La question de la personne est le noeud de l'opposition entre les deux courants de la pensée libérale : les libéraux et les communautariens. Le présent essai tente de dépasser les termes rebattus du débat en reconsidérant la philosophie de John Rawls.De l'individu frileux par rapport à toute prise de risque, plus raisonneur que raisonnable et réussissant le tour de force de n'être ni égoïste, ni altruiste, ni envieux, au citoyen conscient de son "devoir de civilité", le passage que Rawls essaie de rendre plausible est au premier abord étonnant.Pourtant, en empruntant à la tradition républicaine le philosophe américain semble réussir à briser le carcan des paradigmes tradidionnels.
1. Un "empirisme raisonnable" : Une hétéronomie implicite – 2. Une théorie des sentiments moraux ? Le respect de soi ; L'envie ; L'altruisme et le surérogatoire ; Deux analyses (complémentaires) du principe de différence
II : L'individualisme libéral en question
3. L'intersubjectivité essentielle : La notion de bien commun : l'Arlésienne communautarienne ; La question de priorité du moi sur ses fins – 4. Justice, communauté et complémentarité : Possession et communauté de ressources ; Le consensus par recoupement – 5. Valeurs et culture politique publiques
III : une communauté libérale ?
6. Repenser le juste et le bien : L'encombrant héritage kantien – 7. La tradition libérale : Le concept de tradition chez McIntyre ; Entre procédure et histoire ; La question du sens de la justice – 8. De l'éthique protestante rawlsienne : des relents calvinistes ? La pluralité évanouie ; Prudence, frilosité et risque-zéro ; Le rejet du mérite
IV : Public/privé, l'espace-flux
9. Genèse d'une dichotomie : Considérations historiques ; Le privé comme moyen du public ; Le public comme moyen du privé ; "Une circulation nécessaire" (Geneviève Fraisse) ; 10. Public-privé, un faux problème ? Une certaine idée du consensus par recoupement ; Le proviso ; Structure de base, associations et principes de justice ; "Background culture", "nonpublic political culture", "public political culture" ; TJCE : le lieu par excellence du politique
V : Position originelle et voile d'ignorance
11. Le problème du voile d'ignorance : Neutralité, vérité et raisonnable ; Nagel et l'illusion rawlsienne d'impartialité ; Contrat hypothétique et légitimité – 12. Une position originelle sans voile d'ignorance : Le jeu de rôles ; Le spectateur impartial smithien ; L'éthique de la discussion ; Intersubjectivité, impartialité et partialité : le cas de la théorie de la réversibilité ; Autrui : un critère insuffisant pour asseoir la théorie du spectateur impartial ; Le dialogisme illusoire de l'éthique de la discussion
VI : Impartialité et partialité raisonnable
13. Refondre la notion de raisonnable – 14. Quel compromis ? La condition de partialité raisonnable chez Rawls ; Le principe altruistique, ou le raisonnable revisité ; Les enseignements du débat Rawls-Nagel
VII : Raisons prudentielles, raisons morales
15. Psychologie morale et théorie de la justice : Le principe du réalisme psychologique minimal ; Tendance, structure et contextualisme ; La place de la partialité : quel point de vue personnel ? – 16. Le conflit de la morale et de l'intérêt individuel : Raisons, raison et valeur ; Bien-être, projet de vie et respect de soi – 17. Rôle social de la justice et délibération publique : Projets de vie, autonomie individuelle et communauté
VIII : Quelle liberté, quel libéralisme ?
18. Libertés politiques, libertés individuelles – 19. Un idéal politique substantiel ? Considérations historiques ; Un sens de la justice républicain ?; Liberté et valeur de la liberté
IX : Quel tournant civique ?
20. Le républicanisme libéral de Rawls : substantiel, pas (seulement) instrumental : Libertés politiques et égalité politique ; Quand les devoirs priment sur les droits ; Le "devoir de fair-play" et la liberté comme non-domination – 21. Le politique, entre valeur et méta-valeur : Une théorie fondationniste
Épilogue
La question de la personne est le noeud de l'opposition entre les deux courants de la pensée libérale : les libéraux et les communautariens. Le présent essai tente de dépasser les termes rebattus du débat en reconsidérant la philosophie de John Rawls.De l'individu frileux par rapport à toute prise de risque, plus raisonneur que raisonnable et réussissant le tour de force de n'être ni égoïste, ni altruiste, ni envieux, au citoyen conscient de son "devoir de civilité", le passage que Rawls essaie de rendre plausible est au premier abord étonnant.Pourtant, en empruntant à la tradition républicaine le philosophe américain semble réussir à briser le carcan des paradigmes tradidionnels.