Une étude de la céramique du Néolithique moyen en Languedoc oriental
Le Chasséen couvre une période de près de mille ans et s'étend de la Méditerranée au Bassin parisien. Sa longévité et son incidence géographique doivent beaucoup à la stabilisation des systèmes agro-pastoraux du " plein Néolithique ".Parangon d'une nouvelle norme qui s'exprime à travers la recherche de qualités techniques et esthétiques au détriment du décor, la poterie chasséenne est le chef de file du " complexe à céramique lisse ", vaste ensemble de " cultures sœurs " qui s'étend dans la majeure partie de l'Europe du Sud-Ouest durant les Ve et IVe millénaires avant notre ère. Ce complexe témoigne d'un tournant majeur dans la manière de concevoir et de fabriquer les poteries dans un contexte d'intensification des réseaux de contacts et d'échanges interculturels.Le cadre géographique de notre travail, le Languedoc oriental, est l'un des berceaux de la définition princeps du Chasséen, élaborée dans les années 1940. Sa richesse archéologique doit beaucoup à l'exploration des nombreuses grottes qui jalonnent ses vallées transversales, et plus récemment à l'intense activité de l'archéologie préventive.La présence publication propose une interprétation renouvelée du rôle du Languedoc oriental dans la construction de la chronologie du Néolithique moyen du Midi en y précisant la place du Chasséen. Elle s'attache ainsi à revisiter les réseaux de contacts et d'échanges qui irriguent la Méditerranée du Nord-Ouest à cette période, et apporte une contribution aux réflexions sur le statut de la pratique potière dans le contexte des cultures à céramique lisse.
Écrite à quatre mains par Clemens Brentano et Joseph Görres, éminents représentants du romantisme de Heidelberg, cette histoire complexe aussi merveilleuse que singulière relate de la manière la plus débridée qui soit les fantasmagories produites chez l'horloger BOGS par un concert de musique, ayant notifié par la suite une expertise médicale sur l'état de son cerveau. Jamais le romantisme allemand n'avait inventé de telles oniriques hallucinations et persiflé avec autant de vigueur le philistinisme bourgeois.
De part et d'autre de l'Atlantique (XVIIIe-XIXe siècles)
Les Bourbonnais, de naissance ou d'adoption, ont été sensibles à la diffusion des Lumières et aux modes de sociabilité qui ont permis leur diffusion (salons, loges maçonniques, sociétés savantes, collèges, etc.). Les travaux de ces cénacles, la presse et les correspondances donnent la mesure de la place de la philosophie, de sa mise en action dans les engagements individuels et collectifs. Ces derniers n'excluent pas des combats internationaux, dont la guerre d'Indépendance américaine n'est pas le moindre. L'apprentissage du libéralisme politique nourrit les théories et les débats qui précèdent la Révolution française, puis ses Assemblées successives, ses clubs politiques, ou les décisions des représentants du peuple. Transformées par la décennie révolutionnaire, les Lumières se retrouvent dans l'émergence d'une école philosophique qui irrigue les cercles dirigeants du Directoire: l'Idéologie. Les rêves inachevés trouvent aussi un exutoire dans les États-Unis du début du XIXe siècle: proscrits par la Restauration, ceux qui vivent dans le souvenir de la Révolution et du Premier Empire, construisent des communautés espérées idéales et durement vécues. D'autres, sur le plus long terme, s'érigent en self made men dans ces migrations outre-Atlantique.
Face à l'urgence de la transition écologique, les cadres des fonctions publiques (État, territoriale et hospitalière) doivent repenser leurs pratiques. Cet ouvrage explore la diversité des défis à relever en abordant plusieurs secteurs économiques (tourisme, agriculture, santé), des biens communs essentiels (eau, énergie, paysages, savoirs) et différentes situations géographiques.Pour y répondre, il propose des perspectives concrètes en matière de formation, de financement, d'accompagnement au changement et de gouvernance. Il met en lumière comment les principes de la transition socioécologique (respect du vivant, circularité, sobriété, autonomie) peuvent guider les cadres publics face aux enjeux actuels et futurs.Enfin, des éclairages sur les nouvelles formes de gouvernance, qu'il s'agisse de collaborations public/privé ou de la conception des politiques publiques, montrent comment ces principes peuvent devenir des leviers d'action concrets. L'ouvrage s'inscrit ainsi dans une vision stratégique de l'État, notamment à travers la formation initiale et continue des fonctionnaires.
Le numéro 47 du Courrier Blaise Pascal est une livraison en tous points historique. Historique par son ampleur: il rassemble vingt-sept contributions d'une extrême diversité et, parfois, d'un format hors norme. Historique par les circonstances: les contributions proposées proviennent de deux colloques tenus, l'un à Clermont-Ferrand, l'autre à Montréal, en 2023, à l'occasion du quatrième centenaire de la naissance de Pascal. Qu'il s'agisse de l'ensemble qui explore Pascal, prophète et résistant ou de celui qui s'intéresse aux Nouveaux échos de la recherche pascalienne, l'optique est résolument internationale et, croisant les méthodes, éclectique. Il y est question de littérature, de philosophie, de théologie, mais aussi de physique et de mathématiques.
Calamités et catastrophes naturelles dans les textes antiques et médiévaux
Depuis le milieu du XXe siècle, les réflexions consécutives aux divers désastres qui ont frappé l'humanité depuis la Seconde Guerre mondiale ont favorisé de nouvelles approches concernant les calamités et les catastrophes naturelles. Leurs apports ont ainsi contribué à constituer en objet d'étude spécifique un type d'événement auquel les historiens se sont toujours intéressés mais dont ils ont aussi renouvelé et approfondi l'examen dans le cadre de travaux portant notamment sur l'Antiquité et le Moyen Âge.Les études réunies dans cet ouvrage participent à cet effort de renouvellement en considérant les textes antiques et médiévaux traitant de catastrophes naturelles dans leur dimension proprement littéraire. En tant qu'écrits auctoriaux, ils sont en effet le produit d'une subjectivité s'exprimant dans un genre, une période et une langue donnés. La philologie et l'analyse littéraire apparaissent donc essentielles pour comprendre comment et pourquoi ces événements ont été transposés dans l'ordre de la parole. Rédigés en latin, en grec ou en ancien français, les textes étudiés relèvent de genres extrêmement variés, tels que l'historiographie, l'éloquence, la poésie ou la philosophie.
Surnaturel et critique sociale dans la littérature suédoise
Comparer l'emploi du merveilleux scandinave chez les auteurs et les autrices de la Percée moderne, c'est chercher à saisir l'impact de la voix féminine et son rôle de contournement dans la littérature.À travers différents genres de la littérature de formation, ce volume entend interroger les voies que les autrices scandinaves, pourtant nombreuses et connaissant un réel succès, pouvaient emprunter pour contourner une critique cherchant constamment à les minorer.Le contexte sociopolitique et historique des pays scandinaves au tournant du XXe siècle est fondamental pour comprendre la façon dont les autrices s'emparent du surnaturel différemment des écrivains, afin de s'adapter à une norme et de pratiquer un genre littéraire, proche du conte, compatible avec l'idée que les critiques se faisaient des lettres féminines. Leur approche témoigne d'une tendance partagée à employer esthétiquement le surnaturel pour traiter les débats modernes sur les droits des femmes, ouvrant de la sorte un passage vers les thématiques du folkhem à venir. Et si le merveilleux pouvait servir à narrer une vision utopique de la femme ?
Cet abécédaire interroge la sensibilité des chercheurs et des chercheuses, quelle qu'elle soit, pour en faire une matière à penser. En fil rouge, émerge l'idée selon laquelle la connaissance sensible vient enrichir la connaissance conceptuelle et non lui faire obstacle.Riche de quatre-vingt-quatre entrées claires et synthétiques rédigées par des spécialistes de lettres, sciences humaines et sociales, il propose une réflexion ancrée dans le monde de la recherche, et plus précisément sur sa part du " sensible ", mot dont la polysémie évoque à la fois la perception par les sens, la vulnérabilité des universitaires, et l'aspect parfois polémique de leurs travaux. Chaque contributeur, chaque contributrice décline ainsi son rapport à la connaissance sensible, toujours en lien avec l'actualité scientifique.La réflexion collective proposée dans ces pages vise, in fine, à ausculter l'acte de recherche en lettres, sciences humaines et sociales, et à orienter le regard non vers les découvertes produites, mais bien vers celles et ceux qui en sont à l'origine.
Le second volume des Cahiers de l'inarchivable est consacré au surréalisme qui fête son centenaire par la publication en 1924 du premier Manifeste du surréalisme. Il s'agit de réfléchir au paradoxe suivant: si les expériences surréalistes existent, ne sont-elles pas intrinsèquement inarchivables ? Quelles sont les traces de ce rapport spécifiquement surréaliste au temps de la production dans l'immédiatement du geste et son archivage rétrospectif ?Anne Foucault analyse la difficulté, voire l'impossibilité d'un archivage global du mouvement surréaliste, désir porté par une partie des acteurs du surréalisme d'après-guerre, mais qui ne rencontra que peu de résonance institutionnelle. Antoine Poisson met à jour les effets de champs littéraires et politiques qui sont des enregistreurs autant qu'ils sont eux-mêmes enregistrés ; ils laissent des traces qui éclairent des processus empêchant (et inversement au contraire permettant) que des productions artistiques puissent advenir. Richard Walter montre que si le surréalisme est a priori rétif à sa mise en archive, symbole de patrimonialisation mortifère, il a pourtant préparé sa mise en archives en documentant sa propre production. Emmanuel Bauchard se penche sur l'étude du milieu intellectuel et artistique caraïbéen pendant les années 1940 et les manques archivistiques qui caractérisent les conditions de circulation et de communication du réseau surréaliste exilé en Amérique. Enfin, Célia Stara questionne la place des artistes surréalistes femmes en exil pendant la Seconde Guerre mondiale en retraçant les vestiges d'un patrimoine constellé afin d'envisager les conséquences de sa dispersion sur la réception et la valorisation des femmes surréalistes, dans leur pays d'accueil comme dans leurs pays d'origine.Ces cinq contributions montrent à la fois l'ambition de ce numéro, mais aussi la multiplicité des approches que l'inarchivable convoque et suscite: entre dispersion, destruction, invisibilisation, oubli, et sauvetage, sélection, conservation, exhibition, patrimonialisation.