Replongez dans la féérie visuelle et musicale de la troublante Annette (2021) de Leos Carax grâce à cet essai sur l'univers oxymorique et romantique du film. La représentation de la jeune Annette en marionnette constitue autant le noeud de son histoire que le reflet du film : un conte étrange rehaussé d'un noir qui sublime les images et rend compte du tragique de la destinée des protagonistes. L'ouvrage s'attache aux personnages et à leurs interprètes, à la photographie, la mise en scène, le son, la musicalité et au merveilleux d'un film qui explore un drame et questionne la condition d'artiste. Philosophie, psychanalyse, histoire de la peinture et esthétique du cinéma sont sollicitées, toujours en fonction des matériaux du film et des questionnements qu'il convoque : le sublime, le beau, l'inquiétante étrangeté, la mort, la hantise... L'originalité du livre réside dans l'apport de sources inédites : les entretiens réalisés avec Caroline Champetier, Katia Boutin, Pierre-Marie Dru et les Sparks.
L'histoire d'un temple, de sa fondation à son oubli.
Athribis XI est le second volume d'archéologie après Athribis V consacré au temple Repit de Ptolémée XII à Athribis (province de Sohag). Il présente les fouilles menées par lʼuniversité Eberhard-Karls de Tübingen entre 2016 et 2019.Un grand chapitre de synthèse porte sur les principaux vestiges et les découvertes réalisées au cours des campagnes de fouilles, qui ont conduit à de nombreux résultats nouveaux. Dʼune part, les fouilles ont révélé dʼimportants textes hiéroglyphiques sur les parois du temple, publiés ailleurs dans la série Athribis, et permis de compléter le plan du sanctuaire. Dʼautre part, les couches de remplissage ont fourni aux chercheurs de nombreuses connaissances sur lʼutilisation du temple à la fin de lʼépoque romaine et au haut Moyen Âge, après lʼabandon du culte égyptien ancien. Certaines études sont consacrées à des pièces spécifiques et portent sur leur architecture primaire et secondaire, ainsi que sur leur utilisation ultérieure. Dʼautres études traitent des ossements dʼanimaux, des différents groupes de reliefs avec leurs inscriptions et le destin qu'ils connurent, des souverains ptolémaïques et des empereurs romains attestés dans le temple, mais aussi de lʼinscription dédicatoire, des figurines découvertes, et apportent des explications sur les questions de restauration de reconstruction du temple.
Cette nouvelle traduction de Cymbeline cherche à restituer la poésie et la musicalité du texte de Shakespeare.
Cette nouvelle traduction de Cymbeline, l'une des dernières pièces de William Shakespeare, s'adresse tout aussi bien aux enseignants et étudiants qui cherchent un texte source pour engager un travail de recherche ou d'analyse qu'aux acteurs et actrices qui souhaitent monter la pièce et ainsi rendre visible la parole shakespearienne. Entre tragédie et comédie romantique, la pièce narre les amours contrariées de la belle et pure Imogène, fille du roi de Bretagne Cymbeline, et de Posthumus Léonatus, le jeune homme qu'elle a épousé secrètement et que le courroux royal a promptement banni. L'exil de Posthumus et les diverses péripéties qu'entraîne la séparation des amants se déroulent sur une toile de fond historique qu'animent des tensions entre l'Empire romain et Cymbeline, son vassal : les conflits familiaux font écho aux tensions diplomatiques, l'autorité, la jalousie et la vengeance caractérisant les deux volets de l'intrigue. Cette traduction est traversée par le désir de restituer l'oralité du texte original : la mélodie que les mots portent en germe et font éclore lors de la scansion, les effluves poétiques qui habitent la langue des différents personnages font ici l'objet d'une attention toute particulière afin de rendre compte, le plus précisément possible, d'un rapport au monde et au miroir des mots au cœur de l'écriture de Shakespeare. La préface présente Cymbeline et son contexte, souligne les caractéristiques de la pièce et analyse de façon très imagée les choix opérés pour traduire Shakespeare aujourd'hui.
Comment les Marseillaises ont-elles participé à l'essor économique de leur ville aux XVIIe-XVIIIe siècles ? Une nouvelle approche de l'histoire économique et urbaine en Méditerranée.
À Marseille, aux XVIIe et XVIIIe siècles, les femmes occupent une place importante dans le commerce urbain, jusqu'alors grandement occultée par l'historiographie. Des poissonnières des places publiques aux veuves de négociants, des boutiquières aux marchandes de rues, elles participent activement au développement de la cité phocéenne. À rebours de l'image stéréotypée des " criardes ", ces femmes se révèlent inventives dans leurs manières d'agir, capables de contourner les obstacles juridiques, de diriger leurs propres affaires, de prêter de l'argent ou de louer des boutiques, de mener des expertises et de s'imposer dans des secteurs nouveaux. En cela, elles contribuent directement à l'essor économique de la cité portuaire. Ces Marseillaises circulent dans les rues, animent les places et les quartiers, et, par leur travail quotidien, participent à l'approvisionnement comme à la prospérité de la ville. Certaines, à travers la diffusion de produits venus d'outre-mer, prennent part à la mondialisation. En redonnant chair à ces actrices longtemps invisibilisées, cet ouvrage, à la croisée de l'histoire économique, de l'histoire des femmes et du genre, de l'histoire du travail et de l'histoire urbaine, renouvelle notre regard sur la société urbaine et l'économie méditerranéenne d'Ancien Régime. Il montre combien l'histoire du commerce marseillais et de son port, et plus largement l'histoire économique et sociale de la ville, ne peuvent s'écrire sans ces femmes à la fois ordinaires et essentielles, au cœur de l'animation et du dynamisme de la cité phocéenne. Leur contribution, longtemps négligée, apparaît ici dans toute son ampleur.
Derrière le mythe du militant infatigable ou encore du médecin des pauvres se cache un homme, François-Vincent Raspail (1794-1878), qui a construit un imaginaire républicain original mêlant politique et science.
En retraçant la biographie de l'homme politique et du chimiste François-Vincent Raspail (1794-1878), ce livre tente de répondre à la question suivante : que signifie être républicain au cours du XIXe siècle en France ? À travers le cas de Raspail, il est possible d'envisager le républicanisme à l'échelle individuelle et de manière évolutive. Par ailleurs, les doctrines républicaines de Raspail ont la particularité d'entrer en résonance avec ses travaux scientifiques sur la théorie cellulaire : le savant et le politique ne font qu'un. Être républicain, consiste ainsi à développer un imaginaire politique et, dans le cas de Raspail, à faire l'objet d'un mythe politique qu'il s'agit d'analyser et de déconstruire en étudiant ses différentes déclinaisons au cours de sa vie (l'ami du peuple, le lutteur infatigable, le médecin des pauvres, l'homme désintéressé, le martyr républicain, etc.).
Ce livre est le récit d'une carrière scientifique de trente ans jalonnée de découvertes archéologiques à Jerf el Ahmar, El Kowm et tell Aswad, trois sites en Syrie qui font désormais référence pour comprendre les débuts de l'agriculture, la complémentarité entre nomades et sédentaires ou les rituels funéraires complexes. Ce livre est aussi, et peut-être surtout, le récit d'une rencontre entre une archéologue venue d'Europe avec les hommes et les femmes qui, sur place, ont accueilli les équipes d'archéologues durant toutes ces années. Grâce à sa connaissance de l'arabe dialectal, l'auteure a recueilli des témoignages inédits, intimes, sur la vie des villages de la steppe, des rives de l'Euphrate et des alentours de Damas, qui nous éclairent sur la condition des femmes, les savoir-faire menacés et les bouleversements humains à l'œuvre.
Discipline largement pratiquée et récemment mise sur le devant de la scène par les performances françaises aux Jeux olympiques, le tennis de table requiert des compétences spécifiques, ainsi que des qualités physiques et mentales sur lesquelles ce précieux ouvrage s'attarde afin de proposer un outil indispensable aux amateurs comme aux praticiens.
À une époque où les progrès de la médecine moderne permettent à des personnes pratiquement entièrement brûlées de survivre, il est paradoxal de constater les lacunes et le peu de littérature existant sur le sujet des grands brûlés. Ce livre aborde les aspects fondamentaux de la vie sociale et propose une réflexion sur l'importance du corps et de l'apparence dans notre société, en s'ouvrant plus largement à toute personne ou tout groupe d'individus stigmatisés dérogeant temporairement ou de manière permanente à une norme corporelle.
La Revue des revues propose un autoportrait en revues deDavid Christoffel, une traversée du XXe siècle avec les revues des éditionsRougerie (Réalités secrètes), la revue Discontinuités, les revues surréalistes(après le Surréalisme). Et des lectures, actualités, comptes rendusde nouvelles revues (Congre, Manifeste!, ...) La Revue desrevues propose un autoportrait en revues du poète et musicologue DavidChristoffel, une traversée du XXe siècle avec les revues des éditions Rougerie (Réalités secrètes ), la revueDiscontinuités , les revues surréalistes (après leSurréalisme). Et des lectures, actualités, comptes rendus denouvelles revues ( Congre, Europhonie(s), La Fabrique pongienne,L'Iceberg, Manifeste!, La Raison du poème )
Un président en scène. Emmanuel Macron : mots, discours, postures
La parole présidentielle constitue un genre discursif singulier, mais chaque président s'approprie à sa façon les contraintes qui en sont constitutives. Qu'est-ce donc que le macronisme ? Quel est l'univers discursif du président élu en 2017 ? Comment ce discours a-t-il évolué au fil des deux quinquennats ? Que reste-t-il de l'ambition jupitérienne originelle ? Dans quelle mesure emprunte-t-il à des univers sociaux extrapolitiques, le monde de l'entreprise ou le monde militaire par exemple ? Quel sens faut-il donner à l'invocation de la " sobriété " ? Telles sont quelques-unes des questions traitées dans ce numéro de Mots. Les langages du politique, à partir d'investigations qui veillent tout à la fois à analyser avec rigueur et méthode les corpus discursifs construits à partir des discours d'Emmanuel Macron et à s'interroger sur les logiques de production et de réception de ces discours : quelles stratégies politiques en amont ? Quelles contraintes d'énonciation ? Quels cadrages médiatiques ? Quelles lectures de la part des commentateurs ? Quelles reprises par d'autres locuteurs ? Le discours présidentiel, en d'autres termes, fait-il toujours autorité ?
L'enjeu des critiques sociales du temps, considérées ici dans leur diversité, est de mettre au jour les normes qui régissent notre rapport au temps et d'identifier des possibilités de résistance, de contournement, ou de subversion.