L'histoire d'une frontière disputée entre la Suisse et la France (1798-1863)
" L'affaire des Dappes a une gravité exceptionnelle en ce que, poussée jusqu'au bout, elle deviendrait inévitablement un conflit européen. " Ces mots, écrits en 1861 par le correspondant du Journal de Genève à Londres, donnent la mesure d'un différend que l'on serait tenté de croire anecdotique.
La vallée des Dappes, située dans le Jura vaudois, n'est en effet qu'un territoire de 17 km² à peine habité. Pourtant, elle a constitué une véritable pomme de discorde entre la France et la Suisse pendant plusieurs décennies (1798-1863). Mais comment expliquer qu'un si petit territoire ait suscité tant de controverses sur une aussi longue période ? Derrière ce conflit en apparence dérisoire se cachent en réalité des enjeux bien plus importants : la souveraineté de la Suisse face à la France, la difficile construction de l'État fédéral et la concurrence entre les intérêts économiques et la montée du sentiment national.
Fruit d'un travail de recherche inédit mené dans les archives suisses et françaises, cet ouvrage retrace pour la première fois dans sa globalité l'histoire de ce contentieux méconnu.
Entre diplomatie internationale, rivalités intercantonales et instrumentalisation politique, l'affaire des Dappes constitue ainsi un véritable fil conducteur pour mieux appréhender l'histoire de la Suisse au cours d'un XIXe siècle en pleine effervescence.
" J'ai, à l'égard de la Suisse, une dette morale immense. " Ces paroles, rédigées par Ignazio Silone (Secondino Tranquilli) lors de son incarcération à Zurich au début des années quarante, témoignent du lien qui unit l'auteur Italien à notre pays. " En Suisse - poursuit-il - je suis devenu écrivain, et plus encore, un homme. "Fuyant l'Italie de Mussolini, désabusé par la politique menée par Staline, en proie au désespoir depuis l'arrestation de son jeune frère en 1928 par les Fascistes, Silone, au moment de son exil, traverse une crise profonde. L'écriture sera pour lui salvatrice. C'est à Ascona, à Davos et à Zurich que Silone rédige et fait publier Fontamara entre 1929 et 1933 avec, entre autres, l'aide du couple Rosenbaum-Valangin. Le récit dépeint, loin de tout folklore, le quotidien harassant des paysans d'un village (imaginaire) des Abruzzes, avec ses vicissitudes, ses douleurs et les injustices, ancestrales. Le roman connaîtra, dès sa première édition (en allemand, chez Emil Oprecht) un succès fulgurant. Traduit dans le monde entier, Fontamara fait de Silone un auteur reconnu. Il poursuit une carrière littéraire, aussi en tant qu'éditeur, notamment en Suisse, où il demeurera jusqu'en 1944.La présente bande dessinée ne propose pas une adaptation du roman. L'objectif est ici de mettre en images les événements et le contexte qui ont précédé et accompagné l'écriture et la publication de cette oeuvre littéraire. Et par là, esquisser un fragment de la vie culturelle en Suisse au début des années trente.
Au milieu du XIXe siècle, Joséphine Boisdechêne quitte son village natal de Versoix, au bord du Léman, et part dans le monde pour montrer sa barbe. Cette singularité faciale fera d'elle Madame Clofullia, "The Swiss Bearded Lady", première femme à barbe à devenir une célébrité planétaire à l'époque où les exhibitions de phénomènes de foire se mondialisent dans le cadre de la culture de masse naissante.
Sa carrière commence à Londres, explose à New York et sur le territoire états-unien, fait des crochets par Cuba et le Canada, se prolonge en Australie et Nouvelle Zélande, revient en Europe et s'arrête dans le Somerset anglais, où Joséphine meurt pauvre en 1870, âgée de 41 ans.
Madame Clofullia aura laissé des traces sur trois continents et marqué les esprits un peu partout dans le monde… mais pas au bord du Léman, où le seul signe de son passage est l'inscription de son baptême dans les registres de l'état civil. Malgré la célébrité du personnage, malgré le potentiel romanesque de sa biographie et de sa saga familiale, malgré les résonances entre sa trajectoire et nos questionnements contemporains (sur la diversité humaine, sur les identités individuelles et collectives, sur les facteurs qui déterminent nos choix de vie, sur le foisonnement de faux récits dans les médias…), malgré tout cela, la véritable histoire de Joséphine Clofullia n'avait encore jamais été racontée.
Les Voix du tram est le récit choral des pérégrinations de deux écrivains le long du chantier du nouveau tram à Lausanne. Il embarque les lecteurs et lectrices pour un voyage sur la ligne en devenir, d'un terminus à l'autre, et chaque chapitre invite à descendre à quai, pour écouter les voix qui s'élèvent et recouvrent le bruit des marteaux-piqueurs.
Au coeur ou en bordure du chantier, dans une maison de quartier, une école ou une villa familiale, à l'occasion d'une séance d'information, d'une fête ou d'un voyage loin de la ville, Les Voix du tram noue des liens et établit des filiations insoupçonnées.
Le texte chronique un cycle de construction-destruction, un monde en pleine métamorphose qu'il est urgent de raconter. À quatre mains, les auteurs du collectif Caractères mobiles proposent une littérature de terrain, qui participe à sculpter un territoire et à valoriser les paroles qui en sont issues.
Né d'une commande du " chantier culturel " du tramway lausannois, ce texte a été élaboré en partie lors d'ateliers d'écriture avec des riverain·es du chantier. Il sortira à l'automne 2026 pour l'inauguration du tram.
La pensée féministe entretient une relation nécessairement conflictuelle avec le passé, s'appliquant depuis ses débuts à critiquer les multiples héritages destructeurs que l'histoire nous a légués. Elle a ainsi soigneusement décortiqué les systèmes de domination patriarcaux, racistes et classistes qui structurent les sociétés passées et présentes afin qu'ils ne façonnent plus les sociétés futures. Dans cette lutte, la critique féministe des politiques de la mémoire et du patrimoine joue un rôle central. Elle réinterroge la sélection des objets, œuvres d'art, coutumes et connaissances célébrées pour leur " valeur patrimoniale " et montre comment les politiques mémorielles contribuent à reconduire dans le présent les rapports de pouvoir matériels et symboliques à la base de ces systèmes de domination.
Quête de sens, compétences et dynamiques identitaires
Dans une société qui associe souvent "vieillissement" à difficultés économiques, sociales et de santé, cet ouvrage a pour ambition de mieux comprendre les dynamiques psychologiques mises en œuvre dans cette période hétérogène que nous appelons l'automne de la vie, marquée par des désirs, des réalisations mais aussi par des craintes existentielles. Cette période semble caractérisée par une quête de sens qui touche au sentiment d'identité et sa valeur à ses yeux et aux yeux des autres, à la pertinence de ses propres compétences pour faire face aux changements et aux défis relatifs au temps qui passe, aux questions de ce qui peut se transmettre aux autres générations, et aux relations à entretenir avec elles, dans des contextes toujours en mouvements.Les différents chapitres, rédigés par des expert.es en psychologie, cherchent à montrer les savoirs d'expériences, les compétences, les quêtes d'ajustements qui s'observent tout au long de la vie, même à des âges avancés. A partir d'analyses qui portent sur des pratiques dans différents contextes (le bénévolat, le déménagement, les relations de voisinage...), on verra que les termes de "vieillesse" et de "senior", revisités, apparaissent bien trop larges et opaques pour contenir la richesse des expériences vécues et transmises.Ce livre s'adresse à toute personne intéressée à la thématique, aux chercheur·es en sciences humaines et sociales (parcours de vie, approches biographiques, psychologie socioculturelle, etc.), aux étudiant·es et doctorant·es, ainsi qu'aux praticien·nes qui oeuvrent dans le domaine du bénévolat et/ou auprès de personnes de plus de 65 ans.
Cette bande dessinée nous plonge dans l'intimité du grand âge, entre mémoire paysanne, stratégies d'adaptation au vieillissement, et sentiment d'appartenance à un lieu rude mais familier. Lily, ancienne institutrice, écrit ses pensées sur la vieillesse ; Louise évoque les parcours migratoires oubliés ; Berthe, aidante de son mari, oscille entre charge mentale et sentiment de liberté retrouvée. La narration de leur quotidien met en scène la nécessité de l'entraide et les efforts déployés pour rester vivre chez soi malgré l'éloignement des services, la solitude quand la famille n'est pas proche, la peur de tomber dans des rues sans trottoirs, mais aussi la beauté persistante du paysage.
Cette bande dessinée aborde des sujets tels que la dignité, les contraintes du maintien à domicile, le poids des solidarités portées par les femmes et l'importance du sentiment d'appartenance. Pensée comme un outil de restitution et de vulgarisation, cette bande dessinée ouvre un espace de débat sur les enjeux du vieillissement, du care, de l'âgisme, et sur la manière dont nous voulons vieillir.
Ce parcours débute au Somaliland, la province nord de la Somalie qui a déclaré son indépendance en mai 1991 mais que la communauté internationale n'a jamais reconnue officiellement. Après quelques années (vers 1986-1987), la famille part à Mogadiscio, capitale de la Somalie, à la suite d'une promotion du père qui devient responsable de la sécurité de la capitale pour le régime.
La famille y restera jusqu'au début de la guerre en janvier 1991. En effet, le 24 janvier 1991, le président arrivé au pouvoir suite à un coup d'Etat en 1969, Siad Barré, réussit à s'enfuir de son palais, alors que la capitale était prise d'assaut par des rebelles en lutte contre le pouvoir central. Mogadiscio est le théâtre d'intenses combats entre les milices et les forces loyales qui seront repoussées vers le Sud, vers la ville portuaire de Kismayo. Cette guerre est couplée d'une famine qui coûtera la vie à plus de 300.000 personnes. La famille réussit à s'échapper de la capitale, arrive à Kismayo pour fuir le conflit.
Cette fuite s'effectue à bord d'un bateau de pêcheurs surchargé qui dérive avec 500 personnes pendant deux jours avant d'atteindre le port de Mombassa au Kenya. Les premiers mois se passent dans le zoo de Mombassa, à même la terre, à la merci des intempéries, des serpents, et sans aucune idée de l'avenir. Ils sont ensuite déplacés dans le camp d'Utange, où ils resteront deux ans et demi jusqu'à ce que la sœur aînée, enceinte, réussisse à inscrire Liban, son petit frère Mustafa, sa fille de deux ans sur la liste de la Croix-Rouge pour réinstallation en Suisse. Ils y arrivent en 1993, passent quelques mois à Gersau, dans un centre où on leur apprend le français, puis sont transférés à Genève. Les premiers temps sont difficiles.
Que nous disent les affiches politiques sur notre histoire nationale ? Comment les images participent-elles à la construction des récits populistes et nationalistes ? Depuis plus de vingt ans, nombre de votations, notamment sur la question migratoire, ont vu leurs débats s'axer non plus sur le contenu de l'objet soumis à la consultation populaire, mais sur sa mise en scène symbolique.