Le surnom est un attribut que l'on donne mais aussi que l'on reçoit. Il y a la loi et la juridiction liées à l'acte de nommer, mais aussi un usage, une pratique. C'est le cas du pseudonyme et du surnom. Dès l'époque romaine, l'identité du citoyen comprenait, en plus du nom et du prénom, un surnom : le cognomen. Plus tard, les Gaulois, qui prirent des noms romains, gardèrent leur nom gaulois comme surnom. La christianisation et les invasions germaniques bouleversèrent les modes de désignation. En effet, ne gardant plus que les noms de baptême, une trop grande fréquence d'homonymes contraint les autorités à adopter des surnoms, d'abord germaniques, puis français dès le 11e siècle. Au 13e siècle, ces surnoms, qu'ils aient été choisis en fonction d'un caractère moral, physi ...
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Alexandra-Flora Pifarré — Le surnom : une introduction aux Journées d'études doctorales
Partie 1 : Langages Aude Wirth — Poirot " surnom de fruitier " et Deloye " surnom d'un éleveur d'oies " Plaidoyer pour une reconsidération de certains patronymes analysés comme des surnoms par les dictionnaires de noms de famille Jean Nicolas De Surmont — Surnomologie et anonymologie : une étude de cas des pratiques modernes de renomination Anne-Caroline Fiévet — Les surnoms des animateurs des radios jeunes Az-eddine Khaloufi — Le Surnom marocain
Partie 2 : Littératures Carole Boidin — Sindbad le marin, fonctions d'un surnom, effets d'une traduction Cristiano Merlo — La poétique du surnom dans Spirite de Théophile Gautier : unité, dédoublement et dissolution Gabrielle Melison-Hirchwald – De l'usage du surnom dans les récits naturalistes de Daudet Cécile Schenck – Dénominations et renominationsdans Berlin Alexanderplatz (1929) d'Alfred Döblin Coralia Costas – Les surnoms d'Antonin Artaud, clés de lecture de sa surréalité
Partie 3 : Sociétés Olivier Cosma — Le cognomen latin Bruno Gachet — Le surnom en Savoie au 16e siècle (comparaison avec le 18e siècle)
Le surnom est un attribut que l'on donne mais aussi que l'on reçoit. Il y a la loi et la juridiction liées à l'acte de nommer, mais aussi un usage, une pratique. C'est le cas du pseudonyme et du surnom. Dès l'époque romaine, l'identité du citoyen comprenait, en plus du nom et du prénom, un surnom : le cognomen. Plus tard, les Gaulois, qui prirent des noms romains, gardèrent leur nom gaulois comme surnom. La christianisation et les invasions germaniques bouleversèrent les modes de désignation. En effet, ne gardant plus que les noms de baptême, une trop grande fréquence d'homonymes contraint les autorités à adopter des surnoms, d'abord germaniques, puis français dès le 11e siècle. Au 13e siècle, ces surnoms, qu'ils aient été choisis en fonction d'un caractère moral, physique ou géographique, tendent à devenir héréditaires. C'est ainsi que le nom de famille fut créé et stabilisé dès le 15e siècle.Le surnom se situe donc à un carrefour : entre reconnaissance ou méconnaissance, rejet ou acceptation. Recevoir un surnom, c'est être identifié à et par un groupe. Mais c'est aussi mettre une distance par rapport à l'identité première à laquelle renvoie le nom. On ne choisit pas son propre surnom. On peut aussi l'accepter ou le rejeter.L'usage du surnom est largement répandu : l'histoire, la littérature, mais aussi la vie courante en témoignent. Que représente ou signifie alors le surnom, par rapport au nom ? Comment et pourquoi finit-il parfois par se substituer à lui ? Comment cette attribution peut-elle être vécue par un individu ?Ce sont sur ces problématiques qu'ont été organisées en avril 2006 les Journées d'études doctorales du Laboratoire LLS, ouvrant les champs de recherche sur le surnom à la pluridisciplinarité et dont cet ouvrage se fait l'écho aujourd'hui.