Depuis 1967, la Revue française de pédagogie constitue au sein de l'espace francophone un lieu privilégié de publication et de discussion scientifique pour la recherche en éducation. Elle aborde ces questions dans une perspective large, ouverte à des approches diversifiées et à plusieurs disciplines de référence: psychologie, sociologie, philosophie, histoire, sciences de l'éducation, etc.Généralement regroupés en ensembles thématiques, les articles donnent accès aux apports les plus récents de la recherche en éducation. Chaque numéro comporte également une note de synthèse qui présente et problématise les acquis, les évolutions et les questions vives de la recherche dans un domaine donné, ouvrant des horizons sur le plan national et international. Enfin, la rubrique des notes critiques apporte aux lecteurs une information et une réflexion sur les principaux ouvrages récemment parus.
Ce dossier de la Revue française de pédagogie est entièrement dédié à l'œuvre de Viviane Isambert-Jamati, disparue le 19 novembre 2019.Pendant plus de trente ans, celle-ci a occupé une position très originale dans le paysage de la sociologie de l'éducation. Elle affirme, dès 1969, que " la détermination des liens entre l'état d'une structure sociale et l'état du système scolaire qui lui correspond est sans doute le problème central de la sociologie de l'enseignement, mais le moins avancé. Affirmer globalement que l'école est à la fois le reflet de la société et le moyen de consolider son ordre est facile. Mais il est beaucoup plus ardu d'aller au-delà des correspondances approximatives et de mettre au jour les médiations ". Tout son travail va dès lors se déployer selon trois grandes orientations, toujours croisées avec la question des inégalités sociales:– l'étude des transformations des systèmes scolaires dans leurs rapports avec les structures sociales et leurs évolutions;– celle des principaux acteurs de ces systèmes scolaires, de leurs pratiques et représentations et des variations de celles-ci selon les contextes;– la prise au sérieux de la spécificité des institutions scolaires et de celle des contenus de connaissance qu'elles transmettent à leurs élèves.Après une présentation visant à souligner l'originalité et la fécondité de son travail, ce dossier regroupe neuf de ses textes publiés entre 1973 et 2005, et devenus peu accessibles. La RFP espère ainsi rendre justice et hommage à une figure majeure de la sociologie de l'éducation.
Recherche, politique et pratiques en éducation : services rendus et questions posées d'un univers à l'autre /3
Ce numéro 202 de la Revue française de pédagogie est le troisième dont le dossier est consacré aux textes reçus en réponse à l'appel à contributions lancé sur le thème des services rendus et des questions posées entre recherche, politique et pratiques en éducation. On y trouvera donc des analyses, des réflexions et témoignages portant sur les relations complexes et " intermittentes " entre les mondes de la recherche et de la décision politique, aux niveaux national (articles de J.-R. Cytermann et de N. Mons réfléchissant sur l'expérience et le bilan contrasté du Cnesco), ou local (article de B. Dejaiffe, V. Barthélémy et G. Espinosa à propos de la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires).Les décideurs politiques ne sont pas les seuls à être concernés par les travaux et résultats de recherche. C'est également le cas des organisations syndicales enseignantes sur l'expérience desquelles reviennent deux articles concernant les rapports à la recherche de la FEN devenue UNSA (article de D. Adam) et du SNES, syndicat majoritaire des enseignants du secondaire (article d'H. Le Fiblec).Deux autres articles complètent ce dossier. Celui de M.-A. Éthier et D. Lefrançois revient sur les débats houleux ayant porté dans la période récente sur les finalités et modalités de l'enseignement de l'histoire au Québec et sur le rôle qu'ils ont tenté d'y jouer en tant que chercheurs-didacticiens. Celui de B. Moignard s'interroge, à partir de la notion de nouvelles problématiques éducatives sur les relations entre construction des problèmes publics en éducation, expérience et épreuves des acteurs, et construction d'objet scientifique, et sur les conflits ou procès en légitimité dont ces relations sont le théâtre.Ce numéro apporte donc de nouvelles contributions importantes à une question – celle des rapports entre l'univers de la recherche en éducation et ceux de l'action politique, syndicale ou professionnelle – qui est loin d'être close et qui ne manquera pas de connaître de nouveaux développements dans notre revue.
Recherche, politique et pratiques en éducation : services rendus et questions posées d'un univers à l'autre /2
À l'occasion de son 200e numéro, la Revue française de pédagogie, revue généraliste de recherche en éducation de référence dans le monde francophone, a souhaité renouer avec l'une des interrogations fondamentales qui la caractérisent depuis sa création en 1967: celle des rapports entre recherche, politique, administration et pratique professionnelle en éducation. Fondés sur un appel à contributions inédit, ces numéros (200 et 201) ont la particularité de ne pas regrouper uniquement des articles émanant de chercheurs, mais de croiser ceux-ci avec des contributions d'acteurs aux profils divers. Les analyses présentées permettent ainsi de couvrir une grande diversité de situations nationales et institutionnelles, notamment: rôle et fonctionnement de différents " Conseils supérieurs " en France ou au Québec, débats et controverses médiatiques et scientifiques à propos d'une loi sur " l'école inclusive " en République tchèque, construction de séquences didactiques fondées sur la recherche au Mexique, accompagnement d'établissements scolaires par la recherche dans le canton de Vaud en Suisse ou encore place de la recherche dans des revues d'interface. Deux axes majeurs structurent ces numéros: l'étude de divers espaces, supports ou acteurs assurant une fonction de médiation entre les univers étudiés; l'analyse de la place et des transformations de la recherche en contexte non strictement académique (situations d'expertise ou de formation par exemple). En cela, les numéros 200 et 201 apportent une contribution fondamentale aux nombreux questionnements actuels sur les rôles et la structuration de la recherche en éducation dans une société dite de la connaissance.
Recherche, politique et pratiques en éducation : services rendus et questions posées d'un univers à l'autre
À l'occasion de son 200e numéro, la Revue française de pédagogie, revue généraliste de recherche en éducation de référence dans le monde francophone, a souhaité renouer avec l'une des interrogations fondamentales qui la caractérisent depuis sa création en 1967: celle des rapports entre recherche, politique, administration et pratique professionnelle en éducation.Fondé sur un appel à contributions inédit, ce numéro a la particularité de ne pas regrouper uniquement des articles émanant de chercheurs, mais de croiser ceux-ci avec des contributions d'acteurs aux profils divers.Les analyses présentées permettent ainsi de couvrir une grande diversité de situations nationales et institutionnelles, notamment: rôle et fonctionnement de différents " Conseils supérieurs " en France ou au Québec, débats et controverses médiatiques et scientifiques à propos d'une loi sur " l'école inclusive " en République tchèque, construction de séquences didactiques fondées sur la recherche au Mexique, accompagnement d'établissements scolaires par la recherche dans le canton de Vaud en Suisse ou encore place de la recherche dans des revues d'interface.Deux axes majeurs structurent le numéro: l'étude de divers espaces, supports ou acteurs assurant une fonction de médiation entre les univers étudiés; l'analyse de la place et des transformations de la recherche en contexte non strictement académique (situations d'expertise ou de formation par exemple).En cela, ce numéro apporte une contribution fondamentale aux nombreux questionnements actuels sur les rôles et la structuration de la recherche en éducation dans une société dite de la connaissance.
À intervalles réguliers, l'école est interpellée sur la question des scolarités différenciées des filles et des garçons. Selon le point de vue d'où l'on se place, nécessairement sélectif, c'est la persistance du phénomène de réussite paradoxale des filles ou le plus fort échec scolaire des garçons qui interroge, voire même inquiète. Ces différentes manières de percevoir la différence entre les sexes à l'école rappellent que les trajectoires scolaires des unes et des autres continuent d'interroger dans l'école massifiée.Situé dans le prolongement de ces préoccupations et de ces questionnements, ce livre se propose d'ouvrir d'autres voies à une meilleure compréhension de certains des processus qui participent à inscrire filles et garçons de milieux populaires dans des histoires scolaires distinctes.Prenant appui sur une enquête ethnographique conduite pendant trois ans dans un lycée professionnel d'une proche banlieue parisienne, cet ouvrage explore différentes dimensions de l'expérience scolaire des filles et des garçons. L'analyse de ce qui se joue pour les unes et pour les autres dans les espaces hors la classe, dans les espaces classe lorsqu'elles et ils ont à se confronter aux situations d'apprentissage associée à l'analyse du rapport que les unes et les autres entretiennent avec la transgression scolaire invitent au déplacement du regard.Parce que les filles ne peuvent être seulement envisagées comme soumises, dociles ou adaptées pas plus que les garçons ne peuvent être seulement pensés comme perturbateurs et en rejet scolaire, nous nous proposons de considérer comment filles et garçons des milieux populaires co-construisent leurs expériences scolaires situées au croisement de dynamiques de socialisation familiale, juvénile et scolaire.
Les politiques de lutte contre les inégalités scolaires d'un pays à l'autre
Ce dossier est consacré aux politiques de lutte contre les inégalités scolaires menées dans cinq pays très différents (États-Unis, Angleterre, Portugal, Québec, Suisse). Les articles qui le composent se situent à des échelles – spatiales et temporelles – très variables, puisque les politiques ou expériences qui y sont analysées peuvent concerner des pays ou provinces aussi étendus que les États-Unis ou le Québec ou une unité géopolitique beaucoup plus restreinte (tel le canton de Genève en Suisse), et adopter une perspective diachronique allant de plusieurs décennies à quelques années seulement. Au-delà de cette diversité d'échelles, les cinq articles donnent à voir comment se configurent et se nouent, dans des contextes socio-historiques et des systèmes éducatifs particuliers, des questions, des tensions et des contradictions, voire des apories, auxquelles tout bilan critique, toute analyse historique ou socio-politique des politiques visant à lutter contre les inégalités scolaires et se proposant, pour cela, d'intervenir dans ou sur les milieux et les contextes " défavorisés " ne saurait échapper. L'analyse de ces différentes politiques permet de mettre l'accent sur une série de questions ou de tensions transversales dont la convergence permet de penser que les questions posées, les contradictions sociales et les défis politiques auxquels les politiques de lutte contre les inégalités scolaires confrontent leurs protagonistes, dépassent le cadre des différents exemples et des différents pays concernés.
La politique ZEP en France, laboratoire des politiques d'éducation ?
La politique ZEP en France, laboratoire des politiques d'éducation ?Ce dossier revient, 30 ans après son lancement, sur la politique ZEP en France. Celle-ci et ses évolutions ne peuvent évidemment être pensées et étudiées indépendamment de celles qui ont affecté l'ensemble de notre système éducatif. Pour autant, la politique ZEP, comme ses homologues en Europe, n'ont pas fait que subir les évolutions qui ont affecté, durant ces 30 ans, les politiques éducatives nationales et internationales et les modes de régulation des systèmes et des établissements scolaires ; elles y ont contribué pour une part importante en étant l'un des creusets où se sont dessinés et expérimentés nombre de changements politiques en éducation, lesquels ont contribué en retour à radicalement transformer leurs conceptions et leurs objectifs initiaux.Telle est la problématique centrale de ce dossier : décrire et analyser les évolutions de la politique d'éducation prioritaire en France – évolutions masquées par une même appellation générique, et qui n'ont guère été rapportées à des choix et des principes politiques explicites, publiquement débattus et assumés – et montrer en quoi cette politique, si elle n'a pas réussi à être " le laboratoire du changement social " qu'appelaient de leurs vœux ceux qui voulaient y voir un outil majeur de la démocratisation du système éducatif, a néanmoins constitué une sorte de laboratoire ou de terrain d'expérimentation de nouvelles idéologies éducatives (telle la problématique de " l'excellence " dont Philippe Bongrand étudie la genèse), de nouveaux modes de régulation et de nouveaux outils de pilotage – par les résultats et l'évaluation – des systèmes éducatifs et des établissements (cf. l'article de Lydie Heurdier). Miroir grossissant des problèmes de notre système éducatif, la politique ZEP et ses modalités de pilotage et de mise en œuvre le sont tout autant de ce que ces modes nouveaux de régulation et de pilotage mettent en lumière et de ce qu'ils laissent dans l'ombre, concernant tout particulièrement les questions curriculaires et pédagogiques ou didactiques, qui sont au centre de l'entretien recueilli auprès d'Anne Armand et de l'article de Marceline Laparra.