De quelles manières le public investit-il les biens qu'il consomme ? Dans quelle mesure pouvons-nous le considérer comme créateur ? Quelles pratiques conditionnent l'attachement et la participation d'un public à un objet culturel ? Plutôt que de le considérer comme un simple consommateur, les auteurs contribuent à poser le public comme un concept actuel, rappellent l'importance de sa prise en compte dans les recherches sur les arts et la culture et en illustrent toute la complexité.
À Metz, entre 1896 et 1919, le cinéma s'inscrit rapidement comme un loisir de premier plan. Si la Première Guerre mondiale et la réintégration de la ville à la France sont évidemment lourdes de conséquences sur l'évolution de la vie cinématographique locale, elles ne l'interrompent cependant jamais. Mais le souvenir douloureux de ces années tragiques et la politique de " dégermanisation " mise en œuvre à partir de novembre 1918 ont largement contribué à occulter le souvenir de la popularité d'un cinéma alors en partie dominé à Metz par des genres et des acteurs allemands. Le cinéma étant un phénomène à la fois global et local, l'exemple messin est pensé comme une étude de cas et les interactions observées à l'échelle de la ville sont analysées dans une perspective résolument transnationale. L'objectif est ainsi de proposer une histoire locale du cinéma mondial.
À l'ère de la numérisation de la société et de la globalisation du monde, la communication demeure une difficulté majeure. Communiquer ne dépend pas que de nous. De nombreuses influences sont en jeu: la langue, le non-verbal, le contexte, la culture… Comment éviter d'être piégés dans notre communication? Comment interagir plus efficacement avec les autres? Par une approche systémique, trans-culturelle et interdisciplinaire, les auteurs donnent des clés de compréhension et d'action utiles au quotidien. La relation à soi et la connaissance de soi constituent un préa-lable important pour améliorer ses compétences relationnelles. Des activités de mise en pratique concrètes, simples et ludiques prolongent les éclairages théoriques. Les auteurs mobilisent différentes disciplines (psychologie et anthropologie) et perspectives (Gestalt-thérapie, analyse transactionnelle, programmation neuro-linguistique). Aussi ce traité constitue-t-il à la fois un outil de communication et de développement personnel. Professionnels de l'accompagnement (formateurs, coachs, médiateurs, soignants, travailleurs sociaux…) et étudiants trouveront ici des clés pour devenir de meilleurs communicants et évoluer sur les plans personnel et professionnel. Cet ouvrage est destiné à tous, professionnels de la communication ou non.
Dès les premiers instants de leur vie, les enfants bénéficient de gestes de soins dispensés dans la sphère domestique et biomédicale, autant d'actes et de comportements signifiant quelque chose de l'investissement parental. Mais quelles sont les pratiques de soin effectives dont les enfants bénéficient au cours d'un épisode de maladie? Qu'en est-il réellement des logiques qui sous-tendent et organisent les recours à des acteurs de santé? Quels impacts ont sur elles les inégalités territoriales et sociales? Cet ouvrage montre que l'étude des parcours de soins empruntés par des enfants se révèle complexe et qu'à la question des manières dont ils sont soignés individuellement et collectivement se joignent des dimensions sociales, médicales, professionnelles et politiques.
Nous envahissons nos capitales en nous photographiant devant leurs majestueux décors pour livrer aux réseaux sociaux la preuve que nous y sommes passés. Mais qui saisit le sens de ces enfilades monumentales aux formes empruntées à l'Antiquité : pyramide du Louvre, Arc de triomphe, obélisque de Louxor… par exemple pour Paris ? Cet essai propose une réflexion à partir de deux capitales. L'une héritière d'une monarchie absolue et d'un système centralisé, l'autre de traditions républicaine et fédérale : Paris et Berne. Deux modèles contrastés dont les décors des parlements, parmi les plus expressifs des démocraties occidentales, ouvrent à d'autres cas de figure, en comparaison : Berlin, Brasilia, Londres, Rome, Washington.
Ce livre graphique est une invitation à voyager dans le Grand Est cinématographique. À travers plus d'une centaine d'illustrations créées à partir d'une sélection de longs-métrages de fiction produits entre 1899 et 2020, il explore soixante-quinze films et parcoure les dix départements de la région. On y découvre comment le cinéma s'approprie des lieux de tournage, des produits locaux et des personnages emblématiques, comment il met en valeur la richesse culturelle, patrimoniale, historique et territoriale du Grand Est.
Cet ouvrage s'intéresse à l'histoire longue, mouvementée et très évolutive de la nostalgie, qui, depuis quelques années, semble ressurgir et s'afficher avec une intensité remarquable. Il intègre le champ épistémologique, vaste et novateur, de l'étude historique des émotions, informée par la philosophie cognitiviste et l'anthropologie affective, en apportant une réflexion de nature plus littéraire.
Cet ouvrage explore les concepts de modèle et de transgression tels qu'ils se manifestent en " terres hispanophones ". Dans la continuité du séminaire " femmes en résistance(s) ou en rupture ", les communicants se sont intéressés à la question de la déviance féminine. Toutefois, dans un esprit de renouveau, la famille fut au cœur de cette nouvelle activité de recherche. Constitutives de l'ordre social, les normes et les transgressions structurent la société et régulent les relations entre les hommes et les femmes. Société et famille sont deux réalités intimement liées: les choix de la communauté familiale sont déterminés par la norme sociale et sont, par conséquent révélateurs de valeurs sociétales. Structure de base de toute communauté, le cercle familial constitue le cadre privilégié dans lequel les enfants apprennent l'ensemble des règles de comportement qu'ils devront assimiler pour intégrer pleinement la collectivité à l'âge adulte. Espace de fabrication des individus, de conventions, de contraintes et d'interdits, la famille est également source d'oppression. Dans de nombreuses sociétés, la raison du " sexe fort " s'impose aux autres membres de la maisonnée, notamment aux épouses et aux filles, premières victimes des normes de genre. Aussi, l'existence de modèles familiaux sexués implique des pratiques féminines " hors la loi " qui sont à l'origine de profils de femmes " atypiques " telles que les divorcées, les prostituées, les filles-mères, les mères infanticides ou celles qui délaissent leur(s) enfant(s) pour diverses raisons, les femmes dont la transgression s'inscrit dans la violence comme les filles parricides ou les épouses maricides. C'est pourquoi la question des marginalités féminines au sein de l'intimité familiale nous donne l'occasion de mieux saisir les règles sociales que tout individu se doit de respecter s'il ne veut pas se retrouver marginalisé ou exclu. Aucune construction sociale n'étant immuable, nous nous sommes également attachés à comprendre comment des pratiques féminines dissidentes contribuent, ou pas, à déplacer les interdits et à faire évoluer les normes familiales et sociétales.
" Philippe Séguin, un intellectuel en politique? " Ce titre vise à interpeller, sinon à provoquer. En effet, à l'heure où les personnalités politiques se rendent sur le plateau de Cyril Hanounah, que certains se prennent en photo sur les réseaux sociaux en train de chasser le pokémon, qu'un ancien ministre de l'Intérieur est surnommé " le kéké de la République ", le terme " intellectuel " paraît rendre compte d'un contraste, qui prend parfois la forme d'un fossé, entre la vision intellectualisante de la politique selon Philippe Séguin et la manière dont elle se conduit généralement. Mais la dimension intellectuelle nous permet surtout de nous intéresser aux idées, à la pensée, de Philippe Séguin. Alors que de nombreux observateurs expliquent son échec politique par son caractère et ses failles humaines, l'étude de ses idées, placées dans le contexte idéologique de son époque, éclaire davantage sa trajectoire politique avortée. Cet ouvrage collectif livre une étude pluridisciplinaire sur une personnalité dont les réflexions sur la République, le Gaullisme, la Démocratie, les Affaires sociales, l'Europe dévoilent un homme aux convictions fortes qui n'échappe pourtant pas aux paradoxes ni à certaines ambiguïtés.
Ce livre est consacré aux difficiles conditions d'existence des enfants abandonnés des XVIIIe et XIXe siècles. À travers l'analyse des fonds archivistiques de la Biscaye, il s'intéresse au parcours de vie des centaines de nourrissons qui, abandonnés entre 1798 et 1840 dans cette province basque, sont placés sous la tutelle de deux maisons d'assistance, la Casa de Misericordia de Bilbao, puis la Casa de Expósitos de Vizcaya à partir de 1806. Au-delà du triste sort de l'enfance délaissée biscayenne, la situation des parents abandonneurs, le plus souvent des filles-mères que la morale et la société du temps poussent à commettre l'irréparable, est également au cœur de ces quelques pages. Au final, cet ouvrage aide à comprendre l'impact des lois et des règlements édictés par les autorités royales et provinciales dans l'Espagne conservatrice des XVIIIe et XIXe siècles. Il nous rappelle que tant que le souci de sauvegarde de l'enfance délaissée ne se doublera pas d'une volonté de réhabilitation des enfants illégitimes, les petits abandonnés du Royaume d'Espagne demeureront des enfants indésirables.
À l'ère de la cyberinformation, des bots et des " fermes à clics ", les fake news ou infox prolifèrent. Elles ont gangréné les récentes élections (élections présidentielles américaines de 2016, françaises de 2017, campagne du Brexit…) en aboutissant parfois à la manipulation du vote. Le phénomène de l'infox présente souvent une dimension internationale; il est en outre susceptible de frapper tous les États: la meilleure façon de l'endiguer serait certainement d'adopter une convention internationale ou, au sein de l'Union européenne, un acte législatif contraignant. Il n'en existe pas. Les réponses étatiques apparaissent dès lors en ordre dispersé. La NetzDG allemande responsabilise directement les hébergeurs, l'Italie lance la " polizia postale " aux trousses des fake news. Par la loi n° 2018-1202 du 22 décembre 2018 relative à la lutte contre la manipulation de l'information et son décret d'application n° 2019-53 du 30 janvier 2019, la France se dote d'un nouveau référé judiciaire, appelé officieusement " référé fake news ". Une phrase maladroite et inappropriée du Ministre Castaner pendant la campagne des élections européennes de 2019 a suscité une action en référé. Le jugement en référé du TGI de Paris du 17 mai 2019 constitue la première (et unique à ce jour) application du texte. Inflation législative ou mesure nécessaire? Il s'agit de revenir sur le domaine du référé fake news, de le comparer avec les dispositifs existants, de mesurer sa réelle nécessité, son efficacité et l'éventuelle atteinte portée à la liberté d'expression. Des analyses juridiques comparatives (en droit de l'Union, droit comparé, droit interne administratif, pénal et procédural) ainsi qu'un éclairage par les sciences de l'information et de la communication nourrissent le débat.
À l'initiative de la Fédération Française des Psychologues et de Psychologie (FFPP), puis en collaboration plus directe avec deux institutions de recherche, l'Institut Français des Sciences et Technologies des Transports, de l'Aménagement et des Réseaux (IFSTTAR), et le Laboratoire Lorrain de Psychologie et de Neurosciences de dynamique des comportements (2LPN), un réseau de collaboration relatif à la Psychologie des transports a été mis en place en 2017.Suite à une enquête nationale adressée aux structures de recherche, aux institutions et aux professionnels exerçant dans le champ, cette collaboration a permis l'organisation d'un colloque en octobre 2018 visant à amorcer un état des lieux sur la psychologie des transports et des mobilités en France, et à proposer un temps de réflexion soutenue à la question de la place des psychologues dans les dispositifs d'intervention relatifs au permis de conduire. En effet ce colloque s'est tenu au moment où la Délégation Interministérielle à la Sécurité Routière (DISR) a produit un cahier des charges visant la formation et la certification des psychologues procédant aux entretiens psychotechniques en vue de la récupération du permis de conduire après suspension qui a abouti à la publication d'arrêtés en 2019.Le présent ouvrage collectif présente les contributions relatives aux deux grands axes de réflexion mentionnés. Il novateur en tant que visibilisant un champ majeur et mal connu de la psychologie en France, et informatif et réflexif concernant une pratique de psychologue qui contribue de façon nouvellement structurée à la prévention routière.
Durant la période 1870-1910, des femmes règnent sur les scènes européennes. Elles se nomment Sarah Bernhardt, Eleonora Duse, Polina Strepetova, Maria Savina, Maria Ermolova, Vera Komissarjevskaïa. La dimension mythique qu'elles acquièrent entre en dialogue avec l'affirmation, dans les textes dramatiques européens, d'un mythe de l'actrice. À travers ces actrices vues sur les scènes, starifiées par la presse, rêvées par la littérature et par le cinéma, la culture occidentale d'hier et d'aujourd'hui projette et interroge ses représentations de l'individu, de l'autre, du désir, mais également de la place de la femme dans l'espace public. Les chapitres de cet ouvrage, rédigés par des spécialistes russes, italiennes, françaises, américaines, sont présentés tantôt en français, tantôt en anglais.
Figure historique et sainte canonisée par l'Église catholique, cristallisant des enjeux spirituels aussi bien que sociaux voire politiques, mais également personnage littéraire, Jeanne d'Arc présente la particularité d'avoir largement dépassé les frontières nationales. Comment une héroïne aussi étroitement associée à la culture et au patrimoine français a-t-elle pu fasciner les écrivains européens autant que les écrivains français et stimuler à ce point leur imagination? C'est ce paradoxe que cet ouvrage, publié par les laboratoires de recherche CERCLE et ÉCRITURES de l'Université de Lorraine, se propose d'éclairer à travers une approche comparatiste, en étudiant l'image de Jeanne d'Arc dans les littératures européennes des XIXe et XXe siècles, notamment les littératures slaves, sans restrictions de genres, puisqu'on la rencontre dans la prose comme dans la poésie.Ce volume réunit les contributions de chercheurs français et étrangers, qui analysent les raisons, diverses et parfois ambiguës, de l'intérêt des écrivains pour Jeanne d'Arc, ainsi que les particularités des représentations littéraires de cette figure nationale française, en accordant une attention privilégiée aux glissements qui s'opèrent lors du transfert d'une aire culturelle dans une autre. Les différentes contributions s'interrogent notamment sur l'évolution de l'image de Jeanne d'Arc et de ses usages dans les littératures en fonction des périodes historiques, sans oublier de proposer des exemples de son assimilation à des héroïnes nationales d'autres pays.
L'étude des forces et des cultures politiques dans le Grand Est de la fin du XIXe siècle à nos jours permet de mettre en perspective bien des données historiques et culturelles relevant de l'actualité, à l'échelle d'une région qui associe l'Alsace, la Lorraine et la Champagne-Ardenne depuis 2015. Elle se caractérise par sa grande diversité et constitue la majeure partie de ce qui est parfois appelé France de l'Est.Les contributions réunies dans ce volume, à travers des exemples variés, sont l'œuvre de chercheurs de plusieurs universités, parmi lesquels de nombreux doctorants. Réunies par Jean El Gammal et Jérôme Pozzi, qui enseignent l'histoire contemporaine à l'Université de Lorraine, elles concernent des personnalités, des courants et des familles politiques ayant marqué à des degrés divers l'histoire régionale et nationale depuis un siècle et demi.
Cet ouvrage collectif propose d'opérer un examen rigoureux de l'ensemble des contraintes que les deux processus (néologie et traduction) avaient à gérer afin de produire des sémantismes authentiques, indiquant les nouveaux référents de la logosphère politique arabe contemporaine. Les quinze chapitres dont il se compose examinent en effet les catégories de contraintes qui ont contribué à façonner le sens/la signification/la connotation et la réception du vocabulaire politique en arabe standard moderne, que ces contraintes soient textuelles, culturelles, personnelles, situationnelles ou cognitives. Dans la première partie de cet ouvrage (Néologie politique), les auteurs ont centré leurs analyses autour des transformations sémantiques et formelles qui touchent les mots au travers les différents procédés néologiques. Ils ont démontré que la néologie s'opère grâce à des procédés complexes d'extension, de rétrécissement, de péjoration, d'amélioration…La création du vocabulaire politique arabe n'est donc pas un processus unidimensionnel, consensuel et organisé. Elle est autant le fruit de l'improvisation que de la conception réfléchie. Cela est bien visible dans la manipulation sociopolitique qui régit l'onomastique des partis, des courants populaires, des groupes politiques et même des Vendredis des Révolutions arabes. Dans la seconde partie (Traduction politique), consacrée aux épineuses questions du transfert d'une langue à une autre, les auteurs ont souligné les difficultés et les contraintes qui s'avèrent être non des entraves, mais des stimulateurs à une meilleure restitution du discours politique arabe vers les langues étrangères, en l'occurrence le français.
Le paranormal fait intégralement partie de nos sociétés, quand bien même il est souvent relégué aux marges des institutions. Que de paradoxes soulève cet objet dont l'importance est proportionnelle à l'apparente indifférence des universitaires! Alors qu'un Occidental sur trois affirme avoir vécu au moins une " expérience exceptionnelle " (c'est-à-dire une expérience interprétée comme paranormale), qu'une majorité de la population adopte au moins une croyance paranormale, nombreux se sentent encore démunis face à l'inconnu.De nos jours, l'étude des expériences exceptionnelles et des croyances paranormales est redevenue une discipline académique: la psychologie anomalistique ou psychologie des anomalies. Celle-ci fait l'objet de recherches et d'enseignements au sein d'une douzaine de départements universitaires rien qu'au Royaume-Uni. Pourrait-il également exister une sociologie anomalistique ? Serait-elle apte à dépasser tout réductionnisme psychologisant pour appréhender l'étendue des rapports entre le paranormal et les institutions, les politiques, les cultures, les médias, les religions, les imaginaires… en somme, avec tous les aspects habituellement traités par les sciences sociales?Cet ouvrage se veut un premier pas sur cette voie. Il réunit les contributions de spécialistes allemands, anglais, belges, canadiens, français et étasuniens, qui analysent cette question à mi-chemin entre la psychologie et la sociologie, sous la direction du psychologue Renaud Evrard et du sociologue Éric Ouellet.
L'année 1989 marque la fin du " socialisme réel " en Pologne et dans la plupart des pays d'Europe centrale, ainsi que le début de leur mutation capitaliste.Les articles réunis dans ce volume, fruit d'une journée d'étude organisée à Nancy le 10 avril 2018 par le Centre de recherche sur les cultures et littératures européennes (CERCLE – EA 4372) portent sur le modèle néolibéral, qui a été adopté en Pologne après 1989. L'étude de textes économiques, journalistiques, mais aussi littéraires et philosophiques amène les auteurs à réfléchir non seulement sur les choix économiques effectués après la chute du communisme en Pologne, mais encore à analyser leurs conséquences et à formuler les propositions qui visent à faire évoluer la situation sociale du pays qui fait partie de l'Union européenne en crise.Les chercheurs français et polonais représentent des approches et des opinions différentes ce qui augmente, d'ailleurs, l'intérêt de l'ouvrage dont le but est de poursuivre le dialogue entamé depuis longtemps dans les pays ex-communistes sur le néolibéralisme, la mondialisation et leurs limites.
Les programmes du New Deal au Royaume-Uni font partie de ce qu'en France on appelle " les politiques d'aide publique de retour à l'emploi ". Ils ont été mis en place par les travaillistes dès leur arrivée au pouvoir en 1997, après dix-huit années de gouvernement conservateur. Ils avaient été clairement présentés comme l'un des engagements prioritaires de leur programme électoral. L'originalité des programmes du New Deal résidait dans le recours à la formation, visant à aider les chômeurs de longue durée à retrouver un emploi. Ils se sont adressés au départ aux jeunes, puis aux parents célibataires élevant des enfants, et enfin aux personnes en situation de handicap.Cet ouvrage se propose d'étudier les programmes du New Deal de 1997 à 2010 en les resituant dans le contexte du marché du travail britannique. Une première partie analyse l'influence du modèle américain, mais aussi l'ascendant du monde politique américain sur Gordon Brown, Tony Blair et leur entourage. Il explicite le rôle de la théorie du capital humain, du néo-libéralisme et de la Troisième Voie dans la genèse de ces politiques. Une deuxième partie présente les principales caractéristiques du contexte économique et des différentes composantes des programmes du New Deal. Les principaux enjeux sont exposés aussi bien dans les domaines de l'économie et de la politique sociale que dans celui de la justice sociale et du bien commun.L'étude approfondie de ces mesures, de leur contexte social, politique, économique et culturel a pour but de tenter de faire la part des choses entre leurs différentes composantes. Malgré le bilan contrasté, certaines des solutions envisagées dans le cadre du New Deal pourraient s'avérer nécessaires, utiles et intéressantes à développer afin de résorber le chômage dans le futur et dans d'autres contextes. La question est de savoir si l'abandon du recours à la formation comme remède aux difficultés rencontrées par une partie de la population active à trouver un emploi n'a pas été un peu trop rapide et dans quelle mesure ces programmes ont changé la donne du marché du travail au Royaume-Uni.
Les échanges entre les formes d'art ne sont jamais totalement exempts de rapports de concurrence et de rivalités, même s'ils en appellent souvent à l'utopie de la complémentarité ou aspirent à un idéal esthétique de totalité. Les contributions rassemblées dans ce volume explorent les modalités et les enjeux des relations qui se nouent entre écrivains et artistes dans le monde germanique de la fin du XVIIIe siècle à l'époque contemporaine, dans une période marquée par une autoréflexivité croissante de l'art et un décloisonnement des moyens d'expression qui se réalisent dans le cadre d'un long processus d'autonomisation de l'art et des artistes. Du romantisme au Gesamtkunstwerk wagnérien, des mouvements d'avant-garde du début du XXe siècle à la poésie contemporaine, les interactions hybrides et complexes entre la littérature et les arts visuels, les arts de la scène ou la musique se déclinent à des rythmes et à des degrés différents, mais elles témoignent chacune à leur façon de la remise en cause progressive de la domination du paradigme littéraire sur les autres arts. Même si chaque artiste a ses motivations spécifiques, les relations intermédiales dans les arts mettent immanquablement aussi en jeu le degré de légitimité de chaque pratique artistique dans la hiérarchie culturelle et sociale, et posent la question de sa place dans l'ordre symbolique des expressions esthétiques.
Cet ouvrage offre un panorama, non exhaustif mais actuel, des manières possibles de mobiliser le concept de frontière dans des études scientifiques. Les contributions ici réunies proviennent de jeunes chercheurs francophones issus de différents champs disciplinaires des sciences humaines et sociales et des arts. Elles témoignent de la diversité des terrains concernés par les questionnements en lien avec la notion de frontière, ses usages et ses formes. Leurs auteur.e.s abordent ainsi différents " champs ", interrogeant tant les frontières des professions et de l'emploi que les frontières corporelles et de la mort, les processus d'élaboration et de vécu des frontières spatiales ou encore la tension entre réalité et fiction dans les productions culturelles.La frontière, objet théorique et d'analyse, fantasmé et politisé, est mobilisée de façon récurrente dans les discours des chercheurs comme dans l'espace public. Cette notion d'usage courant est pourtant complexe et intelligible à bien des niveaux. Non exclusive à l'étude des limites des États-nations, les frontières peuvent en effet être interrogées par de nombreuses disciplines et sous des angles multiples. Comment la recherche contemporaine, alors, aborde-t-elle cette notion ?
Plus que de la justice, la violence individuelle relève le plus souvent de la raison du plus fort. C'est pourquoi l'Homme a en principe gagné en " humanité " en déléguant à la collectivité le pouvoir de violence. Encore faut-il que la collectivité dispose de la force et de la légitimité nécessaires. A défaut, la légitimité peut changer de camp individuellement, par un processus de résistance/désobéissance et collectivement par la révolution et les violences civiles. L'État-nation était jusqu'à présent le niveau de collectivité le plus commun pour gérer cette délégation de l'usage de la violence. La mondialisation de l'économie, les révolutions technologiques et autres enjeux planétaires ajoutés aux crises politiques appellent d'autres et peut-être une pluralité de délégations à différentes échelles. C'est pourquoi les auteurs invitent à une double interrogation sur le rapport de l'Homme aux autorités auxquelles il délègue le droit à la violence et sur son rapport à la violence en elle-même. Les Francs-Maçons tant par l'étude symbolique sur l'Homme et l'Outil que par les prolongements qu'ils donnent au Mythe d'Hiram, appellent à réfléchir sans cesse à la notion même de légitimité de la violence. Leur pratique et leur tradition rejoignent ici l'actualité et leur donnent sans nul doute droit au débat, dans les Loges et les Chapitres, certes, mais également dans la société, s'ils souhaitent en être, et, comme ils le disent parfois, participer, ainsi, à son amélioration.Le Chapitre National de Recherche (CNR). Dans la galaxie des Hauts Grades de la Franc-Maçonnerie libérale, c'est-à-dire a-dogmatique, le Rite Français (Grand Chapitre Général) du Grand Orient de France a la particularité d'être animé par une philosophie imprégnée de la nécessité de l'engagement social. Réputé " Rite des libertés individuelles et collectives ", il est le plus ancien rite du Grand Orient de France, celui de sa fondation, et de loin le plus pratiqué. Il met sur un pied d'égalité, croyants et incroyants, amateurs ou non de spiritualités les plus diverses, et se veut porteur et promoteur d'un humanisme laïque et de la liberté absolue de conscience. Son Chapitre National de Recherche (CNR), de création récente (Janvier 2017), a pour mission de travailler à la préparation et à la définition de positions maçonniques sur des problèmes sociétaux. Il est animé par Jean-Francis Dauriac.
Les universitaires, traditionnellement pudiques, aiment à manifester leur gratitude par des écrits plutôt que par des paroles. À l'heure d'exprimer à l'égard d'un Maître, les témoignages de leur respect, c'est un recueil d'écrits qu'ils produisent en contribuant à des " mélanges ".Les mélanges en l'honneur de Jean-François Seuvic, ont été pensés comme un hommage. Rendre hommage, c'est reconnaître qu'on a une dette morale envers quelqu'un, c'est lui témoigner publiquement de la reconnaissance.Chacun des lecteurs des écrits du Professeur Seuvic s'accorde à souligner la clarté de ses démonstrations, sa recherche permanente de la précision et son culte de l'intégrité intellectuelle. Ses articles et ses chroniques forment une empreinte qui marque durablement les pénalistes trop souvent saturés de proses absconses et oiseuses.Ce rassemblement de contributions compose un ensemble particulièrement riche qui représente la production intellectuelle de la doctrine pénale contemporaine. Chaque contributeur s'est attaché à produire une réflexion originale à la hauteur des enjeux de l'exercice: saluer avec panache la carrière d'un Maître.Nul ne doute pourtant que le présent ouvrage dépasse l'addition des écrits qui le constituent. Le tout étant plus que la somme de ses parties, les mélanges en l'honneur de Jean-François Seuvic rendent hommage au Professeur, au collègue et à l'homme.
Cet ouvrage propose des perspectives novatrices de jeunes chercheurs s'interrogeant sur l'évolution des pratiques et des objets d'études devenus complexes. Il rassemble les réponses à l'appel à contributions passé suite à la Journée Internationale des Jeunes Chercheurs " Quelles Questions pour Quelles Recherches? " (Université de Lorraine, 16 Juin 2017).Dans une perspective collaborative, ces chercheurs de différents horizons culturels et disciplinaires, ont présenté, visuellement ou textuellement, des méthodologies et/ou des concepts originaux dans leur approche ou de par leur(s) objet(s) d'étude.Les frontières disciplinaires se retrouvent bousculées, déconstruites. Ainsi on découvre dans ce recueil de surprenants liens tissés entre des conceptions antiques et pratiques de recherches contemporaines, une recherche de rationalité dans l'art communément considéré subjectif, ou encore l'étude d'objets pouvant paraitre insolites. Qui penserait, de premier abord, à étudier les représentations télévisuelles, ou l'influence d'un récit littéraire sur l'attitude rocambolesque d'un groupe de saltimbanques?On s'interroge également sur les apports de la psychologie, de la sociologie, de la philosophie ou encore de la géographie dans des domaines pratiques comme la médecine. La question de la praticité de la recherche universitaire est également abordée à travers des exemples de contributions de chercheurs en entreprise, qui estompent les limites entre chercheurs et problématiques sociétales. Les principes éthiques et la déontologiques que l'on pensait immuables sont également interrogées, confrontés aux réalités des recherches de terrain.Les objets nouveaux et complexes de la recherche dissolvent les frontières disciplinaires et nécessitent la collaboration des chercheurs, donnant naissance à des champs trans – inter ou pluridisciplinaires et faisant émerger des interrogations, allant même jusqu'à oser " l'indiscipline ". Ce sont ces questions cruciales qui ébranlent le monde de la recherche aujourd'hui que les éditeurs ont rassemblé ici.
Éric Freysselinard nous présente une partie du journal intime de Marguerite Lebrun, qui couvre la période allant du 21 août 1939 – soit 4 mois et demi après la réélection de son époux, Albert Lebrun, à la présidence de la IIIe République – au 15 juillet 1940, quelques jours après les Actes constitutionnels de juillet qui écartent le président du pouvoir et confient tout entier ce dernier à Pétain.Marguerite Lebrun a tenu ce journal pendant l'essentiel de sa vie, de 1890 à 1947. L'épouse du dernier président de la IIIe République a été aux premières loges du pouvoir. Chaque jour, elle a consigné l'actualité politique, ses doutes et ses émotions, sa propre observation des événements et son appréciation des acteurs d'une Histoire en train de se faire, ceci avec d'autant plus de liberté que ses écrits n'étaient pas destinés à être lus par d'autres.Par un récit profondément humain et très informé, Marguerite Lebrun raconte la longue descente aux enfers de la France, la déclaration de guerre, l'invasion, la prise du pouvoir par Pétain. Le témoignage de cette période particulière, écrit quotidiennement, sur le vif, révèle le volontarisme de Daladier et de Reynaud, les manœuvres de Laval, l'excitation de Weygand et l'apathie apparente de Pétain, qui vont, après quelques mois d'une " drôle de guerre ", conduire la France à l'armistice puis à une collaboration avec la nouvelle puissance européenne.Ce document inédit et authentique, écrit d'une belle plume, restitue un regard averti sur cette dernière année de la IIIe République qui vit la France basculer progressivement vers un régime en rupture avec la société française. De toute évidence, il captivera le lecteur qui se demande comment, à cette époque, la République a sombré.
Dramaturge et romancier, peintre, théoricien de l'art et photographe, Stanislaw Ignacy Witkiewicz (1885-1939) explore et fait se croiser dans son œuvre des langages artistiques très divers pour les mettre au service d'une réflexion critique sur la civilisation moderne.L'ouvrage Witkiewicz artiste transversal, hier et aujourd'hui cherche à étudier l'articulation entre trois aspects de son œuvre: la dimension polymorphe de son art, l'originalité de son regard sur la modernité et l'élaboration d'une écriture capable de saisir des formes identitaires complexes que le monde nouveau fait émerger.Littéraires, esthéticiens, historiens de l'art et comparatistes ont contribué à ce livre, issu d'une journée d'étude organisée en 2017 par le Centre de recherche sur les cultures et littératures européennes (CERCLE – EA 4372) à l'Université de Lorraine. Ces auteurs analysent les multiples facettes de la " transversalité " propre à l'art de Witkiewicz qui fait de lui une figure majeure du modernisme centre-européen.
Espace privé des femmes publiques: rayonnement et conciliation, montre un aperçu nuancé de la frontière entre le privé et le public dans la sphère professionnelle et familiale des femmes. L'importance d'une conciliation, l'influence réelle des médias, de la culture, de la politique et du contexte social, sont les principaux axes autour desquels se construit cet essai. Par le biais d'un parcours au travers des différents espaces littéraires et sociaux, l'ouvrage montre la dualité présente dans tous les domaines du féminin. Cette réflexion dévoile les clés pour comprendre et examiner les réalités qui constituent l'équilibre entre le public et le privé.Cet ouvrage porte sur la problématique générale du laborieux équilibre entre la sphère publique et la sphère privée, dans une perspective humaniste de la femme. Les auteurs réussissent à révéler la difficulté à entreprendre un parcours professionnel, tout en préservant une cohésion avec l'identité individuelle des femmes.Le livre se présente sous deux angles d'analyse: la littérature et le domaine social. Dans la première partie, consacrée à l'étude de la question littéraire, les auteurs présentent une rétrospective tirée essentiellement de l'image de la femme littéraire et de leur rayonnement intellectuel. Les femmes présentées dans ce livre, sont des témoignages exemplaires d'une évolution historique jalonnée de freins sociaux et entravée par le conservatisme culturel. Dans la seconde partie, les auteurs portent un regard social sur la question centrale de l'ouvrage. Les chapitres consacrés au domaine sociopolitique sont centrés sur l'analyse contemporaine d'une approche pragmatique et sur une démarche structurée autour de l'application de l'idée du féminin à la société.La principale contribution des réflexions présentées dans ce livre part de l'idée des femmes en tant que protagonistes et moteurs de changement, ouvrant la voie à l'adoption de mécanismes permettant l'harmonie entre un rayonnement professionnel et personnel.Par ailleurs, bien que les analyses présentées dans cet ouvrage portent sur la sphère luso-hispanique, elles peuvent être aussi extrapolées à d'autres espaces culturels et identitaires.
Cet ouvrage collectif, publié par le laboratoire de recherche CERCLE, vise à étudier, sur un vaste corpus franco-russe du XXe et du XXIe siècles, les présences et représentations des respectives langues autres, avant tout dans la fiction littéraire, mais aussi dans le genre " frictionnel " de la littérature de voyage.Les rapports culturels et littéraires entre la Russie et la France, aussi intenses que complexes, constituent un objet de choix pour une étude comparatiste. D'un point de vue français, la Russie fait traditionnellement fonction de l'un de ces " autres " co-constitutifs de sa propre identité: des discours sur la Russie (tsariste, soviétique, contemporaine), se dégage une image à l'envers de la France. Du côté russe, la France apparaît de même comme un " autre " privilégié: cas paradigmatique, donc, d'auto-/hétéro-images, de langues et de littératures croisées.Réunissant les contributions des chercheurs de plusieurs universités françaises et étrangères, ce volume explore surtout les pistes de réflexion suivantes: langue, littérature, identité; écritures en exil, écritures de l'exil; langue, littérature, idéologie; théorie et imaginaire littéraire de l'(auto-)traduction et de l'(in-)traduisible; stratégies textuelles à l'œuvre dans la confrontation avec la langue de l'autre ainsi que le discours métalittéraire correspondant – autant de facettes et de fragments divers d'un polylogue interculturel qui, en ce début du XXIe siècle, s'avère toujours fort vivant et varié.
Cet ouvrage se propose d'explorer les différentes facettes de la dimension pragmatique dans l'enseignement de l'arabe moderne et la traduction impliquant la langue arabe, à travers des questions relatives aux actes de parole, aux tâches communicatives et aux énoncés performatifs dans leurs rapports avec leurs utilisateurs. Il est le fruit d'une série de rencontres scientifiques organisées avec la collaboration de l'Université de Lorraine-Nancy dans trois universités: l'Université du Québec à Montréal (2014), l'Université Mohamed V à Rabat (2015) et l'Université Libanaise à Beyrouth (2016). Il rassemble, dans la première partie, des travaux portant sur l'application du Cadre Européen Commun de Référence pour les langues (CECRL) à l'enseignement de l'arabe langue étrangère ou seconde en vue d'examiner la transposition du modèle pragmatique sur la pratique didactique et d'identifier les enjeux qui en découlent. Il présente, dans la deuxième partie, des études portant sur la traduction impliquant la langue arabe et l'analyse de certains aspects problématiques relatifs au processus de transfert linguistique et culturel et ses multiples implications. Il en ressort certaines spécificités de la langue arabe dans ses liens avec un passé glorieux consacrant le littéral, son évolution socioculturelle instaurant le dialectal et son rapport avec l'étranger.
" Décabotiniser " et rénover la scène parisienne, tel est l'objectif de Jacques Copeau lorsque, avec l'appui de La N.R.F., il inaugure le Vieux-Colombier en octobre 1913.Jusqu'à la fermeture du théâtre en juillet 1924, il crée vingt-et-une pièces françaises contemporaines, de dix-huit auteurs.Certains sont déjà renommés comme Paul Claudel, Jules Romains, Georges Duhamel, Roger Martin du Gard, André Gide, Jean Schlumberger, François Vielé-Griffin, Henri Ghéon, François Porché et René Benjamin.D'autres débutent: Léon Régis, François de Veynes, Pierre Bost, Émile Mazaud, Louis Fallens, Léon Chancerel, Charles Vildrac…Cent ans plus tard, une partie de ce répertoire continue à être jouée, tandis qu'une autre est tombée dans l'oubli. Le but de ce Dictionnaire est de présenter cet ensemble d'œuvres dramatiques au public d'aujourd'hui.
L'année 1989 marque la fin du " socialisme réel " dans la plupart des pays d'Europe centrale et préfigure la dissolution de l'Union soviétique deux ans plus tard. Ces bouleversements ont débouché sur une profonde réévaluation du passé.Les 20 articles réunis dans ce volume, fruit d'un colloque international organisé à Nancy, les 18 et 19 avril 2016, par le Centre de Recherche sur les Cultures et les Littératures Européennes (CERCLE) portent sur le caractère polyphonique de l'Histoire et ambitionnent de montrer la façon dont les événements majeurs des XIXe-XXe siècles étaient perçus et représentés à travers leurs nombreuses narrations, avant et après 1989. Les réécritures d'un même fait historique qui prend de multiples inflexions selon l'époque et selon les pays où il est reçu, permettent d'observer d'une manière croisée des usages sociaux et politiques de l'Histoire, ainsi que son rôle dans la construction des imaginaires et des identités nationales dans cette partie de l'Europe, au fil du temps.Les chercheurs français, allemands, hongrois, polonais, russes, slovènes et tchèques étudient différents moyens de production et de transmission de ces narrations: les ouvrages historiques eux-mêmes, les belles lettres, le théâtre, le cinéma, la poésie et la musique, tant de domaines sont ici abordés dans une perspective résolument interdisciplinaire.
Utiliser l'humour sous forme de dessins pour faire changer les regards sur le handicap: tel est le pari des deux auteurs! En se fondant sur l'expérience vécue de l'un d'entre eux, le principe est de " dire beaucoup " en un minimum d'espace tout en faisant sourire, voire rire, les valides comme les moins valides. Leur objectif: permettre à tous de mieux se comprendre et faire reculer la peur.
1516 Léonard de Vinci traverse les Alpes avec La Joconde1816 " l'année sans été "1916 Verdun, la Somme2016…Quand l'Europe est menacée, elle cherche dans son histoire d'autres repères. Mais suffit-il d'énumérer des références prestigieuses, des moments fondateurs et des personnalités hors du commun pour refonder l'Europe grâce à la culture quand la politique semble échouer? L'histoire culturelle de l'Europe ne doit pas relever de la seule logique patrimoniale. Les Européens d'aujourd'hui ont plus besoin d'une démocratie qui fonctionne que d'un discours commémoratif. La vie du forum (ou de l'agora) ne peut pas se dérouler de façon permanente à l'ombre du panthéon.
Les productions de l'architecture numérique (objets architecturaux, outils et méthodes, analyses théoriques, propositions doctrinales) sont complexes à analyser et semblent défier toute tentative de classification de par la richesse et la disparité des études ou réalisations du domaine. Le terme " Architecture numérique " dans son acception pratique semble subsumer des conduites de projet diverses et différentiées dont le seul lien serait l'utilisation, plus ou moins pertinente, des technologies numériques. Dans la conception architecturale, le " numérique " est parfois considéré d'une manière très restrictive comme un outil simple et périphérique, ou, suivant le cas, comme un medium complexe, structurant, et situé au coeur du processus. Il serait sans doute plus réaliste de considérer qu'il dépasse le statut d'outil pour venir instituer, dans le processus de conception, un ensemble de concepts interférant avec les notions d'espace, de culture, de société, d'éthique, d'esthétique (pour n'en citer que quelques-unes).L'ambition du séminaire SCAN'16 était donc d'interroger ce domaine complexe selon deux points de vue: celui du mètre (exemplifié par la notion de BIM dont la littérature, ponctuée de normes et de codifications, est garante de solutions " mesurées "); et celui du paramètre (exacerbé dans le parametricism anglo-saxon qui semble parfois frôler la " démesure " d'un abandon radical de toute référence au savoir traditionnel pour mieux adhérer aux paradigmes logicomathématiques de modélisation tridimensionnelle).Ces points de vue ont été explorés lors de la conférence internationale SCAN'16 qui s'est déroulée à l'École Nationale Supérieure d'Architecture de Toulouse du 7 au 9 septembre 2016. Cet ouvrage regroupe 23 contributions sélectionnées après expertise par un comité scientifique, et présentées lors de cette conférence.
Depuis le débat suscité par Edward Saïd dans les années 1980, les relations entre l'Orient et l'Occident au cours du XXe siècle semblent devoir être repensées, non seulement parce que la recherche a apporté des éléments de réflexion nouveaux, mais aussi en raison d'évolutions récentes. C'est ce qui ressort des études réunies dans ce volume à l'exemple des pays de langue allemande.Ce volume, né d'un colloque international qui s'est tenu à Nancy les 31 mai et 1er juin 2012, rassemble les contributions de dix-huit chercheurs spécialistes d'histoire culturelle et littéraire. Il s'organise en quatre parties. La première se concentre sur l'opinion publique, sur les perceptions de l'Orient, en l'occurrence de la Chine, de la Turquie et de l'Afghanistan, dépendantes de l'image qu'en ont donnée des diplomates, des publicistes ou autres témoins ayant séjourné ou voyagé dans ces pays à titres divers.La deuxième partie met le focus sur différents exemples d'appropriation de l'Orient dans des œuvres de fiction durant la riche période de la République de Weimar, qu'il s'agisse de littérature romanesque ou de théâtre. On ne saurait oublier le rôle particulier joué à cet égard par les auteurs juifs.La troisième partie illustre l'influence de l'Orient dans l'histoire des idées et dans les pratiques esthétiques de l'aire culturelle allemande au XXe siècle. Cette influence a permis à la pensée occidentale de se redéfinir et de se renouveler dans le contexte de la " modernité ".Mettant en évidence l'importance de mouvements récents, la quatrième partie analyse le regard " postmoderne " et " postcolonial " porté sur l'Orient par certains auteurs; les études consacrées à des auteurs immigrés ou issus de l'immigration le montrent bien, l'idée de " choc des civilisations " doit être relativisée: des formes positives de syncrétisme et de médiation sont en effet nées de situations multi- et transculturelles auxquelles la recherche accorde depuis un certain temps un légitime intérêt.
Cet ouvrage réunit les contributions au colloque international organisé par le laboratoire de recherche CERCLE à l'Université de Lorraine le 27 mai 2014. Il s'inscrit dans le projet consacré à l'image de la femme présentée par les auteurs de différentes littératures du XXe et du XXIe siècles et se situe dans la continuité de nos travaux sur l'image de la femme russe dans la littérature européenne.Nous examinons ici l'évolution de l'image de la Française à travers les littératures slaves (russe, polonaise et tchèque) des XXe et XXIe siècles. Ce qui nous intéresse particulièrement dans le cadre de ce projet, c'est la perception de l'autre, de l'étranger dans les œuvres littéraires. Les archétypes dominants dans les représentations de la femme russe sont-ils également caractéristiques de la femme française vue par les auteurs slaves? Quels sont les traits propres à la Française et qu'est-ce qui distingue le regard des auteurs slaves sur cette femme? Il est également intéressant de voir si l'image de la Française, souvent reléguée au second plan dans la littérature slave d'avant la Révolution et dans les fictions de l'époque soviétique, a pris plus d'importance dans les littératures slaves contemporaines.Les regards croisés sur la femme française des auteurs slaves d'Europe centrale et orientale sont au cœur des articles des chercheurs français et étrangers qui ont contribué à ce volume. Ils s'interrogent sur les particularités de cette figure féminine et essayent de voir quelles sont les différences, à supposer qu'elles existent, entre le mythe et la réalité. D'un côté, incarnation du sublime, du romantique, du mystérieux, de l'héroïque; de l'autre, femme désinvolte et sans cœur.
" Pour moi tu as changé le deuil en une danse
Tu dénouas mon sac et me ceignit d'allégresse ".Les Psaumes mettent bien en lumière le rôle éminent de la musique dans la sanctification de la Vie au moment même où la communauté traditionnelle accompagne le mourant et pleure ses morts. Très fortement marquées par les mutations politiques et économiques, par les violences pogromiques et, bien sûr, par le cataclysme génocidaire, par les migrations transatlantiques et l'adaptation à de nouveaux cadres sociaux, les populations juives européennes sont loin d'être réductibles, au XIXe et au XXe siècles, aux seules normes religieuses. Marquées par les différentes formes de modernité (idéologiques, intellectuelles, artistiques, techniques), ces communautés sont confrontées à une crise du sentiment d'appartenance. Dans un contexte de profonds bouleversements – et souvent de disparition – des sociabilités juives traditionnelles d'Europe centrale et orientale, la question des critères fondant ce que le musicologue Amnon Shiloah (1928-2014) appelait un " toit commun " peut s'envisager à travers toutes les nuances du deuil, de l'expression des thématiques funèbres et mémorielles.Les parcours de musiciens migrants (des compositeurs en particulier), ainsi que la circulation de leurs productions, permettent, en effet, de redéfinir une territorialité transatlantique des deuils ashkénazes. S'inscrivant bien dans le cadre d'une " histoire sociale du culturel ", cet ouvrage s'attache à comprendre l'évolution des cadres rituels et des réseaux sociaux au sein desquels les compositeurs agissent, ainsi que les conditions et les contraintes matérielles propres au travail d'écriture musicale sur des thématiques funèbres. Par l'analyse de répertoires savants (liturgiques et profanes) ou populaires (les chants folkloriques, les airs des théâtres yiddish de la Second Avenue mais aussi les chants des ghettos et des camps), cette étude fait le choix d'un temps relativement long (des années 1880 aux années 1980) afin d'essayer de comprendre – malgré la pluralité des voix et l'impermanence des structures sociales – la manière dont la musique a pu continuer à permettre le repos des morts et le retour à la vie de ceux qui ont (sur)vécu.
Ouvrage bilingue (français et allemand).Le patriotisme reste un élément essentiel de la culture politique en Europe occidentale, mais un élément controversé, comme le montre le débat régulièrement réactivé à l'occasion de certaines commémorations, dès que des responsables politiques ont recours à la notion de " patriotisme économique " ou encore quand il est question de l'hymne national à l'école et dans le monde sportif.Pour bien comprendre les enjeux de ces controverses d'aujourd'hui, il est sans doute utile de tenter une archéologie du patriotisme qui, dans chaque pays, présente des traits particuliers. L'Allemagne ne fait pas exception. Dans ce pays aussi il résulte en effet pour une large part de spécificités de l'histoire.Ce volume, né d'un colloque qui s'est tenu à Nancy les 5 et 6 décembre 2013, se propose – sans prétendre à l'exhaustivité – d'apporter une contribution à cette archéologie. Vingt-deux chercheurs français et allemands, spécialistes de l'histoire littéraire, politique et religieuse, de l'histoire des sciences et de l'histoire culturelle, étudient ici l'évolution de la notion de patriotisme et les manifestations du patriotisme en Allemagne du XVIe siècle à nos jours.
Le terme projet est présent dans toutes les disciplines ainsi que dans le langage courant. Son origine l'attache au dessin d'architecture même si son évolution lui fait traverser toutes les disciplines en assumant, à chaque étape, un profil différent et une plus grande complexité. Dans l'architecture, l'art, le design, il marque non seulement une phase de recherche, de réflexion, mais aussi le moment où on représente, on simule la réalisation finale ainsi que le temps de la construction. A l'époque où le numérique touche ces différents temps, le projet semble accomplir une énième métamorphose et devenir le design du design; alors, est-il légitime d'entendre la démarche de projet comme un outil de recherche?Initialement née dans le cadre du séminaire du Labex Création, Art, Patrimoines, intitulé " Lexique des projets ", cette réflexion sur le nœud projet-progettazione, enrichie par des contributions originales et des traductions inédites en français, propose un regard sur comment: Faire des projets/Fabriquer des projets.
L'étude des formations territoriales et des frontières a souvent été utilisée comme prétexte à toutes formes de revendications spatiales et/ou culturelles. Longtemps liée à la seule analyse historique, elle peut être aujourd'hui renouvelée par des apports d'ordre archéologique, en matière d'espace, de comportements sociétaux, d'économie.C'est dans cet esprit qu'intervient au sein de la Maison des Sciences de l'Homme Lorraine le projet LAFAM (L'Ardenne. Des frontières en l'an Mil) sur les boucles mosanes et l'Ardenne méridionale. Le principal objectif est d'y cerner les conditions d'apparition des diverses limites et frontières – tant politiques que sociales, culturelles, religieuses et économiques – qui divisent ce territoire et d'en comprendre l'organisation dans un contexte de morcellement féodal alors à son maximum autour de l'an Mil.Pour parvenir à ces résultats, il a fallu entreprendre une démarche historique inédite pour ce secteur. In fine, nous pouvons y entrevoir l'implantation humaine et mieux cerner les frontières et influences de tous ordres qui le composèrent voici mille ans. Ce travail permet à la population actuelle de se réapproprier une histoire, une culture et un passé que les vicissitudes du temps ont fini par transformer ou effacer.
This book reports on the work of the fifth Journées Hubert Curien, which took place in Nancy, France, from 3 to 5 June 2015, in a meeting organized as part of the Science & You project. The theme of the conference was 'Current strategies and means of action'.The fifth Journées Hubert Curien had four main objectives:• Confront science communication research with science mediation practices.
• Reflect on and debate about science communication issues in different national contexts.
• Explore the citizen dimension of science communication actions.
• Analyse new science in society practices.The papers presented in this book cover recent renewed interest in science communication and the reasons why policymakers want to communicate science. They describe how national contexts frame science communication actions and policies. They explore the public's demand not to be treated as passive consumers of information anymore, but as actors in their own right—not only in debates about the rightful place of science and technology within society, but also in those about research processes that affect or concern them. In this way, the authority and legitimacy of scientific knowledge are being questioned as new types of relations to knowledge are emerging.This book brings together the 11 keynote addresses from the conference.
L'essor du numérique engendre des mutations dans les pratiques individuelles et collectives du projet au sens large, que ce soit dans l'art, l'ingénierie, l'architecture, le design, etc. Les nouvelles pratiques, nouvelles sensibilités, nouveaux lieux sont influencés et influencent les cultures numériques. Cet aspect réflexif de l'influence du et par le numérique est interrogé au regard de la création, voire de la créativité. Les modifications des actes de conception et leurs impacts sur les espaces sont abordés dans cet ouvrage, afin de repositionner le " projet numérique " dans un contexte de mutation globale de la pratique, de la création et de la production. Il ne s'agit alors plus d'utiliser le numérique pour représenter ou présenter différemment le projet, mais bien d'entamer une autre démarche de projet. Plus globale, ouverte à plusieurs disciplines, elle pose la question du collaboratif et des interactions et enchaînements rapides des étapes de conception, de médiation et de fabrication.
Face aux fragilités durables ou momentanées des familles, des acteurs de terrain et des chercheurs ont tenté, pendant dix ans, sur trois programmes INTERREG Grande Région (Wallonie, Lorraine, Luxembourg), par-delà les frontières d'Etat, de disciplines et de secteurs, de construire une intervention à géométrie variable qui associe les ressources familiales et professionnelles afin de répondre aux besoins fondamentaux de l'enfant. Cette recherche action collaborative met en évidence la persistance de multiples frontières politiques entre les Etats et internes aux Etats, mais aussi judiciaires administratives, sociales, disciplinaires. Elle permet de dessiner des pistes de réponses trans-frontières destinées à améliorer la protection de l'enfant. L'ouvrage qui en résulte réunit les contributions d'auteurs aux statuts variés, travailleurs sociaux, de santé, du judiciaire et des chercheurs de diverses disciplines.
The various contributions in this collection explore the kinship and the conflicts which bind literature and art to philosophy during two major phases of Romanticism, in Germany and in England, opening passages and highlighting continuities between the philosophical ambitions and innovations of Romantic artists and the legacy of Romanticism in philosophy and literary and aesthetic theory. Each in its own way, the essays gathered here view Romanticism as a key moment in the history of thought and examine how Romanticism both inherits and departs from the tradition of philosophy, from Antiquity to the Enlightenment, as much as they explore the many legacies of Romanticism in contemporary philosophical debates up to Deconstruction and beyond. Written by philosophers, literary scholars and art historians, the different chapters not only confront British Romanticism with its German counterpart, in an effort to reconfigure our understanding of these two national "moments" in the history of Romanticism, but they also work at the crossroads of several disciplines, true to the inaugural spirit of Romanticism, at a time when generic and institutional boundaries were challenged and largely redrawn, and when art, literature and philosophy as we still know them today first emerged.
La célébration du centenaire de son origine fut, pour l'Ecole Pratique de Service Social (EPSS), l'occasion de réfléchir sur le présent de l'action sociale et de la formation des travailleurs sociaux à la lumière de son passé, en revisitant particulièrement les orientations de son fondateur, le pasteur Paul Doumergue.Le présent ouvrage cherche in fine à redéfinir quelles sont les priorités à mettre en œuvre aujourd'hui dans le travail social et la formation des professionnels du champ social, en étant à la fois fidèle aux choix éthiques qui ont prévalu au long de l'histoire de l'EPSS et adapté aux contexte socio-économique et politique de ce début de 21e siècle.Certes, les défis immédiats des centres de formation en travail social ont à voir avec la redéfinition des professions sociales et de leur formation, avec les adaptations nécessaires dans le contexte européen, avec les restructurations des centres qui se mettent en œuvre dans un environnement de restrictions budgétaires et de compétition accrue.Ces enjeux sont loin d'être négligeables. Mais plus importants encore sont les enjeux concernant les populations vulnérabilisées par la crise et les mutations économiques et sociales. Et c'est bien au vu des situations difficiles de ces personnes que l'action sociale et la formation des travailleurs sociaux doivent se réfléchir. Outre la question de la formation, le choix a ainsi été fait de revisiter deux des principales valeurs de l'action sociale (responsabilité et laïcité), d'interroger les politiques sociales ainsi que la place du champ associatif et des professions sociales, d'affirmer la priorité qui doit être accordée aux territoires d'habitat social et plus généralement aux quartiers populaires.
L'histoire de la découverte de la nourriture et de la cuisine d'autrui n'est pas celle d'un long fleuve tranquille. Les rejets brutaux du " goût des autres " sont légion; ils produisent des discours et des représentations souvent xénophobes voire racistes. La différenciation gastronomique a même été fréquemment utilisée par les propagandes de guerre. Elle l'est encore de nos jours. L'alimentation constitue l'un des vecteurs des identifications nationales ou sociales. Cependant la dimension historique permet de percevoir des mutations dans l'appréciation de l'alimentation de l'étranger, d'autant qu'un goût pour l'exotisme peut très bien se manifester à certaines époques. S'approprier ce qui apparaissait comme autre est en réalité une constante dans l'histoire de l'alimentation. Grâce à l'apport de l'ensemble des sciences humaines et sociales cet ouvrage analyse, de l'Atlantique jusqu'à la mer Caspienne, les rejets du " goût des autres ", comme les différents modes d'appropriation gastronomique. Des questions très actuelles à l'heure où la mondialisation économique et culturelle suscite craintes et enthousiasmes.
Cet ouvrage a pour objet la poétique des palimpsestes dramatiques. Dans une approche transhistorique, de Jacques Grévin à Bernard-Marie Koltès, les onze articles se proposent d'embrasser les problématiques de la réécriture inter et intramodale, avec transmodalisation d'un texte littéraire pour la scène, migration d'idées et de personnages d'un genre à l'autre, ou auto-variations intertextuelles. Quelles sont les métamorphoses opérées par l'écriture théâtrale ? Comment conduit-elle de l'autre à soi ?
Le centenaire de la parution d'un des ouvrages fondateurs de la sociologie et de l'anthropologie religieuses – Les formes élémentaires de la vie religieuse (1912) d'Émile Durkheim – a donné lieu à différentes manifestations scientifiques pendant l'année 2012. Les deuxièmes biennales Durkheim/Mauss qui se sont déroulées à Épinal les 19 et 20 octobre n'ont pas dérogé au fétichisme des anniversaires en interrogeant le triptyque " Sociétés, cultures et religion " qui est au cœur de l'ouvrage.L'idée de consacrer ces Biennales à une évaluation du sens que conservait encore aujourd'hui cette œuvre s'est imposée tout naturellement. D'abord, bien entendu, du fait du caractère testamentaire de l'œuvre, qui constitue le dernier écrit majeur du fondateur de la sociologie française. Ensuite, en raison de sa portée intellectuelle et de sa postérité scientifique qui, du fait de l'apport épistémologique et méthodologique de Marcel Mauss, excèdent largement tant le cadre disciplinaire de la sociologie que le domaine de l'étude sociologique des religions.Relire l'ouvrage offre ainsi l'occasion d'articuler une réflexion épistémologique à des analyses issues d'enquêtes et de terrains et de faire communiquer des disciplines et des objets encore trop souvent séparés. Les 14 contributions réunies dans cet ouvrage permettent d'apprécier l'actualité scientifique du texte durkheimien relu, grâce à la multiplication de travaux de références sur l'école française de sociologie, en tenant compte de l'apport propre de Mauss à l'élaboration et à la transmission de la pensée durkheimienne (Partie I). Elles permettent également de tester la pertinence empirique des concepts et des instruments d'analyse du phénomène religieux forgés par ces deux auteurs, pertinence non seulement pour observer les cultures religieuses contemporaines (Partie II), mais aussi pour analyser les émotions artistiques (Partie III) et réfléchir la magie du discours (Partie IV).
Les poètes modernes ont joué un rôle précurseur dans l'élaboration du mythe de l'artiste saltimbanque dont Jean Starobinski fut l'un des premiers à retracer l'émergence et les mutations au cours du XIXe siècle (Portrait de l'artiste en saltimbanque, 1970). Les douze études réunies dans ce volume prolongent les analyses du critique genevois en interrogeant l'engouement spécifique des poètes pour cette figure, les implications esthétiques et poétologiques du mythe, tout en élargissant la réflexion à la poésie européenne des XIXe et XXe siècles. Emblème ambigu d'un art dans lequel l'idéalisation de l'exploit artistique se mêle à un sentiment de déréliction, la figure du saltimbanque n'est pas seulement, pour les poètes modernes, une manière d'imaginer leur situation de poète ou de se comporter dans la vie, elle incarne aussi de nouvelles façons de dire et d'écrire. Au long d'un parcours qui traverse diverses cultures sont présentés de grandes voix de la poésie, des textes célèbres ou moins connus, qui déclinent les différentes facettes ou réappropriations du mythe, des Veilles de nuits de Bonaventure (1804) aux poèmes d'Hotels (1995) de l'écrivain autrichien Raoul Schrott, en passant par les Poemi (1909) du poète florentin Aldo Palazzeschi ou encore les 77 Dream Songs (1964) de John Berryman, entre autres.
Le présent ouvrage entend contribuer à la compréhension des mécanismes et enjeux sociaux qui trouvent leur origine dans les espaces de l'enfance pour inscrire les individus mâle et femelle durablement dans des mondes sexués au sein desquels les transgressions de genre sont souvent limitées et toujours sanctionnées socialement (par le mépris, la moquerie, la violence…). Poursuivant l'objectif de dénaturalisation des rapports sociaux de sexe, les différentes contributions analysent quelques-uns des acteurs (l'ami-e, la mère, le père, l'enseignant-e…), des espaces (l'école, les mondes du spectacle…), des objets (manuels scolaires, jouets, produits de soin corporel…) qui, par leurs croisements, leurs chevauchements, leurs mises en tension aussi, font et défont le genre au gré des interactions quotidiennes et des structures sociales et mentales. Si chacune des dimensions de socialisation apporte ses ajustements, ses colorations spécifiques, les éléments de construction de soi de l'enfance marquent les individus dans le temps (qu'il s'agisse pour l'individu de s'inscrire dans la continuité, dans l'opposition, dans le déplacement ou le détournement des pratiques et usages) et ont des effets sur les aspirations sociales, les pratiques et les rapports sociaux entre femmes et hommes au quotidien. Telle est l'hypothèse centrale qui guide la démonstration d'ensemble.