L'insistance avec laquelle Gilles Deleuze a essayé d'ouvrir la philosophie aux non-philosophes est directementproportionnelle à la force qu'il a mise à saisir sa singularité. C'est pourquoi sa conception de la philosophieest une des plus précises et systématiques de l'histoire de la discipline. Elle se divise en une théoriedes éléments, qui comporte le concept,le plan d'immanence et les personnagesconceptuels, et en une théorie de la créationqui comprend une théorie de la méthode –malgré la méfiance que Deleuze exprimait àl'égard de cette notion –, une histoire de laphilosophie qui lui valut un grand nombre dereproches, et une conception du discours philosophique,peut-être implicite, certes, maisnon moins consistante.Concept et méthode se propose de développercette conception de la philosophie à partirde la formule que Deleuze a employéepour définir la discipline depuis ses premierstravaux jusqu'aux derniers : " création deconcepts ". Elle est elle-même une créationconceptuelle, mais qui ne dévoile toute sonoriginalité que si on la replace dans la tradition.
La pensée kantienne recèle la " clef de la philosophie moderne ". C'est par de tels éloges qu'en 1904, tandis que la seconde vague du néokantisme déferle dans l'Europe entière, est saluée la mémoire de Kant. Aucune philosophie n'a pu faire l'économie d'un débat avec cette pensée. Aucun site de la culture n'a échappé à son influence : les mathématiques, la physique, la physiologie, la psychologie, la morale, le droit, la politique, la création artistique, l'esthétique, la linguistique, l'anthropologie, tous ont, dès le dix-huitième siècle, été travaillés de l'intérieur par des thèmes ou des méthodes venant de Kant. Si cette philosophie est bien un " monument d'airain ", c'est surtout une formidable source de créativité, l'origine d'une dynamique philosophique encore efficiente. Le plus bel hommage, aujourd'hui encore, consiste sans doute non pas à ajouter un élément supplémentaire aux études historiques, mais plutôt à s'efforcer de prendre la mesure de cette efficience, de ressaisir l'importance contemporaine de la pensée kantienne et d'en retracer les voies. C'est à une telle visée que correspondent les études qu'on va lire, issues de communications dans le cadre d'un colloque international à l'occasion du bicentenaire de la mort de Kant, organisé à l'Université de Lille 3 par le Centre d'études critiques (Paris IV) et le Centre Eric Weil (Lille 3) en février 2004.
Y a-t-il un lien entre les oeuvres de Husserl, Freud, Bergson, Russell, Durkheim et bien d'autres, toutes apparues autour de 1900 ? Y a-t-il un moment 1900 en philosophie ? Telle est la question posée par ce livre à travers une diversité d'études confiées aux meilleurs spécialistes et unifiées par des relations dont dépend, au-delà de 1900, tout le XXe siècle philosophique, jusqu'à nous.
La question "qu'est-ce que l'homme, quelle est sa place dans le cosmos?" a occupé Scheler sa vie durant. Cette question, qu'il qualifie de métaphysique, possède chez lui non seulement une portée éthique mais est indissociable d'une critique de la civilisation. Elle se pose au regard d'une époque dans laquelle l'essence de l'homme est "devenue plus problématique que jamais". Scheler en rend responsable le positivisme, le pragmatisme et l'évolutionnisme. C'est au cours de ce débat entre ces courants de pensée et les sciences naturelles qu'il élabore son anthropologie philosophique, à laquelle il assigne la mission d'être une "métanthropologie", c'est-à-dire de redonner sa place à une métaphysique qui prend l'homme pour centre. L'ouvrage rassemble des études originales, en français et en allemand, qui s'efforcent de dresser un bilan de la contribution philosophique de Max Scheler entre 1915 et 1925.
Germaniste, universitaire, et bordelais par sa carrière, Gilbert Merlio est le dédicataire de l'ouvrage, rédigé par ses collègues et amis dans le sillage de ses réflexions et travaux. Comprendre la catastrophe de 33-45 nécessitait une étude des idéologies complexes pré-nationales-socialistes qui se sont développées en Allemagne et, plus largement, en Europe, pendant les années 20 et 30. Sa thèse sur Oswald Spengler a notamment contribué à l'éclaircissement de ces phénomènes. L'Allemagne unie de la fin du 19e et du début du 20e manifeste une volonté farouche de s'affirmer et de valoriser ses différences. La critique de la raison, reprise du courant romantique, constitue le paradigme de cette différence pour les arts et la pensée. Pour les thuriféraires de l'irrationalisme, le rapport à la raison est assimilé au processus de civilisation et à la modernité, ce qui entraîne un intellectualisme outrancier doublé d'un lâche optimisme en l'avenir. Le traumatisme et l'humiliation de la première guerre mondiale a activé l'hostilité à la raison. L'ouvrage décline en trois parties les analyses relatives à la critique de la raison. Une première partie regroupe les études sur des textes et des auteurs qui s'opposent totalement à la raison (Moeller van den Bruck, Ernest Jünger…) ; une seconde partie réunit des positions plus nuancées quant à la critique de la raison, en littérature, philosophie et histoire. Enfin, une dernière partie rassemble les critiques adressées à la critique de la raison.
Ewige Wederkehr des Gleichen ? Nietzsches Zentralbegriff kann die französische Rezeption kennzeichnen, denn er spielt nicht nur bei fast allen Kommentatoren eine Rolle, sondern zeigt auch ihre Besonderheit an. Sie erweist sich weniger als lineare Entwicklung denn als zyklisches Phänomen, insofern als eine Reihe von Themen und Fragestellungen seit einem Jahrhundert ihre Aktualität behält : Ist Nietzsche ein radikaler Zerstörer oder versucht er auch aufzubauen ? Welchen Stellenwert hat die Kunst ? Wie hält er es mit der Religion ? Hat er Einfluss auf den Nationalsozialismus ? usw. Das Buch zeichnet Nietzsches Weg in Frankreich nach, stellt ein Mosaik von Interpretationsansätzen vor entsprechend der Auffassung Nietzsches : "Je mehr Augen, wir für dieselbe Sache einzusetzen wissen, um so vollständiger wird unser "Begriff" dieser Sache sein."
Le présent ouvrage recueille des études sur diverses figures idéal-typiques ou historiques (Kant, Hegel, Heidegger) de l'affirmation ou de la critique de la raison et de la philosophie dans leur rapport à la violence. On y trouvera aussi la traduction d'un texte d'Eric Weil (1931) et un catalogue des manuscrits inédits du philosophe.
Ce livre contient trois textes inédits d'Eric Weil (1904-1977), intitulés "De la nature", "L'influence de la Révolution française sur la pensée européenne" et "La Constitution anglaise". Ces textes jettent un éclairage particulièrement instructif sur les ouvrages déjà connus du philosophe, sur sa conception de la nature et sa philosophie politique.
Les philosophes du XXème siècle auront peu parlé de sagesse, comme si la philosophie,en ce siècle des idéologies dévastatrices et du déchaînement de la violence extrême, devait se contenter de constater l'échec de toute quête, non seulement d'un discours philosophique cohérent et totalisant, mais aussi d'une vie en laquelle l'exigence philosophique s'incarnerait. A contre-courant, Eric Weil (1904-1977), qui a connu de près le règne de la déraison et de la violence de ce temps, et qui en a eu, autant sinon plus que tout autre, une conscience aiguë, aura oppposé un tel discours qui s'achève sur la pensée de la décision à la sagesse. Il fut question, amicalement, des différents aspects et difficultés de cette pensée, lors de deux journées d'études organisées à Nice (1994) et à Lille (1995) - deux lieux qu'Eric Weil a marqué de son enseignement et de sa présence de 1956 jusqu'à sa mort. Les textes recueillis reprennent, en situant le philosophe en son temps, sa conception de la violence, de l'action, de l'éducation, son interprétation des différentes significations historiques de la sagesse, sa compréhension enfin des rapports entre action, poésie, philosophie, sagesse.