Enfants d'empires coloniaux et postmémoires européennes révèle les souvenirs intergénérationnels des enfants de ceux qui ont vécu les derniers jours du colonialisme et les luttes pour l'indépendance dans les territoires colonisés par la Belgique, la France et le Portugal. Dans ce recueil de postmémoires, des récits d'Algérie, du Congo, d'Angola, du Cap-Vert, de Guinée-Bissau, du Mozambique et de São Tomé et-Príncipe résonnent à travers les mots de trente-sept citoyen·ne·s européen·ne·s, dont les histoires et les réflexions interrogent ce passé, ses ombres et ses silences, mais expriment aussi ses joies et ses accomplissements dans le présent européen. À partir de ces mémoires personnelles, nous pouvons tisser les fils qui associent les relations coloniales du passé aux ...
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Introduction. Dé-couvrir l'Europe Margarida Calafate Ribeiro et Fátima da Cruz Rodrigues
Ana Paula Africano ? Tout commence avec le nom : Africano Bruno Boudjelal ? Pourquoi as-tu appelé ton fils Bruno ? Louise Narbo ? Ma grand-mère parlait l'arabe et le français, je porte son prénom Lisette Lombé ? Je m'appelle Lisette, Lisette Lombé. Lombé à Lombé Délio Jasse ? Je m'appelle Délio da Silva Verónica Leite Castro ? Tu sais, je ne suis pas blanche Judith Elseviers ? Pour moi, le Congo c'était une image Ariana Furtado ? Je sens qu'il y a une histoire qui est restée en Afrique Michel Guerrin ? Changer la vie, plutôt que de parler de la guerre Saïd Merabti ? C'est cette histoire qui nous a amenés en France pour être français José Miguel Ribeiro ? Pour moi la guerre coloniale portugaise est comme un virus Brigitte Giraud ? Ce livre est à la croisée de toutes mes obsessions João Gomes da Silva ? Le territoire de guerre, pour moi, est un territoire de feuilleton. De roman Rita Joana Maia ? Je suis l'aboutissement de l'histoire de beaucoup de gens Liamna Gouasmia ? Je voyais des petits bouts de France qui partaient comme ça Mehdi Amar ? Ton histoire c'est comme ton sang : si tu le perds tu meurs Sara Baginha ? Ce passé de mes parents est en moi Rui Barbosa de Andrade Lamarana ? Ça fait mal quand je me rappelle mon père Michèle Audin ? Je ne suis pas la fille de Maurice Audin à temps plein Bruno Machado ? Mon père en a fait une si belle ébauche que je ne veux pas la raturer Jorge Andrade ? Je n'ai jamais construit cette idée de paradis perdu de l'enfance Nathalie Borgers ? L'histoire des Belges et celle des " autres " Agnès Limbos ? Nous ne sommes pas encore sortis de l'auberge Jean-Gabriel Cabanas ? Il y a des gens qui se sont laissés mourir de chagrin Marisa Leiria ? La maison de mes parents est un catalogue de reliques Jean Piron ? Il me reste des souvenirs, des images Hassane Hacini ? Mon Algérie est aussi une représentation, elle n'est pas vraie, mais c'est la mienne Jacqueline Leurquin ? Voir le fleuve Congo et vivre l'avenir Anabela Serra Coelho ? Je me souviens… Vanessa Fernandes ? La grande aventure était Amílcar Cabral, ce n'était pas un conte de fées Joëlle Sambi ? Pour moi, le Congo sera toujours associé à l'amour, la fierté, mais aussi la souffrance Karima Berriche ? Algérie, je t'aime, moi non plus Amalia Escriva ? L'Algérie est mon héritage Robert Pierson ? Je suis l'héritier de cette histoire, un véritable futur empereur de Bruxelles ! Nú Barreto ? Je suis de la génération fille de l'Indépendance en Guinée-Bissau Aimé Mpane ? Enfant Léopard Zia Soares ? Il faut poser les questions à l'envers
Postface. Le malheur transmuté au bord de la rivière Ner Paulo Faria
Présentation des auteur·rices
Enfants d'empires coloniaux et postmémoires européennes révèle les souvenirs intergénérationnels des enfants de ceux qui ont vécu les derniers jours du colonialisme et les luttes pour l'indépendance dans les territoires colonisés par la Belgique, la France et le Portugal. Dans ce recueil de postmémoires, des récits d'Algérie, du Congo, d'Angola, du Cap-Vert, de Guinée-Bissau, du Mozambique et de São Tomé et-Príncipe résonnent à travers les mots de trente-sept citoyen·ne·s européen·ne·s, dont les histoires et les réflexions interrogent ce passé, ses ombres et ses silences, mais expriment aussi ses joies et ses accomplissements dans le présent européen. À partir de ces mémoires personnelles, nous pouvons tisser les fils qui associent les relations coloniales du passé aux phénomènes contemporains de migrations, de nostalgie, de racisme, de discrimination ou d'hypocrisie politique des relations entre les anciennes métropoles colonisatrices et les anciennes colonies. Dès lors, des questions telles que la citoyenneté, l'appartenance, l'héritage, mais aussi la réparation, la restitution et la dénonciation sont abordées, produisant une dialectique intergénérationnelle complexe et nouvelle qui refuse de poursuivre la retraumatisation, tout en rejetant les logiques de l'oubli. Ce sont des regards attentifs sur d'autres versants de l'histoire, forcément subjectifs et riches du vécu des autres, générateurs de multiples liens affectifs, familiaux et politiques, qui contribuent à éclairer et à comprendre le présent européen et les liens entre l'Europe et l'Afrique.Pour conclure cet ouvrage, un texte de l'écrivain portugais Paulo Faria ouvre sur de nouvelles constellations de mémoires européennes et suggère d'autres questions.