Les libraires du Comptoir vous proposent des sélections thématiques. Celle d'aujourd'hui est consacrée au Mois des Fiertés.
Célébré chaque année au mois de juin, le Mois des Fiertés est un temps de visibilité, de solidarité et de mobilisation pour les droits des personnes LGBTQIA+. Il rappelle les combats menés contre les discriminations et l'importance de poursuivre la construction d'une société plus inclusive et respectueuse de toutes les identités, au-delà du genre et de l'orientation sexuelle. Parce que la lecture est un puissant vecteur de connaissance et d'ouverture, nous vous proposons une sélection d'ouvrages pour explorer ces questions et nourrir la réflexion.
Le genre, Anne Tomiche (Presses universitaires Blaise-Pascal)
Le genre s'invite aujourd'hui partout, dans les débats de société comme dans les études universitaires. Que ce soit pour s'attaquer à une "idéologie du genre" supposée ou, au contraire, pour dénoncer la dimension idéologiquement réactionnaire de ces attaques, le genre mobilise l'université comme la société civile et les politiques. D'où le terme vient-il ? Que recouvre-t-il dans ses différents emplois ? En quoi et comment cette notion permet-elle de penser des questions d'identités sexuées et des questions de sexualité ? In fine, à quoi sert-elle et que peut-on faire avec elle ? C'est à ces questions que ce volume répond.
Le corps du genre, Luca Greco (Éditions de la MSH)
De quoi le genre est-il fait ? De langage ? De matière ? Est-ce que le genre, dès lors que l'on prend en compte le langage, mais aussi d'autres matérialités telles que les objets, les corps, la technologie, la nature, reste une caractéristique intrinsèque de l'être humain ? Ou bien dépasse-t-il l'humain pour atteindre le non humain, l'au-delà de l'humain, le post-humain ? Voici quelques questions auxquelles ce livre, à l'intersection d'un débat théorique et d'une actualité politique, répond. Luca Greco, sociolinguiste et spécialiste en études de genre, s'appuie sur un matériau analytique riche et composite, constitué d'enquêtes ethnographiques à la fois autour des mouvements éco-trans-féministes, des relations entre virilité, nationalisme et alimentation, du statut du fœtus dans les échographies prénatales ou dans les gender reveal parties, des campagnes contre le droit à l'avortement, et enfin d'un corpus d'interactions entre travesties et partenaires dans les espaces de rencontre en ligne.La multiplicité des données et la richesse sémiotique prises en compte dans ce livre – langagières, corporelles, technologiques, artéfactuelles – permettent une nouvelle conception du genre, "en excès", dépassant les frontières de l'humain et du langage verbal, au prisme d'assemblages multi-matériels, humains et non humains, dont les enjeux sont d'ordre analytique, théorique et politique.
Lesbiennes et gays au charbon, Marie Cabadi (Éditions de l'EHESS)
De 1984 à 1985, le Royaume-Uni a été secoué par une longue et dure grève opposant le syndicat des mineurs à son employeur public, dont la mémoire est toujours vive outre-Manche. En étudiant les liens de solidarité noués entre des communautés de mineurs en grève et des groupes de militant·e·s gays et lesbiennes, ce livre explore une facette de ce moment central dans l'histoire britannique récente qui a été redécouverte par le grand public à la sortie du film Pride (2014). Marie Cabadi interroge ces liens, particulièrement forts entre Londres et le sud du pays de Galles, sous l'angle de la solidarité, comprise comme une relation certes partielle mais bien réelle. Les sociabilités qui naissent de ce travail politique et le nourrissent éclairent sous un jour nouveau les rapports de genre en jeu dans ces rencontres militantes. Essayant de penser ensemble histoire du mouvement social ouvrier et histoire LGBTQ et féministe britanniques, cet ouvrage montre que l'organisation de soutiens lesbiens et gays à la grève n'était pas seulement une " rencontre improbable ", mais bien l'appropriation d'un discours et de pratiques de solidarité avec les mineurs s'appuyant sur une histoire et des réseaux militants et politiques lesbiens et gays.
Gays et lesbiennes en politique, Hugo Bouvard (Presses Universitaires du Septentrion)
Comment peut-on aujourd'hui être gay ou lesbienne en politique ? Cet ouvrage retrace les mobilisations qui, depuis le milieu du vingtième siècle, ont visé à augmenter le nombre de gays et de lesbiennes dans les partis politiques et les assemblées. À partir d'entretiens menés avec des élu·es ayant rendu publique leur homosexualité, il analyse le rôle que celle-ci a joué dans leurs trajectoires, et interroge ce que signifie un " coming out " en politique. Il contribue aux débats sur le lien entre les caractéristiques des élu·es et la représentation des groupes sociaux en étudiant la façon dont ces gays et lesbiennes prétendent (ou non) représenter les minorités sexuelles. Alors que le débat public est saturé de discours comparant la place des minorités en France et aux États-Unis, l'ouvrage sociologise les différences observées en rendant compte des contraintes asymétriques qui pèsent de part et d'autre de l'Atlantique sur l'exercice d'un mandat politique, lorsqu'on appartient à un groupe minorisé.
Genre, sexes, sexualités, Danielle Constantin et Catherine Viollet (Presses universitaires de Rouen et du Havre)
Les questions de genre, de sexes et de sexualités, envisagés dans leur pluralité, constituent un domaine majeur de l'expérience humaine et un vaste champ de recherche qui concerne toutes les pratiques, tant sociales que symboliques, et tout particulièrement le langage et l'écriture. Ces notions permettent d'interroger les idées reçues, de déconstruire les évidences et d'explorer les textes sous un angle neuf.Les écrits autobiographiques abordent certains aspects de la vie humaine parmi les plus secrets, les plus intimes, notamment les relations complexes entre les sexes et le genre (comme construction de la relation entre le biologique et le social), entre les sexes et les différentes sexualités, entre le genre et les sexualités. L'étude des processus de genèse de ces écrits suppose de prendre en compte les contraintes, tant matérielles que symboliques, liées à ces catégories qui structurent la société, et à cerner leur fonctionnement dans la production des textes. Les recherches sur le genre, sur les questions d'identités sexuelles et sur les représentations discursives des sexualités qui leur sont liées trouvent ainsi dans l'étude de la genèse de textes autobiographiques un matériau de choix, en raison d'un pacte d'authenticité.Lieux par excellence d'élaboration créatrice, ces textes portent trace de conflits, d'enjeux, d'ambiguïtés et de contradictions, d'autocensure et de censure, d'ajustements entre reproduction et subversion des normes, de métamorphoses propres au processus de production. Ce volume montre l'originalité et la pertinence d'analyses littéraires se situant au croisement, encore trop peu exploré, d'un questionnement sur le genre, les sexes et les sexualités, de recherches sur les formes autobiographiques et de travaux en critique génétique.
Psychiatrie et homosexualité, Malick Briki (Presses universitaires de Franche-Comté)
Inverti•e, lesbienne, homosexuel•le, autant de catégories créées ou investies par la médecine et la psychologie au 19e siècle pour traiter ce que l'on perçoit, au mieux, comme des "anomalies". Aujourd'hui, en Europe comme aux États-Unis, l'homosexualité n'est plus considérée comme une maladie mentale. Que dire alors de la reparative therapy et de ses "ex-gays", de l'orientation sexuelle "égo-dystonique" en psychiatrie ou encore de la "perversion" en psychanalyse ? Le présent ouvrage se propose d'analyser, dans une perspective historique, la construction de l'homosexualité comme maladie mentale, dans ses rapports avec la science, la politique et le social. Il s'agit ici d'interroger les disciplines médico-psychologiques sur les questions de normalisation des genres, des sexes, et des désirs, pour sortir de cette logique catégorielle. La psychologie, la psychanalyse et la psychiatrie sont-elles prêtes à relever le défi de la lutte contre la stigmatisation, pré-requis incontournable à la disparition du classement identitaire ? Ce livre intéressera les professionnels de la santé, les spécialistes en sciences humaines, ainsi que toute personne motivée par la réflexion sur les normes et les différences.
De l'amour et de la souffrance, Reiner Herrn (Éditions de la MSH)
Fondé en 1919 par Magnus Hirschfeld (1868-1935), l'Institut berlinois de science sexuelle était sans équivalent. À la fois centre de recherche, de soins, d'enseignement et de sensibilisation, il rassemblait médecins, juristes, psychologues, militants et personnes concernées autour d'un projet commun : explorer la diversité des sexualités et défendre celles et ceux marginalisés en raison de leur orientation ou de leur identité. Au-delà de sa vocation scientifique, l'Institut constituait aussi un refuge : un espace de protection et de reconnaissance, où se nouaient des solidarités inédites et s'expérimentaient de nouvelles formes de vie. Symbole d'une société plus libre et plus juste, il s'imposa comme le laboratoire d'une modernité sexuelle et sociale durant la république de Weimar – avant d'être détruit par les nazis en 1933. Rainer Herrn retrace avec rigueur et sensibilité l'histoire intellectuelle, médicale et politique de cette aventure collective, en présentant la diversité de ses acteurs, ses débats, ses réseaux et ses contradicteurs. L'important héritage scientifique et social de ce travail pionnier du début du xxe siècle éclaire aujourd'hui encore les luttes pour l'émancipation.
Lors de chaque événement de notre programmation, nos libraires vous accueillent au Comptoir, au 1er étage de la Fondation Maison des Sciences de l'Homme, 54 Boulevard Raspail - Paris 6.
Le service Diffusion-Distribution de la Fondation Maison des Sciences de l'Homme a le plaisir d'annoncer l'arrivée de cinq nouveaux éditeurs entre octobre 2025 et mars 2026. Ces partenariats permettent d'ouvrir un véritable rayon Architecture-Urbanisme et d'élargir notre offre de revues.
La Commune (octobre 2025), les Éditions de la Villette et Créaphis (janvier 2026) constituent désormais un nouveau rayon consacré à l'urbanisme et l'architecture. Ces trois éditeurs développent des catalogues originaux qui illustrent l'influence des sciences humaines et sociales dans ces domaines. Ce nouveau rayon renforce notre présence en librairie.
Fondée en 2013 à Paris, La Commune est une maison d'édition indépendante centrée sur la publication d'ouvrages autour de l'architecture, de l'urbanisme, du territoire et de l'expérience. Inspiré par la Commune de Paris, son nom rend hommage à la liberté de création, à l'émancipation collective.
Depuis ses débuts, La Commune explore les paysages urbains et leurs architectures, en mêlant les voix de la recherche, de la poésie, de la cartographie, de la photographie et du dessin.
Les Éditions de la Villette ont été créées en 1980 par l'École d'architecture de Paris la Villette, et publient des ouvrages sur l'architecture, la ville et le paysage, destinés aussi bien à un public de spécialistes que d'amateurs. Les arts de l'espace sont mis à l'honneur, et sont abordés à partir de perspectives diverses, sous la forme d'essais, de manuels, d'anthologies ou encore de synthèses. Le catalogue des Éditions de la Villette contient également des rééditions d'ouvrages ayant eu un impact considérable sur la discipline.
Le catalogue compte plus de 200 titres.
Maison très favorablement connue, forte d'un catalogue de près de 250 titres publiés en un peu plus de 40 ans, Créaphis vient élargir le nouveau rayon Architecture-Urbanisme, parmi les autres thèmes qu'ils travaillent en SHS, en photographie voire en littérature. La notion de transversalité est au cœur des travaux proposés par Créaphis, mettant à l'honneur le livre en tant qu'objet, afin que sa dimension matérielle soit en accord avec son contenu.
La Diffusion-Distribution accueille également deux nouvelles revues : Inflexions (janvier 2026) et La Revue des revues (Ent'Revues - mars 2026). Les revues sont la prolongation naturelle du livre pour la diffusion du savoir scientifique et ont toute leur place à la FMSH, où nous assurons déjà la vente au numéro et la gestion des abonnements pour une cinquantaine d'entre elles. Cette diversité de formats enrichit notre proposition éditoriale.
Depuis 2005, la revue Inflexions, qui publie trois numéros par an, propose de mettre en lien les regards civils et militaires afin de mettre en place une réflexion nouvelle sur l'action des forces armées. Elle n'est ni une revue académique ni une publication institutionnelle classique, encore moins un outil de communication. Portée par l'Armée de Terre, Inflexions entend ouvrir un dialogue avec les chercheurs de toutes disciplines, et confronter des avis différents, et parfois divergents, à travers un partage d'idées effectué de façon libre et stimulante, sans message institutionnel.
Avec 61 numéros publiés, Inflexions est devenue une revue de référence.
Fondée en 1986, La Revue des revues est une publication semestrielle consacrée au phénomène des revues dans tous les domaines (arts, sciences humaines et sociales, littérature). L'association éditrice, Ent'Revues, est bien connue du monde des revues, puisqu'elle organise depuis 1990 le Salon de la revue, qui se tient chaque année à la Halle des Blancs-Manteaux à Paris.
Le compte à rebours est lancé : nous approchons des fêtes de fin d'année. Pour l'occasion, voici notre sélection d'ouvrages, à offrir ou à s'offrir.
Joyeux Noël à tous !
La FMSH comme chaque fin d'année, va fermer ses portes pendant quelques jours, entre le 25 décembre et le 04 janvier 2026 inclus.
Par conséquent, les commandes réceptionnées jusqu'au 22 décembre inclus seront traitées avant les fêtes. Les commandes réceptionnées à partir du 23 décembre seront traitées à partir du 5 janvier 2026.
Nous vous souhaitons de très bonnes fêtes de fin d'année et une très belle année 2026 !
Le Cas Blanche-Neige, Pascale Auraix-Jonchière (Presses universitaires Blaise-Pascal)
Les contes littéraires sont un médium idéal de transfert des représentations sociales au cours du temps. C'est pourquoi il convient de les envisager au fil de leurs transformations, induites par des mutations sociohistoriques. Qu'ils s'adressent aux enfants, aux adultes, ou qu'ils mettent en œuvre une double adresse, ils relatent l'histoire de personnages sans cesse confrontés au regard de l'autre et aux prises avec les mécanismes sociaux. La légitimité d'une telle approche est proportionnelle à leur persistance à travers le temps et à leurs pouvoirs de métamorphose. Le conte des frères Grimm, Blanche-Neige, fait partie de ces textes aux relectures pléthoriques, dont l'omniprésence ne saurait être dissociée d'un éclairage socioculturel déterminant. Or le personnage de Blanche-Neige, image de relative passivité, prend désormais la parole et gagne en visibilité sur l'échiquier social. Les canevas amoureux, familiaux et générationnels que le conte semblait avoir fixés, s'en trouvent renversés, ce qui est significatif des mutations du statut des femmes et de leur prise en compte dans nos sociétés contemporaines. Confrontée à l'infanticide comme au féminicide, celle qui est devenue l'héroïne de nombreuses œuvres littéraires, iconographiques ou cinématographiques se trouve désormais au cœur de la réflexion sur la place du féminin.
Les Voix des contes, de Cyrille François (Presses universitaires Blaise-Pascal)
Les contes de Perrault, des frères Grimm, et d'Andersen sont parmi les plus connus du genre, mais leur rapprochement masque parfois le fait qu'ils n'ont pas été écrits à la même époque, ni dans la même culture, et qu'ils comportent de nombreuses différences. Avec une double approche linguistique et comparatiste, l'ouvrage propose un nouveau regard sur ces textes et s'attache à montrer que les auteurs construisent des manières de raconter particulières, des stratégies narratives qui doivent être mises en relation avec un "projet discursif". L'analyse des différences entre Perrault, les Grimm et Andersen permet en outre de construire une poétique du genre: le conte apparaît comme un enchevêtrement de voix où un conteur relate une histoire déjà racontée auparavant, comme s'il rapportait la voix d'un autre conteur, s'inscrivant ainsi dans une tradition où l'on parle toujours à la suite de quelqu'un.
Lire La Petite Sirène d'Andersen, de Danielle Dubois-Marcoin (ENS Éditions)
L'inscription explicite de la littérature au primaire en France depuis 2002, les incidences de la recherche menée dans le premier degré, celles qui concernent le second degré et la récente définition du socle commun des connaissances et compétences sont autant d'éléments qui amènent à questionner les modalités d'enseignement de la littérature de l'école au lycée. L'expérience de la lecture d'un même texte, La Petite Sirène d'Andersen, à tous les niveaux de classe et dans divers pays a permis de mettre en dialogue les différentes conceptions didactiques et de les interroger. Comment, aujourd'hui, lit-on un tel texte (que tous croient connaître du fait de l'adaptation de Walt Disney) en maternelle, au collège, au lycée, en France, au Québec, au Maroc, en Pologne, en Italie, en Suède, en Lettonie, ou encore en Belgique ? Quels modèles didactiques et pédagogiques, quelles théories critiques sous-tendent les démarches de lecture, les évaluations ici et là dans nos institutions ? Quel est le poids des traditions culturelles et institutionnelles, des situations historiques et économiques des pays sur les pratiques quotidiennes de la classe ? Quelles évolutions paraissent perceptibles ? Prenant appui sur cette confrontation internationale et sur l'expérience conduite dans une cinquantaine de classes par l'équipe "Littérature et enseignement" de l'INRP, l'ouvrage propose des pistes de réflexion aux formateurs et enseignants : une réelle prise en compte du sujet lecteur et de ses références culturelles, des modalités d'appropriation active et réflexive du texte, des formes d'évaluation intégrée aux processus individuels de compréhension/interprétation.
Études de lettres, n° 310/09-2019, "La nouvelle jeunesse des contes. Transcréations des recueils de Perrault et des Grimm", de Cyrille François, Martine Hennard Dutheil De La Rochère (Études de lettres)
Sans cesse repris et réactualisés, les contes de Perrault et des Grimm sont dotés d'une éternelle jeunesse. Les multiples rééditions de ces "classiques" ont donné lieu à de nouvelles interprétations, entre répétition et différence, hommage et détournement, citation et transposition, tant au niveau du texte que de l'image.
Masques et métamorphoses de l'auteur dans les contes de Grimm, de Corona Schmiele (Presses universitaires de Caen)
Que les Grimm soient à considérer comme les auteurs à part entière des contes qu'eux-mêmes prétendaient obstinément avoir simplement recueillis, la recherche le découvre depuis les travaux de Heinz Rölleke. Mais en quoi précisément consiste ce travail d'auteur, quel en est l'esprit ? – Cette question n'a pas encore trouvé de réponse. En somme, la lecture des Contes comme d'une œuvre reste à fournir. Par le travail minutieux de confrontation des versions successives des contes, cette monographie fait un pas dans cette direction et met en évidence une image des Grimm qui va à l'encontre des idées reçues. Loin d'entretenir une morale conformiste, les contes proposent une éducation à la liberté; quoique nourrie jusqu'à la saturation par la pensée et par les littératures de leur temps, la réflexion poétologique qui sous-tend les Contes témoigne d'une conception de l'auteur et de l'œuvre qui transcende son époque; le travail des Grimm est une entreprise éminemment européenne et, par cela, proche de nos propres interrogations.
Peau d'âne et peaux de bêtes, de Frédéric Calas (Presses universitaires Blaise-Pascal)
Depuis l'Antiquité, le motif de la bête que l'on sacrifie et de la peau que l'on revêt est récurrent dans la littérature, notamment dans les mythes, les fables et les contes, que l'on pense au mythe de la Toison d'or, à Ésope, à Basile, à Perrault, à La Fontaine ou encore aux frères Grimm. Les pouvoirs que l'on prête à la peau ou à la fourrure animale sont, de même que ses fonctions narratives, multiples : tantôt parure et trophée, gage de puissance et de fécondité voire d'immortalité, tantôt agent d'une métamorphose protectrice, la peau de bête en général et la peau de l'âne en particulier, font souvent office d'adjuvant. Située à la frontière de l'hybridité, de la marginalité et de la monstruosité, la peau de bête est un motif qui continue d'inspirer des fables et des fictions contemporaines. Le présent ouvrage se propose d'interroger, de manière diachronique, non seulement la fonction narrative et symbolique de la peau ou de la fourrure que l'on revêt, à partir, notamment, du conte central de "Peau d'Âne", mais aussi ses représentations picturales, aussi bien fixes qu'animées, ainsi que les potentialités poétiques de ce bestiaire si particulier, tant la fourrure suscite, comme attribut de l'animalité, tout autant fascination (érotique ou taxidermique) que répulsion. Les chercheurs réfléchissent à partir d'horizons épistémologiques différents, à la question complexe, et commune pour les genres retenus, des réappropriations, reformulations, reconfigurations ou rédifications que le thème a pu connaître, et qui pourra être abordée sous l'angle de la transtextualisation et de la transmédialité.
Voix et voies du conte : les mutations d'un genre (Artois Presses Université)
Le conte, par essence, se recrée à l'infini, il vit des mutations liées à ses reprises orales et écrites. Pour en rendre compte, l'analyse littéraire, les études folkloristes et les recherches en arts du spectacle sont des approches complémentaires. Cet ouvrage les réunit, dans le sillage des travaux contemporains qui accordent une place centrale à l'intertextualité, la transgénéricité et l'intermédialité, repensant ainsi l'articulation entre la parole et le livre, le populaire et le savant. Une première partie étudie une série de reconfigurations littéraires depuis le Moyen Âge autour de personnages et motifs connus, faisant ressortir la pérennité d'une problématique identitaire soit individuelle, sexuée, soit collective. Reliant études folkloristes et analyses contemporaines de l'intermédialité, entre Europe et Afrique, le deuxième volet est consacré aux interactions entre l'oral et l'écrit tant dans la fixation des traditions populaires que dans leurs recréations modernes. Le déploiement du conte dans un espace pictural et scénique, l'agora de l'iconographie populaire, du théâtre et de l'opéra, selon des enjeux collectifs toujours actualisés, fait l'objet du dernier chapitre.
Mains coupées sur paupières closes, de Claire Maingon (Presses universitaires de Rouen et du Havre)
Les conséquences de la Grande Guerre sur les sociétés européennes sont bien connues : des millions de morts, mais aussi quantité de soldats blessés et de mutilés… La guerre a laissé des traces persistantes dans les chairs.Que nous disent les images de ces hommes blessés jusqu'au tréfonds d'eux-mêmes ? Existe-t-il une iconographie officielle de la blessure? Quels messages intimes offrent à notre mémoire les artistes enrôlés et souvent blessés sous l'uniforme ? Certains ont été acteurs, d'autres témoins. Tous nous livrent une vision de la guerre qui nourrit un champ historiographique en plein développement, celui de la culture de guerre. Le peintre et le sculpteur, touchés dans leur chair, ont dû parfois réapprendre leur métier, en s'adaptant à un handicap nouveau. Cet ouvrage propose également une réflexion autour d'un thème iconographique et littéraire, celui de la main coupée, en écho au roman de Blaise Cendrars paru en 1946. Image fondatrice, la main coupée devient un symbole du corps martyr, central dans les œuvres de propagande. Place est aussi faite à la question de la prothèse et de l'artificialité, envisagée du point de vue de l'esthétique et de l'iconographie.
Perspective : actualité en histoire de l'art, 2023-2, Collectif (Éditions Alphil)
Perspective interroge la mode en tant que pratique rhétorique, artistique et culturelle. Historiens de l'art, de la mode et archéologues, mais aussi designers et conservateurs se penchent sur les manières dont le vêtement et la parure ont servi à exprimer le lien des individus aux identités individuelles et collectives qui composent une société à un moment de son histoire. Manifestation visuelle, matérielle et symbolique du changement, la mode s'assimile à un processus interactif d'hybridation, de négociation et d'adaptation. Interrogeant son historiographie, ce sont autant d'auteurs et de disciplines qui éclairent l'histoire des formes portées ou des mises en forme et en image de soi, de l'Antiquité au présent. Car dénouer les enchevêtrements aussi bien esthétiques, sociaux et politiques que la mode suscite nécessite une approche résolument globale.
Reynold Arnould. Une poétique de l'industrie, de Gwenaële Rot et François Vatin (Presses universitaires de Paris Nanterre)
Tubulures de l'industrie chimique et grands pylônes électriques, pales de turbines et torchères pétrolières… La grande industrie moderne respire une beauté particulière, inquiétante et fascinante. Peu de peintres pourtant s'en sont saisis. Aucun, en tous cas, autant que Reynold Arnould (1919-1980), qui a transfiguré cette industrie dans des toiles d'apparence abstraite à l'occasion d'une grande exposition au musée des Arts décoratifs en 1959. Artiste typique de la génération d'après-guerre, Reynold Arnould a dirigé les musées du Havre de 1952 à 1965 et inauguré en 1961 dans cette ville le premier musée de conception moderne en France. André Malraux l'appela en 1965 à la direction des Galeries nationales du Grand-Palais. Mais cette brillante carrière de conservateur ne doit pas occulter son oeuvre picturale, inlassablement poursuivie pendant cinquante ans, dont les toiles industrielles sont une composante majeure. La première partie de cet ouvrage décline le thème de l'industrie chez Reynold Arnould, depuis ses portraits d'automobiles de 1955 jusqu'à ses oeuvres murales des années 1960-1970. La seconde partie éclaire cette peinture par le récit de la jeunesse de cet artiste, de sa rencontre avec le peintre et écrivain mondain Jacques-Émile Blanche en 1934 à sa nomination au Havre en 1952. À travers ce cas singulier: jeune prodige, premier Prix de Rome à vingt ans, professeur de beauxarts dans une université du Texas de 1949 à 1952, c'est aussi un pan d'histoire sociale de la peinture du XXe siècle qui est ainsi mis à jour.
Couples peints, de Nicole Gaillard (Éditions Antipodes)
Les aventures du couple nous sont familières, sous de multiples formes, dans la réalité comme dans la fiction. De près ou de loin, en tant qu'acteurs, lecteurs ou spectateurs, nous avons affaire au couple. À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, le couple devient un objet de quête dans la conscience collective, et au cours du XXe siècle, la difficile question des rôles et des prérogatives respectives de l'homme et de la femme prend une importance croissante. Les conditions sont réunies pour doter la représentation du couple d'un impact spécifique parmi les autres sujets traités par la peinture figurative. Manet, Degas, Vuillard, Bonnard, Vallotton, Matisse, Munch, Schiele, Kirchner, Beckmann, Hopper et Freud… Les œuvres étudiées dans ce livre montrent la richesse et la variété du thème, en donnant à voir comment le couple peut être le lieu de la séduction, du pouvoir exercé ou subi, de l'ennui, du deuil, comme aussi de la plénitude, de l'apaisement ou du plaisir partagé. La peinture a beaucoup à nous dire sur le couple : tendre l'oreille, c'est ouvrir l'œil.
Peindre au temps des impressionnistes, de Bénédicte Trémolières (Presses universitaires de Rouen et du Havre)
Les récents travaux menés à l'occasion de campagnes de restauration sur l'histoire matérielle et les techniques de la peinture du dernier quart du XIXe siècle, ont contribué de façon déterminante à un renouveau des études sur les œuvres et la vie artistique de cette période. Le présent volume, qui réunit des contributions de restaurateurs travaillant en Europe ou aux États-Unis, porte une attention particulière aux supports toile et aux préparations, éléments peu visibles des œuvres, qui ont pourtant une incidence directe sur la couche colorée. L'étude des châssis, de la toile à nu, des étiquettes, des tampons, des marques et des différentes couches de préparation donne à voir de nouvelles manières de peindre et met l'accent sur l'attention que portaient des artistes comme Claude Monet, Vincent van Gogh, Émile Bernard, Auguste Renoir, Paul Cézanne ou Paul Gauguin à la technique picturale. En regardant le dessous des peintures de ces artistes nous entrons en quelque sorte dans la fabrique de leurs œuvres.
Gorki au cinématographe, de Valérie Pozner (AFRHC - Association française de recherche sur l'histoire du cinéma)
L'ouvrage propose la traduction intégrale des deux articles où l'écrivain décrit ses premières impressions du cinématographe Lumière découvert à Nijni-Novgorod durant l'été 1896. Gorki est alors surtout connu comme journaliste d'opposition et ces articles sont rédigés pour deux quotidiens libéraux (l'un de Nijni, l'autre d'Odessa) pour lesquels il couvre l'Exposition panrusse d'art et d'industrie. Sa réaction est des plus circonspectes quant à l'avenir de cette innovation qu'il met en relation d'une part avec la tendance générale aux "divertissements" de mauvais aloi que propose la foire, et d'autre part avec les œuvres musicales et picturales proposées au public de l'exposition – deux aspects de la modernité qu'il considère comme néfastes. C'est ce contexte politique et culturel qu'éclaire le commentaire qui accompagne la traduction, augmentée de quelques autres textes de Gorki publiés à la même période.
Tim Burton, un cinéma de la ré-imagination, de Florence Cheron (Artois Presses Université)
Perspective interroge la mode en tant que pratique rhétorique, artistique et culturelle. Historiens de l'art, de la mode et archéologues, mais aussi designers et conservateurs se penchent sur les manières dont le vêtement et la parure ont servi à exprimer le lien des individus aux identités individuelles et collectives qui composent une société à un moment de son histoire. Manifestation visuelle, matérielle et symbolique du changement, la mode s'assimile à un processus interactif d'hybridation, de négociation et d'adaptation. Interrogeant son historiographie, ce sont autant d'auteurs et de disciplines qui éclairent l'histoire des formes portées ou des mises en forme et en image de soi, de l'Antiquité au présent. Car dénouer les enchevêtrements aussi bien esthétiques, sociaux et politiques que la mode suscite nécessite une approche résolument globale.
Dans le sillage de Jean Rouch, de Rina Sherman (Éditions de la Maison des sciences de l'homme)
Pour célébrer, en 2017, le centenaire de la naissance de Jean Rouch, Rina Sherman a invité des amis, des collègues, des spécialistes de son œuvre, à nous faire partager à travers la rédaction de textes courts certaines singularités du foisonnement "rouchien" : sa traversée de l'histoire coloniale et postcoloniale, ses films, ses expérimentations techniques, sa pratique de "l'anthropologie partagée", sa place dans l'histoire du cinéma comme dans les sciences humaines, son enseignement novateur de l'ethnographie visuelle… Rina Sherman a ainsi rassemblé une vingtaine d'essais inédits, contrastés et surprenants à plus d'un titre – angles nouveaux de prospection, témoignages inédits et révélations diverses sur tel ou tel aspect de son travail et de sa vie –, qui attestent la qualité interpellatrice de l'œuvre, sa complexité, et soulignent la vitalité actuelle de l'héritage Jean Rouch, la diversité des recherches qui s'inscrivent dans son sillage, la force des souvenirs et, aussi, la difficulté à définir la pluralité de ses défis.
John Carpenter, de Gaspard Delon, Quentin Mazel, Mélanie Boissonneau, Thomas Pillard (Presses universitaires de Bordeaux)
Premier ouvrage universitaire en français dédié à la carrière du cinéaste américain John Carpenter, ce volume offre de nouveaux éclairages sur la filmographie, aussi composite que foisonnante, du "maître de l'horreur". En 50 ans d'un parcours marqué par autant de réussites que d'échecs, de collaborations fructueuses que de déboires avec les studios, le réalisateur a alterné des projets aux moyens modestes ou importants, personnels ou de commande, développés de façon plus ou moins contrainte. Tantôt attribués à un professionnel aguerri, à un artisan du cinéma ou à un "auteur frondeur", ses films (Halloween, The Thing, Christine…) ont été perçus selon les cas comme politiquement de gauche ou de droite, subversifs ou conservateurs. Dans une perspective pluridisciplinaire, cet ouvrage interroge dès lors, au sein de l'œuvre de Carpenter, les tensions entre art et industrie, politique et divertissement, logiques créatives et économiques, régime de singularité et culture de masse, cinéphilies savantes et populaires. Rassemblant des approches variées (technique et industrielle, pragmatique, musicologique, formelle, générique, culturelle et genrée), il couvre un large spectre allant de ses longs-métrages distribués en salles à ses téléfilms et ses bandes originales, de ses réalisations les plus fameuses aux moins étudiées ou aux plus obscures.
Le Droit contre-attaque, de Alexandre Ciaudo, Yannick Lécuyer et Anne-Laure Mosbrucker (Presses universitaires de Franche-Comté)
Étudier les aspects juridiques des différents pans de la pop culture constitue l'un des enjeux pédagogique et de recherche qu'un groupe d'universitaires s'est donné il y a quelques années. Cet ouvrage, qui constitue le second opus de la série Droit et pop culture, s'attache à étudier l'univers de la saga Star Wars au regard des canons du droit public et privé. Le lecteur, fan ou non de Star Wars, découvrira dans ce travail collectif une analyse rigoureuse de la Force, du système intergalactique et des protagonistes de l'univers de Star Wars au regard des modèles et règles, entre autres, du droit international, du droit administratif, du droit de la famille et du droit canon.Que la force soit avec chaque heureux lecteur de cet ouvrage.
1895, n° 104, hiver 2024 (AFRHC - Association française de recherche sur l'histoire du cinéma)
Le nouveau numéro de 1895 revue d'histoire du cinéma (n°104, Hiver 2024) est un varia. En "Point de vue", Laurent Véray s'interroge sur les dangers que fait courir l'I.A. aux images d'archives. En "Études", Elisabeth Magotteaux examine la réception que reçut Ballet mécanique de Fernand Léger aux États-Unis et au Canada dans les années 1930-1940 et l'influence qui fut la sienne. Jean-Pierre Berthomé s'affronte à la rude tâche d'identifier les lieux de tournage d'Othello d'Orson Welles. Alessia Botani revient sur un moment particulier de l'histoire des festivals et des cinémathèques avec le Festival du film de demain (Bâle, 1957). En "Archives", Rafael Zanatto analyse le rôle qu'a joué Georges Sadoul dans le développement de l'historiographie du cinéma brésilien. Les "Chroniques" rendent compte de festivals, colloques, livres et DVD. Enfin la revue rouvre le dossier "musée du cinéma en France" après la tribune de Costa-Gavras et la réponse de la ministre de la Culture. Avec deux collages inédits de Jean-Michel Alberola et une riche iconographie.
Pour s'adapter encore mieux à vos besoins et habitudes, les horaires d'ouverture du Comptoir sont systématiquement synchronisés avec notre programmation événementielle : l'espace de vente est ainsi accessible lors de chaque événement organisé dans le Forum.
Nous vous donnons rendez-vous à la rentrée pour découvrir notre tout nouveau programme trimestriel !

Le Prix Goncourt de la poésie vient de révéler le nom de son lauréat 2025 : James Sacré, publié aux Presses universitaires de Rouen et du Havre (PURH). Créé en 1985, le Prix Goncourt de la poésie est décerné à un poète pour l'ensemble de son oeuvre et non pour un recueil en particulier comme c'est le cas pour les autres prix de l'Académie Goncourt.
James Sacré est né dans une petite ferme vendéenne. Il passe beaucoup d'années aux États-Unis, où il poursuit des études de lettres pour l'obtention d'un doctorat, et enseigne jusqu'en 2000 au Smith College (Massachusetts), avant de revenir vivre en France à Montpellier. Il a écrit une soixantaine d'ouvrages, dont Figures qui bougent un peu et autres poèmes (Poésie/Gallimard, 2016), Une rencontre continuée (Le Castor astral, 2022) ou encore Par des langues et des paysages (éditions APIC, 2024). Il est membre de l'Académie des Jeux floraux.
Son dernier ouvrage, Des objets nous accompagnent (ou l'inverse) / Some Objects Stay With Us (or the Other Way Round), vient de paraître au Presses universitaires de Rouen et du Havre (PURH). Nous sommes honorés de compter cet ouvrage parmi nos rayons !
© Portrait par Jeanne Roux
Le mot des PURH
Tony Gheeraert (directeur des PURH et professeur des universités en littérature française à l'université de Rouen Normandie) s'est exprimé suite à la remise du Prix Goncourt de la poésie 2025.
"Les PURH, acteur majeur de l'édition en Normandie, confirment aujourd'hui que leur rayonnement excède les frontières de la Région. Déjà éditrices d'un prix Nobel (Annie Ernaux), les Presses voient désormais figurer dans leur catalogue un prix Goncourt : James Sacré, couronné pour l'ensemble de son œuvre par le grand prix de poésie (Prix Robert Sabatier 2025), a fait paraître son dernier ouvrage aux PURH en mars dernier. Ce recueil a pour titre Les Objets nous accompagnent, disponible dans sa langue originale en français, et dans une traduction anglaise par David Ball, également traducteur d'Henri Michaux, Jean Guéhenno ou Alfred Jarry. Cette récompense, qui avant tout honore son auteur, rejaillit aussi sur la maison d'édition de l'université. Elle vient saluer, indirectement, les choix éditoriaux que nous défendons avec constance : ceux d'une édition scientifique et littéraire rigoureuse, indépendante, et ouverte. Fidèles à ce qu'on appelle désormais la voie Diamant de l'accès ouvert, nous sélectionnons nos publications sur expertise anonyme, sans contrepartie financière exigée des auteurs, et avec la volonté ferme de rendre les textes accessibles gratuitement en ligne."
Ce livre s'est écrit, presque entièrement, sur le motif, c'est-à-dire avec sur la table de l'écrivain, l'objet dont apparemment parle le poème. Sur le motif : comme on le dit pour l'activité du peintre devant un paysage. Le motif donne du vocabulaire, et invite à se documenter sur l'objet qu'il est. Il invite aussi à rêver, à se souvenir de mille choses ou seulement de quelques-unes, à penser au temps présent, aux difficultés ou à la facilité qui surgissent avec les multiples façons qu'on a de regarder l'objet, et à cause de l'activité d'écrire.
L'objet est là, et soudain il est tout autre chose : sa familiarité n'est plus qu'étrangeté et bouscule nos convictions les plus tenaces.
Extrait
Traversée d'un long temps depuis cette cour aux gorets d'une enfance
Jusqu'au fond d'un voyage où le monde propose
Une même vaisselle hors d'usage :
Un rouge profond persiste.
**
Toute une vaisselle qu'on a jetée
Comme si plus rien de vivant.
L'effort de mémoire à faire pourtant pas si grand
Pour la retrouver utile dans le quotidien vécu :
Casseroles mises dans le bas d'un grand meuble, désordre
(Chaque matin en sortir une pour chauffer du lait)
Ou telle cocotte en fonte avec un émail orange…
Si personne va jamais manger
Dans cette ancienne vaisselle abîmée ?
Chapitre 3, " Toute une vaisselle en métal émaillé qu'on a jetée "
Les libraires du Comptoir vous proposent des sélections thématiques. Celle d'aujourd'hui se concentre sur l'autisme.
Le 2 avril est la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, qui vise à mettre en lumière ce trouble encore mal connu pour lutter contre les préjugés qui persistent à son encontre. Malgré une évolution des mentalités sur le sujet, nombre de personnes atteintes d'autisme continuent de se sentir incomprises et isolées. Afin d'inverser cette tendance et de construire un monde plus inclusif, l'heure est à l'information et à la lecture.
L'autiste créateur, Gwénola Druel (Presses universitaires de Rennes)
Ce n'est pas sur les déficits, les incapacités, les aspects handicapants de l'autisme que se focalise le présent ouvrage, mais sur les inventions de l'autiste pour parer à ce qui l'inquiète, l'envahit et ordonner le monde extérieur et le tourment intérieur. L'autiste veille à ce que l'environnement demeure "immuable" (L.Kanner), à la recherche de repères fixes qui ordonneraient le chaos du monde et de leurs émotions. Ainsi, l'immuabilité que l'autiste peut rechercher avec insistance témoigne d'un effort constant de maîtrise, d'ordonnancement, tentative pour vivre dans un monde qu'il se doit de sécuriser afin d'éviter l'insupportable d'une rencontre avec l'imprévisible, l'inattendu. L'autiste se caractérise par une "extrême solitude" (L.Kanner), un retrait du lien social, non pas sur le versant d'une incapacité à entrer en contact avec autrui, mais comme" manière d'être" au monde. Quelque soit la massivité du repli, nous pouvons parier sur ses compétences singulières et réserver toute sa place au potentiel de créativité de chaque autiste. Telle est l'hypothèse qui traverse les contributions présentées dans cet ouvrage collectif, réunissant médecins, psychiatres, chercheurs, enseignants, éducateurs, psychologues, psychanalystes, tous praticiens auprès d'autistes.
L'Autiste, son double et ses objets, Jean-Claude Maleval (Presses universitaires de Rennes)
L'autiste n'est pas un handicapé mental, mais un sujet au travail pour tempérer son angoisse. Telle est l'hypothèse première qui traverse les articles présentés dans ce livre collectif, réunissant médecins, psychiatres, chercheurs, enseignants, psychologues, psychanalystes, instituteurs, tous praticiens auprès d'autistes. Il met l'accent sur deux points essentiels concernant la construction subjective de l'autiste : l'appui trouvé sur un double et l'importance capitale de l'objet autistique.
Actualités sur l'autisme, Laetitia Baggioni, Aline Tessari Veyre et Evelyne Thommen (Éditions de l'EESP)
Metteur en scène français atypique, André Engel travaille depuis 1972 pour le théâtre et l'opéra. Venu au théâtre par hasard, il crée d'abord ses spectacles "hors les murs' (haras, usine, hangar) avec une même équipe de création, les dramaturges Bernard Pautrat puis Dominique Muller, le décorateur Nicky Rieti et l'éclairagiste André Diot. Nourri de philosophie allemande et de lectures situationnistes, André Engel a proposé un renouvellement du statut du spectateur. Son œuvre portée par la tentation du cinéma est une aventure théâtrale soutenue par une poésie de l'errance, du voyage et de la dérive. Véritable machine de guerre contre "la société du spectacle", le théâtre est pour lui le lieu et le moyen d'un combat contre le monde aliéné, pour la reconquête de l'authenticité du réel. Étayé par des analyses de spectacles, cet ouvrage biographique vient combler une lacune manifeste dans l'histoire théâtrale du dernier quart du vingtième siècle en faisant place à un de ses artistes majeurs.
Pour en finir avec les malheurs de Sophie, Isabel Messer et Mireille Scholder (Éditions Alphil)
Il s'agit du récit croisé des différents protagonistes qui ont oeuvré à la liberté retrouvée d'une jeune femme atteinte d'autisme. Au moment où cette histoire commence, Sophie (nous l'avons appelée ainsi) vit à l'hôpital, attachée depuis presque deux ans. Plusieurs médecins prétendent qu'elle ne pourra jamais vivre détachée et d'aucuns vont même jusqu'à demander qu'une exception soit prévue dans les directives légiférant les mesures de contrainte: une exception qui permette de contenir Sophie à jamais, devenue dans le jargon des spécialistes, "une situation extrême".
Affinity therapy, Myriam Perrin (Presses universitaires de Rennes)
Tout s'est précipité aux États-Unis à partir du printemps 2014. Le célèbre journaliste politique Ron Suskind publie le 1er avril Life, animated. Il y décrit "sa rencontre" avec son fils autiste Owen grâce au monde de Disney. Owen est ainsi sorti de son retrait, il s'est mis à parler et a développé de nombreuses capacités. R. Suskind témoigne précisément du soutien des inventions d'un autiste par les membres de sa famille. C'est ce qu'il nomme, fort justement, l'Affinity therapy. Nombreux sont les parents qui parient, souvent contre l'avis des experts, sur les capacités auto-thérapeutiques de leur enfant autiste, accueillant leurs affinités quelles qu'elles soient. Nombreux sont les autistes qui témoignent de l'appui fondamental qu'elles constituent, tout comme le soutien d'un de leurs proches. Il s'agit pour le chercheur, le professionnel et le psychanalyste d'apprendre des conséquences de l'Affinity therapy, non seulement d'écouter les autistes, mais aussi le savoir-y-faire des parents, leurs paroles transmettant inventions et trouvailles de chacun pour créer du lien L'écho considérable dans les médias américains et britanniques de l'ouvrage de Ron Suskind contraint aujourd'hui les spécialistes et chercheurs du monde entier à une modification radicale de la considération des obsessions ou fixations, des passions ou intérêts spécifiques dans le traitement des autismes, majoritairement fustigés ou considérés comme des lubies passagères, à éradiquer. Cet ouvrage interroge ainsi la considération des affinités dans diverses approches de l'autisme et ouvre le débat quant à la question du diagnostic, de l'étiologie et du déterminisme de l'autisme, et plus largement les points de butées que la science rencontre chez l'autiste. La visée majeure de cet ouvrage – visée politico-clinique – est de montrer l'intérêt de l'Affinity therapy, d'en déplier la portée ainsi que ses accointances avec le traitement de l'autisme mis en oeuvre dans la " pratique à plusieurs " s'orientant du discours analytique.
Autisme et intégration, Jean-Claude Grubar, Monique Martinet, Jean-Pierre Müh et Bernadette Roger (Presses Universitaires du Septentrion)
À des prises en charge de type ségrégatif des enfants autistiques, des parents et des professionnels ont tenté des prises en charge intégratives, en particulier, à l'école, milieu de socialisation par excellence. Autisme et intégration fait le bilan d'expériences françaises de tentatives d'intégration d'enfants autistiques dans le système scolaire ordinaire.
Lors de chaque événement de notre programmation, nos libraires vous accueillent au Comptoir, au 1er étage de la Fondation Maison des Sciences de l'Homme, 54 Boulevard Raspail - Paris 6.
Les libraires du Comptoir vous proposent des sélections thématiques. Aujourd'hui, projecteurs sur les arts de la scène...
Chaque année, le théâtre est célébré le 27 mars à l'occasion de la Journée Mondiale qui lui est consacrée. Reflet de la société, l'art dramatique est depuis l'Antiquité un support de réflexion et de dialogue, ainsi qu'un moyen d’explorer la condition humaine. Afin de souligner son importance majeure pour notre société, nos libraires vous invitent à les suivre dans les coulisses des planches et de la scène...
Au Théâtre !, Pascale Goetschel, Jean-Claude Yon (Éditions de la Sorbonne)
Aller au spectacle, à l'époque contemporaine, est une activité relativement banale et pratiquée dans toutes les parties du monde, selon toutefois des modalités et des enjeux qui varient considérablement dans le temps et l'espace. L'objet des quinze études réunies dans ce volume est d'étudier ce phénomène dans toute sa variété. De la fin du XVIIIe siècle à nos jours, de l'Amérique latine à la Russie en passant par Londres et Paris, Au théâtre! en présente les différents aspects. Attente dans la queue, trafic de billets, goûts et stratégies sociales, codes et rituels, petits métiers liés à la sortie: tous ces éléments et bien d'autres sont ici analysés pour mieux appréhender cette expérience singulière qu'est la sortie au spectacle.
Anthologie du théâtre irlandais d'Oscar Wilde à nos jours, Élisabeth Hellegouarc'h (Presses universitaires de Caen)
Cette anthologie bilingue rend compte de la floraison exceptionnelle du théâtre irlandais depuis les dernières années du XIXe siècle jusqu'aux productions actuelles de McGuinness ou de Barry, grâce à un choix d'extraits des meilleures pièces que précèdent des introductions rédigées par des spécialistes de chacun des auteurs. C'est un foisonnement de courants, d'idées et de formes que cet ouvrage nous invite à découvrir.
André Engel. Œuvre théâtrale, Véronique Perruchon (Presses Universitaires du Septentrion)
Metteur en scène français atypique, André Engel travaille depuis 1972 pour le théâtre et l'opéra. Venu au théâtre par hasard, il crée d'abord ses spectacles "hors les murs' (haras, usine, hangar) avec une même équipe de création, les dramaturges Bernard Pautrat puis Dominique Muller, le décorateur Nicky Rieti et l'éclairagiste André Diot. Nourri de philosophie allemande et de lectures situationnistes, André Engel a proposé un renouvellement du statut du spectateur. Son œuvre portée par la tentation du cinéma est une aventure théâtrale soutenue par une poésie de l'errance, du voyage et de la dérive. Véritable machine de guerre contre "la société du spectacle", le théâtre est pour lui le lieu et le moyen d'un combat contre le monde aliéné, pour la reconquête de l'authenticité du réel. Étayé par des analyses de spectacles, cet ouvrage biographique vient combler une lacune manifeste dans l'histoire théâtrale du dernier quart du vingtième siècle en faisant place à un de ses artistes majeurs.
Actrices mythiques, mythe de l'actrice sur les scènes occidentales (1870-1910), Yannick Hoffert, Lucie Kempf (Presses universitaires de Nancy - Editions Universitaires de Lorraine)
Durant la période 1870-1910, des femmes règnent sur les scènes européennes. Elles se nomment Sarah Bernhardt, Eleonora Duse, Polina Strepetova, Maria Savina, Maria Ermolova, Vera Komissarjevskaïa. La dimension mythique qu'elles acquièrent entre en dialogue avec l'affirmation, dans les textes dramatiques européens, d'un mythe de l'actrice. À travers ces actrices vues sur les scènes, starifiées par la presse, rêvées par la littérature et par le cinéma, la culture occidentale d'hier et d'aujourd'hui projette et interroge ses représentations de l'individu, de l'autre, du désir, mais également de la place de la femme dans l'espace public. Les chapitres de cet ouvrage, rédigés par des spécialistes russes, italiennes, françaises, américaines, sont présentés tantôt en français, tantôt en anglais.
Coulisses, n° 44/Printemps 2012, David Ball (Presses universitaires de Franche-Comté)
Espace technique et dramatique, lieu ouvert ou lieu clos, le hors-scène pose la question des frontières de la scène à travers le décentrement et le dépaysement du regard, focalisé non plus sur la lumière et les planches, mais sur son dehors, son extérieur, son autre ou son envers. Chaque mot compte pour dire le hors-scène et pour le mettre en jeu. De façon radicale, l'imaginaire du hors scène, distinct de celui de la scène, se développe à partir d'une matrice plus obscure du spectateur, faite de dégagements – les entrées et les sorties des acteurs, et prenant ses racines dans les enfers – les dessous de la scène. Du côté des Théâtres d'ailleurs, pleins feux sur Haïti avec la pièce contemporaine d'Évelyne Trouillot, Le Bleu de l'Île et sur la Côte d'Ivoire autour de Maurice Bandaman.
Directeurs de théâtre XIXe-XXe siècles, Pascale Goetschel, Jean-Claude Yon (Éditions de la Sorbonne)
Claretie, Larochelle, Astruc... Ces noms de directeurs de théâtre évoquent- ils encore quelques souvenirs aujourd'hui ? Est-il d'ailleurs possible de donner une définition du métier de directeur de théâtre ? Gestionnaire, meneur, artiste, il est censé réunir des qualités si diverses qu'il est bien difficile d'en dresser un profil type. Aussi l'ambition de cet ouvrage collectif n'est-elle pas mince : éclairer, sur deux siècles, les XIXe et XXe siècles, les contours de cette profession - vocation ? fonction ? - encore largement méconnue. Pour ce faire, les études rassemblées ici croisent les approches, au carrefour de l'économique et du social, du politique et du culturel. Elles proposent des lectures des représentations et des discours mais aussi des règles, des usages et des pratiques. Appréhendant le théâtre privé comme le théâtre public, le cas français comme celui de plusieurs pays européens, l'ensemble des contributions entend proposer, par la description, la confrontation et la comparaison, des pistes pour l'histoire d'une profession au coeur du spectacle vivant.
Double jeu, n°18/2021, Pierre Causse, Léa Chevalier, Valérie Vignaux (Presses universitaires de Caen)
Longtemps restés à l'ombre des ateliers et des studios, les décorateurs se trouvent rarement au centre de l'attention. Loin des usuelles perspectives dramaturgiques ou auteuristes, ce numéro de Double Jeu propose de mettre en lumière les techniques et le savoir-faire de ce groupe professionnel. Au croisement du théâtre et du cinéma, il interroge les manières de penser et fabriquer les décors: comment sont-ils conçus ? Quel est leur rôle et leur statut ? Les textes organisés en trois axes problématiques questionnent les méthodologies d'approche du décor au regard des diverses ressources mises à disposition dans les fonds d'archives. Forts de ces premières recherches, les auteurs écrivent une histoire des pratiques et examinent les processus de représentation du réel au théâtre, au cinéma mais aussi à l'opéra entre le XIXe et XXIe siècle.
Écritures théâtrales du traumatisme, Christiane Page (Presses universitaires de Rennes)
Tout au long du XXe siècle, et notamment depuis les deux guerres mondiales, la question du traumatisme est devenue objet de réflexion et de discours, objet d'art pourrait-on ajouter, ou du moins source de création. Les artistes contemporains, tous champs confondus, la mettent au centre de leurs recherches et de leurs œuvres, inlassablement. Leur acte est une tentative de transformer un réel insupportable en expérience à partager ou à transmettre. Les écritures contemporaines du traumatisme s'inscrivent dans une quête difficile, questionnant l'idée d'une "évolution' continue, d'un progrès de l'espèce humaine, car la barbarie régulièrement fait retour provoquant un effet de choc inassimilable. De ce traumatisme prenant des formes différentes mais pouvant se lire comme des répétitions de l'histoire, qu'est-ce qui peut se transmettre ? L'acte artistique, l'écriture théâtrale ont-ils un pouvoir, et lequel ? L'ouvrage montre la diversité des réponses et des approches. La première partie "De l'écriture théâtrale du traumatisme à une esthétique de la résistance " est consacrée à Charlotte Delbo, qui a choisi de faire œuvre littéraire en réponse à la barbarie. La deuxième, "La barbarie : avenir de l'humanité ? Une esthétique du cri ou du silence ?", étudie la problématique de l'écriture théâtrale du traumatisme à partir du répertoire international, de manière transhistorique et transdisciplinaire, en privilégiant les expériences et écritures de femmes. Pour aborder ces questions, le projet de cet ouvrage a été de solliciter, non seulement des chercheurs en études théâtrales, langue ou ethnologie mais aussi des chercheurs orientés par la psychanalyse dont on connaît la relation étroite avec le théâtre.
Cahiers du théâtre antique, nouvelle série n° 4/2021, Agnès Lafont, Marie-Pierre Noël, Pierre Pontier (Presses universitaires de Franche-Comté)
Dans son récent Qu'est-ce que la mythologie grecque ?, Claude Calame relève "l'inépuisable richesse sémantique et figurée des récits que nous identifions comme mythiques'. Le mythe, par nature polysémique, est ainsi l'affaire de chaque génération qui en hérite et qui le transpose dans des aires culturelles et selon des perspectives nouvelles, recréant ainsi à l'infini sa forme et sa signification. Ce sont les processus à l'œuvre dans cette recréation permanente – assimilation, comparaison, superposition, concaténation mythologique – que nous nous proposons d'étudier dans ce recueil sur la longue durée, de l'Antiquité gréco-romaine au xviie siècle, en France et en Angleterre.
Lors de chaque événement de notre programmation, nos libraires vous accueillent au Comptoir, au 1er étage de la Fondation Maison des Sciences de l'Homme, 54 Boulevard Raspail - Paris 6.
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