En s'appuyant sur plus de trente ans de recherche en intervention sociale, Philippe Lyet témoigne d'une transformation de la connaissance sur les métiers et les pratiques des acteurs sociaux concernés. Inscrit à la croisée de plusieurs courants, notamment le pragmatisme et les approches participatives, "Une seconde vie de la connaissance" propose une réflexion sur les fondements des sciences humaines et sociales et prône une approche collective, horizontale et dialogique de la recherche qui prend à bras le corps la question des injustices épistémiques. L'auteur appelle cette forme d'investigation recherche conjointe, en ce qu'elle associe étroitement chercheurs et acteurs concernés dans sa conception comme dans sa conduite. Elle permet de produire des connaissances simultanément valides sur le plan scientifique et mobilisables dans l'action. Les défis posés par ces modalités de recherche interrogent les institutions scientifiques et sociales, incitant à redéfinir le rôle des chercheurs et des praticiens. Ce qui apparaît comme une seconde vie de la connaissance ouvre de nouvelles perspectives pour la recherche et pour l'action sociale.
Et si l'école pouvait changer le monde? "Résister, s'engager, rêver" invite à un voyage au cœur de la vie, de la pensée et des actions de Dina Borel, pédagogue engagée. Dans un dialogue complice, Stéphane Michaud – lui aussi formateur, enseignant et pédagogue – incite Dina Borel à revisiter les événements fondateurs de son existence: de sa jeunesse en Grèce sous occupation à la création et direction d'une école pour toutes et tous à Genève. L'ouvrage comporte une première partie autour des origines de l'engagement de la pédagogue: une enfance en temps de guerre, l'exil, la construction de sa citoyenneté, les combats politiques, la militance pour la démocratie. La seconde partie du livre explore quant à elle la construction d'une pensée pédagogique bâtie sur l'idéal d'une éducation à la paix. Dina Borel démontre l'importance de l'innovation pédagogique et de la recherche d'approches inclusives (pédagogie Freinet et pédagogie institutionnelle) héritées des fondements constitutifs de l'éducation nouvelle. L'évocation du projet d'école active spécialisée, La Voie Lactée, illustre concrètement l'engagement de cette remarquable pédagogue. A intervalles réguliers, des encarts de spécialistes de l'éducation et de la politique ponctuent et enrichissent l'échange, offrant autant de rebonds, d'ouvertures et de prolongements aux propos de Dina Borel. Au fil des pages se dessine ainsi un engagement politique et pédagogique fondé sur la démocratie, l'inclusion, la coopération, le refus de l'humiliation, l'accueil et la reconnaissance des singularités.
" Je peux ", " nous pouvons ", " je ne peux pas " figurent au cœur des interactions sociales.Prenant au sérieux ces formes ordinaires de pouvoir et de fragilité, Pouvoir et ne pas pouvoir explore les mutations profondes traversant l'Etat, le management, les mouvements sociaux et la participation citoyenne, la culture, la lutte contre les discriminations liées au genre ainsi que l'extension des capacités à des entités plus vastes (planète, technologies, etc.). L'ouvrage envisage les pouvoirs au quotidien, dans une perspective qui défend un optimisme des possibles, tout en posant un regard critique sur les inégalités et les lourdes dérives — dont celle de la sur-responsabilisation qui pèse sur les personnes.Fabrizio Cantelli et Jean-Louis Genard adoptent ici une approche transversale faisant dialoguer sociologie, science politique et droit. Ils éclairent une rupture qui cisèle en profondeur la modernité en faisant apparaître le passage déterminant d'une " anthropologie disjonctive " — distinguant nettement des personnes capables et des personnes incapables — à une " anthropologie conjonctive " — dans laquelle les individus sont tour à tour fragiles, vulnérables tout autant que responsables et capables.
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