La démocratie libérale est en crise dans le monde entier, incapable de faire face aux problèmes urgents tels que le changement climatique. Il existe cependant une autre voie?: la démocratie coopérative. Des coopératives de consommateurs aux coopératives de crédit, des coopératives de travailleurs aux mutuelles d'assurance, des organisations à but non lucratif à l'aide mutuelle, d'innombrables exemples prouvent que les gens qui travaillent ensemble peuvent étendre les idéaux de la démocratie participative et de la durabilité à tous les aspects de leur vie. Ces formes de coopération ne dépendent pas de la politique électorale, au contraire, elles exploitent les pratiques et les valeurs de longue date des coopératives?: l'autodétermination, la participation démocratique, l'équité, la solidarité et le respect de l'environnement.Bernard E. Harcourt développe une théorie et une pratique transformatrices qui s'appuient sur des modèles mondiaux de coopération réussie. Il identifie les formes les plus prometteuses d'initiatives coopératives et distille ensuite leurs enseignements dans un cadre intégré.Œuvre créative de théorie critique normative, Coopération offre une vision positive pour relever les défis impérieux qui se posent à nous et qu'en s'appuyant sur les valeurs fondamentales de la coopération et sur le pouvoir des personnes qui travaillent ensemble, un nouveau monde de démocratie coopérative est à notre portée.
Cet ouvrage, qui est devenu aujourd'hui un classique de la sociologie du travail française, est le fruit d'une enquête empirique par observation participante sur le travail en atelier au sein d'une grande entreprise de la métallurgie lyonnaise dans les années 1970. En rejetant dos à dos la fiction d'une organisation scientifique du travail et les discours misérabilistes sur la condition ouvrière, Philippe Bernoux jette les bases d'une théorie de l'appropriation du travail qui a influencé ensuite de nombreux observateurs des mondes productifs contemporains. Plus que jamais d'actualité, cet ouvrage initialement publié chez Privat en 1981, est enrichi de textes inédits qui permettront de resituer le contexte de cette recherche et d'en saisir les échos contemporains.
Cette nouvelle édition éclairera toutes celles et tous ceux qui portent intérêt au travail et à ses mutations (syndicalistes, étudiantes et étudiants, femmes et hommes d'entreprises, etc., et bien sûr spécialistes des sciences sociales du travail).
Max Horkheimer, philosophe et sociologue, est l'un des plus éminents représentants de l'École de Francfort et de la théorie critique.Publié en 1963 et traduit ici pour la première fois en français, Du préjugé (Über das Vorurteil) réunit le texte d'un exposé de Horkheimer et la discussion qui l'a suivi, tenus en 1962.Dans ce court essai, Horkheimer analyse la structure du préjugé, sa forme apparemment inoffensive et ses effets destructeurs. Loin d'être une simple erreur de pensée, le préjugé relève d'une disposition à la fois psychique et sociale : il exprime le besoin de certitude, d'appartenance et de supériorité, il contribue à justifier et à maintenir les hiérarchies établies.La discussion, quant à elle, réunit sept intervenants venus de la philologie, de la théologie, de l'histoire, de la sociologie, du droit et de la critique d'art. Elle approfondit la réflexion sur les dimensions culturelles et psychologiques du préjugé, tout en soulignant le rôle essentiel de l'éducation et des médias pour le dévoiler et le combattre.À l'heure de la montée du populisme et des replis identitaires, Horkheimer nous ramène à une réflexion et à une vigilance critique face aux mécanismes qui divisent la société.
Ce portrait vivant révèle les distinctions sociales liées à la couleur de peau, au langage et aux modes de vie, une hiérarchie complexe qui fragilise la solidarité nationale de l'Égypte contemporaine.
À travers les concepts de méritocratie, symbole des périodes d'ascension sociale par le mérite, et de décadence, reflet d'agissement égoïste et moralement défaillant, l'auteur dévoile les tensions profondes au coeur de la société égyptienne. Mêlant analyses historiques, sociologiques et culturelles, il analyse la difficulté à construire une citoyenneté républicaine dans un contexte géopolitique dominé par l'impérialisme américain et la montée de l'islamisme.
Cet ouvrage éclairant, original et engagé, renouvelle l'écriture politique en s'ancrant dans le quotidien des Égyptiens et présente une réflexion nuancée sur les défis internes et externes à la construction d'un État moderne et démocratique.
" Rendre capables " des jeunes souffrant psychiquement
L'ouvrage traite d'une question clé du monde social contemporain : la gestion de la jeunesse troublée psychiquement. Aujourd'hui, celle-ci n'est plus qualifiée de dangereuse ou à problèmes, néanmoins, elle pose certains défis. Que faire des jeunes femmes et hommes dont l'adolescence a été marquée par des mal-être psychiques qui ont été observés et pris en charge par des institutions ad hoc ? Que faire, quand ces adolescent·e·s deviennent officiellement adultes et, dès lors, entrent dans un nouveau régime institutionnel de considéra- tion de leurs troubles ? Comment dire leurs troubles, sachant que ce travail diagnostique va avoir un impact durable, voire irréversible sur leur destinée ? Comment autonomiser et responsabiliser ces jeunes quand on ne sait pas ce que l'on peut raisonnablement exiger d'eux et elles ?L'auteur rend compte et analyse les embarras professionnels ren- contrés par des intervenant·e·s en charge d'insérer des jeunes souffrant psychiquement et de statuer sur leurs capacités. Par une enquête approfondie menée en Suisse et au Québec auprès de ces professionnel·le·s, il montre comment ils et elles entretiennent les possibles pour les jeunes dans l'espoir qu'ils trouvent leur place en société.
Les algorithmes font depuis quelques années l'objet d'études qui interrogent les manières dont ils changent nos modes de vie et de production. Toutefois, la question de ce qu'ils font directement au travail reste peu étudiée et appréhendée sous le prisme de la délégation technique qui ne cesse pourtant de croître. L'objectif de ce numéro est de compenser ce manque, à travers des contributions rendant compte de ce que les algorithmes font au travail, des conséquences de la délégation technique dans l'organisation des activités salariées, ou encore des modalités politiques des algorithmes dans le travail. Les recherches composant ce numéro s'appuient sur des terrains et analyses étudiant des secteurs et milieux aussi divers que ceux de la médecine, de l'industrie musicale, du logiciel, de l'État, du journalisme ou de l'économie à la demande.
Le corps humain, immédiat, dans son surgissement, lorsqu'il est dissimulé au regard ou qu'il est en mouvement dans l'espace public, suscite du discours, des représentations et des phantasmes… autant qu'il est autorisé, scruté, censuré, stigmatisé. Le corps, qu'il soit considéré indécent, non-conforme, hors-normes, nous fait être au monde, nous subjective. Plusieurs disciplines interrogent le corps en Occident, corps montré/dissimulé/en mouvement au travers des normes juridiques et sociales, des lieux de persécution et à l'heure de la lutte de réappropriation.
Depuis les années 1990, le mal-logement gagne du terrain dans les grandes villes
européennes. On estime qu'il existe près de 900 000 personnes sans domicile en Europe
et 19 millions qui vivraient dans des habitats indignes.Ces chiffres sous-estiment très probablement la gravité du problème. En France comme ailleurs,
la cherté du logement et l'augmentation des inégalités résidentielles ont conduit les personnes les plus
modestes à se replier vers des habitations excentrées, parfois dégradées et, dans les cas les plus ex-
trêmes, à avoir recours aux centres d'hébergement et aux habitations de fortune.L'une des figures centrales de l'exclusion, le sans-abri, suscite une attention médiatique saisonnière.
Elle n'est cependant que la partie visible d'une nébuleuse de myriades de situations précaires. Un
nombre croissant de personnes vivent ainsi éloignées des grands centres urbains, dans des camions
ou des cabanes, campent à l'année, ou ne fréquentent pas (ou plus) les structures d'aide.Quelles trajectoires ont conduit ces personnes à vivre aux marges du logement ordinaire?
Quelles difficultés spécifiques rencontrent-elles? Comment vivent-elles concrètement au
quotidien? Quelles ressources et quelles stratégies mettent-elles en place pour (sur)vivre et
quels liens ont-elles avec les services d'aide?À partir des résultats de plusieurs enquêtes Insee et Ined, et d'un travail sur le ter-
rain auprès de ces populations mal-logées ou sans domicile, les contributeurs donnent ici
la parole à ces femmes et ces hommes que la vie a un jour laissés au bord de la route.L'ouvrage, préfacé par Manuel Domergue, directeur d'études à la Fondation Abbé Pierre, expert
des questions de précarité et de mal-logement, permet de dresser le portrait de ces invisibles, au
plus près de leur réalité quotidienne.
Comment fonctionnent les politiques culturelles en Suisse, et qui prend les décisions ? Qui est considéré comme un participant légitime, et par quels processus ces arrangements changent-ils, en (dé) faveur de qui ? Cet ouvrage s'intéresse aux acteurs politiques, administratifs et culturels qui " font " les politiques culturelles. Adoptant une approche configurationnelle originale puisant dans la science politique, la sociologie des élites et les cultural policy studies, ce livre se focalise sur le pouvoir et les mobilisations des acteurs pour analyser de manière comparative les transformations des politiques culturelles dans les cantons de Berne, Genève et Bâle.Dans une approche combinant analyse chronologique des processus et analyse des réseaux, les évolutions différenciées de ces politiques publiques de la culture sont expliquées par la mobilisation, ou l'absence de mobilisation, de plusieurs coalitions et acteurs au sein des configurations. Certain·e·s participant·e·s peuvent en effet faire avancer les processus de décision en s'appuyant sur leurs positions institutionnelles, leurs interconnexions professionnelles et personnelles : des entrepreneur·e·s de politique publique qui s'activent pour favoriser un changement et des médiateur·e·s de politique publique qui agissent en faveur d'un compromis.Ce livre met ainsi en lumière l'articulation délicate de différents principes – entre fédéralisme et subsidiarité, entre démocratie et autonomie de l'art – qui structure les débats et les décisions concernant les politiques culturelles en Suisse.
Repenser les traités et droits des autochtones au Canada
Qu'est-ce qui justifie la proclamation de la souveraineté et de la compétence de l'État canadien sur son vaste territoire, si ce n'est le poids de sa population majoritaire et son pouvoir de s'imposer? Pourquoi les premiers habitants du Canada devraient-ils avoir à réclamer leurs droits sur ce qui était leur terre quand les colons sont arrivés??Ces interrogations, au cœur de tous les jugements des tribunaux sur les droits des autochtones, de tous les rappels aux obligations stipulées dans les traités et de toutes les négociations sur les revendications territoriales, sont, depuis près de trente ans, celles de l'anthropologue Michael Asch. Dans Nous sommes tous ici pour y rester – déclaration du juge Lamer, président de la Cour suprême lors de l'affaire Delgamuukw c. Colombie-Britannique?– Michael Asch réexamine l'histoire du Canada sous le prisme des droits ancestraux et des relations entre les Premières nations et les colons. Il aborde les raisons pour lesquelles les colons peuvent revendiquer leur droit de demeurer dans le pays, au-delà de leur pouvoir de l'imposer. En examinant diverses possibilités et points de vue, il propose une voie fondée sur le respect de "l'esprit et l'intention" de ces traités, qui, selon lui, pourrait désormais offrir aux deux communautés une manière éthique d'être "ici pour y rester".
This volume is rooted in a commitment to epistemic justice in times of rising precarity in academia. It seeks to question the hegemonic definitions of 'doing research'. Commitment to gender studies, as the title suggests, is already an assurance to a form of research that is 'otherwise' – one that looks beyond neoliberal, competitive, and individual-driven agendas. Moreover, the anthology is an attempt to unfollow hierarchies, confront oppressive structures and question taken-for-grantedness in disciplinary knowledge production. The contributors are part of the Inter-university Doctoral Program Gender Studies CH at the universities of Basel, Bern and Zürich. They consist of professors, doctoral students, coordinators and further scholars, that belong to the wider network. They have all 'done' gender studies in various transnational and transdisciplinary contexts. Reflections on how knowledge is produced are thus nurtured by diverse networks of feminist solidarity, an ethics of care and a politics of situated research(ers). Authors engage with the politics of such an 'otherwise' in their respective contexts to illuminate intersubjective and collaborative ways of 'doing gender studies' and of 'producing research otherwise'
Cet ouvrage retrace l'histoire de la planification familiale en République démocratique du Congo, entre les années 1970 et 2020, à travers le témoignage d'une scientifique américaine de renom, spécialiste des questions de santé reproductive, Jane Bertrand.
Elle a, pendant cette période, accompagné des projets ambitieux de planning familial, aussi bien locaux au niveau des communautés et des centres de formation, que nationaux, institutionnels et internationaux, en coordonnant notamment l'utilisation des financements de l'USAID et de certaines fondations par les ONG.
L'amélioration de la santé des femmes et de leurs enfants, de l'accès aux méthodes de contraception et d'espacement des naissances, a été dès le départ au cœur de ces programmes, encore renforcés par la lutte contre l'épidémie du VIH et l'urgence des comportements de prévention.
Le récit est captivant. Il mêle la grande histoire, parfois chaotique, et l'expérience personnelle de l'auteure, au jour le jour. Il comprend plus d'une centaine de témoignages d'acteurs et actrices locaux pour la plupart, mais aussi de personnalités politiques et de coordinateurs de projets de dimension internationale.
Tout au long de ces décennies, dans un contexte d'instabilité politique et de crise économique et sociale, notamment dans l'Est de la RDC, les acteurs de la planification familiale ont travaillé sans relâche. Leur rôle est aujourd'hui d'autant plus crucial que l'aide américaine est suspendue depuis février 2025.
Cet ouvrage présente l'engagement et la conviction profonde d'une chercheuse qui a mis la science au service de la réduction des inégalités. Jane Bertrand nous offre ici un ensemble unique de données qualitatives et d'indicateurs permettant d'enrichir le travail scientifique et la recherche académique, notamment pour les historiens et spécialistes en santé publique.