Grief est une revue annuelle depuis 2014, qui devient semestrielle à compter de 2019. C'est une revue pluridisciplinaire, sur les mondes du droit coéditée par les éditions Dalloz et de l'EHESS.
Elle est conçue de manière à apporter aux lecteurs des éléments de réflexion touchant aux divers mondes du droit, à propos de questions particulièrement marquantes de l'actualité récente, ayant suscité de vifs débats non seulement chez les spécialistes du droit mais aussi dans la société tout entière.
Elle offre ainsi une place à la réflexion, la polémique, la dispute dans les mondes du droit. L'enjeu est de présenter aux lecteurs la diversité, la complexité et le caractère conflictuel des sujets abordés.
Ouverte aux sciences sociales la revue critique, polémique, transgresse les disciplines à l'intérieur et à l'extérieur du droit.
Ce feuilleton juridique de notre société s'articule en 4 rubriques : la rubrique "Cas", la rubrique "Différend", la rubrique "Exploration" et enfin des recensions d'ouvrages composent celle sur les "Lectures".
La revue est dirigée par Olivier Cayla, agrégé de droit public et directeur d'études à l'EHESS et par Rainer Maria Kiesow, agrégé de droit privé et directeur d'études à l'EHESS.
Une analyse de l'œuvre d'Erving Goffman et de son importance dans la compréhension de la vie collective au prisme de l'interaction. Les contributeurs soulignent la fécondité de la conception de la politique du sociologue américain.
Comment aborder la crise que traverse la sociologie, entre exigence scientifique et engagement politique ? Danny Trom s'appuie sur la figure de Norbert Elias pour réactualiser ce débat presque aussi vieux que la discipline elle-même. Les textes du jeune Elias ici réunis nous font découvrir une sociologie indissociable de la lucidité politique, qui permet de renouer avec une approche critique.
" Je m'interroge sur ce que la ménagère fait à la science, et je crois avoir quelques révélations intéressantes à faire.
La récente abondance des données si souvent célébrée ne dispense pas des vérifications méticuleuses nécessaires pour en extraire le sens. L'air du temps nous incite à réfléchir aux infléchissements très complexes requis pour la transition environnementale. La sobriété, l'absence de gaspillage, le recyclage sont à l'ordre du jour. l'attitude ménagère, de bon sens, partagée par de nombreuses femmes, mais souvent dénigrée par la gent masculine, deviendrait-elle un style de vie à préconiser, une philosophie à promouvoir ?"
Au Ve siècle av. J.-C., les Athéniens pouvaient exiler pour dix ans un citoyen soupçonné d'aspirer à la tyrannie, sans autre forme de procès. Le nom de la victime était inscrit sur des tessons d'argile : les ostraka. Conservés par milliers, ces fragments de poterie livrent aujourd'hui une parole populaire d'une rare intensité : aux noms s'ajoutent parfois des dessins moqueurs et des injures cinglantes adressées aux figures honnies de la cité.
Souvent conçue comme un instrument d'oppression populaire, la procédure d'ostracisme était en réalité fort régulée : arbitraire dans son principe, elle était encadrée dans son déroulement et limitée dans ses effets. C'est ce qui explique qu'elle fut globalement acceptée, y compris par ceux qui en furent la cible. Elle permit de domestiquer les citoyens les plus puissants sans provoquer leur défection ni leur révolte.
S'appuyant sur une documentation iconographique exceptionnelle, Vincent Azoulay enquête sur l'une des institutions les plus déroutantes de la démocratie athénienne. Il en met au jour le moteur caché – l'honneur et l'infamie – et en explore les résurgences de la Florence de la Renaissance à la Révolution française, jusqu'aux usages contemporains du " dégagisme ".
Que reste-t-il du tissu industriel français ? Que sont devenus les savoir-faire développés au fil du temps dans les ateliers ? Nadine Michau mène l'enquête au sein d'une entreprise de mécanique, autrefois fleuron de l'industrie vierzonnaise. Désormais organisés en coopérative ouvrière, les sept salariés de l'usine pour-suivent leur travail, exigeant et technique, à la lisière de l'artisanat.
Caméra au poing, l'autrice les suit tout au long de la fabrication d'une presse hydraulique, utilisant l'image comme carnet de notes, et l'écriture pour consigner ce que le film ne dit pas.
Du parcours de ces hommes, de leurs gestes et de leurs interactions, elle tire un récit ethnographique qui révèle leur profond attachement à la production de machines, mais aussi à leur environnement de travail. Loin des clichés sur la désindustrialisation, cet ouvrage montre comment un certain monde ouvrier est aujourd'hui reconfiguré, pensé et vécu.