Le 17 mars 2020, à la veille du confinement, Johan Mathieu se retrouve seul avec le souvenir de Juliette. Qu'importe s'il a partagé un open space avec sa charmante collègue, il n'a jamais osé l'aborder et s'en mord les doigts aujourd'hui. Combien de temps avant de la revoir ? L'apocalypse est-elle proche ? Un matin, Johan reçoit une curieuse livraison de mochis – ce dessert japonais –, qu'il n'a jamais demandée. Intrigué par sa provenance, épaulé de son truculent livreur, il va braver les interdits pour mener l'enquête. Et retrouver peut-être la mystérieuse Juliette. Bâtie sur le modèle du journal intime, cette aventure a initialement été composée sur Instagram, par épisode quotidien, pendant la durée exacte du premier confinement. À la fois chronique de l'actualité, de l'isolement, roman initiatique, ce récit explore nos failles quand le quotidien nous est volé. Le roman a fait l'objet d'une exploitation en classe dans le cadre du projet pédagogique international Short Forms Beyond Borders, soutenu par l'union européenne. Il est devenu un appareil pédagogique livré ici. Les fiches fournies permettent aux enseignants de FLE/lettres modernes d'exploiter le roman directement en cours (du lycée à l'université), et aux apprentis enseignants de se former à l'élaboration de matériau pédagogique. Le carnet d'écriture, enfin, pose les jalons d'une méthode pour l'encadrement de l'écriture créative en classe.
Pertes, pillages, évacuations… La Première Guerre mondiale bouleverse les musées du Nord de la France. Porté par Musenor – Association des professionnels des musées de Hauts-de-France, cet ouvrage collectif explore les traces laissées par le conflit au coeur des collections régionales. Un éclairage inédit sur l'histoire du patrimoine en temps de guerre, à la croisée des enjeux actuels de mémoire, de provenance et de restitution.
Le numéro se compose d'articles rédigés par des spécialistes de l'oeuvre d'Ernaux qui proposent des approches renouvelées – génétique, intermédialité, anthropologie, traduction – sur deux récits très commentés ces dernières années (le récit canonique Les Années et Mémoire de fille) et un récit plus marginal L'Autre fille
L'oubli menace tout écrivain. Comment prédire la longévité d'un livre de littérature de jeunesse au succès particulièrement difficile à cerner ? Tout oubli est-il immérité ? Ne conviendrait-il pas de tirer certaines œuvres de leur purgatoire ?
Qui étaient Lily Jean-Javal, André Hellé, Saint-Marcoux ou Claude Campagne ? Pourquoi lit-on toujours les romans de Jules Verne ou de la comtesse de Ségur et non ceux de leurs contemporains Edmond About ou Paul Féval pourtant célèbres à leur époque ? L'oubli menace tout écrivain car le succès est capricieux en littérature. Il est difficile de le prévoir, même de nos jours, malgré de solides études de marché. En littérature pour la jeunesse, en outre, un canon plus ou moins subjacent se fait toujours percevoir, celui de la pédagogie auquel il faut associer celui du plaisir beaucoup plus difficile à cerner et tributaire d'un grand nombre de critères. Comment, dans ce cas, prédire la longévité de ce type de livre ?
Dix chercheuses venues d'horizons voire de pays différents ont essayé de répondre à ces questions en interrogeant les critères de réussite d'un ouvrage destiné à la jeunesse qu'ils soient liés à une époque, aux modes, aux mœurs, à une conception de l'éducation ou des loisirs, à la fabrique éditoriale… Elles n'ont pas manqué de se demander parallèlement si tout oubli était forcément immérité ou si certain(e)s écrivain(e)s ne mériteraient pas aujourd'hui d'être tiré(e)s de leur purgatoire.
Qu'est-ce qui rend possible l'expérience artistique partagée, c'est-à-dire le moment de la rencontre entre une oeuvre (performée ou pas) et un individu ou un public ? L'explication avancée est que cette expérience n'est possible qu'à travers une relation intersubjective définie comme intercorporéité. Fondée sur le phénomène de la simulation incarnée et nourrie par les travaux en neurosciences et en psychologie du développement, cette explication est illustrée par de nombreuses analyses concrètes.
Les écrivains, artistes, et chercheurs qui s'expriment ici construisent leurs réflexions autour de formes de vie influencées par les enjeux technoscientifiques et écologiques : vivants microscopiques ou êtres modifiés par les biotechnologies.
En donnant la parole à des chercheurs en sciences sociales et humaines, ainsi qu'à des écrivains et des artistes, hommes et femmes, ce volume propose une réflexion sur un humanisme horizontal ou un posthumanisme écocentrique visant à instaurer une relation équilibrée avec la nature et l'ensemble des formes de vie, selon le modèle d'autres cosmologies. Plusieurs intellectuels occidentaux organisent ainsi leurs recherches et leurs œuvres autour de l'extension de la notion de " personne " à de nouvelles subjectivités : identités fluides, abolition des binarités humain / non-humain, homme / femme, centre / périphérie, et création même de catégories jusqu'alors inexistantes. Est-il réellement possible de concevoir une postmodernité juridique et d'imaginer (selon Bruno Latour) des formes institutionnelles représentatives pour les non-humains, afin de conceptualiser ce mode de vie pluraliste ? Le livre interroge la création de ces récits, que nous avons intitulés " éco-technos ", en tant qu'ils rendent compte d'un mode de vie attentif à la porosité des frontières entre objets et sujets dans la société occidentale contemporaine. Ces récits participent à l'élaboration d'une nouvelle théorie narrative de l'écocène, dont plusieurs caractéristiques de la fiction de l'écocène sont identifiées et analysées ici. Quelles approches, quelles règles et quelles formes narratives la fiction de l'écocène privilégie-t-elle, lorsqu'elle se construit autour de personnages dont la forme biologique n'est plus déterminante ? Les réflexions réunies ici contribuent ainsi à l'établissement d'un champ d'études et à l'ouverture d'un chantier de recherche capable de prendre en compte et de penser les enjeux éco-technos dans la littérature francophone contemporaine.
Les patrimoines de l'Amérique française prennent leur source dans les ports de France d'où sont partis les pionniers et pionnières qui ont peuplé le continent nord-américain, du Québec aux Prairies, de l'Acadie à la Louisiane. Leurs descendants et descendantes ont progressivement construit leurs propres patrimoines, à la suite d'adaptations au territoire et à son climat, au fil de contacts et d'échanges avec les peuples autochtones et avec les autres groupes européens, de même que par la mise en valeur d'éléments phares de leur passé, pour affirmer leur identité. Cet ouvrage rassemble un florilège de ces patrimoines, dont les lecteurs et lectrices pourront aussi faire l'expérience à plusieurs endroits du continent, en visitant un site naturel, un bâtiment historique ou en participant à un festival. La France a hérité à son tour de nombreux éléments des patrimoines de l'Amérique française qui se trouvent aujourd'hui sur son sol. Les lecteurs et lectrices pourront également faire connaissance avec ce riche héritage. Les articles illustrent toutes les formes de ces patrimoines, qu'ils soient naturels, matériels ou immatériels. En plus de décrire leurs différentes formes et fonctions, ils explorent les manières dont ils se constituent. Au lieu d'insister sur le seul caractère permanent d'un patrimoine, comme on le fait souvent, l'Encyclopédie présente chacun comme un phénomène dynamique et pluriel, toujours en construction, modelé et remodelé par des acteurs sociaux.
Alors que les études féministes et de genre sont parfois contestées, neuf enseignantes-chercheuses de différentes générations et disciplines exposent ce qui les a amenées à choisir ce domaine, les recherches très diverses qu'elles mènent, le montage de formations, ainsi que les luttes pour l'égalité professionnelle et contre les violences au sein de l'université. Leurs autobiographies intellectuelles permettent de mieux comprendre une catégorie peu étudiée – les universitaires – et un domaine universitaire en plein développement – les études de genre –, à partir d'une université située en dehors de l'espace universitaire parisien.
L'absence concerne aussi bien les parties au procès, que le chef de l'État, les acteurs du jeu démocratique, les citoyens, les militaires, les médecins, le dirigeant social, le délégué syndical, les mères, mais aussi la décision ou le droit lui-même. L'ouvrage permet d'en appréhender la nature, les problèmes, les enjeux. Il fait émerger deux mouvements différents d'analyse : l'absence peut se voir ou bien comme un outil de maîtrise, ou bien comme un phénomène qu'il faut chercher à limiter. C'est entre ces deux pôles que se déploient les exemples et les analyses juridiques précises ici présentés et pensés.
Cet ouvrage aborde un champ encore peu exploré : celui des représentations des handicaps dans la littérature française pour adolescents, en particulier le roman.
En s'insérant dans la recherche actuelle sur le handicap et en parcourant un corpus d'œuvres variées adressées aux adolescents, encore peu étudiées, cet ouvrage offre la synthèse d'un travail d'exploration des liens qui existent entre la littérature pour les adolescents, en particulier le roman, et le handicap. Il met en lumière les spécificités des œuvres qui présentent des personnages en situation de handicap et leurs enjeux, et souligne leurs intentions (idéologiques, sociales, politiques, philosophiques, pédagogiques, etc.), en montrant comment les représentations des handicaps, de toute nature, évoluent et se développent en lien avec les mutations socioculturelles et la prise en considération, tant juridique que sociale ou culturelle, de la notion de handicap. S'il se focalise sur la littérature française pour adolescents des quarante dernières années, il invite également le lecteur à un saut dans le passé et dans d'autres contextes culturels et géographiques, afin de retracer l'histoire et l'évolution des représentations du handicap. Quelle est l'image que les romans français pour adolescents donnent de cette question ? Quels sont les enjeux principaux autour desquels ils se construisent ? Comment penser la relation qui existe entre la littérature et le handicap et selon quelle perspective ? Et quel est le point de vue des écrivains sur ce sujet ?
Le lien entre logement et inégalités a pris une actualité particulière depuis le début de la pandémie du Covid 19. Dans les Amériques, la crise a remis en évidence les difficultés de beaucoup à se loger dans des conditions décentes, notamment dans les villes où les inégalités de revenus sont les plus importantes. Les inégalités d'accès au logement en génèrent donc d'autres, de nature socio-économique mais également sanitaire, puisque ce sont dans les quartiers pauvres, aux logements inadéquats et surexposés aux nuisances industrielles, où habitent souvent les minorités ethniques et raciales, que la mortalité liée au Covid a été la plus élevée et que les maladies respiratoires y sont les plus développées. Dans une perspective transversale, et depuis les Amériques, autour des cas de Medellin, Los Angeles, Caracas et Montréal, ce numéro vient renouveler l'analyse des inégalités liées à l'habitant dans les villes contemporaines et réaffirmer l'importance de mobiliser et politiser l'enjeu du logement comme prisme de lutte contre les inégalités.