La pensée féministe entretient une relation nécessairement conflictuelle avec le passé, s'appliquant depuis ses débuts à critiquer les multiples héritages destructeurs que l'histoire nous a légués. Elle a ainsi soigneusement décortiqué les systèmes de domination patriarcaux, racistes et classistes qui structurent les sociétés passées et présentes afin qu'ils ne façonnent plus les sociétés futures. Dans cette lutte, la critique féministe des politiques de la mémoire et du patrimoine joue un rôle central. Elle réinterroge la sélection des objets, œuvres d'art, coutumes et connaissances célébrées pour leur " valeur patrimoniale " et montre comment les politiques mémorielles contribuent à reconduire dans le présent les rapports de pouvoir matériels et symboliques à la base de ces systèmes de domination.
Dans une société qui associe souvent "vieillissement" à difficultés économiques, sociales et de santé, cet ouvrage a pour ambition de mieux comprendre les dynamiques psychologiques mises en œuvre dans cette période hétérogène que nous appelons l'automne de la vie, marquée par des désirs, des réalisations mais aussi par des craintes existentielles. Cette période semble caractérisée par une quête de sens qui touche au sentiment d'identité et sa valeur à ses yeux et aux yeux des autres, à la pertinence de ses propres compétences pour faire face aux changements et aux défis relatifs au temps qui passe, aux questions de ce qui peut se transmettre aux autres générations, et aux relations à entretenir avec elles, dans des contextes toujours en mouvements.Les différents chapitres, rédigés par des expert.es en psychologie, cherchent à montrer les savoirs d'expériences, les compétences, les quêtes d'ajustements qui s'observent tout au long de la vie, même à des âges avancés. A partir d'analyses qui portent sur des pratiques dans différents contextes (le bénévolat, le déménagement, les relations de voisinage...), on verra que les termes de "vieillesse" et de "senior", revisités, apparaissent bien trop larges et opaques pour contenir la richesse des expériences vécues et transmises.Ce livre s'adresse à toute personne intéressée à la thématique, aux chercheur·es en sciences humaines et sociales (parcours de vie, approches biographiques, psychologie socioculturelle, etc.), aux étudiant·es et doctorant·es, ainsi qu'aux praticien·nes qui oeuvrent dans le domaine du bénévolat et/ou auprès de personnes de plus de 65 ans.
Au milieu du XIXe siècle, Joséphine Boisdechêne quitte son village natal de Versoix, au bord du Léman, et part dans le monde pour montrer sa barbe. Cette singularité faciale fera d'elle Madame Clofullia, "The Swiss Bearded Lady", première femme à barbe à devenir une célébrité planétaire à l'époque où les exhibitions de phénomènes de foire se mondialisent dans le cadre de la culture de masse naissante. Sa carrière commence à Londres, explose à New York et sur le territoire états-unien, fait des crochets par Cuba et le Canada, se prolonge en Australie et Nouvelle Zélande, revient en Europe et s'arrête dans le Somerset anglais, où Joséphine meurt pauvre en 1870, âgée de 41 ans. Madame Clofullia aura laissé des traces sur trois continents et marqué les esprits un peu partout dans le monde… mais pas au bord du Léman, où le seul signe de son passage est l'inscription de son baptême dans les registres de l'état civil. Malgré la célébrité du personnage, malgré le potentiel romanesque de sa biographie et de sa saga familiale, malgré les résonances entre sa trajectoire et nos questionnements contemporains (sur la diversité humaine, sur les identités individuelles et collectives, sur les facteurs qui déterminent nos choix de vie, sur le foisonnement de faux récits dans les médias…), malgré tout cela, la véritable histoire de Joséphine Clofullia n'avait encore jamais été racontée.
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