Comment passe-t-on de la conquête à la paix, de la violence militaire à la construction d'un nouvel ordre politique ? C'est cette transition incertaine que questionne le titre du livre, en s'intéressant aux mondes normands médiévaux, du monde viking à la Normandie, de l'Angleterre au royaume de Sicile, entre le IXᵉ et le XIIᵉ siècle. Cet ouvrage collectif explore la notion de " pacification ", fortement chargée d'échos historiographiques contemporains, et interroge sa pertinence pour le Moyen Âge. Les contributions examinent les mécanismes qui permettent d'apaiser ou de contenir la violence : ralliements, médiations, légitimations idéologiques, structures juridiques et politiques, logiques de contrôle militaire et économique. À la croisée des approches politiques, sociales et culturelles, le volume met en lumière les dynamiques d'intégration et les réseaux d'acteurs qui transforment d'anciens ennemis en partenaires
Issu d'un Colloque de Cerisy, ce livre propose une réflexion comparatiste originale sur la conquête et ses suites, entre guerre et paix.
Depuis le début des années 2010, la critique culturelle sur Internet connaît un développement spectaculaire. Blogs, forums, revues numériques, groupes ou pages sur les réseaux sociaux, sites spécialisés dans la critique littéraire, cinématographique, musicale ou artistique: jamais les espaces d'expression critique n'ont été aussi nombreux ni aussi diversifiés. Face à ce foisonnement, la critique "savante" cherche à redéfinir sa légitimité et sa place dans un paysage où les frontières entre professionnels et amateurs deviennent de plus en plus poreuses. Réunissant des chercheurs et chercheuses d'horizons variés, cet ouvrage pluridisciplinaire interroge les mutations récentes de la critique culturelle sur le Web. Il propose une réflexion articulée autour de trois axes majeurs: les espaces investis, les discours produits et les valeurs mises en œuvre. En croisant analyses théoriques et études de cas — du cinéma à la fanfiction, en passant par le théâtre, la poésie ou l'opéra — ce volume dresse ainsi un panorama inédit des formes contemporaines de la critique, à l'heure de la démocratisation numérique.
La guerre d'Algérie demeure un enjeu mémoriel et historiographique majeur, dont la transmission interroge les pratiques pédagogiques et les cadres institutionnels. Ce volume collectif, réunissant historiens, chercheurs en sciences de l'éducation et acteurs culturels, explore les modalités d'enseignement et de médiation des mémoires de ce conflit, à destination des élèves, des étudiants et du grand public.S'appuyant sur une approche pluridisciplinaire et ancrée dans le contexte normand (Mémorial de Caen, MUNAE, archives départementales, INSPE, Éducation nationale), l'ouvrage analyse les supports et ressources mobilisables en classe et au-delà: littérature de jeunesse, témoignages, archives, cinéma, musées, affiches, photographie ou encore presse. Il interroge également le rôle des figures intellectuelles engagées, la place des témoins et la mise en récit des mémoires algériennes et françaises.À travers ces réflexions, cet ouvrage offre aux enseignants, aux chercheurs et aux médiateurs culturels des clés pour penser et articuler la transmission de cet héritage sensible, entre histoire et mémoire, au sein d'un espace éducatif en constante évolution.
This volume explores different aspects of Ireland, its history and cultural as well as artistic expressions, around the theme of the concert of nations, since independence and the partition of the country back in 1922. The angle chosen is at once historical, political and aesthetic. The two parts of the book – the political and the artistic – reflect the multidisciplinary approach of Irish studies in France, and the desire to give substance to this theme well beyond the most obvious question of international relations between states.The book follows in the footsteps of the Decade of Commemorations that marked the centenary of the events ranging from 1912 to 1923 in Ireland. It bears witness to the abundant historiographical and creative activity of the early twenty-first century. It examines the increasingly complex issues and imaginaries of migration and diaspora, on a planet that seems to be shrinking, reminiscent of the "global village" described by Marshall McLuhan as early as 1967, where socio-economic, political and environmental questions and crises arise and collide more dramatically than ever.
Ours is an age of extremely fragmented experiences and identities – a fragmentation paralleled by a growing awareness that we all inhabit a common world. In reality, these two phenomena have a lot more in common than one might suspect: deeply engrained individualism and the destruction of ecosystems are two sides of the same capitalist coin. Thus, the question of "the commons" becomes more relevant than ever.
This book aims to fill a gap in the recent theoretical discussion of the commons by rethinking the notion from the perspective of early modern English literature and culture. It argues that the commons needs to be shown and represented, not just theorised or discussed in abstract terms. By focusing on some of the foundational, textually embodied forms through which this notion was represented and disseminated, the essays brought together here aim not only to interrogate the ways in which the commons was framed and appropriated in early modern English texts, but also to highlight the enduring relevance of these forms to critical discussions of the commons today.
Le volume réunit les actes du colloque qui s'est tenu à Cerisy-la-Salle du 29 septembre au 3 octobre 2021. Les rapports entre poésie et politique ont été interrogés par des historiens et des spécialistes des littératures latines et vernaculaires des mondes nordiques et normands du IXe au XIIIe siècle. Les poèmes étudiés ont été composés dans différentes langues parlées sur un vaste territoire, celui des diasporas vikings et normandes, qui va de l'Islande à la Scandinavie, aux îles Britanniques, à la Normandie et jusqu'a` l'Italie méridionale. Les contributions sont rassemblées autour de trois thématiques, le pouvoir et les armes, le pouvoir et les dieux, le pouvoir et les lettres. Elles étudient la manière dont la poésie s'inspire d'un contexte politique particulier ou l'éclaire, peut véhiculer des valeurs ou promouvoir une idéologie au service du pouvoir et, par un effet de réciprocité, comment les rapports du pouvoir fournissent l'occasion ou le prétexte de la composition poétique.
Les rapports entre " violence et jeu " font aujourd'hui l'objet de débats suscités par la banalisation d'une forme de violence virtuelle dans des jeux vidéo souvent brutaux. La généralisation de tels jeux invite à prendre du recul pour tenter de comprendre cette association, au premier abord paradoxale, en l'envisageant dans la longue durée. Cet ouvrage collectif révèle la récurrence, de l'Antiquité à aujourd'hui, de l'inscription de la violence dans les jeux d'enfants, comme d'adultes, et montre que les formes et les fonctions de violences ludiques ne sont pas que la conséquence d'un jeu qui tourne mal ou de l'inconséquence de joueurs peu respectueux de la règle. Bien au contraire, la violence, à des degrés variés d'intensité — généralement consentie, mais en partie canalisée par la règle —, apparaît potentiellement inscrite dans la situation ludique elle-même, comme l'exposent les différentes études de cas du volume, associé aux travaux du projet européen ERC Locus Ludi sur le jeu comme " fabrique " d'une société dans l'Antiquité classique.
La philosophie politique de Claude Lefort (qui a enseigné à l'université de Caen de 1967 à 1971) est fortement ancrée dans le XXe siècle. Elle s'est nourrie de la pensée de nombreux auteurs, à commencer par celle de Maurice Merleau-Ponty dont il est l'héritier intellectuel. Elle s'est aussi inspirée de la sociologie et de l'anthropologie. Le dialogue ainsi instauré se poursuit aujourd'hui avec cet ouvrage qui rassemble des interlocuteurs issus des différentes disciplines. Il pose la question de l'héritage actuel de Lefort: dans quelle mesure une pensée qui a tant apporté à la compréhension du siècle dernier peut éclairer "les ténèbres" du monde qui lui succèdent?
Différents spécialistes internationaux de l'œuvre, philosophes, sociologues ou anthropologues, de différentes générations et influencés par lui, reprennent ici les thèmes principaux de sa réflexion: le politique, la démocratie vs le totalitarisme, la bureaucratie; ainsi que la lecture de ses auteurs de référence.
Le colloque "Topographie et urbanisme de la Rome antique" a été organisé fin 2019 en vue de compléter le modèle virtuel de la Rome du IVe siècle ap. J.-C. développé à l'Université de Caen Normandie (https://rome.unicaen.fr/). L'intérêt porté à la réalité virtuelle par la communauté scientifique est maintenant acquis, à la fois pour représenter mais aussi pour expérimenter. Le modèle virtuel de Rome se place dans la lignée directe des travaux entrepris par Paul Bigot à la Villa Médicis au début du XXe siècle.Les vingt-six communications réunies, signées des plus grands spécialistes du domaine, proposent de nouvelles fonctionnalités sur ce modèle interactif (vieillir la ville, le sonoriser, nommer les lieux…) et de nouvelles hypothèses pour l'enrichir sur différents secteurs (Champ de Mars, esplanade capitoline, Palatin, forum républicain et forums impériaux, confins de la ville).
Orderic Vital, Robert de Torigni, Aimé du Mont-Cassin ou Dudon de Saint-Quentin : tous ces auteurs médiévaux, et d'autres, sont au fondement de notre connaissance de l'histoire de la Normandie au Moyen Âge. Mais peut-on vraiment toujours leur faire confiance ? Avec quelles précautions doit-on les aborder ? C'est en plongeant dans les cabinets de travail et en étudiant les sources et les méthodes des auteurs médiévaux que les participants du colloque de Cerisy-la-Salle de 2019 ont proposé de répondre à ces questions. Fruit d'une rencontre internationale, cet ouvrage propose d'explorer l'ensemble des mondes normands (Normandie, îles Britanniques, Méditerranée) sur un temps long (Xe-XVe siècle) à travers ceux qui en ont forgé les mythes et écrit l'histoire au Moyen Âge.
L'ouvrage examine les modèles historiographiques élaborés pour l'étude des mondes normands médiévaux, c'est-à-dire les grilles d'interprétation du passé qui orientent durablement notre lecture et notre compréhension des faits historiques dans chacun des pays ou régions concernés par l'expansion des Normands. Il aborde les constructions historiographiques élaborées depuis le XVIIe siècle, en voyant la place des "Normands" dans le "roman national" de différents pays et leur influence sur notre connaissance de l'histoire des mondes normands. Le livre porte ainsi sur la construction de l'histoire des Normands, ainsi que sur les mythes et représentations qu'elle a suscités en ouvrant des comparaisons entre les pays concernés par l'expansion des Normands. L'historiographie juridique du XVIIIe siècle et l'œuvre, les méthodes de travail, les points de vue ou l'influence de quelques-uns des historiens qui ont marqué l'histoire des mondes normands depuis le XIXe siècle sont ainsi reconsidérés. L'ouvrage traite des différentes manières d'écrire l'histoire des Normands, en Normandie, en Angleterre, en Italie méridionale, en Norvège, de manière globale ou en partant de sources, d'objets, de figures, d'épisodes particuliers (la conquête de l'Angleterre, le recouvrement de la Normandie par Philippe Auguste, les croisades, la rencontre de Sigurðr Jórsalafari avec Roger II de Sicile). La transmission de l'histoire des Normands par le biais du cinéma ou de la bande dessinée est également abordée, ainsi que les interrogations relatives à la construction de l'Etat, aux discussions concernant les recherches toponymiques ou les études génétiques. L'ouvrage permet de relever les influences diverses des nationalismes ou des régionalismes, leur remise en question, les différents niveaux de lecture possibles, l'affirmation de questions récentes (diaspora, identités, transferts culturels, perspectives européennes).
Parmi les formes d'intertextualité dont Gérard Genette fait la typologie à l'ouverture de Palimpsestes (1982), c'est-à-dire parmi les formes de "présence effective d'un texte dans l'autre", nous nous sommes intéressés au plagiat, "emprunt non déclaré mais encore littéral", dont l'avatar moderne est le copier-coller. C'est dans la même optique que Genette que les auteurs des articles ici rassemblés envisagent la pratique du réemploi: sans a priori négatif, comme un procédé de composition et d'écriture. Les articles que l'on trouvera dans ce volume montrent qu'au lieu d'être le signe d'une absence de créativité, l'extraction et le réemploi sont, à l'époque envisagée, des activités non seulement habituelles, mais bien les vecteurs de la création, tant pour les écrivains que pour les acteurs du marché du livre. Le plagiat engage alors à considérer dans toute leur complexité les notions d'œuvre et d'auteur.