De 1450 à 1830, les confréries occupent une place importante dans l'histoire sociale et religieuse des trois cités épiscopales champenoises de Reims, Châlons et Troyes. En suivant attentivement leur histoire sur près de quatre siècles, on parvient à saisir les raisons profondes de leur pérennité, mais aussi à éclairer les nécessaires mutations et transitions accomplies pour y parvenir. Ainsi, les interrogations et affrontements confessionnels du XVIe siècle modifient considérablement les réseaux confraternels hérités du christianisme flamboyant et dessinent les contours d'un nouveau tissu associatif dominé par la confrérie de dévotion tridentine. C'est au milieu du XVIIIe siècle qu'une nouvelle étape de leur histoire se déroule, caractérisée par de nouvelles remises en ...
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Première partie LA CONFRERIE, UN ELEMENT DE LA DEVOTION DES VILLES, vers 1450 – vers 1520
Chapitre Ier Un premier apogée des confréries au début du XVIe siècle A. – La chronologie des fondations Le discours à l'origine des confréries B. – Les confréries et l'Eglise Les évêques et les confréries Le rôle du clergé régulier Confréries, clergé séculier et paroisses Chapitre II Les " bonnes oeuvres " confraternelles : Piété et charité A. – Une norme commune : la messe B. – Les formes variées de la piété communautaire Des sermons pour instruire Geste processionnel, geste confraternel Vers une individualisation et une privatisation de la piété C. – La charité, première vertu des confrères La charité envers les morts La charité envers les vivants Chapitre III Faire communauté A. – Les banquets et la fête Des banquets au banquet La fête sommet de la communion confraternelle B. – Des sociabilités organisées Les officiers de la confrérie Une fonction d'honneur, le bâtonnier La dimension économique des confréries urbaines C. – Les membres des confréries Sens et réalité du nombre des confrères Le visage social des confréries Les modalités du recrutement Conclusion de la Première Partie
Deuxième partie LE RENOUVEAU ET LA SECONDE FLORAISON DES CONFRERIES, vers 1520 – vers 1750
Chapitre IV Les confréries entre crise et mutation, v. 1520 – v. 1600117 A. – La confrérie en question, v. 1520 – v. 1540 L'intervention des évêques Une promotion sélective de la confrérie B. – Vers un nouveau modèle de confraternel, v. 1540 – v. 1560 L'émergence des confréries de dévotion Des confréries de transition C. – Le temps des Ligueurs, v. 1560 – v. 1600 Le soutien renouvelé de l'Eglise institution Des confréries de dévotion remparts contre " l'hérésie " L'automne du réseau confraternel traditionnel Chapitre V Du temps des couvents au triomphe de la paroisse, 1600 – 1750149 A. – A l'origine du renouveau Les aspirations et les réseaux dévots Succès des confréries régulières dans la première moitié du xviie siècle Le triomphe de la paroisse après 1660 B. – Les confréries dans la cité La société confraternelle, un élément de la société urbaine Confréries, espace et temps urbain Chapitre VI Un outil de formation du chrétien intérieur A. – Une manière d'entrer en dévotion La nécessité d'articuler dévotion intérieure et dévotion extérieure La prédications, support traditionnel de la dévotion Le livret au service d'une dévotion plus personnalisée B. – Dévotion rénovée et apport spirituel Accueillir les richesses de l'Eglise Une école de prière Conclusion de la Deuxième partie
Troisième partie LES CONFRERIES AU CŒUR DE LA TRANSITION RELIGIEUSE, vers 1750 – vers 1830
Chapitre VII Les critiques des Lumières A. – Les signes du déclin De nouvelles remises en cause de la confrérie Des conséquences mais sélectives B. – Les signes de la vitalité Des confréries prospères Les défenseurs de la confrérie Chapitre VIII De la confrérie effacée à la confrérie retrouvée 1790 – 1829 A. – Confréries et Révolution L'étouffement progressif du réseau confraternel, 1790 – 1792 Le décret de suppression et ses conséquences B. – Le temps du rétablissement, 1801 – 1814 A Châlons, des renaissances sans évêque Un fort contraste entre Reims et Troyes C. – Le nouvel élan de la Restauration, 1815 – 1829 Chapelets et confréries du sacré Coeur Les associations de mission Chapitre IX Les confréries et la reconstruction du catholicisme 1801 – 1829 A. – Les nouveaux associés Réunir " ce qu'il reste de vrais chrétiens " Au service de la restauration d'une sociabilité catholique B. – Entre tradition et renouveau chrétien : piété et instruction Une piété de l'essentiel Devoir de s'instruire et morale chrétienne C. – Des oeuvres de reconquête catholique Un moyen d'affirmer la primauté de la charité chrétienne Des " auxiliaires " du clergé Conclusion de la Troisième partie Conclusion Générale Sources Bibliographie Document Annexes Textes Cartes
De 1450 à 1830, les confréries occupent une place importante dans l'histoire sociale et religieuse des trois cités épiscopales champenoises de Reims, Châlons et Troyes. En suivant attentivement leur histoire sur près de quatre siècles, on parvient à saisir les raisons profondes de leur pérennité, mais aussi à éclairer les nécessaires mutations et transitions accomplies pour y parvenir. Ainsi, les interrogations et affrontements confessionnels du XVIe siècle modifient considérablement les réseaux confraternels hérités du christianisme flamboyant et dessinent les contours d'un nouveau tissu associatif dominé par la confrérie de dévotion tridentine. C'est au milieu du XVIIIe siècle qu'une nouvelle étape de leur histoire se déroule, caractérisée par de nouvelles remises en question de leur rôle dans la cité. Temporairement interrompue par la Révolution qui les supprime en Août 1792, elle reprend dès l'adoption du Concordat de 1801 à Troyes et Châlons, sous la Restauration à Reims. Point de rencontre entre un clergé exigeant et des fidèles soucieux de vivre une piété toujours plus intérieure, favorisant aussi la dévotion familiale et féminine et oeuvrant également au succès des grandes dévotions universelles et locales, les confréries font figure de véritables écoles de piété dans la vie religieuse urbaine. Cette étude, originale par ses choix chronologiques et sa démarche comparée entre trois cités dont les histoires se croisent en permanence, est une intéressante contribution à la connaissance des tissus associatifs religieux anciens.