Entre le XIIe siècle et le XVIe siècle, les théologiens médiévaux, en discutant de la possibilité d'excuser l'erreur en matière de foi, ont posé les conditions intellectuelles pour penser la tolérance religieuse. Leurs débats, largement méconnus, voire ignorés des philosophes, permettent de comprendre comment, dans le cadre d'une religion exclusiviste – le christianisme médiéval –, qui refuse tout salut en dehors de l'Église et sans adhésion à une vérité dont l'institution ecclésiale est la seule garante, il est tout de même envisageable de reconnaître, voire d'autoriser, la déviance religieuse. Or, c'est précisément quand le lien entre vérité et salut est suspendu que la tolérance religieuse et la liberté de conscience deviennent théoriquement pensables. Les débats autour de l'excuse du péché, en particulier du péché d'infidélité, étudiés dans cet ouvrage mettent au jour les concepts d'ignorance invincible et de conscience erronée, utilisés par les théologiens pour rendre compte du problème de l'hétérodoxie.
Extrait d'une revue ou d'un ouvrage relié à part en un petit livret.
Destiné habituellement à faire connaître un article récemment publié, la collection détourne l'usage et la fonction du tiré à part pour inviter à la (re)découverte d'un texte.
En lieu et place du traditionnel mot d'accompagnement de l'auteur, Manuel Charpy partage ici, dans une courte présentation, son expérience de lecture de " Les ombres de la beauté. Sur le dessin d'architecture néoclassique " de Michel Vernes.
Parcourant une diversité de contextes (Colombie, Géorgie, Japon, France, Singapour, Irak, Mexique, Brésil), et en s'appuyant sur une approche théorique et juridique des traditions culturelles, ce numéro explore la façon dont le patrimoine culturel immatériel devient un terrain de débats, d'engagements ou de contestations, en favorisant les tensions identitaires, politiques et économiques à l'ère de la mondialisation et du retour des nationalismes.
Revue internationale des études du développement N° 259
La vulnérabilité systémique des environnements dans lesquelles évoluent les sociétés est (presque toujours) partagée comme une réalité à l'heure de l'anthropocène.
Ce numéro de Socio-anthropologie donne à voir comment on parle au nom des morts et fait entendre la nécessité de cette parole, qui révèle un certain idéal de société. On découvre que faire de la mort un sujet politique, c'est envisager comment l'examen du passé invite à formuler de nouvelles utopies.
Déplacés et réfugiés face aux normes de la sortie de guerre (1945-1951)
Dans une historiographie en plein renouvellement, ce dossier interroge les moyens d'un retour à une " vie normale " pour les réfugiés européens, au sortir de la guerre, après des années de violences et de déplacements forcés. À travers l'étude d'espaces et de sources jusqu'alors peu étudiés, il jette une lumière critique sur la multitude de normes, légales et officieuses, explicites ou implicites, qui façonnent ce retour à la " norm(al)e ". Au-delà des idéaux libéraux de la victoire des Alliés sur le fascisme, l'ensemble des articles montre combien des valeurs morales et de genre conservatrices, le racisme et l'antisémitisme, ou encore le validisme, jouent un rôle-clé dans la résolution du problème des réfugiés, et dans les trajectoires de vie des réfugiés eux-mêmes.
Durant le Moyen Âge, les sociétés de l'Orient et de l'Occident chrétien tout comme celles de l'Islam sont marquées par l'influence d'hommes et de femmes ferventes, qui firent le choix d'une vie à l'écart, faite de privations et de discipline du corps et de l'esprit.
Ces " expériences ascétiques " rassemblent les diverses modalités de contrainte exercée sur les corps, qu'il s'agisse de pratiques, de modèles ou de règles que s'imposent des individus ou des collectifs en rupture avec les normes communes et les traditions, à des fins de purification, de sélection, de détachement ou encore d'exemplification. Ces différentes formes de discipline s'expriment dans les comportements, notamment alimentaires, sexuels et vestimentaires, mais aussi dans les modes de vie et les usages de la violence, dans le rapport à la culture écrite et au savoir et dans certaines formes de la culture matérielle.
Les actes du LVe congrès de la SHMESP et du XIe congrès du CERCOR abordent une grande variété de ces modèles et expériences en convoquant l'histoire du religieux, du politique, de l'économie, des groupes sociaux, l'archéologie, la littérature et l'anthropologie historique, tout en s'appuyant sur des sources très diverses, pour offrir ainsi un regard renouvelé et pluridisciplinaire sur les pratiques ascétiques dans les sociétés médiévales chrétiennes et musulmanes.
Trente-trois auteurs et autrices se sont, depuis 2017, prêtés au jeu du Livre en question à l'invitation conjointe de la Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne et de la Maison des écrivains et de la littérature, restituant dans un texte leur visite et leur vision de la bibliothèque et de ses collections. Cette année, Pauline Delabroy-Allard, Thierry Magnier, Jane Sautière, Christine Montalbetti et Virginie Poitrasson dévoilent leur relation à la bibliothèque, et en particulier à Marguerite Duras, à qui est consacré ce volume, le septième et dernier de la série.
Largement ancré dans des enjeux contemporains, ce numéro varia - le premier depuis six ans - offre une tribune à de nouvelles plumes sur un enjeu essentiel de l'histoire des sciences (humaines) : la réappropriation. Qu'il s'agisse de réinventer le séminaire à l'allemande dans une université strasbourgeoise redevenue française en 1918, de modifier les positions d'un best-seller des études sur la science (La Vie de laboratoire) en fonction de ses éditions, d'établir un panthéon de " penseurs du vivant " ou de remonétiser la " mythologie comparée ", l'histoire des sciences que la RHSH accueille fait la part belle aux réagencements, aux déplacements, aux réordinations, loin des visions " éternelles " et figées. On découvrira aussi dans ce numéro un Bourdieu philosophe-potache ; l'ancienneté des luttes des entrepreneurs de morale contre les sociologues en France ; la trajectoire de Régine Plas, historienne exemplaire de la psychologie ; ou encore une réflexion aiguë sur la place intenable des sciences sociales dans la théocratie iranienne. Maints auteurs canonisés apparaissent au sein de ces contributions, de Dumézil à Latour et du tandem Febvre-Bloch à Bourdieu, mais ils sont ici replacés dans des tableaux plus larges ou suivis dans la contingence d'un moment de leur existence.