Le regard féminin sur le territoire italien : récits de voyages et de migrations (XVIIIe-XXIe siècles)
Les écrits de voyage représentent aujourd'hui des sources déterminantes et transdisciplinaires pour lire l'histoire des mutations des contextes, en l'occurrence le contexte italien, de la contemporanéité. Dans ce numéro de Transalpina, nous avons voulu focaliser l'attention sur la découverte et la description du territoire italien par des regards féminins, non seulement de voyageuses qui font l'expérience du Grand Tour, mais aussi de femmes-reporters, de réalisatrices, d'exilées et de migrantes (internes et étrangères) entre le XVIIIe et le XXIe siècle, qui se sont déplacées en Italie et ont raconté leur rencontre avec la péninsule italienne et ses habitants. Nous nous sommes intéressés en particulier aux récits de voyages et de migrations qui ont tenté de saisir, par le déplacement géographique, les caractéristiques du territoire et de la culture italiens du point de vue du regard féminin sur le monde.La littérature féminine italienne de ces siècles montre à quel point cette thématique a été centrale et transversale: des lettres de Giulia Falletti Colbert et des descriptions de l'artiste-peintre Élisabeth Vigée Le Brun qui reprennent certains éléments du Grand Tour pour les déconstruire, jusqu'à Anna Banti et à l'ethnologue Caterina Pigorini Beri, en passant par les narrations des envoyées de la Première Guerre mondiale, de Magda Trocmé qui décrit l'Italie après 1945, de Cecilia Mangini qui documente les évolutions des années 1960, pour terminer avec les documentaires de migrations contemporaines à travers les ouvrages de Jhumpa Lahiri, Bamboo Hirst et Hu Lanbo, le voyage devient un outil précieux et une sorte de fil rouge qui nous dévoile les changements de la société italienne pendant les trois derniers siècles.
Les mystères urbains en Italie vol. II : Les réécritures du XX? siècle
Étrange histoire que celle des mystères urbains: un genre littéraire qui rencontre un succès extraordinaire au XIXe siècle, à partir de la publication du texte fondateur, Les Mystères de Paris d'Eugène Sue (1842-1843), et qu'on délaisse complètement par la suite, si bien que certains critiques ont pu, sans trop d'hésitations, le déclarer mort et enterré. Mais en est-il vraiment ainsi? En réalité, il n'est pas impossible de repérer des traces "posthumes" des mystères urbains, des cas de "survivance" même, pourvu que l'on se munisse d'une certaine ouverture d'esprit et d'un regard perçant. La littérature italienne du XXe siècle, sur laquelle porte ce numéro de Transalpina, montre qu'un oubli apparent peut dissimuler une latence féconde: de Massimo Bontempelli et Alberto Savinio à Anna Maria Ortese et jusqu'à Roberto Saviano, d'Italo Calvino à Paolo Zanotti, d'Emilio De Rossignoli à Umberto Eco en passant par Gianfranco Manfredi, pour descendre, au fur et à mesure, vers les créations contemporaines du dessinateur Elfo (Giancarlo Ascari) et de la romancière de science-fiction Nicoletta Vallorani, sans oublier l'écrivain qui, plus que tout autre, semble vouloir faire revivre dans son œuvre la grande saison des mystères du XIXe siècle, Dino Buzzati, nombreux sont les auteurs – et les artistes – qui se sont inspirés des maîtres, étrangers et italiens, de ce genre, pour écrire l'épopée des bas-fonds de la littérature contemporaine.
Les mystères urbains en Italie vol. I : Les textes du XIX? siècle
Les mystères urbains sont l'un des genres les plus fascinants de la littérature du XIXe siècle. Lus par tout le monde à l'époque de leur publication en France, les Mystères de Paris d'Eugène Sue vont connaître un succès immédiat et, à la suite de leur parution, une éclosion soudaine d'imitations dans toute l'Europe. Dans la péninsule italienne, ils provoquent un déluge de publications directement liées à la culture italienne et à ses grandes constantes culturelles, en premier lieu la diversité géographique: Rome, Palerme, Milan, Naples, Florence, Gênes renferment leurs propres mystères que de nombreux écrivains italiens vont s'employer à révéler à leurs lecteurs. Une diversité géographique à laquelle correspond une tout aussi large variété de registres narratifs, lesquels, au fur et à mesure que le siècle avance, vont des intrigues ténébreuses aux pamphlets anticléricaux, des romans criminels aux reportages journalistiques, des enquêtes sociologiques aux manifestes politiques anarchistes ou socialistes.Ce numéro de Transalpina se propose de faire le point sur la littérature italienne des mystères et sur sa réception critique, à partir des textes "classiques". Les contributions ici réunies reflètent toute la diversité de la littérature des mystères urbains pendant la deuxième moitié du XIXe siècle en Italie.
Ce numéro de Transalpina porte sur la réception de la littérature italienne en France et notamment sur la (re)traduction de ses "classiques", en prenant en compte les canons de l'histoire littéraire et les conceptions du traduire qui évoluent selon les pays et les époques. Cette historicisation met en évidence une dimension inter-factorielle complexe à la base des retraductions: politiques de marketing et vente, révisions de l'original, défaillances des premières traductions (erreurs et censures), changements de poétiques et des pratiques éditoriales… C'est dans un tel cadre que les études ici réunies proposent des cas spécifiques illustrant les parcours d'œuvres d'auteurs variés, par genre, poétique et style, du Moyen Âge à nos jours: la Vita Nova de Dante, les Piacevoli notti de Straparola, I Promessi sposi de Manzoni, I Malavoglia de Verga, Ferito a morte de La Capria et La freccia azzurra de Rodari. Toute retraduction dévoile ainsi le statut d'inachèvement du traduire.
Enseigner l'italien en Langues Étrangères Appliquées
Ce volume de Transalpina, consacré à l'enseignement universitaire de l'italien en Langues Étrangères Appliquées (LEA), a pour but de présenter les enjeux inhérents à l'enseignement de la langue italienne dans ce cursus, au sein duquel la langue interagit avec des disciplines telles que l'économie, la géopolitique et le droit. Les articles de ce numéro ont pour vocation de fournir des repères aux enseignants qui doivent se former et s'adapter aux objectifs professionnalisants de cette filière. Il combine ainsi des analyses sur les contenus et sur les formats des cours, tout en abordant les problématiques italiennes contemporaines, les spécificités disciplinaires et leurs enjeux idéologiques. Il est par ailleurs doté d'une bibliographie thématique substantielle qui dresse un état des lieux des références éditoriales et d'une sitographie.
Traductions, adaptations, réceptions de l'œuvre de Giovanni Verga
Les articles de ce numéro de Transalpina visent à approfondir la connaissance de la réception européenne de l'œuvre de l'écrivain sicilien Giovanni Verga (1840-1922), principal représentant du mouvement vériste, notamment par l'étude de ses traductions et adaptations. Alors que ses romans et nouvelles ont été des sources d'inspiration dans tous les domaines artistiques (musique, théâtre, cinéma) et ont exercé une influence considérable sur la culture ainsi que dans les débats sur le réalisme et le naturalisme européen, il manque une enquête systématique et globale sur les contextes de traduction et d'adaptation internationale des œuvres de Verga, à la fois historiques et éditoriaux, ainsi que sur les choix linguistiques et stylistiques opérés par ses traducteurs. En tenant compte des difficultés posées par la traduction de l'italien " sicilianisé " et par le caractère exceptionnel de la " langue ethnicisée " de Verga, ses œuvres sont ici analysées dans un cadre interlinguistique et transmédiatique afin de dévoiler leur capacité inépuisable à se renouveler, même au-delà des frontières de l'espace italophone et des médias.
Entre France et Italie : échanges et réseaux intellectuels au XIXe siècle
Ce numéro de Transalpina s'inscrit dans le système complexe et élargi des échanges franco-italiens, dans lesquels les histoires des individus et des intellectuels s'entrecroisent avec un réseau de références reflétant la multiplicité des occasions culturelles tout au long du XIXe siècle, en particulier dans le contexte du Risorgimento - qui paradoxalement est la période la moins étudiée jusqu'à présent -, lorsque la France devient la principale terre d'accueil des exilés italiens, et un terrain d'amitiés mais aussi de rivalités intellectuelles et politiques.En partenariat avec l'axe de recherche Rivoluzioni Restaurazione Risorgimento Letteratura italiana 1789-1870 de l'Associazione degli Italianisti (ADI), ont été suivies ici de nouvelles pistes, comme les lieux de contact et de sociabilité franco-italiens; l'étude des correspondances; les relations éditoriales et journalistiques; enfin les écritures et les enjeux littéraires entre France et Italie. La reconstruction de ces réseaux au cours du XIXe siècle, entre théâtre, lieux-refuges des exilés, presse, revues, élaborations littéraires, contribue à la construction d'une nouvelle géographie culturelle, qui dépasse toute idée de primauté, supériorité, décadence, progrès différents.
Edmondo De Amicis (1846-1908) est internationalement connu comme l'auteur de Cuore (1886), un livre pour la jeunesse qui, par la durée de sa lecture, a agi en Italie comme un puissant instrument d'unification nationale. Mais le succès durable de Cuore a fini par éclipser son œuvre, alors qu'il avait été l'écrivain le plus aimé de son temps, et qu'il avait joué un rôle de guide et de médiateur tout au long d'un parcours qui l'avait conduit des batailles du Risorgimento à l'adhésion au parti socialiste. Dans les dernières décennies, son œuvre a été constamment rééditée et revisitée par la critique; un regain d'intérêt qui trouve une nouvelle confirmation dans ce numéro de Transalpina qui lui est entièrement consacré, dans le but de faire connaître au public français d'aujourd'hui l'un des intellectuels les plus représentatifs d'une époque exemplaire au plan idéologique et politique. Les études ici réunies offrent une vision d'ensemble de l'œuvre de De Amicis, dont elles retracent les étapes fondamentales en éclairant dans tous ses aspects cet écrivain à l'esprit toujours en éveil, qui sut exprimer les idéaux et les valeurs typiques de son temps, mais aussi percevoir mieux que quiconque l'importance des facteurs d'évolution en cours dans la société italienne, comme l'école, l'émigration et les luttes ouvrières.
Le cinéma italien d'aujourd'hui, entre film politique et film engagé
La réflexion sur le politique et sur la représentation à l'écran du témoignage civique sont des caractères structurants du cinéma italien, qui s'est fait une spécialité d'analyser les incertitudes politiques et les difficultés sociales dans la péninsule.Les études ici réunies se penchent sur le renouveau que la production cinématographique de la péninsule connaît en ce début de XXIe siècle. Ils montrent comment les meilleurs metteurs en scène actuels – tels Nanni Moretti, Paolo Sorrentino, Marco Bellocchio, Marco Tullio Giordana – grâce à leur subjectivité artistique, savent cerner les personnages politiques, interroger les drames du présent et démasquer les visages du pouvoir.
Ce numéro de Transalpina, né de la synergie entre les traductologues de l'équipe ERLIS et le groupe de recherche " Multilinguisme, Traduction, Création " de l'ITEM, s'interroge sur la poétique du traducteur en action à partir de ses archives. Les archives – mémoire des traductions à travers les traces de leur genèse (brouillons, tapuscrits, dialogues épistolaires...) – ne sont pas seulement le lieu où l'on peut observer le traducteur à l'œuvre, mais aussi un espace heuristique de reconfiguration de notre relation aux savoirs : le lieu et l'espace où tradition, traduction et invention nous donnent rendez-vous pour reconstituer – au plan génétique, philologique et herméneutique – le processus traductif en tant que pratique réflexive et identitaire, collaborative et sociale.Dans un parcours privilégiant les échanges littéraires franco-italiens – Bona de Mandiargues et Alberto Savinio, Giorgio Caproni et André Frénaud, Camillo Sbarbaro et Gustave Flaubert, André Pézard et Dante… –, les contributions ici réunies prennent en compte la pluritextualité et la spécificité processuelle des pratiques traduisantes : la traduction comme dispositif d'écriture (Nicole Brossard), la relation entre écriture et autotraduction, la traduction à quatre mains (Amelia Rosselli), la retraduction et ses variantes. Par la richesse de ses approches et de ses analyses, ce volume contribue à tisser des liens nouveaux entre traductologie, philologie et critique génétique, critique des traductions et historiographie littéraire, tout en soulignant le rôle joué par des dispositifs matériels et symboliques dans l'émergence des communautés du traduire.
L'écrivain et les formes du pouvoir à la Renaissance
Ce numéro de Transalpina est consacré à la culture politique de la Renaissance, notamment à l'utilisation des sources anciennes par plusieurs auteurs de traités et de textes politiques du XVIe siècle. Les auteurs étudiés sont Bartolomeo Cavalcanti, Bartolomeo Carli Piccolomini, Machiavel, Paolo Paruta, Alessandro Piccolomini et Tommaso Campanella. Dans la droite ligne de la tradition culturelle humaniste, les écrits analysés dans ces articles répondent au dessein de transmettre aux Modernes les savoirs des Anciens en les adaptant aux différentes situations politiques présentes dans les villes-États de la péninsule italienne. Les thèmes abordés accordent une place importante à la lecture d'Aristote par Machiavel, au rôle central de l'expression vivere civile (toujours chez le secrétaire florentin), ainsi qu'à l'importance de la poésie politique chez Campanella et à la philosophie de la praxis chère à Cavalcanti.
L'Unité italienne racontée, vol. II. Voix et images du Risorgimento
Ce numéro de Transalpina (comme le précédent n° 15) examine la façon dont le Risorgimento a été célébré et représenté en littérature, dans l'historiographie et les arts. Fruit d'un colloque qui s'est tenu à l'université de Caen Basse-Normandie à l'occasion des commémorations des 150 ans de l'Unité italienne les 20, 21 et 22 septembre 2011, le volume présente les contributions d'experts reconnus français et italiens autour de la question de la naissance de l'Italie au XIXe siècle et de son interprétation, en assumant clairement la nécessité de défendre le Risorgimento. À l'image des deux organisateurs, une italianiste et un historien, il illustre la rencontre féconde entre deux champs disciplinaires qui avaient tendance à s'ignorer, réunis par l'objectif de mieux faire connaître l'événement fondateur de l'Italie à la lumière des acquis des nouvelles recherches. Ce second volume, consacré aux voix et aux images du Risorgimento, présente des études sur les auteurs littéraires qui ont " raconté " l'Unité au moment de sa réalisation (Rovani, D'Azeglio, De Amicis, Verga), ainsi que sur les mémorialistes, les poètes et les artistes (peintres, librettistes, musiciens, cinéastes…) qui ont illustré à leur manière l'épopée risorgimentale.