Quelles ressources les enseignants utilisent-ils pour construire leurs cours ? Le numéro s'intéresse à l'usage de cette boite à outils professionnelle, hybride et multimodale. À quelles sources les enseignants puisent-ils les savoirs de référence propres aux apprentissages du français ? Quels supports privilégient-ils ? Pour en faire quoi ? Est-ce d'ailleurs si différent quand on enseigne les mathématiques ? Au-delà de la documentation didactique et pédagogique, le numéro se penche sur l'exploitation des ressources culturelles et sur les outils utilises par les élèves, qu'ils soient conçus pour eux ou pas. Une place particulière est ainsi réservée à l'intelligence artificielle. Que peut-elle apporter pour enseigner ou apprendre ? Quels nouveaux apprentissages nécessité-t-elle ?
Annoter les travaux écrits des élèves est un geste professionnel ordinaire qui interroge cependant les objectifs disciplinaires de l'enseignant·e et sa réflexion sur l'utilité et l'efficacité de cette pratique. Car les annotations ne sont jamais des écrits anodins, tant elles peuvent cristalliser de crispations, de représentations plus ou moins conscientes ou d'affects contradictoires. Ainsi, de l'élémentaire à l'université, les analyses théoriques et les démarches didactiques et pédagogiques proposées ici interrogent l'annotation dans sa double fonction d'objet ou d'outil disciplinaire: qu'il s'agisse de travailler avec ou sur les annotations, l'essentiel est bien de mettre au centre l'idée de la progression toujours possible de l'élève.
La diversification des ressources médiatiques offre des possibilités multiples en termes d'apprentissages. Le numéro s'intéresse aux médias numériques ou aux médias ludiques comme aux médias plus traditionnels (cinéma, bande dessinée, photographie). Comment amener les élèves à appréhender ces médias et/ou à acquérir des compétences disciplinaires par leur intermédiaire (lire, écrire, comprendre, s'exprimer…) ? Les analyses et démarches proposées aident à penser ces interactions.
Le français est à la fois un bien commun et une discipline aux contours mouvant au fil de la scolarité. Penser la continuité des pratiques et des objets d'enseignement permet aussi de penser le français dans sa diversité et selon des ruptures souvent masquées. Les injonctions officielles à la continuité ne peuvent cacher la réalité des discontinuités voire des ruptures, à chaque palier, parfois entre deux niveaux de classe. Ce numéro aborde ces questions sous l'angle des contenus, des méthodes, des dispositifs et cela du point de vue des élèves, des enseignants, des parents, des chercheurs, et dans une perspective historique ou synchronique. Si les ruptures peuvent être la source d'un vécu scolaire difficile, elles sont pourtant parfois nécessaires dans le développement des élèves.
Malléable, la notion d'explication gagne à être clarifiée et mise en perspective avec des pratiques discursives voisines (raconter, justifier, informer, argumenter…). Elle peut ainsi – et à certaines conditions – devenir à la fois outil et objet d'apprentissage. Le numéro s'intéresse à la parole de l'enseignant comme à celle de l'élève ou aux échanges entre pairs. De la séquence explicative à l'explication de texte, qu'est-ce qui relève de l'explication et pour quels enjeux ?
Utiliser efficacement un texte d'autrui ne va pas de soi. Les tâches cognitives sont nombreuses : rechercher, sélectionner, s'approprier (reformuler, citer, évoquer, imiter...) Copier, emprunter ou coller nécessite donc des compétences de lecteur, de scripteur ou d'orateur qui en font un incontournable objet d'apprentissage, mais peut aussi constituer une technique pour apprendre à écrire de la maternelle à l'université. Tel est le sens des analyses et propositions de cette livraison.
L'apprentissage de la langue est perçu comme difficile par ses acteurs, enseignants et élèves. De nombreuses questions se posent, que ravivent les dernières instructions pour le lycée. De quelle langue parle-t-on? De la langue normée, celle des programmes d'enseignement de la maternelle au lycée? Ou de celle, sans cesse renouvelée, qui varie selon de multiples usages? Et comment l'enseigne-t-on? La question renvoie notamment à celle du métalangage; le numéro fait le point sur cette croyance selon laquelle c'est en maitrisant le métalangage savant que les élèves sauront (mieux) écrire. Finalement, au rebours de prescriptions qui dissocient langue et sens, c'est la nécessité de les travailler conjointement qui est ici affirmée.
En didactique, les genres sont considérés comme un vecteur central des apprentissages langagiers pour modéliser les pratiques, comme unité de travail fondamentale et en tant qu'outil permettant la reconnaissance et la production des discours. Les articles de ce numéro visent à évaluer la pertinence, la légitimité et la validité de différents dispositifs d'enseignement de l'oral. Si l'on constate leur diversification, il convient aujourd'hui de se questionner sur les nouveautés apportées.
La distinction entre le réel et la fiction ne va pas de soi, mais fait rarement l'objet d'un enseignement explicite. Le problème surgit parfois dans des questions d'élèves, en réception ("Ça s'est vraiment passé?") comme en production ("On a le droit d'inventer?") Même si le concept de fiction est difficile à définir, on mesure l'enjeu de démarches qui aident les élèves à se repérer et à jouer avec les frontières. Tel est le sens des analyses et propositions de cette nouvelle livraison.