Les textes réunis ici interrogent les destins de l'œuvre ethnographique de l'" homme de terrain " qu'a été Maurice Leenhardt (1878-1954), missionnaire et ethnologue de la Nouvelle-Calédonie. Celui que James Clifford a salué comme le précurseur d'une anthropologie polyphonique ou plurivocale, où ethnographe et interlocuteurs locaux croisaient leurs voix, a-t-il été une figure marginale de l'anthropologie française ? ou l'auteur d'une phénoménologie religieuse originale, occultée par la tradition rationaliste et structuraliste dominante dans cette discipline ? Ou encore a-t-il été plutôt un missionnaire inscrit dans une position coloniale ou l'initiateur d'une théologie de la libération, voire du mouvement national kanak ? L'ouvrage répond à ces questions et donne un ensemble d'éclairages sur la production du savoir ethnographique en situation coloniale et sur le christianisme océanien — ce faisant, il s'inscrit dans le riche débat sur les rapports entre anthropologie et mission.
Le point de départ de l'anthropologie psychanalytique est la prise en compte de la réalité fantasmatique dans les constructions réciproques du sujet et des œuvres de culture. Le corps physique et psychique des deux sexes constitue la voie de passage entre l'universel du désir humain et la singularité des civilisations. Cette relation de connivence profonde entre l'individu désirant et l'instauration des règles sociales est le leitmotiv des auteurs du volume. L'anthropologue, partant de la surface des choses, remonte les chaînes causales, guidé par le fil rouge de la sexualité. Le psychanalyste reconnaît dans les matériaux des ethnologues un travail psychique qui lui est familier sous d'autres formes. C'est à cet échange de regards entre anthropologie et psychanalyse qu'invite l'ouvrage, conçu par des spécialistes des deux disciplines.
Au croisement de l'histoire des religions et de l'anthropologie, la réflexion méthodologique prolonge et éclaire ici celle élaborée par l'école italienne. Le lecteur trouvera notamment une analyse des origines et du développement de la pensée de De Martino, à partir de la distinction entre expérience religieuse et réflexion critique sur la religion. Le second itinéraire de la recherche s'appuie sur une documentation anthropologique relative à la Nouvelle Guinée. Le problème de la délimitation entre le sacré et le profane et de la nature de l'altérité induit - à travers l'étude de pratiques festives assignant à l'animal un statut culturel - l'interrogation fondamentale sur la notion de "frontières".
Selon Goethe, "l'enfant fait vraiment l'éducation du père"... Le volume invite, en mobilisant ce que nous savons aujourd'hui de l'architecture de l'esprit des enfants, à mieux comprendre la façon dont ces derniers apprennent, et à réhabiliter la part de l'enfant dans le processus d'apprentissage...Au sommaire : G. Lenclud, "Apprentissage culturel et nature humaine" ; L. A. Hirschfeld, "Pourquoi les anthropologues n'aiment-ils pas les enfants ?" ; E. Valette-Cagnac, "Etre enfant à Rome" ; C. Stafford, "Langage et apprentissage des nombres en Chine et à Taïwan" ; P. L. Harris, "Les dieux, les ancêtres et les enfants" ; J. Delalande, "Culture enfantine et règles de vie. Jeux et enjeux de la cour de récréation" ; H. Jisa, "L'acquisition du langage" ; C. Salomon, "Quand les filles ne se taisent plus. Un aspect du changement postcolonial en Nouvelle-Calédonie" ; S. Divay, "Quand la jeunesse devient compétente".