L'éthique est aujourd'hui au cœur de l'actualité de la finance. La sphère financière a connu un développement spectaculaire, s'est mondialisée, les marchés et les produits se sont sophistiqués, les rémunérations ont explosé. Dans le même temps, les risques se sont multipliés, l'instabilité financière s'est accrue, les crises se sont multipliées. Dans un monde où la confiance est essentielle, il est évident que les acteurs de la finance et les institutions ne peuvent pas faire n'importe quoi. Il ne leur suffit pas de respecter la loi, les règles, d'être transparents, ils doivent se situer face à une éthique " de " la finance et non pas seulement face à une éthique des acteurs " dans " la finance. Ce numéro de la Revue d'économie financière analyse les différents aspects de l'éthique "dans" la finance et de l'éthique "de" la finance. Il examine la responsabilité pénale et de la crise des subprimes, la fraude carbone, la porosité de la finance au crime organisé, le rôle de l'État, et s'intéresse également à l'impact éthique des imaginaires de la finance.
Dans les arts visuels des XXe et XXIe siècles, la notion de " collectif " ne désigne pas seulement une manière de travailler à plusieurs : elle engage des formes de création, de représentation et d'adresse qui reconfigurent en profondeur les rapports entre individu, communauté et public. À partir d'approches transdisciplinaires, ce numéro interroge le collectif comme catégorie esthétique et politique, en examinant ce que les artistes, les œuvres et les dispositifs visuels font au collectif, et ce que le collectif fait à l'art. En analysant les multiples formes que peut prendre le collectif (collectif de création, collectif représenté, collectif destinataire), les articles mettent en lumière les tensions qui traversent ces pratiques sans céder à une idéalisation du " faire ensemble ", et montrent que le collectif est à la fois une ressource critique, un outil de politisation et un lieu de négociation permanente, pris entre aspirations émancipatrices et contraintes institutionnelles, économiques ou symboliques.Le collectif ne serait ainsi ni une évidence ni une solution en soi, mais un processus à construire, à représenter et à penser. Il invite à investir les arts visuels comme un espace privilégié pour rendre sensibles les structures sociales, interroger les récits dominants et expérimenter de nouvelles manières de faire société.
Les représentations de la langue française et les imaginaires qui les entourent évoluent au XVIIIe siècle. La comparaison de la langue avec un corps est un leitmotiv des théories et des fictions. Ce numéro explore cette analogie pour en percer les enjeux.
Les représentations de la langue française et les imaginaires qui les entourent évoluent au XVIIIe siècle. La comparaison de la langue à un corps et l'expression le corps de la langue reviennent tels des leitmotive dans les écrits théoriques et fictionnels. Ce numéro explore cette analogie afin d'en analyser les fondements, les enjeux et les mutations. Les Lumières remettent en question l'idéal de fixité, d'ordre et de clarté prôné par la langue dite classique. La Révolution impose la présence du corps charnel et l'image de la langue comme entité sociale et unité de la nation. L'époque souligne des pratiques situées et incorporées dans un usage plus quotidien et créatif de la langue. La fin du siècle cherche à penser la langue du côté du mouvement et de l'énergie, du désordre et de l'opacité, de la folie et de la poésie, moins les mots eux-mêmes que les voix incarnées qui les énoncent.
En France et au Liban, l'identité professionnelle des enseignants est aujourd'hui mise à mal et entraîne une perte de sens et d'attractivité du métier. Ce numéro explore la manière dont les enseignants vivent ces difficultés et reconfigurent leur identité professionnelle.
Dans les contextes libanais et français, le constat est le même : l'identité professionnelle des enseignants est aujourd'hui mise à mal. Si la construction d'une identité professionnelle repose sur l'appartenance à un collectif, sur l'investissement d'une identité qui contribue à la réalisation de soi, sur l'affirmation de valeurs partagées, ce numéro s'interroge sur la façon de maintenir cette dynamique identitaire dans une perspective vertueuse quand les collectifs se dissolvent, que le ciel des valeurs se brouille et que l'exercice du métier n'offre plus d'opportunité de valorisation mais multiplie les expériences négatives, les contrariétés, les déceptions.Les contributions s'intéressent à la façon dont les enseignants et le métier font face à des difficultés. Elles s'attachent à repérer les formes de résilience, d'inventivité, de solidarité qui se manifestent et favorisent une reconfiguration des identités professionnelles. La perspective comparative et historique adoptée permet d'identifier des éléments communs, des traits stables appartenant à une forme de tradition, mais également des éléments émergents, et ainsi de dessiner les contours de cette identité professionnelle enseignante en recomposition et de dégager des pistes pour la formation ou l'accompagnement des collectifs.
Lettres de mon moulin a souffert de lectures réductrices : tantôt œuvre pour enfants, tantôt ouvrage régionaliste. Il est temps de relire ce recueil composite et ambigu, avec son ironie et ses côtés sombres, et pour le rapport complexe entre Paris et la Provence.
Lettres de mon moulin est une œuvre patrimoniale, mais le recueil a souffert de lectures réductrices voire totalement fausses, qui en faisaient une œuvre pour enfants ou à vocation régionaliste. Or il s'agit d'un recueil composite, ambigu, qui a plu à des auteurs très différents, parfois pour son ironie ou ses côtés sombres, souvent occultés, ou encore par le rapport complexe qui se joue entre Paris et la Provence. L'objectif de ce dossier est de relire le recueil à la fois dans l'esprit des contemporains et avec les méthodes et thèmes de la recherche actuelle.
Le genre dans le Saint-Empire romain germanique au temps de la confessionnalisation (XVIe-XVIIe siècles)
Virginité, maternité, veuvage, vieillesse… Comment est perçu le corps des femmes du Saint-Empire romain germanique aux XVIe et XVIIe siècles ? Comment est-il façonné et contraint par différentes normes éducatives, confessionnelles et sociales ?
À partir de sources inédites (livres d'édification religieuse, recueils de prière, traités médicaux, correspondances privées…) et peu connues en France, cet ouvrage aborde, dans une perspective interconfessionnelle, la place des femmes dans le Saint-Empire romain germanique et plus largement la question du corps comme moyen de contrôle social.
Notre époque de désarroi sʼinterroge sur son bien, sur ce quʼelle aime, et ce nʼest pas un hasard si lʼœuvre de Simone Weil, qui aborde ces questions dans un contexte socio-politique désespéré, brûle aujourdʼhui dʼactualité. Sur la question de lʼamour, le problème de lʼhomme est que tous les biens quʼil rencontre sʼavèrent illusoires, ce pourquoi il ne lui reste quʼà fuir le monde ou à céder à lʼivresse de la puissance et de la domination. La voie que propose la philosophe est toute autre : faire face au vide de lʼexistence, et, à travers le consentement à sa froide nécessité, faire lʼexpérience du bien réel et parfait, seul digne dʼamour. Cʼest seulement suite à cette rencontre que lʼhomme peut retourner dans le monde et agir concrètement pour une justice éclairée par lui. Lʼamour se décline ainsi en autant de formes : érotique au sens platonicien, amical et charitable, enfin politique, notamment sous la forme de la légitimité, et cʼest à lʼexamen de ces formes que cet ouvrage est consacré.
La Cavalcade des Vices est une image marquante : les sept péchés capitaux chevauchent leur animal allégorique, en chemin vers l'Enfer. En peintures, sculptures, enluminures, gravures, pièces de théâtre, fêtes civiques, cette image surgit partout en Europe entre le XIVe siècle et le XVIIIe siècle. Injonction morale, c'est aussi le levier d'une coercition sociale et politique protéiforme, de ses origines à l'Antiquité chrétienne à ses constructions dans les oeuvres d'art des périodes médiévale et moderne.
Le catholicisme en Europe est devenu, entre 1945 et 1968, un espace de contestation sociale et politique marqué par des tensions entre changement et contrôle, avec prêtres et laïcs comme protagonistes.
Entre 1945 et 1968, le catholicisme en Europe occidentale a vécu une profonde transformation sociale et politique. Prêtres et laïcs ont impulsé de nouvelles formes d'apostolat, défiant les structures ecclésiales et promouvant un renouveau interne. Ce phénomène transnational a redéfini l'engagement chrétien, politisé de larges secteurs sociaux et généré des tensions intra-ecclésiales et avec le laïcat. Les ressources de l'Église, à la fois moteurs de contestation et instruments de contrôle, illustrent l'ambivalence de ce processus.
Depuis 2021, la sécheresse en Roussillon fait les gros titres des journaux régionaux comme nationaux. Certes, cette sécheresse est dévastatrice, mais est-elle vraiment historique ? Et ne fait-elle pas partie des ces catastrophes dites " naturelles " dont l'origine est bien humaine ? Dès lors, quelles seraient les solutions pour y échapper ? L'actualité est faite en Roussillon d'alertes sécheresse mais la chronique recense depuis 150 ans de nombreux épisodes de ce type et l'on sait depuis longtemps donner une explication météorologique à ces épisodes propres au climat méditerranéen. Penser que le réchauffement en cours, bien réel, est la seule cause de ces accidents est une manière trop facile de s'exonérer d'erreurs de gestion.Les inconséquences en matière d'aménagement sont flagrantes en Roussillon (comme dans de nombreuses autres régions). Non seulement la ressource hydrique est très sollicitée par l'agriculture, mais elle l'est de façon anarchique. Les usages urbains sont mieux connus ; mais la multiplication des lotissements a conduit des communes à la panne sèche et à un avenir assez sombre.Enfin, la mesure du risque lié à l'irrégularité climatique n'est pas prise dans sa globalité. En matière d'incendie, la sécheresse est un paramètre parmi d'autres. C'est également vrai pour les désordres dans le bâti qu'aujourd'hui on lui impute exclusivement. Et l'on ne doit pas méconnaître le risque d'un retour des inondations.Alors que faire ? Avant tout mobiliser les nombreuses connaissances déjà existantes et ne plus se voiler la face en faisant des choix d'aménagement dictés par une réflexion à long terme.
Sans logistique, il n'y a ni victoire, ni armée capable de durer. Pourtant, cet élément essentiel de la guerre demeure l'un des aspects les moins étudiés de l'histoire militaire.
Issu du colloque organisé à l'Université Polytechnique Hauts-de-France en mars 2023, cet ouvrage réunit quinze historiens, chercheurs et militaires qui explorent les multiples dimensions de la logistique militaire. Des routes de l'Empire romain aux opérations contemporaines, des montagnes de l'Inde aux déserts du Koweït, ils montrent comment l'acheminement des hommes, des vivres, des munitions, de l'énergie ou des équipements conditionne le succès des campagnes militaires.
À travers des études de cas inédites, le lecteur découvre les défis de la planification, l'ingéniosité des systèmes de soutien, la diversité des moyens de transport – humains, animaux ou mécanisés – ainsi que les constantes adaptations imposées par les contraintes du terrain, de la technologie et de l'environnement.
En croisant les regards d'universitaires et de praticiens, ce volume met en lumière un domaine aussi discret qu'indispensable, offrant une réflexion originale sur l'évolution de la guerre et des armées, de l'Antiquité jusqu'aux enjeux énergétiques et environnementaux du XXIᵉ siècle.
Un ouvrage de référence destiné aux historiens, militaires, étudiants et à tous ceux qui souhaitent comprendre ce qui, derrière chaque victoire, permet réellement à une armée de combattre.