Notion, concept, catégorie, si la " culture " continue d'animer sa discipline fondatrice, elle est également omniprésente dans les discours ordinaires (politiques, médiatiques, publics) dans les secteurs de l'éducation, du professionnel, de l'humanitaire, de l'international, de la migration, de l'associatif, etc. La notion de culture fait à ce point partie des éléments consensuels à partir
desquels se construisent nos modes d'appréhension et de compréhension du monde qu'il est nécessaire de s'interroger sur les effets de cette saturation : cette omniprésence ferait-elle de la culture un impensé ?
Ce volume réfléchit sur l'outil majeur des acteurs en Grèce ancienne : le corps jouant et dansant. Pour le cerner, il fait dialoguer des approches diverses, philologiques, iconographiques, comparatistes et expérimentales.
La revue s'adresse à un public averti dans le domaine des sciences de l'Antiquité. Revue semestrielle internationale plurilingue, elle est composée d'articles, de chroniques, comptes rendus, notes de lecture, et édite des suppléments thématiques.
Face à de nombreuses crises internationales et à des évolutions dangereuses – citons ici seulement la guerre en Ukraine et les conflits au Proche-Orient ainsi que la montée générale du populisme de droite, du nationalisme et des régimes autoritaires en Europe et dans le monde – la diplomatie culturelle française et allemande, portée par des instruments et institutions différents comme l'Institut français et le Goethe-Institut, se voit confrontée à de nouveaux enjeux et défis. Quels sont les nouveaux instruments, quels sont les échecs et les succès ?
Situé à la croisée de trois champs historiographiques – l'histoire de l'Afrique de l'Est, les contacts avec les Européens avant la colonisation et l'écriture de l'histoire – ce livre analyse les dynamiques politiques et sociales qui ont provoquée des mises par écrit et en récit du passé au XIXe siècle. Sur le littoral de l'actuel Kenya, une cité-État a été fondée à Witu en 1862 par des élites urbaines swahili exilées. Fragilisées par le sultanat omanais de Zanzibar puis par la Grande Bretagne à la fin du siècle, les autorités de la cité s'appuient sur leurs alliés locaux et leurs dépendants (esclaves fugitifs, clients), ainsi que sur des voyageurs allemands. De plus, dans le contexte des rivalités régionales puis impériales, des récits à caractère historique (chroniques, généalogies) sur la dynastie au pouvoir à Witu sont mis par écrit. Ce " besoin " d'histoire répond à la nécessité de légitimer des revendications territoriales, politiques et coloniales. Ainsi, à travers la production de textes de nature composite et de bricolages de récits agencés plus ou moins habilement, il apparaît que la renégociation des compromis sociaux jusque-là établis a provoqué la mobilisation du passé comme stratégie pour venir légitimer et renforcer un pouvoir vacillant.
Le conte de fées est souvent pensé comme un sujet essentiellement littéraire. Dans cet ouvrage, il est question d'explorer les liens que tisse le conte avec de nombreux arts comme la danse, le théâtre, la peinture, la photographie, l'art lyrique, le cinéma ou le spectacle vivant. Le féerique est envisagé chez des artistes classiques (Shakespeare, Watteau, Blake, Fuseli, Rossetti, Dadd) et contemporains (ORLAN, Partington) mais également dans des territoires plus inédits comme les séries télévisées, l'art brut, la joaillerie, la mode ou la céramique. Sortir la féerie du domaine exclusif du lectorat jeunesse permet également d'inclure d'autres regards, adultes cette fois, sur le merveilleux et le réenchantement du monde.
Cet ouvrage analyse l'impact social de la construction du barrage des Trois Gorges en Chine, qui a contraint de nombreuses populations rurales originaires du village de Chongqing à être déplacées vers Shanghai et le Guangdong.Florence Padovani s'attache à retracer leur itinéraire, depuis leur vie initiale à Chongqing, jusqu'au processus d'adaptation et d'enracinement dans leur nouveau lieu de vie, montrant l'impact du monumental projet hydraulique sur les populations concernées. L'analyse se concentre sur les familles rurales qui ont été déplacées à plusieurs milliers de kilomètres de leur premier lieu de vie, laissant de côté le cas des citadins dont le processus de relogement est totalement différent et qui sont pour la plupart restés dans le même district. Parmi les lieux de réinstallation, ont été retenues des régions économiquement développées, permettant une comparaison. Au-delà des différences constatées, la mise en miroir des cas de Shanghai et du Guangdong apporte une lumière nouvelle sur les régularités du phénomène étudié. En s'attachant à l'itinéraire de ces familles toutes originaires de Chongqing, l'ouvrage propose un kaléidoscope de trajectoires singulières, tout en établissant une coupe sociologique de la gouvernance chinoise du déplacement forcé. Il donne ainsi à voir, sur plus de vingt ans, le fonctionnement et l'adaptation des institutions et de la société chinoise face aux multiples défis de la migration planifiée : les relations verticales entre le pouvoir central et les différents niveaux de l'administration locale ; les relations horizontales entre provinces ; les moyens dont disposent les ruraux pour faire entendre leur voix ; les difficultés d'adaptation dans un pays aussi grand que la Chine quand on passe d'une province à une autre. Une place importante est faite à l'expérience des personnes à travers l'insertion de nombreux extraits d'entretiens de fonctionnaires locaux et de déplacés des première et seconde génération.
L'ouvrage, illustré de nombreux documents, propose en sept chapitres, une synthèse des grandes étapes du développement des universités de Lille (Lille I, 2 et 3), nées des suites des mobilisations de mai-juin 1968, puis de la nouvelle université de Lille née en 2018 de la fusion des trois entités antérieures. Il décrit son histoire en s'intéressant aux structures, aux enseignant-e-s et aux étudiant-e-s ainsi qu'aux formations et à la recherche qui se diversifient tout en se professionnalisant.
Comment représenter une expérience qui échappe au langage ? L'exil, vécu comme perte, déracinement et déplacement, trouve au cinéma un espace de réinvention formelle et sensorielle. L'Image-exil explore la puissance du cinéma à rendre visible cette expérience-limite à travers les oeuvres de Tarkovski, Rocha, Wenders et Salles. Ce livre propose une lecture originale du déplacement à l'écran, où mémoire, altérité et devenir de l'image s'entrelacent pour renouveler notre regard sur le monde contemporain.
L'extrémisme imprègne les sociétés contemporaines ; il sature même l'espace politique mais sa nature ne se laisse pas aisément saisir. Ceux qui s'en revendiquent sont cependant rares. Phénomène bien réel mais fuyant, il relève autant de l'accusation disqualifiante que de la catégorie analytique. Ce dossier se propose d'affronter la difficulté en envisageant la notion au pluriel : de la gauche à la droite, du xixe siècle au présent le plus brûlant, il s'agit de revenir dans une perspective comparée aux racines des extrémismes et de comprendre leurs variations dans le temps comme dans l'espace. Or, penser les extrémismes, c'est d'abord réfléchir aux archives qui permettent d'en écrire l'histoire et ce numéro est nourri par un gisement exceptionnel, le Fonds Bourseiller, rassemblé par cet historien, écrivain et journaliste, et déposé à l'Université Polytechnique Hauts-de-France. En mobilisant ces sources et en convoquant l'historiographie récente, il apparaît que les extrémismes se définissent plus par un rapport spécifique au politique que par des doctrines clairement établies, en rejetant les règles du jeu politique, loin de tout compromis ou modération. À travers les extrémismes se dessine une conception absolue et radicale de la politique, à laquelle les sociétés démocratiques doivent faire face aujourd'hui, comme hier.
L'enfant vit l'âge de bien des métamorphoses. Son corps grandit. Il entre dans le langage et les langues, fait face à un monde mouvant. Or la pandémie, tout en aggravant la crise climatique, a mis à rude épreuve les enfants pris dans le mouvement en tension de la société tout entière. La création pour la jeunesse a su revenir à la mue animale et humaine comme un réservoir concret et métaphorique pour y puiser des représentations et lui parler du grandir, entre difficulté, vitalité et nécessité des processus de transformation. De l'album à la scène, des sciences naturelles aux arts de l'enfance, ce numéro explore ces narrations et scénographies nouvelles, adressées aux différents âges de l'enfance.