Massif préalpin savoyard, les Bauges s'intercalent entre la vallée de l'Isère, le lac du Bourget et le lac d'Annecy. Au cœur de cette forteresse calcaire où l'on accède par des cols et des gorges, s'étend un petit pays de montagne, profondément humanisé, partagé aujourd'hui entre agriculture, artisanat et tourisme. Le canton du Châtelard qui lui donne son armature administrative est l'avatar d'une ancienne châtellenie du comté de Savoie née autour d'une forteresse aujourd'hui disparue. Pour l'historien médiéviste, ce petit pays offre la caractéristique d'être remarquablement documenté pour le 13e et le 14e siècle. Fonds monastiques et sources administratives du comté de Savoie se complètent pour éclairer de nombreux aspects de cet univers de montagne. Apparaît alors une société fortement encadrée par la seigneurie et l'État princier ; une société paysanne où les communautés d'habitants sont discrètes mais néanmoins bien présentes et où s'affirme une petite élite de notables ; une société où les communautés monastiques, pourtant bien pourvues en terres, ne jouent pas le rôle central qu'on leur prête. Dans cet univers où l'arbre reste omniprésent, les villages actuels tapissent déjà les vallées. Au-dessus les défrichements se poursuivent activement par la hache et le feu jusqu'à la veille de la Grande Peste. Plus haut encore, moines et paysans s'affrontent pour le contrôle des alpages.
Renaissance littéraire et renaissance linguistique en pays de langue d'oc aux 19e et 20e siècles
Le 19e siècle a été, en Europe, "le siècle des renaissances" littéraires et linguistiques. Des langues connaissent alors des formes d'institutionnalisation dont elles n'avaient jamais bénéficié jusque-là, et, de ces langues accédant ainsi à la légitimation culturelle et politique, des traditions littéraires surgissent ou resurgissent. L'urgence des temps s'accompagnait alors d'une résurgence des mots. La renaissance littéraire occitane a fait partie de ce mouvement multiforme, avec ses caractéristiques propres. Elle n'est pas renaissance à partir de rien, mais retour sur une histoire déjà ancienne : celle de ses origines et de ses splendeurs médiévales, dont le souvenir a cependant très tôt été considéré bien davantage comme le signe d'une disparition que comme celui d'une continuité à restaurer. De Fabre d'Olivet, son théoricien, jusqu'à Frédéric Mistral, en passant par le Bordelais Antoine Verdié ou l'Agenais Jasmin, ce manque s'est transformé en désir d'écriture sans relâche travaillé par la question lancinante de la transmission des mots et de son interruption. Au 20e siècle, des écrivains comme Joseph d'Arbaud, Antonin Perbosc ou, plus près de nous, Max Rouquette et Bernard Manciet, ont ancré leur écriture dans cet exil des origines qui est ainsi devenu la forme première de leur expression et de leur imaginaire.
L'ouvrage réunit tout ce qu'il faut savoir de l'ancien occitan pour lire les troubadours et les textes de la littérature occitane du Moyen Âge. Les auteurs ont voulu qu'il soit surtout pédagogique, simple, clair et facile à consulter, afin que la découverte et l'apprentissage de la langue occitane ancienne soient plus agréables et plus efficaces/Recampa çò que cal saber de l'occitan ancian per legir los trobadors e los tèxtes de la literatura occitana de l'Edat Mejana. Los autors l'an volgut sustot pedagogic, simple, clar e de bon consultar per tal que la descobèrta e l'aprendissatge de la lenga occitana anciana foguèsson mai agradius e mai eficaces.
Lettres d'Albert Blanc à François Buloz, 1858-1861
Le volume rassemble vingt-huit lettres adressées de 1858 à 1861 par Albert Blanc (1835-1904), futur haut fonctionnaire, ambassadeur et ministre du royaume d'Italie, à François Buloz, le directeur de la Revue des deux mondes. Présentées et annotées par Christian Sorrel, professeur d'histoire contemporaine à l'université de Savoie, elles éclairent, de réflexions générales en anecdotes, l'état d'esprit d'un jeune libéral savoyard en quête d'une carrière entre littérature, journalisme et diplomatie et dessinent, à grands traits, le théâtre sur lequel se joue le destin croisé de la Savoie, de la France et de l'Italie à l'heure de la guerre de libération contre l'Autriche, de l'unification de l'Italie et de la cession de la Savoie à la France.
La suite de l'analyse du cursus des élèves ayant quitté l'école élémentaire en juin 2000, permet d'examiner les divers aspects de la vie scolaire de ces collégiens, notamment en terme de projection individuelle sur leur avenir scolaire et professionnel.
Savoirs, écriture et sociabilité urbaine, Lyon, 17e -18e siècle
Aux 17e et 18e siècles, l'action culturelle de la Compagnie de Jésus s'appuie, un peu partout en Europe, sur une représentation nouvelle de la ville où la circulation des inscriptions, des livres, des informations, des savoirs tient désormais le premier rôle. Pour naturaliser la présence de l'Ordre, tardivement arrivé dans le paysage urbain de la modernité, les jésuites vont se présenter comme un corps d'experts auprès des corps de ville, capables par leur maîtrise de l'écrit et des sciences de donner un contenu, une solidité et une unité à la fonction culturelle des cités où ils sont implantés. Ce processus sociohistorique de la naturalisation de l'intervention culturelle jésuite dans la ville moderne est étudié via un double choix d'échelle d'analyse. En premier lieu, l'unité d'observation a été réduite à un ensemble d'acteurs particulièrement visibles dans la ville, les auteurs de collège. Ensuite, en se focalisant sur Lyon, capitale provinciale de première importance dans le réseau européen des établissements jésuites, il s'agissait de prendre au sérieux les dynamiques spatiales à l'œuvre dans la construction de l'universalisme de la Compagnie. Cette recherche est à la croisée des histoires institutionnelle, religieuse, culturelle et sociale. L'approche combinatoire et pragmatique permet de saisir la façon dont s'élabore au 17e siècle dans l'interaction et se dissout au milieu du 18e siècle une économie chrétienne des grandeurs urbaines.
L'ouvrage rassemble cent quarante-neuf inscriptions latines répertoriées principalement dans le Sud et l'Est du département. Après une introduction qui présente le département dans l'Antiquité selon ses aspects politiques, administratifs, économiques, sociaux et religieux, les auteurs commentent dans chaque notice, l'inscription. Ainsi celles de l'Ain apportent des informations sur le cadre institutionnel, la mise en valeur économique, le statut juridique des personnes et l'onomastique, les cultes et la vie religieuse de ce territoire à l'époque romaine. Une bibliographie sélective, des indices détaillés, des tables de concordances complètent l'ouvrage et en facilitent la consultation.
Sont ici publiées et commentées les deux cent vingt-sept monnaies antiques grecques, puniques et provinciales romaines conservées aujourd'hui dans le médaillier du Musée-Château d'Annecy. Tel qu'il est présenté, le matériel offre au lecteur un bel exemple de ce qui pouvait sortir des ateliers monétaires du monde méditerranéen. Ainsi se succèdent dans ce volume, du 5e siècle av. J.-C. au 3e siècle de notre ère et de l'Espagne à l'Iran, de nombreuses émissions de cités, de peuples et de rois, autant de témoignages propres à rappeler combien la monnaie, déjà dans l'Antiquité, était à la fois un instrument essentiel des échanges économiques et un signe fort de la souveraineté politique.
Acteurs, pratiques et territoires, 19e-20e siècles
Une commune culture technique est à l'origine, de part et d'autre de la frontière franco-suisse, d'activités industrielles aussi diverses que l'horlogerie, l'automobile, la mécanique, la lunetterie ou les microtechniques. Les historiens, géographes, économistes et praticiens qui ont collaboré au livre ont accepté le jeu de la confrontation interdisciplinaire pour s'interroger sur le rôle des élites économiques et de l'État dans l'industrialisation, les formes prises par les relations interentreprises, la place d'une grande firme leader au sein d'un réseau régional de PME, les mécanismes de l'innovation, et le rôle des institutions dans la cristallisation et le fonctionnement des territoires productifs. Cette exploration du passé, proche ou lointain, des systèmes productifs de l'Arc jurassien éclaire le présent d'une région où, sous les coups de la mondialisation, l'industrie connaît de grands bouleversements.
Bourgeoisie terrienne, fermiers, pisciculteurs, chasseurs, écologistes, néo-ruraux peuvent-ils cohabiter sur un territoire dont ils se disputent l'usage ? Comment, en Dombes, autour de l'étang qui se cultive, se pêche, se chasse et se préserve, se tisse le lien social entre ces groupes antagonistes ? Par l'attention portée aux multiples et subtiles hiérarchies, aux rapports de pouvoir qui traversent la société dombiste, l'auteur nous amène dans ce livre au plus intime du fonctionnement complexe des sociétés rurales françaises d'aujourd'hui. Avec cette analyse fine d'un système social entièrement sous tensions, où les réseaux de solidarité et d'affrontement se négocient et se redessinent en permanence, l'ouvrage dévoile comment une société locale se structure et s'invente dans la confrontation, comment elle se forme et se transforme avec et sous le regard des citadins.
L'ouvrage est une contribution importante à l'histoire des Parlements et des institutions judiciaires de l'Ancien Régime. Issue de deux journées d'études, la quinzaine de communications rassemblées ici explorent la fonction du parlement normand dans la ville de Rouen. Jusqu'ici peu d'études ont été consacrées aux rapports de l'institution avec la ville, la grande partie d'entre elles étant dédiées aux rapports avec le pouvoir royal. L'implication du Parlement, en accord et en association avec la municipalité, garantie la cohésion sociale de la ville et veille à la vie quotidienne des rouennais par des fonctions de police, de justice, d'assistance publique et de lutte contre les épidémies — notamment contre le long fléau de peste noire. En dehors de Rouen, les études examinent également les rapports des Parlements de Dijon, Besançon, Bordeaux, Grenoble et Rennes.
L'ouvrage synthétise l'ensemble des interventions réalisées au cours de séminaires dédiés à la formation de formateurs sur la scolarisation en milieux ruraux et montagnards, et présente l'orientation générale et la problématique de la recherche lancée en 1999 pour suivre de façon nominative pendant cinq ans une cohorte de 2600 élèves des écoles rurales et montagnardes de six départements français comprenant tous les types de ruralité déterminés par l'INSEE. Cette recherche, qui a suscité l'intérêt de l'Union européenne, devrait déboucher sur la constitution d'un réseau thématique européen COMENIUS regroupant, sous la coordination de l'Observatoire Observatoire de l'école rurale, des établissements de formation des enseignants et des établissements scolaires de six pays (Autriche, Espagne, France, Italie, Roumanie et Suisse).