Le XIXe siècle passe pour le siècle de l'histoire, de sociétés modernes hantées par leurs productions tant matérielles que culturelles, s'arrachant par le travail, la technique et la science aux contraintes de la nature. Notre ouvrage propose de montrer, à l'inverse, que les pensées sociales de la période ont entretenu d'étroits rapports avec le concept, diversement élaboré, de nature. Le socialisme est un terrain fécond pour déployer une telle relecture tant il semble éclairer – dans ses nombreuses variantes – les modalités par lesquelles la nature est appréhendée comme un moyen de penser non seulement la consistance du social mais aussi les manières d'intervenir sur lui et de le transformer.
Vincent Bourdeau, Arnaud Macé – La nature du social : l'hypothèse d'un effet politique dans le champ des savoirs ; Vincent Bourdeau – Un entretien avec Claude Blanckaert : Un autre regard sur l'histoire des sciences humaines.
Partie I. Variations naturalistes des socialismes européens entre 1830 et 1848
Vincent Bourdeau – Nature et pensée sociale au XIXe siècle : Enjeux politiques de l'organicisme ; Andréa Lanza – La variété naturelle du social dans les socialismes français des années 1840 ; Anne Durand – Ludwig Feuerbach : la nature et la nature humaine comme fondement d'une praxis sociale et politique ; Gregory Claeys – L'owénisme : politique naturelle et économie artificielle ; Vincent Bourdeau – Nature et travail : Les deux formes de la richesse sociale selon Auguste Walras.
Partie II. Héritages naturalistes et recomposition des socialismes après 1848 : en france
Chloé Gaboriaux – Nature versus Citoyenneté dans le discours républicain : l'héritage du Second Empire ; Edward Castleton – Une anthropologie téléologique : fins et origines des peuples et des hommes selon Pierre-Joseph Proudhon ; Loïc Rignol – Enfantin contre Guépin : Théologie et politique d'une science de l'homme ; Frédéric Brahami – Les tenailles d'acier de la nécessité. Taine, une naturalisation de l'histoire.
Partie III. Héritages naturalistes et recomposition des socialismes après 1848 : en europe
Wolf Feuerhahn – Sciences de la nature versus sciences de l'esprit : un conflit allemand des facultés ; Arnaud Macé – Dialectique générale et dialectique restreinte : le marxisme avec la nature ; Gareth Stedman Jones – L'impossible anthropologie communiste de Karl Marx ; Jean-Christophe Angaut – L'Entraide de Kropotkine : un socialisme darwinien ? Irène Pereira – Pierre Kropotkine et Elisée Reclus, aux sources des théories anarcho-communistes de la nature.
Le XIXe siècle passe pour le siècle de l'histoire, de sociétés modernes hantées par leurs productions tant matérielles que culturelles, s'arrachant par le travail, la technique et la science aux contraintes de la nature. Notre ouvrage propose de montrer, à l'inverse, que les pensées sociales de la période ont entretenu d'étroits rapports avec le concept, diversement élaboré, de nature. Le socialisme est un terrain fécond pour déployer une telle relecture tant il semble éclairer – dans ses nombreuses variantes – les modalités par lesquelles la nature est appréhendée comme un moyen de penser non seulement la consistance du social mais aussi les manières d'intervenir sur lui et de le transformer.