filières de production et sur le long terme, bien au-delà de la Grèce classique : écartant délibérément l'artisanat céramique, bien étudié par ailleurs, les auteurs se concentrent sur des domaines de la production artisanale généralement mal connus des historiens, qu'ils abordent à travers des études de cas, des bilans et des exposés de méthode : la corderie, la vannerie et le textile, les métallurgies et la fabrication des monnaies, le verre et même l'alun.
Une large place est réservée aux questions de méthode, à travers le fréquent recours à l'archéologie expérimentale et la comparaison avec la Gaule, dans deux domaines où la recherche y est plus avancée : l'organisation spatiale et la métallurgie du fer. Après deux ouvrages consacrés d'abord aux artisans et aux ateliers, puis aux productions et aux diffusions, cet ensemble d'études clôt une trilogie sur l'artisanat en Grèce ancienne.
La technologie rend de plus en plus facile la création, la duplication et la circulation de l'information, et dès lors, oblige à une organisation et une réglementation des secrets complexes et délicates. Secrets médicaux, secrets commerciaux, techniques et industriels, secrets de journalistes, secrets politiques et militaires..., un immense jeu de cache-cache se joue autour de nous, dont nous devons être informés, et que l'ouvrage contribue à éclairer.Le lecteur trouvera dans ce livre les éléments d'analyse essentiels sur ce qui est caché à la connaissance grâce aux meilleurs spécialistes du sujet.
L'élection présidentielle n'a jamais donné lieu en France à une étude portant sur les acteurs centraux des campagnes électorales que sont les associations, les syndicats, les organisations professionnelles, les collectifs, les ONG ou les think tanks. Tous poursuivent alors un objectif commun : tenter de convaincre les candidats et candidates de l'intérêt d'un projet, d'une cause ou d'une proposition de politique publique. Quelles sont les formes de lobbying à l'œuvre pendant une campagne électorale et comment appréhender leurs effets ? Une équipe de politistes et de sociologues répond à cette question inédite en suivant la campagne présidentielle de 2012 au cœur de la mêlée, dans le quotidien des groupes mobilisés. Loin de la vision légitime de l'élection réduite à un simple affrontement de candidats et de candidates arbitré par le vote et les médias, les enquêtes analysent ici la campagne présidentielle comme un terrain privilégié de l'exercice du lobbying.
Une gigantesque révolte parcourt la Flandre, le Hainaut et l'Artois de 1565 à 1569. Des nobles se liguent et manifestent contre la politique menée par Philippe II, roi d'Espagne, et ses ministres. Ils sont traités de Gueux et revendiquent fièrement ce qualificatif. Simultanément les " sectaires ", terme qui désigne alors les protestants, de plus en plus nombreux, dévastent près de 400 églises en quelques jours. C'est l'iconoclasme de l'" Année des Merveilles " (1566). " Vive les Gueux " est le cri de ralliement des contestataires du pouvoir, puissants en Flandre, à Valenciennes et au Cateau-Cambrésis.
Philippe II refuse de pactiser avec les rebelles et de voir la nouvelle religion coexister avec le catholicisme. Il envoie les troupes d'élite de l'armée espagnole conduites par le duc d'Albe pour châtier les " Flamencos ". Par le glaive, par la corde, par le feu, des centaines de révoltés sont exécutés. Le comte d'Egmont est décapité. Quelques milliers de familles fuient, sont bannies à perpétuité et leurs biens sont confisqués.
À partir des documents d'archives, de manuscrits, d'imprimés d'époque, et de travaux universitaires, Alain Lottin retrace cette histoire tragique et souvent méconnue en France dans ce livre abondamment illustré de gravures, dessins, cartes et gouaches d'époque.
Après un rappel de la politique coloniale de l'Allemagne impériale et de l'actualité de Leo Frobenius, ce dossier tente de saisir les développements de la politique africaine de l'Allemagne d'aujourd'hui dans les domaines politique et militaire, économique et culturel.
L'activité d'architecte-bâtisseur contemporain de Viollet-le-Duc est souvent occultée par son action de restaurateur du patrimoine médiéval. Les chantiers, les projets et les écrits à ce sujet sont pourtant prolifiques, ce qui justifie pleinement une réflexion renouvelée sur ses travaux.
De ses chantiers à ses projets avortés, de ses théories à la transmission de ses enseignements en la matière, cet ouvrage présente l'apport de Viollet-le-Duc à l'architecture domestique, à l'habitation de son temps, par le biais de treize contributions inédites abordant un aspect souvent oublié de son œuvre. Enrichissant la connaissance de l'architecture civile du XIXe siècle, cette réflexion dépasse les problématiques esthétiques pour faire valoir son esprit réformateur et témoigne définitivement, et contrairement à ce que ses restaurations diocésaines laissent présager, de ses préoccupations modernes et de son ancrage dans la société contemporaine.
L'histoire de l'École des Mines de Douai est celle d'une institution, mais aussi celle d'une communauté de personnes. L'école plonge ses racines dans le monde de la mine, notamment celui du Nord et du Pas-de-Calais. Depuis 1878, elle a su conjuguer ancrage régional et ancrage national. Le partenariat avec les entreprises ainsi que les relations avec le corps des Mines et le Service des Mines sont des éléments majeurs constants de son histoire.
Elle a conduit des changements considérables, en particulier la création d'une activité de recherche & développement et l'aide à la création d'entreprises innovantes. Pour bâtir son avenir et réussir la fusion prochaine avec Télécom Lille, l'École des Mines s'appuie sur son expérience, son appartenance à l'Institut Mines-Télécom, grand établissement rattaché au Ministère de l'Industrie et sur son intégration à la communauté scientifique animée par la grande Université de Lille en création.
La création dans la France de 2007 d'un " ministère de l'Immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement " a réveillé de profondes controverses politiques ou scientifiques. Cherchant à analyser les causes de cette innovation institutionnelle et ses conséquences sur le droit des étrangers ou de la nationalité, les nombreux travaux publiés à ce sujet, se sont cependant surtout attachés à discuter la définition de la nation qu'ils supposaient être celle du gouvernement, mais se sont pour la plupart heurtés à l'impossibilité de cerner les contours d'une formule aussi équivoque que fuyante : vocable à éclipses, l'" identité nationale " n'a en effet cessé de muter, de disparaître et de réapparaître dans le discours public comme dans l'agenda des priorités gouvernementales, en dépit de la suppression formelle du ministère qui lui avait été dédié. Issu d'un colloque organisé par le CURAPP-ESS à Amiens les 12 et 13 avril 2012, cet ouvrage entend soulever de nouvelles questions : plutôt que sur la signification de l'identité nationale en elle-même, il propose une réflexion interdisciplinaire sur les usages qui ont été faits de cette notion en analysant, d'une part, les instruments au moyen desquels elle a été reconstruite en catégorie d'action publique et, d'autre part, la normativité susceptible ou non de s'y attacher. Politistes, juristes, sociologues, démographes et anthropologues examinent ainsi les structures, les agents et les techniques qui ont étés mobilisés pour (re-)définir l'identité nationale comme un " problème ", avant de s'interroger sur la pertinence de cette notion dans la sphère juridique, sur son potentiel normatif et sur la façon dont elle peut s'articuler avec d'autres notions, comme celle d'" identité européenne".
Le Livre de la Profondeur des choses d'Al-ῌakîm al-Tirmidhî, l'un des plus grands auteurs mystiques de l'Islam sunnite, reflète la modernité et l'universalité d'une pensée inspirée de ses lectures coraniques. Ce petit texte donne accès à l'ensemble des contenus d'une œuvre magistrale (plus de soixante ouvrages) : psychologie et anthropologie spirituelles, secrets de la langue arabe, théologie, exégèse et expériences intérieures. Composés au IXe/IIIe s. dans un Khurâsân (Nord-Est de l'Iran) foisonnant de cultures et de groupes religieux (Zoroastrisme, Manichéisme, Judaïsme, Christianisme et gnoses multiples), ses écrits reflètent une ouverture à cette diversité qui n'a d'égale que son aspiration à la Proximité divine. Premier théoricien de la sainteté en Islam, plusieurs Voies mystiques perpétuent son enseignement, dont les maîtres mots sont : amour de Dieu et bienveillance à l'égard de toutes les créatures, liberté de choix et responsabilité de chacun à l'égard de ses actes, enfin, vertu qui définit le " muslim " selon le Coran : confiance totale en la Miséricorde qui régit le monde.
Nouvelle édition identique à celle de 1996 enrichie d'une préface.
Cet ouvrage prépare à l'épreuve d'admissibilité de l'agrégation d'anglais 2016 et 2017 en proposant 50 textes en lien direct avec les présidents républicains entre 1952 et 2008, 25 présentés en français et 25 en anglais. Ces commentaires donnent tout à la fois des éléments de méthode, des connaissances historiques solides, mais aussi des exemples de rédaction dans un anglais riche et rigoureux utilisant le vocabulaire propre à la civilisation américaine.
Dresser un état des recherches dans le domaine du " français " et de son enseignement, c'est le défi que relèvent vingt-trois chercheurs en littérature, sciences du langage et didactique du français, à travers cet hommage à André Petitjean, fondateur de la revue Pratiques, dont les travaux sont reconnus dans ces trois disciplines.
Le lecteur trouvera donc dans cet ouvrage, outre une réflexion sur l'originalité du parcours d'André Petitjean, aussi bien des articles sur des phénomènes langagiers, tels la phrase ou le genre, que des contributions sur le dialogue théâtral, sur l'enseignement de la littérature et son histoire ou sur la didactique de l'écriture.
La littérature et les arts soviétiques ont joué un rôle non négligeable, mais souvent négligé, dans la définition du rapport à l'étranger : celui qui vit en dehors des frontières (le capitaliste occidental, " bourgeois "), mais aussi l'étranger de l'intérieur, l'ennemi de classe qui doit s'assimiler ou émigrer. C'est pourquoi la question du rejet ou de l'assimilation de l'héritage esthétique russe pré-révolutionnaire et de l'art occidental est au cœur de la politique culturelle qui se met en place pour bâtir des valeurs qui se veulent spécifiquement soviétiques.
Réalisées pour la plupart à partir de documents premiers et par des spécialistes en littérature, arts du spectacle, cinéma, architecture, arts plastiques, musicologie, sociologie des arts, histoire culturelle, les études ici réunies sont centrées sur l'URSS des années 1920-1960.
Elles permettent d'appréhender les stratégies individuelles et collectives, les modes d'intégration et les formes de résistance à la culture étrangère. Par le biais de la propagande, de la traduction, de la diffusion d'images et d'imaginaires, dans le cadre de festivals, d'expositions, de voyages, d'invitations, la culture soviétique cherche à s'imposer, sur son territoire multinational et dans le monde, comme nouvelle, si ce n'est novatrice, héritière mais aussi pionnière, tout en étant soumise à de stricts et fluctuants contrôles. Car les critères idéologiques resteront déterminants dans les choix esthétiques, toute importation ou exportation comportant un risque de contamination.
Un dispositif numérique de médiation pour le patrimoine culturel
Le Vase qui parle? est un objet innovant de valorisation scientifique et de médiation culturelle qui reproduit un vase grec antique en très grand format. Il permet aux visiteurs d'interagir et d'interroger les scènes et les personnages mythologiques représentés à taille humaine à l'aide de pointeurs restituant des informations dans un casque audio.Le Vase qui parle? crée une approche inédite et personnalisée d'une céramique grecque à figures noires du VIe?siècle avant notre ère, conservée dans les collections du Palais des Beaux-Arts de Lille. Porté par l'université Lille 3, ce dispositif numérique contribue à diffuser et à transmettre les savoirs au plus grand nombre.
Enjeu politique central, le savoir économique a infléchi le débat public à plusieurs égards. À la lumière de la globalisation des marchés. La politique et l'économie forment un tout complexe au-delà du cadre institutionnel de I'État-nation.Pour les acteurs du débat public, cette situation soulève de·nombreuses nouvelles questions. Alors que les journalistes ont recours aux experts, ces experts à leur tour cherchent à attirer l'attention des instances médiatiques.En interrogeant les conséquences pour les citoyens, les militants n'ont pas tardé à s'imposer dans ce débat. Cet ouvrage cherche à analyser le discours économique selon diverses perspectives issues des sciences humaines et sociales.Ce livre interroge, entre autre, la façon dont le savoir économique circule entre des domaines différents. Quel savoir est-il mobilisé dans le discours et comment son évidence est-elle signalée ?Comment les acteurs passent-ils d'un discours (journalistique, scientifique, militant) à un autre ? Quelles sont les instances de consécration qui dotent les idées sur l'économie d'un certain poids dans le débat public ?
Le premier numéro de la collection a pour thème " Enseigner, Rechercher ". Ces deux missions essentielles de l'université symbolisent bien la permanence du rôle de nos établissements. Notre patrimoine est la preuve matérielle de cette permanence historique, en le valorisant, nous souhaitons faire connaitre au plus grand nombre la richesse de notre passé. Il nous permet également d'envisager l'avenir sereinement en cette période de grands changements, convaincus que nous serons à la hauteur de cet héritage prestigieux." À cet égard, les premiers souvenirs rencontrés sur ce chemin sont les souvenirs partagés, les souvenirs communs. Ils nous permettent d'affirmer qu'en réalité nous ne sommes jamais seuls ". Paul Ricoeur
Les rapports entre nationalisme, littérature et, plus généralement, esthétique sont au coeur des contributions de ce volume intitulé " Maurrassisme et littérature ". Celui-ci est le quatrième de la série " L'Action française. Culture, société, politique ", qui se propose de prendre, au-delà de Maurras dont le magistère intellectuel est indéniable, la mesure d'un pôle idéologique, politique et culturel important dans la France du premier XXe siècle. Il conserve un trait spécifique qui caractérise ce cycle: la dimension interdisciplinaire. Comme son principal objet est la sphère littéraire, les groupes et les personnalités, - de
Mistral, Lemaitre, Claudel, Bernanos aux Hussards… -, les institutions, les revues, ce sont donc d'abord des historiens ainsi que des historiens ou théoriciens de la littérature qui sont sollicités. La doctrine de Maurras en matière littéraire, les rapports entre les ordres politique et esthétique, les réceptions favorables, réservées, voire hostiles aux oeuvres des maurrassiens sont ici étudiées.
Une sociologie de l'incertitude sur les marchés du travail
Précarité, pauvreté, exclusion, chômage, crise économique… Autant de termes qui jaillissent dans le débat public quand il s'agit de parler de l'emploi. Et si ces expressions décrivent une réalité pour de nombreux actifs, les mondes du travail n'échappent pas aux inégalités qui traversent notre société. Or, l'on ne peut parler d'inégalités que dans la mesure où certains possèdent plus que d'autres, ou ont plus de risque de subir telle ou telle situation. Dans cet ouvrage, il s'agit d'observer les inégalités du côté de celles et ceux qui possèdent les ressources sociales nécessaires pour faire face à la montée de l'incertitude sur les marchés du travail.Alors que le labeur est régulièrement présenté comme source de souffrance, de stress et de solitude, la passion est un moteur pour de nombreux salariés. Quand travailler, c'est agir avec et sur Autrui, quand l'implication subjective conditionne la performance, impossible de ravaler la passion au rang de puissance secondaire. Tout en détails et en nuances, cet ouvrage décortique les multiples articulations entre trajectoires, implications et ressources, schéma qui permet de lier de façon subtile, et jamais mécanique, le travail et la passion.À partir d'une enquête longitudinale réalisée dans l'univers de la finance, François Sarfati montre l'intérêt qu'il y a à partir des mots des salariés pour comprendre le travail et l'emploi.
Ce volume, fruit d'un travail collectif et pluridisciplinaire organisé au CURAPP par l'axe " Savoirs ", étudie les relations qu'entretiennent langage et contexte. Le point commun à tous ces travaux, dont les contributeurs sont issus de la psychologie sociale, de la psychologie sociocognitive, de la philosophie du langage ou encore de l'analyse du discours, est que le langage y est abordé sous l'angle du discours.L'objet de cet ouvrage est en effet de décrire des discours " en situation ", c'est-à-dire d'étudier, par des études empiriques et/ou par des synthèses d'approches épistémologiques différentes, les effets des contextes sur la production et la forme des discours, mais aussi d'examiner comment les discours produisent à leur tour des effets sur les contextes et leur perception. En plaçant la notion de contexte au centre des préoccupations de ses contributeurs, ce volume vise à mieux cerner, de façon heuristique ou théorique, cette notion complexe souvent utilisée en sciences humaines et sociales sans être toujours l'objet d'une définition précise et à apporter des éléments de réponse quant à la question de sa circulation et de son partage interdisciplinaires.
Les " données " sont au cœur des sciences sociales. Le recueil des données, l'analyse qui en est faite et la communication des connaissances produites à partir d'elles sont considérés habituellement comme les trois moments autour desquels s'organisent le travail et la réflexion des chercheurs. Cet ouvrage vise à poser à nouveaux frais la question des " données " de l'enquête à la lumière des développements technologiques récents qui affectent les modalités de leur collecte et de leur traitement. Qu'est-ce qu'une " donnée " en sciences sociales ? Qu'appelle-t-on ainsi ? Quelle est la nature de ces opérations par lesquelles des occurrences sont extraites du champ social pour être constituées en " données " appropriées à un examen scientifique ? Dans des termes plus précis, qui sont ceux de John Dewey : quel est le rapport entre l'objet de l'enquête et l'environnement ? ou entre les données, l'objet et la situation de l'enquête ? C'est de telles questions que l'on souhaite aborder dans cet ouvrage, prenant acte notamment de recherches récentes menées sur la catégorisation et l'ordinaire dans le champ de l'ethnométhodologie, de la philosophie du langage, pragmatiste et néo-wittgensteinienne. Dans ce cadre, la notion de donnée n'est pas séparable de celle de l'ordinaire, de l'accomplissement banal des actions et des situations de la vie courante par des participants se rendant mutuellement intelligibles leurs faits et gestes.
La communication est au cœur de la santé contemporaine : depuis les politiques publiques jusqu'à la relation patient – soignant, derrière la médiatisation de notre système de santé et ses évolutions, dans la rencontre de publics hétérogènes par des professionnels multiples. L'interdisciplinarité est désormais le maître mot et la communication, le carrefour des questions émergentes du monde de la santé. Considérer chacun dans son vécu de la maladie, tracer l'évolution des conceptions et des modèles de la santé, développer le travail en réseau pour une santé globalisée, partager l'information et les connaissances médicales avec le plus grand nombre : tels sont quelques-uns des enjeux abordés dans cet ouvrage.En dialogue avec les professionnels et avec la société civile, une trentaine de chercheurs développent ici leurs analyses des réseaux de santé, du discours des médias, de l'usage des TIC et des lieux de soin. Les étudiants et enseignants en Sciences de l'Information et de la Communication seront directement interpellés par ces analyses. Par la variété des travaux rassemblés, cet ouvrage est une contribution inédite qui séduira également tout lecteur universitaire intéressé aux apports des sciences humaines et des sciences sociales en santé. Enfin, les cadres intermédiaires et supérieurs du monde de la santé y trouveront également des perspectives originales pour enrichir leurs pratiques quotidiennes et la manière de les penser.
En 1990 la RDA disparaît, l'opposition démocratique est encore trop souvent passée sous silence. Le vrai visage de la RDA donne la parole à quelques uns de ses courageux représentants : Robert Havemann condamné à mort par Hitler en 1943, Katja Havemann, Walter et Charlotte Janka, Peter Huchel, Wolf Biermann, Eva-Maria Hagen, Jürgen Fuchs, Heiner Müller et Ulrich Plenzdorf, Hans Bunge, Christa Wolf, Hanns Eisler...Dans une seconde partie, Le Mythe de Faust et ses métamorphoses nous conduit du Faust de Lenau, interdit en RDA, au livret d'opéra Johannes Faustus de H. Eisler, qui suscita la colère des dirigeants communistes. L'essai Lenau, Beethoven et Joseph II, une rencontre inattendue illustre le conflit opposant l'art au pouvoir.Dans In Memoriam hommage est rendu à Ernst Fischer, l'un des initiateurs du printemps de Prague, qui fut aux côtés de cette opposition démocratique de RDA.Wolf Biermann, poète maudit ? paraît en 1966 dans la longue série d'articles de J.-P. Hammer sur la RDA jusqu'à l'Entretien avec J. Fuchs et K. Havemann (1995). D'autres articles enfin ont pour sujet la RFA, l'Autriche et... Madagascar, sans oublier les autres création de l'auteur (poésie, peinture et musique...).Nombreuses illustrations issues de reportages inédits.
Le commentaire de Proclus (Ve s. apr. J.-C.) au premier livre des Éléments d'Euclide est un texte fondamental pour l'étude de la philosophie néoplatonicienne des mathématiques et pour celle de la réception du Néoplatonisme à la Renaissance et à l'Âge classique. Pourtant la philosophie des mathématiques du Néoplatonisme tardif en général, et le Commentaire sur Euclide de Proclus en particulier, constituent des objets d'études encore insuffisamment explorés (notamment en France, comme en témoigne l'absence d'une traduction française récente de ce commentaire, la dernière étant celle de P. Ver Eecke, qui remonte à 1948). Depuis l'essai pionnier de N. Hartmann (publié en 1909 par H. Cohen et P. Natorp) des travaux importants, en particulier ceux de S. Breton, d'A. Ch. Saget, et de D. O'Meara, ont fait progresser notre connaissance de ce commentaire. Mais le Commentaire sur Euclide de Proclus attend encore d'être étudié en lui-même, d'une manière compréhensive, qui rende compte non seulement de sa dimension philosophique, mais aussi de ses dimensions religieuse, pédagogique, rhétorique, épistémologique et scientifique. Le présent volume, qui réunit des contributions d'historiens des sciences et d'historiens de la philosphie ancienne, venus de France et de l'étranger (Italie, Suisse, Israël, Canada et Etats-Unis), répond à cette attente.
Le Banquet des sophistes d'Athénée, rédigé en grec dans la Rome du dernier quart du IIe siècle de notre ère, réunit des érudits pour un repas fictif où ils citent un nombre considérable de textes relatifs aux festins.
Cette traduction commentée permet d'abord de rendre accessible une multitude de fragments et compense en partie le naufrage des manuscrits à travers les siècles. Dans ce " festin de discours ", les mots deviennent à la fois l'aliment des savants et l'objet de leurs discussions. Oscillant perpétuellement entre un examen scientifique de questions linguistiques et une réécriture parodique de la littérature de banquet, dissolvant les réalités culinaires dans le langage, bouleversant la notion de culture en l'instrumentalisant, Athénée nous offre un texte protéiforme mêlant l'ironie et la réflexivité.
Les livres 6 et 7 laissent particulièrement apparaître cette analyse conjointe de la nourriture et du langage par le biais de la littérature. Les poissons, dont l'arrivée ouvre le livre 6 et suscite le catalogue ichtyologique du livre 7, sont l'occasion d'une mise en évidence des propriétés de la langue, analysées sur un mode comique. Ils constituent véritablement le plat de résistance de l'oeuvre. On n'y apprend pas seulement comment pêcher l'anguille, à quel endroit trouver les meilleurs thons ou comment cuisiner la bembrade, mais on perçoit, plus que dans le reste de l'oeuvre, la savoureuse complexité de cette écriture.
Cet ouvrage extrêmement varié passionnera ceux qui s'intéressent aux banquets, à l'art culinaire, à la zoologie, à la comédie, au langage, à l'histoire de l'esclavage, aux métaux précieux, au parasitisme et à l'histoire de la flatterie.
Ce livre n'est pas un manifeste scientifique en faveur d'un paradigme ou d'une sous-discipline, mais le compte-rendu final d'une série de manifestations scientifiques ayant porté sur une manière de faire des sciences sociales en science politique depuis une vingtaine d'années. En invitant quelques chercheurs à présenter leurs pratiques de recherche à la fois sous l'angle de la délimitation d'un terrain d'enquête et sous celui de la mobilisation de méthodes d'analyse, on espère montrer par l'exemple la diversité et l'étendue de l'approche socio-historique.Contrastées dans leurs objets comme dans leur labellisation, les contributions réunies ici n'en partagent pas moins un certain " air de famille " : démarche inductive plutôt que déductive ; recours privilégié à des sources de première main et attention particulière à leur critique méthodique et à leur mise en série ; interprétation en termes de processus pour expliquer le présent, reconstituer le passé dans son déroulement, et mettre au jour les possibles non advenus ; volonté de restituer le plus finement possible les pratiques des acteurs, eux-mêmes socialement et historiquement situés, autant que leurs discours et leurs représentations. S'il fallait ainsi qualifier l'approche socio-historique illustrée dans cet ouvrage, on dirait volontiers que son penchant la porte à la fois vers la reconstitution des logiques de construction des institutions, au sens anthropologique du terme, et vers l'investigation du rapport des individus (acteurs, agents...) à ces mêmes institutions.
C'est par le mouvement qu'un espace existe, quel qu'il soit, une multitude, de l'espace géographique à l'espace culturel, une interaction continue opère pour y inclure ce qui pourrait apparaître comme variable ou invariable, déterminé ou indéterminé, suite ou rupture. C'est dans ce sens-là que parler de frontières signifie accepter une contradiction essentielle, primordiale : plus une frontière nous paraît évidente, moins elle demeure, jusqu'à devenir imperceptible. A l'opposé, plus une frontière est labile, fluctuante, discutable, plus elle s'impose par sa forme quasi-inexistante. Les textes qui composent ce volume sont consacrés au monde néo-hellénique évoluant dans ce que nous pouvons appeler de manière générale l'espace grec, ce lieu constitué de différentes strates, aussi bien dans son champ physique que mental, remontant loin dans le temps et produisant une configuration complexe.
L'œuvre exigeante de Juan Goytisolo (Barcelone, 1931), l'une des plus importantes de la littérature espagnole de la seconde moitié du XXe siècle, ne cesse de susciter l'intérêt de la critique au plan international. Cet ouvrage sur les romans de l'écrivain, notamment ceux publiés de 1980 à 1993, réhabilite un retour aux textes pour mettre en lumière, en suivant une démarche centrée sur l'herméneutique littéraire, l'ensemble des problématiques liées à la constitution du sens et au déploiement d'une poétique singulière.L'art du déchiffrement pénètre la profondeur du dialogue que l'écrivain a mené dans sa propre écriture avec la tradition littéraire hispanique et les héritages culturels d'Orient et d'Occident. L'analyse fait voir comment la dimension critique d'un langage nouveau s'empare de la diversité d'une tradition, la réélabore et la repense, afin de s'affronter à des enjeux présents d'ordre idéologique et culturel, tout en prolongeant une recherche radicale sur l'esthétique du roman et sa force d'invention.Dans cette perspective la particularité d'une expérience personnelle et historique, au regard de laquelle les rapports au passé résistent aux formes d'effacement, s'ouvre dans la création littéraire aux voies d'une libération où la reconnaissance de soi permet aussi d'interroger le monde et d'explorer les possibilités de sens, les doutes et les paradoxes, de l'écriture.
Approche sociologique des métiers et activités professionnelles relationnelles
Pourquoi les métiers relationnels se développent-ils fortement dans notre société, qu'il s'agisse des métiers du travail sur autrui ou des professions de service ? Pourquoi les compétences relationnelles sont-elles exigées des salariés dans de très nombreux emplois ? Qu'est ce que le travail de relation ? Comment comprendre les transformations qui l'affectent aujourd'hui ? Voici les questions auxquelles tente de répondre cet ouvrage. Il revisite la littérature sociologique, s'appuie sur les enquêtes personnelles de l'auteur et offre de nombreux exemples empiriques empruntés aux professions de service, aux métiers de l'éducation et de la formation, de la santé et de la santé mentale. Il propose des catégories et méthodologies permettant d'analyser les métiers relationnels : modes de professionnalisation, cadres sociaux des pratiques, construction de l'expérience, des savoirs et des compétences...L'auteur explore les formes et les causes des transformations actuelles du travail de relation, notamment le développement du management moderne, le changement de statut des usagers, le développement des nouvelles technologies et les mythes de la rationalité. Elle montre le développement d'une politique de la relation de plus en plus pensable sous les catégories de l'intervention et de l'ingérence et la réfère à des mutations sociétales. Ce livre s'adresse aux étudiants désireux de disposer d'un ouvrage de synthèse, aux chercheurs en sciences humaines et sociales, aux professionnels de la relation. Lise Demailly est professeur de sociologie à l'Université de Lille I et membre du CLERSE et de la Maison européenne des Sciences de l'Homme et de la Société de Lille (ex IFRESI-CNRS). Elle a été directrice adjointe de l'IUFM Nord-Pas de Calais. Elle a écrit de nombreux ouvrages et articles sur les transformations des métiers d'enseignant et des personnels d'encadrement dans le système scolaire, sur le sens et les effets du développement de l'évaluation et de l'obligation de résultats. Elle participe à des recherches internationales sur les systèmes éducatifs et les politiques publiques de santé mentale.
Creusant les racines du genre épistolaire, ce recueil commenté de quelque quatre vingt lettres adressées à Charles Maurras par ses amis: des figures tutélaires de l'Action française (Jacques Bainville, Léon de Montesquiou, Lucien Moreau, Henri Vaugeois), des hommes de confiance (Bernard de Vaulx, l'amiral Antoine Schwerer), des références intellectuelles (Robert Brasillach, Thierry Maulnier) ou des "bras armés" (Maurice Pujo, Georges Calzant, Lucien Lacour, Marius Plateau, Maxime Réal del Sarte), rend compte du comportement et des postures politiques de cohortes générationnelles unies. Marquées par les violences de guerre, imprégnée de valeurs royalistes, nationales, catholiques ou "anti-boches", elles expriment une adhésion sans partage aux idéologies maurrassiennes sous les mots de billets fiévreux ou de longues missives qui témoignent de l'urgente envie d'agir. Ces correspondances respectueuses autant qu'empathiques avec le "Cher Maître", choisies pour l'exploitation directe qu'elles autorisent sur l'intime de chacun et le lien privilégié entretenu avec Maurras, mettent au jour un corpus homogène par la place qu'il réserve à la logique collective qui anime en les soudant groupes, réseaux et cercles de sociabilités. Pour autant, ressortent les spécificités sociales et culturelles de trajectoires individuelles, disjointes parfois dans les écarts de tranches d'âge, restituant pour l'historien la singularité de positionnements politiques mus par l'intransigeance de l'engagement.
Probablement témoin de l'essor du christianisme au cours du 4e siècle, Callistrate, un auteur par ailleurs inconnu, doit à ce petit recueil de Descriptions de chefs-d'oeuvre de la sculpture grecque d'avoir échappé aux oubliettes de l'histoire. C'est dire toute la valeur, inversement proportionnelle à sa longueur, que lui ont attribuée ceux qui nous l'ont conservé ! De fait, nous sommes en présence de 14 poèmes en prose - pour la première fois, depuis le 17e siècle, traduits en français -, 14 visions qui concentrent la quintessence de l'esthétique néo-platonicienne. En effet, entre esthétique, imaginaires et poétique, cette évocation incantatoire d'objets fictifs et réels à la fois transfigure par la magie de l'art la pierre en matière vivante, et confère à l'artiste la dimension d'un théurge capable d'élever l'esprit vers les mystères de l'Absolu. Face à une telle beauté et à une telle spiritualité, il est apparu nécessaire de confier la traduction à un poète, seul en mesure de ne pas banaliser le texte et de lui restituer en français contemporain toute sa force poétique. C'est la même volonté d'honorer un texte si précieux qui a conduit à l'insertion de transpositions iconographiques originales, destinées à rendre plus sensible le vertige de la profondeur par une mise en abyme et à traduire picturalement les effets scripturaires. Cette double traduction, par les sujets abordés et les thématiques du contenu, concerne aussi bien les spécialistes de l'art antique que ceux de la Seconde Sophistique, et autant les historiens des arts plastiques que ceux de l'esthétique. Mais plus largement elle s'adresse à tous les amateurs du Beau.Callistrate, rhéteur du 4e siècle de notre ère, connu seulement grâce à ces 14 descriptions.Jean-Gabriel Blyweert, professeur de Lettres Classiques, peintre, expose depuis 1964, dans les galeries d'art en France et à l'étranger.Jacques Boulogne enseigne la langue et la littérature grecquesà l'Université Charles-de-Gaulle - Lille 3 et travaille sur les imaginaires gréco-romains.Patrick Guyon poète auteur d'une vingtaine de livres.
La rencontre de la théorie narrative allemande avec la narratologie peut sembler témoigner d'un retard par rapport aux évolutions des études littéraires en France. Pourtant, les treize articles réunis dans cet ouvrage, issus du Groupe de Recherche en Narratologie de l'Université de Hambourg, suggèrent qu'il n'en est rien. Structuraliste à l'origine, la narratologie, tributaire depuis quelques années du " tournant narratif " dans les sciences humaines, connaît une renaissance florissante à l'échelle internationale. C'est dans ce contexte que les narratologues de Hambourg - germanistes, romanistes, slavistes et anglicistes, tous fins connaisseurs des courants actuels dans ce domaine - offrent un corpus de recherche innovateur et éminemment transdisciplinaire. Certains concepts et méthodes narratologiques sont évalués dans une perspective historique (les situations narratives chez Stanzel, genèse et évolution de la notion d'auteur implicite, etc.), d'autres concepts et méthodes, destinés à l'analyse du récit, sont mis en place (constitution du modèle narratif, l'événement narratif, construction de l'intrigue, etc.). D'autres contributions encore examinent le déploiement de certains procédés dans la lecture d'histoires (transmission du savoir dans la communication narrative, cohérence textuelle dans le skaz, rapports entre mise en abyme et pseudo-diégèse). Autant de thèmes plus ou moins familiers au lecteur français, les uns abordés sous des angles prometteurs, les autres traduisant des paradigmes nouveaux, tous riches en potentiel pour des interrogations futures.
On regarde le plus souvent la carrière de Gorki (1868-1936) du point de vue de ses positions politiques, notamment de son engagement auprès du pouvoir soviétique dans la mise en place d'une " nouvelle culture ". Ce regard rétrospectif conduit à sous-estimer la part de la littérature dans la trajectoire de l'écrivain. Cette attitude n'est pas nouvelle. L'extraordinaire succès de librairie des histoires de " bossiaks " (va-nu-pieds) parues en 1898, a été presque dès l'origine imputé au profil de bossiak de l'auteur lui-même, plutôt qu'à ses écrits. Il est entendu que c'est l'homme (biographique, social) qui fait l'oeuvre.Il faut probablement adopter le point de vue inverse. Les premiers lecteurs de Gorki (les mêmes, alors, que ceux qui lisaient Tchékhov) ignoraient tout de sa biographie, et c'est bel et bien dans la nouveauté de sa manière d'écrire que se trouve la clé de sa popularité.Les histoires de bossiaks tranchaient le noeud gordien dont s'embarrassait la prose narrative russe au tournant du XXe siècle. D'un seul coup, le jeune Gorki libérait l'univers du récit des idéaux écrasants des populistes. Il affirmait que la force, la vérité sont affaires de rencontres, et d'épreuves. Celles qui s'écartent de la voie tracée par les livres ne sont pas forcément les moins fructueuses. La facture maladroite, naïve, des histoires de bossiaks permettait d'identifier l'auteur à ses personnages. Les lecteurs enthousiastes découvraient dans les récits du jeune Gorki une désarmante fusion de la littérature et de la vie.Serge Rolet est né en 1955 à Lons-le Saunier. Après des études de russe à l'ENS de Saint-Cloud (agrégation, 1980), il enseigne le russe dans divers lycées et collèges du Nord pendant près de quinze ans. Il soutient en Sorbonne une thèse de doctorat sur l'écrivain russe Léonide Andréïev en 1995. Il poursuit ses recherches sur la littérature russe de l'époque de Tchékhov à l'université de Franche-Comté, et, depuis 2002, à l'université Charles-de-Gaulle - Lille 3, où il est nommé professeur des universités.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'économie nationale est à reconstruire. Afin de rétablir le potentiel industriel, l'État décide de planifier les stratégies et les actions à mener. La mise en oeuvre des plans nécessite une adaptation administrative. De nouveaux services à compétences régionales sont créés : mission économique régionale, conférence administrative régionale, commission de développement économique régionale... Cette régionalisation des actions met en relief les volontés politiques d'établir des courroies de transmissions au plus prêt des territoires. Le répertoire des archives de la Mission économique régionale du Nord Pas-de-Calais présente l'ensemble de la production documentaire qui résulte de toutes les actions menées par les organismes constitués autour du Préfet afin d'appliquer les décisions prises à l'échelon central.