S'élever. Longtemps, pour des raisons religieuses puis d'inspiration humaniste, l'Occident a porté ce projet en l'associant à un surplus d'être, à des promesses d'accès à des états et à des biens que l'ici bas ne pouvaient fournir. Les sciences s'en sont également servi pour classer les êtres vivants selon leur degré présupposé de perfection et de complexité. S'élever, c'est alors exister, sortir de soi, mais en regardant au-dessus de soi. Mais s'élever c'est aussi le progrès, la mobilité sociale, c'est transcender les différences sociales, ethniques, religieuses, géographiques. Qu'en est-il aujourd'hui ? Et qu'est-ce que l'armée a à dire sur ce sujet ?
La confiance semble être devenue un élément central de notre vie contemporaine. D'ailleurs ouvrages et revues réfléchissant au sujet se multiplient. Inflexions goûterait donc à l'air du temps. Pourquoi pas ? Mais ses fidèles lecteurs ont sans doute remarqué que ce thème est présent de façon plus ou moins discrète dans nombre de ses numéros. Car la vie militaire, parce qu'elle est tendue vers l'épreuve paroxystique du combat, de la vie et de la mort, oblige à un moment ou un autre à aborder la question. Le lecteur trouvera ici des interrogations variées. Puisse ce numéro élargir notre perception de la confiance et de son absolue nécessité.
Ce numéro paraît 45 ans après la Débâcle. Certains lecteurs auraient peut-être aimé que la revue abordât la défaite de juin 1940. Mais fidèle à son habitude, elle a fait le choix de décaler le point de vue pour éviter de réduire l'étude à une analyse historique. Choix a donc été fait de penser l'échec et non la défaite. Alors qu'est-ce que l'échec ? Quelles en sont les causes ? Qui décide qu'il y a " échec " ? Comment y faire face ? Est-il définitif ? Peut-on toujours réussir ? L'échec n'est-il pas nécessaire pour apprendre à réussir ? Existe-t-il un point de bascule entre la réussite et l'échec ?
Aborder la question de la beauté dans Inflexions revient à formuler un paradoxe : la guerre est une chose horrible et aucune activité humaine ne saurait s'éloigner davantage de la beauté. Et pourtant, depuis l'Iliade, celle-ci est présente dans chacun de ses aspects, que ce soit dans l'esthétisation de sa pratique, de ses causes, de ses protagonistes ou de la narration qui en est faite. Aujourd'hui, après un XXe siècle marqué par des conflits mondiaux et des crimes commis au nom d'idéologies mortifères, associer la beauté à la guerre semble difficile. Il reste pourtant matière à réfléchir...
Héroïsme en démocratie. Hommage à Monique Castillo
Ce numéro hors série regroupe les 18 articles de la philosophe Monique Castillo paru dans Inflexions entre 2005 et 2018. On y retrouve sa critique sans concession mais sans acrimonie des sociétés modernes, sa capacité à appréhender le chap politique dans son actualité sans en perdre de vue les fondements plus ancien, son aptitude à jeter sur le monde un regard lucide, parfois sombre, mais qui jamais n'abandonne la note d'espoir et d'exigence qui est la marque de tout humanisme authentique. Et bien sûr son inspiration qui se nourrit de l'observation d'une expérience humaine singulière : la guerre.
Qu'elle est la capacité du militaire à " pouvoir dire " à ceux qui nous gouvernent et à nos concitoyens ? De prime abord, ce " pouvoir dire " amène à s'interroger sur la liberté d'expression, d'ailleurs immédiatement opposée à l'obligation de réserve. Mais si celle-ci impose un ton, une retenue ou une tribune particulière, elle n'oblige pas de se taire. Dépassant ce thème si souvent débattu, la revue aborde ensuite l'intimité du Dire dans le dialogue politico-militaire. Un domaine moins connu, aussi discret que confidentiel, mais essentiel. Enfin, au-delà du Dire public et du Dire politico-militaire, elle s'interroge sur le " Dire social " Pour finir, ce numéro recèle un trésor caché avec un article intitulé " Le langage comme lieu de guerre ", signé de la philosophe Monique Castillo. Car derrière le Dire, il y a les mots et la toute-puissance du Verbe, doté du pouvoir de convaincre ou de détruire.
Sexe. Ce simple mot attire le regard et provoque des sentiments mêlés et contradictoires, dont certains inavouables : curiosité, dégoût, excitation, fascination, répulsion… La liste est inépuisable. Le sujet collectionne les oxymores tant il semble à la fois simple et complexe, et ce numéro d'Inflexions en est un excellent exemple. D'ailleurs son titre " Et le sexe ? " rappelle que s'il n'est pas un sujet purement militaire, la chose militaire n'est pas étrangère non plus à la chose tout court.
Quoi de plus antinomique en première approche que la guerre et les enfants ? D'un côté une violence extrême synonyme de mort et de destruction, de l'autre l'âge de l'innocence et l'espoir d'un avenir que chaque parent souhaite radieux. Pourtant, les liens sont nombreux et divers, depuis les jeux de l'enfance jusqu'à l'exploitation à des fins guerrières par des adultes peu scrupuleux. C'est pourquoi Inflexions a choisi de s'intéresser à ce sujet qui revêt de multiples formes, dont la première est celle des souffrances qui jalonnent trop souvent le destin des enfants touchés par les conflits. Un sujet grave et chargée en émotions.
L'espace, investi par l'homme, par sa culture et par son économie, par un pouvoir et par l'histoire récitée, devient territoire. Tout territoire est un construit. C'est le thème qui structure ce numéro : " Le territoire est donc une souveraineté plus qu'un paysage ou un espace ", écrit Jean-Pierre Rioux. Qu'en est-il alors de notre propre territoire, de notre " Hexagone ", de notre " pré carré ", mais aussi de notre " archipel " ? Qu'en est-il de la cohésion nationale ?
Le corps guerrier : celui qui rassure ou qui terrorise, celui que l'on admire ou que l'on craint, celui qui sauve ou celui qui tue. Mais de quoi s'agit-il ? Du corps guerrier dans son acception la plus large, tel le corps d'armée au généralissime rompu à l'art de la guerre ? Ou du corps du guerrier rompu à la manœuvre et au corps à corps ? Ou encore de l'esprit de corps, garant des forces morales sensées prendre l'ascendant décisif sur l'adversaire au cœur de la bataille ? Derrière ce titre d'une apparente simplicité se cache toute une série de sujets que ce numéro d'Inflexions propose à votre sagacité.
Docteurs et centurions, actes de la rencontre du 10 décembre 2007
Ce numéro 8, Docteurs et Centurions, actes de la rencontre du 10 décembre 2007 à l'Institut de France, Fondation Cino Del Duca, propose au public l'ensemble des contributions, questions, discussions de cette journée.
Mutations et invariants, partie III (humanitaire et militaire, nouveaux mercenariats)
Ce numéro est consacré à l'action humanitaire et aux sociétés militaires privées. Il fournit notamment des clés pour comprendre la complexité de l'action au cœur du milieu terrestre. Intérêt pour la partie militaire, sans distinction de grade, comme en témoigne le remarquable article du sergent Pied. Intérêt pour tous les autres acteurs civils qui évoluent désormais systématiquement sur les champs de bataille ou sur les champs de ruines. Car l'action militaire n'est pas banale ; elle est exclusive pour lutter contre ceux qui déstabilisent et elle contribue de façon décisive au retour à la normalité. Mais elle n'est pas non plus marginale. Elle s'inscrit nécessairement dans un environnement global et de plus en plus complexe, aux côtés d'autres acteurs incontournables qui, eux-mêmes, ne peuvent -s'affranchir de composer avec les soldats.