L'accompagnement professionnel des proches et des endeuillé·e·s
Ce livre retrace l'évolution socio-historique de l'accompagnement du deuil depuis le 19ème siècle, en s'appuyant sur des approches multidisciplinaires (sociologique, anthropologique, psychologique, etc.). Il souligne le passage d'une gestion collective et communautaire à une prise en charge professionnelle, marquée par le développement de la psychologie contemporaine. Ce changement a progressivement rendu invisible le statut des endeuillé·e·s, alors que le vécu individuel du deuil a pris une place centrale dans les pratiques et discours modernes.L'ouvrage s'appuie sur une enquête ethnographique multi-sites menée en Suisse romande pour analyser les pratiques des professionnel·le·s qui accompagnent les proches avant, pendant et après le décès. Il met en lumière l'importance de l'accompagnement dès la fin de vie, permettant une évaluation psychosociale et la prévention de complications potentielles. L'étude révèle également des écarts entre les temporalités des prises en charge professionnelles et le vécu des endeuillé·e·s dans le long terme, ainsi que des discontinuités dans la prise en charge qui s'opposent aux discours de continuité adoptés par les professionnel·le·s.En encourageant à sortir d'une vision trop psychologisante du deuil, ce livre propose à tout public intéressé une réflexion plus large sur la place du deuil dans nos vies personnelles, sociales et professionnelles. Il interroge également les enjeux liés aux politiques de santé publique, en redéfinissant le deuil comme une question sociale.
Cette nouvelle bande dessinée d'Hélène Becquelin nous embarque dans les années 80, dans les pas d'une jeune fille solitaire, férue de punk. Suivie par un monstre à la fois coach mental et ami imaginaire, elle va quitter son Valais natal et poursuivre ses études aux Beaux-Arts de Lausanne. Elle se confronte rapidement à la concurrence entre camarades, à la compétition féroce entres filles et au machisme ambiant. Au fil de ses nouvelles expériences faites de rencontres, de concerts punk et d'histoires d'amour pleines de décibels et de rock, elle découvre le coeur battant de lieux alternatifs, aujourd'hui emblématiques, de Suisse romande, comme la Dolce Vita à Lausanne, les Caves du Manoir à Martigny, le Frisson à Fribourg, ...
Qu'auriez-vous fait, si comme moi, vous aviez dû fuir un foyer empreint de violence?Qu'auriez-vous fait, si comme moi, vous aviez été obligé de vous arrêter sur la route, au milieu de nulle part? Auriez-vous pris une chambre au Motel Scarlet?Auriez-vous réagi comme moi si le concierge de l'établissement vous avait dit de ne pas quitter votre chambre après minuit, l'auriez-vous écouté? Et lorsque quelqu'un avait frappé à votre porte et aurait laissé d'autres clés sur le palier, les auriez-vous prises?Dans les motels, les âmes transitent. Elles se croisent sans jamais se regarder, les visages se confondent et s'effacent, au profit de l'anonymat. Mais le Motel Scarlet n'est pas de cette trempe-là. Son esprit et ses fantômes m'ont permis de réaffirmer mon identité.Les lieux abandonnés forcent la fascination. Ils invitent à la peur. Qu'ils soient en ruines, inaccessibles ou encore en parfait état, ils nous poussent à les investir d'une histoire. Avec le temps, celles-ci deviennent des mythes qui se répandent et s'inscrivent dans les contes d'une région. Un lieu sans histoire ne perdure pas. Le plus souvent, il est détruit et oublié.En cherchant bien, la Suisse nous a dévoilé plusieurs lieux désertés, toujours debout, mais vides et sans mémoires. Avant qu'ils soient perdus à jamais, et à travers de nouvelles légendes, nous avons donc décidé de les faire exister comme passeurs de récits intimes et sociaux.
À l'occasion des vingt ans du Centre de Recherche sur l'Action Politique de l'Université de Lausanne (CRAPUL), cet ouvrage réunit des contributions de ses membres autour du thème de la politisation.Un premier axe examine la manière dont des groupes (institutions, mouvements sociaux ou groupes d'intérêts) transforment des phénomènes sociaux en enjeux politiques ainsi que le rôle du droit dans ces processus.Le second axe s'intéresse aux parcours individuels de politisation, en étudiant la manière dont les expériences militantes et sociales façonnent les visions du monde.Dans une démarche collective, ce livre montre la richesse des méthodes et approches plurielles pour comprendre ces phénomènes politiques.
Quête de sens, compétences et dynamiques identitaires
Dans une société qui associe souvent "vieillissement" à difficultés économiques, sociales et de santé, cet ouvrage a pour ambition de mieux comprendre les dynamiques psychologiques mises en œuvre dans cette période hétérogène que nous appelons l'automne de la vie, marquée par des désirs, des réalisations mais aussi par des craintes existentielles. Cette période semble caractérisée par une quête de sens qui touche au sentiment d'identité et sa valeur à ses yeux et aux yeux des autres, à la pertinence de ses propres compétences pour faire face aux changements et aux défis relatifs au temps qui passe, aux questions de ce qui peut se transmettre aux autres générations, et aux relations à entretenir avec elles, dans des contextes toujours en mouvements.Les différents chapitres, rédigés par des expert.es en psychologie, cherchent à montrer les savoirs d'expériences, les compétences, les quêtes d'ajustements qui s'observent tout au long de la vie, même à des âges avancés. A partir d'analyses qui portent sur des pratiques dans différents contextes (le bénévolat, le déménagement, les relations de voisinage...), on verra que les termes de "vieillesse" et de "senior", revisités, apparaissent bien trop larges et opaques pour contenir la richesse des expériences vécues et transmises.Ce livre s'adresse à toute personne intéressée à la thématique, aux chercheur·es en sciences humaines et sociales (parcours de vie, approches biographiques, psychologie socioculturelle, etc.), aux étudiant·es et doctorant·es, ainsi qu'aux praticien·nes qui oeuvrent dans le domaine du bénévolat et/ou auprès de personnes de plus de 65 ans.
La riche table des matières de Cultures paysannes et la provenance des auteur·es témoignent d'une diversité assumée liée au fait qu'il n'existe à ce jour aucune histoire compréhensive des cultures paysannes dans le canton de Vaud, sur la longue durée.Rappelons d'abord que l'histoire et les représentations de la ruralité ont toujours et d'abord résulté de relations de pouvoir (exercées à travers l'assujettissement au travail et au droit), et façonnées par la culture citadine, par une urbanité jouant de la distinction et qui s'est construite avec et contre les images de la ruralité.Il ne s'agit donc pas ici de militer pour tel point de vue ou telle vision particulière, mais de rappeler que la "réalité" des cultures paysannes est partagée et qu'elle recoupe des domaines croisés de la vie et des pratiques sociales et des savoirs comme le droit, l'architecture et le patrimoine bâti, le patrimoine immatériel et l'histoire des femmes, l'éducation des hommes et des femmes du XVIIIe siècle à nos jours, la littérature, la photographie et le cinéma, l'édition, la politique, les associations, la biographie sociohistorique, l'aménagement du territoire, l'économie, la médecine vétérinaire, ainsi que l'écologie et la durabilité et, pour finir, la place de la ville dans les pratiques agricoles.Peut-être le présent volume, en croisant les points de vue, pourra-t-il modestement contribuer à un nécessaire dialogue social et culturel; autrement dit, remettre à table les rats des villes et les rats des champs.
Cet ouvrage aborde une transformation majeure des politiques urbaines caractérisée par le passage d'un urbanisme expansif fondé sur le grignotage de la zone agricole à un urbanisme de densification tourné vers l'intérieur de la ville. En toute logique, la banlieue pavillonnaire tombe dans le radar des politiques de planification urbaine et devient un espace convoité.A partir d'une étude de cas d'un îlot de villas d'un quartier genevois situé non loin de l'aéroport et à proximité d'une grande cité d'habitation, ce livre décrit les ressorts du projet de densification et les représentations qu'il charrie de la " qualité de vie " ainsi que les réactions contrastées qu'il suscite chez les propriétaires.C'est cette relation complexe entre réformateurs urbains et " pavillonnaires ", rarement étudiée et éclairée au regard des contextes, des logiques sociopolitiques et des trajectoires singulières des habitant·es, qui est au cœur de cette enquête sociologique.
Le sommeil rencontre un intérêt croissant auprès des médias, du public et du corps médical et notamment le sommeil des enfants. En effet, celui-ci revêt une importance cruciale pour leur développement et interroge leur entourage. Quels devraient être les rythmes de sommeil des jeunes enfants et des adolescents? Quelles sont les causes des cauchemars et des terreurs nocturnes? Dans quelle position doit-on placer un nourrisson dans son berceau? Peut-on l'aider à s'endormir en le berçant et que faire en cas d'insomnie infantile? Ces questions ont déjà été abondamment traitées par les médecins et pédagogues de l'époque moderne (XVIe-XVIIIe siècles).Cette étude offre aux historien·ne·s et à tout public intéressé un riche corpus de sources commentées sur le sommeil des enfants ainsi qu'une plongée fascinante dans un champ de recherche jusqu'alors inexploré. Retraçant pour la première fois l'évolution sur trois siècles des réponses qui ont été apportées à ces questions, Manon André traite des multiples facettes du sommeil des enfants, des nourrissons aux adolescents. Grâce à un large corpus de sources – traités médicaux et pédagogiques, journaux personnels, règlements d'internats, représentations iconographiques et sources matérielles, telles que des berceaux – elle analyse les recommandations concernant le sommeil des enfants et les pratiques quotidiennes qui l'entourent à l'époque moderne.
Fondée en 1971 par un groupe de médecins et de journalistes à Paris, Médecins Sans Frontières (MSF) est passée de quelques volontaires à plus de 70'000 personnes avec un budget supérieur à deux milliards d'euros. Néanmoins, l'organisation transmet encore aujourd'hui sa mythologie, soit "une parole choisie par l'histoire", où des French doctors s'opposent au silence du Comité International de la Croix-Rouge pendant la guerre du Biafra.Figure du héros sauveteur souvent mise en image dans une communication qui se veut aujourd'hui plus inclusive, principes fondamentaux alliant neutralité, impartialité et indépendance, cette iconographie est aujourd'hui battue en brèche. À l'ère post Covid, une autre réalité s'opère, qui associe crispation souverainiste des États, baisse des financements des principaux bailleurs de fonds, présence d'acteurs non étatiques dans un contexte de lutte contre le terrorisme, voire criminalisation de l'aide humanitaire. De nouvelles problématiques émergent, telles que les questions de sécurité sanitaire, les défis autour du changement climatique ou la protection des données personnelles des patients.Il apparaît donc indispensable de s'interroger sur la place de l'aide humanitaire face à ces enjeux et de réfléchir aux adaptations nécessaires pour maintenir un impact essentiel auprès des populations les plus vulnérables. Cet ouvrage propose un examen critique de MSF, dont on peut espérer qu'il fera écho aux préoccupations d'autres agences du secteur de l'aide et du grand public.