Pluralité des langues et des supports : descriptions et approches didactiques
Ces contributions illustrent des thèmes clés du colloque, d'une part la pluralité des langues envisagée sous l'angle de la construction des connaissances en milieu plurilingue, et d'autre part, la diversité des supports utilisés dans les apprentissages en général. La lecture de ces contributions amène à considérer le concept de pluralité dans certaines de ses déclinaisons, langue et support. Concernant la pluralité des langues, la multiplicité des combinaisons incite les institutions à contextualiser fortement leurs réponses curriculaires. Concernant les supports, l'introduction des nouvelles technologies induit une nouvelle conception de la formation qui privilégie une pédagogie dynamique et différenciée. Multiplicité des langues et multiplicité des supports conduisent de fait à une diversité accrue des processus de transmission et de construction des connaissances dont la prise en compte est maintenant devenue nécessaire, tant du point de vue théorique que méthodologique et pratique. L'objet de cet ouvrage est d'y participer.
Pratiques et représentations langagières dans la construction et la transmission des connaissances
Ce Cahier réunit une sélection d'articles issus du colloqué " Pluralité des langues et des supports dans la construction et la transmission des connaissances ", qui s'est tenu à l'ENS Lettres et Sciences humaines, à Lyon, en juin 2002.Ces textes devaient répondre a priori aux critères propres à la revue, c'est-à-dire, essentiellement, prendre appui sur une analyse de corpus. Les études menées s'appuient donc sur des pratiques, sous le double aspect de pratiques discursives et/ou de pratiques didactiques, souvent rapportées aux représentations qui s'y manifestent. Pluriel, ce numéro des CFC traduit ici quelques tendances des recherches actuelles dès lors que la suprématie du " mono " (une langue, un support) cède la place au métissage du " bi/pluri " (bi/plurilinguisme, pluralité de supports).Déplacement révélateur d'un positionnement qui consiste à essayer de mettre en relation la complexité linguistique, sémiotique et encore cognitive, que requièrent les approches didactiques, confrontées aux nouveaux contextes et matérialités.
Ce numéro des CFC rassemble des travaux sur la variation du français, en privilégiant, pour lui donner une unité, les travaux sur la France hexagonale, et les corpus contextualisés. Une hypothèse de départ est posée : l'indissociabilité des langues et des sociétés (le tissu social a une trame partiellement linguistique, l'usage des langues est partiellement tributaire de la dimension sociale). Chacune des études proposées ici projette un éclairage à proprement parler socio-linguistique sur cette question, à travers l'étude de discours faisant état de représentations ayant trait au français et à sa variation, ou l'analyse de corpus de pratiques du français manifestant des variations.
S'appuyant sur des données recueillies dans diverses situations de lecture, principalement en milieu scolaire, ce Cahier aborde les problèmes posés par les objectifs traditionnellement assignés à la lecture à savoir "lire pour comprendre".L'accent est mis sur la variation : variation des pratiques de lecture et des pratiques langagières autour de la lecture, variations des sens construits. L'analyse des données recueillies montre ainsi les risques de fractures qui découlent de l'hétérogénéité des cheminements individuels à travers les textes : les verbalisations méta-lecturales des témoins fournissent de précieuses indications sur ce qui échappe à l'observation directe, à savoir le travail interprétatif déclenché par le contact avec l'écrit, quel que soit sa nature, l'opacité textuelle n'étant pas l'apanage des textes qui se veulent résistants ; elles permettent aussi de nuancer des jugements hâtifs sur de prétendues incapacités à lire qui ne seraient en fait que des tâtonnements inhérents à l'activité de lecture et à son apprentissage continué.
Que l'on parle à leur propos de multicanalité (accent mis sur les supports) ou de multimodalité (accent mis sur leur réception), les messages dont il est alors question et qui croisent des supports sonores, écrits et iconiques ne sont pas nouveaux. Pourtant à travers ce qu'on nomme le multimédia, on peut faire l'hypothèse que la mise sur support numérique de ces messages et leur mode de consultation interactive permettent des agencements inédits et transforment les modes d'écriture et de lecture. Dans ce numéro les auteurs ont donc cherché à cerner certaines spécificités de ces messages multimodaux en évolution, en considérant qu'elles peuvent être liées à des caractéristiques : textuelles, énonciatives, sémiolinguistiques, communicationnelles (interactivité, position de l'usager en tant qu'acteur).
Alternances des langues et construction de savoirs
Ce numéro publie une partie des communications présentées au colloque "Alternance des langues et apprentissage. Situations, modèles, analyses, pratiques" organisé par l'ENS de Fontenay/ Saint-Cloud, l'Université Stendhal-Grenoble III et l'Université René Descartes-Paris V du 6 au 8 février 1997 à Saint-Cloud. L' objectif est de tenter de montrer comment, dans des situations extrêmement diverses porteuses d'enjeux parfois aux antipodes les uns des autres, les alternances de langues interviennent non seulement comme véhicules mais apparaissent aussi comme constitutives de la construction des savoirs et des savoir-faire, à différents niveaux.
Associant l'étude des processus (l'écriture) et celle des produits (les textes), cet ouvrage devrait retenir l'attention de tous ceux qui s'intéressent aux problèmes de description de la langue écrite et à ceux de son enseignement / apprentissage (production ou réception), en langue maternelle ou étrangère. Ce numéro explore trois dimensions de la scripturalité contemporaine. La première, analyse les "jeux" du texte contemporain : peut-on parler de nouveaux textes, de nouveaux genres ou s'agit-il seulement de variations de mise en scène ? La seconde s'interroge sur les mutations de l'écriture : en quoi les nouveaux outils tels que l'ordinateur ou le fax et / ou les nouvelles situations de travail modifient-ils la pratique de l'écriture ? Enfin la troisième, donne quelques aperçus de l'appropriation du savoir faire scriptural, dans des interactions de groupe ou en solitaire, d'adultes ou d'enfants, en langue maternelle ou en langue étrangère. Ce numéro invite donc le lecteur à un parcours éclairant quelques unes des mosaïques composant le continent écriture.
Ce numéro fait le point sur les évolutions récentes qui marquent la notion de discours rapporté. Les différentes contributions font apparaître l'extension actuelle du champ : la notion première de discours rapporté trouve place dans un ensemble étendu d'apparentements, où s'entrecroisent à des degrés divers, suivant les codes (oral ou écrit), processus de reformulation et modalisation autonymique du côté de la réflexivité, formes marquées et non marquées d'un discours "autre", du côté du dialogisme, de la polyphonie, de l'hétérogénéité constitutive.
Ce numéro publie dix communications présentées au colloque international organisé par trois laboratoires de l'ENS Fontenay/ Saint-Cloud (Crédif, UMR Lexicométrie et Textes politiques INALF-CNRS, ELI Équipe d'accueil Linguistique et Informatique) du 24 au 26 novembre 1994 sur le thème La locution : entre lexique, syntaxe et pragmatique. Identification en corpus, traitement, apprentissage. Les textes réunis dans ce numéro concernent à divers titres les locutions en discours en français général (oral, écrit, médias) et de spécialité (mathématiques, sciences dures) : typologie, référentialité, méta-énonciations, pragmatique des actes de langage indirects, stéréotypie discursive, phraséogenèse, défigement, dictionnairique, didactique sont les principaux thèmes abordés.
Ce numéro consacré aux notions de simple - simplification verse au dossier une contribution où la diversité des regards (historiques, ethnologiques, linguistiques, sociolinguistiques, didactiques, pragmatiques, etc.) se croise avec la diversité des corpus de référence et celle des méthodes d'analyse. Sont interrogées en écho : les formes canoniques du simple héritées de l'Histoire, les formes auxquelles il est attribué d'être simples ou soumises à la nécessité d'être simples (question des créoles et des interlangues, de la communication mono-lingue ou exolingue dans des échanges courants, professionnels ou d'apprentissage), les stratégies de facilitation.