Le Défini et l'inépuisable

Essai sur Connaissance de l'Est de Paul Claudel
Claude-Pierre PÉREZ
Date de publication
1er janvier 1995
Résumé
Le livre est un essai sur l'esthétique de Connaissance de l'Est, recueil de poèmes en prose composés par Claudel en Chine, entre 1895 et 1905. Partant des déclarations contenues dans les Mémoires improvisés, qui mettent l'accent sur l'importance des procédures rationnelles dans la composition de ces textes, et sur le désir de conduire une exégèse de la création, qui habitait alors leur auteur, l'essai montre d'abord la diversité du recueil, sur lequel se sont exercées des influences a priori fort peu compatibles — celles de Rimbaud, de Jules Renard, de Mallarmé et de saint Thomas par exemple. Il tente surtout de mettre en évidence l'existence sous-jacente d'une "autre esthétique", inspirée notamment par les arts de l'Orient. Cette esthétique se réclame d'Anima plutôt qu ... Lire la suite
FORMAT
Livre broché
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Date de première publication du titre 1er janvier 1995
ISBN 9782251605579
EAN-13 9782251605579
Référence 110381-39
Nombre de pages de contenu principal 282
Format 16 x 24 x 1.6 cm
Poids 446 g
INTRODUCTIONp. 7Fragmentation et faible volume de la littérature critique consacrée à CE. Le commentaire de Claudel. Paradoxe de ce commentaire ; sa vraisemblance ; ses faiblesses. Solidité et fluidité dans CE.Exposé de la problématique : la diversité du projet claudélien ; les facteurs d'unité ; l'autre esthétique".PREMIÈRE PARTIE : L'ARBRE TORDUINTRODUCTION ................................................................................................ p. 25 CHAPITRE 1 : Description, journal, épopée....................................................... p. 291.Décrire ou ne pas décrire ? Diversité rhétorique de CE. CE décrit de moins en moins. Description et explication. CE et la littérature de voyage.2.Un journal de voyage ? Des carnets aux poèmes. Le travail du texte. Un journal sans dates et sans noms de lieux. Une référence troublée.3.Connaissance de l'ouestLa mythologie gréco-latine dans CE. L'imitation du ton de l'épopée antique.4.Du journal à l'épopéeDescription et épopée ; CE et le genre épique. CE au croisement de plusieurs genres.CHAPITRE 2 : De Saint Thomas à Rimbaud parRenard et Mallarmé .......................................................................................... p. 55Critique de la notion de source. Objet de ce chapitre.1.Saint ThomasDivergences de la critique quant au thomisme de Claudel. Le thomisme à la fin du XlXème siècle. Claudel lecteur de SaintThomas : d'après le journal, les agendas, CE. La "méthode" thomiste. Le "paradis de certitude". Connaissance de l'Être.2.MallarméUnanimité de la critique. Le style de Mallarmé et celui de Claudel. La "méthode" mallarméenne. Mallarmé et Saint Thomas. L'influence mallarméenne s'exerce-t-elle bien là où les Mémoires l'indiquent ?3.Jules RenardL'argumentaire de G. Gadoffre. L'emprunt de traits stylistiques. Une même organisation du texte ? L'esthétique du tableau. La part d'Animus.4.Rimbaud Discrétion de la critique. Difficultés propres à l'étude du rapport Rimbaud-Claudel. Le Rimbaud de Claudel: similitude de son projet et de celui de CE ; la "roideur" rimbaldienne ; le jaillissement ; la pureté ; Rimbaud et la conversion.Des influences contradictoires, nourrissant un projet multiple.CHAPITRE 3 : Le drame sous le paysagep. 97Jouissance et drame.1."L'exil où il est entré le suit""Pensée en Mer". Le passé interdit. La banquette arrière.2.Le renoncement au mondeLa tentation du cloître. Discrétion de CE à cet égard. Les moines chinois. "Tombes, Rumeurs". "La Descente".3."La Noirceur noire"La peur. Approfondissement du motif nocturne au fil du recueil. La mort et l'absence de Dieu. La peur de Dieu. Ambivalences.Le refus de l'élégie.DEUXIÈME PARTIE : L'INTELLIGENCE ET LA VOLONTÉINTRODUCTION .............................................................................................. p. 123 CHAPITRE 4 : Psychologie du contre .............................................................. p. 125La psychologie du contre : définition.1."Il est insuffisant de voir"Ambivalence de Claudel à l'égard de la contemplation. La distance "irréparable".2.De l'oeil au tactL' oeil qui touche. Jouissance du toucher. Le bain.3.Le corps en action contre le mondeLa marche. L'imagination du travail. Des paysages dynamiques. Puissance du désir. Connaissance et provocation ; et "information".CHAPITRE 5 : La définition des formes ...........................................................p. 143Imagination matérielle et imagination formelle chez Claudel.1.Cela par quoi une chose est ce qu'elle est"La connaissance "estimation de la forme". Le goût des schémas. La forme comme "hiéroglyphe".2.Pratique de la définitionExemples de définitions. "Définir, c'est exclure". Une épistémologie "classique". Limites du rationalisme claudélien. Des "approximations exquises".3.Ordre, désordreÉloge du désordre. L'informe. Mise en forme par cadrage et constriction. Forme et force.4.La vie des formesDeux espèces de formes. L'organicisme de Claudel. "Villes". La géométrie "éludée par l'aile". Une autre épistémologie. CHAPITRE 6 : "Qu'est ce que ça veut dire ?"p. 1651.Le poème comme allégorieUn symbolisme anti-mallarméen ? Des "énigmes compréhensibles". Symbolisme claudélien et symbolisme médiéval. Maigreur de l'allégorie et exubérance claudélienne. Le sens multiple. "Devine ou je te dévore".2.Le poème comme charmeLe poème comme "faire". Une langue sacrale.3.L'orient de l'écritureUn artiste très conscient. Le faire et l'être. Poème et idéogramme. De Saint Thomas à Hokusaï.TROISIÈME PARTIE : À L'ÉCOUTE D 'ANIMAINTRODUCTION .............................................................................................. p. 187 CHAPITRE 7 : La sollicitation du vide ............................................................. p. 189Horreur et séduction du vide.1."Y a-t-il rien de réel hors de nous ?"Nihilisme occidental et bouddhisme. "Retirer ses pieds". "Du fait". Le réel comme un songe : "Heures dans le Jardin".2.Le monde est ce qui n'est pasLe "défaut" dans la réalité des choses. Métaphysiques fin-desiècle et catholicisme.3.Le vide et le pleinLe vide entre les textes. Le vide comme motif. Couplage du vide et du plein. Le vide, dimension spirituelle.CHAPITRE 8 : "Comme une liquidationde la réalité"................................................................................................... p. 207CE et l'Introduction à la Peinture hollandaise".1.L'eau "irrésistible"Chine et Hollande. "Rêves. "La Marée de Midi". La dissolution.2.IntérieursIntérieurs hollandais et intérieurs chinois. Intérieur et "liquidation". "Visite".3.Le silence qui permet d'entendre l'âmeBruit et silence chez Claudel. Un silence "chargé". "Écouter plus". L'oeil et l'oreille. Intelligible et "consommation". CHAPITRE 9 : LA DÉLECTABLE IGNORANCEp. 225"État de connaissance" et "état de joie".1."J'ai retrouvé l'ignorance"Critique claudélienne de la connaissance à l'époque de CE : Le Repos du Septième Jour ; La Ville ; la correspondance. Le savoir suspendu.2.Le suspensLe motif du suspens dans L'OEil écoute ; dans CE. Le suspens et le futur. L'oeuvre ouverte.3.L'allusionL'allusion comme stratégie visant à protéger le sujet. Esthétique de l'allusion : au Japon, chez Mallarmé. La lueur précaire. L'ineffable.CONCLUSION .................................................................................................. p. 241Le dialogue du poète et de la Muse. La part d'Anima ne doit pas faire oublier l'autre membre du couple. Coexistence des contraires. Le yin et le yang. La composition.L'inépuisable dans le défini : la médiation des choses. Plasticité sémantique des motifs claudéliens.L'effort de composition n'efface pas toutes les disparates et ne réduit pas le tourment intérieur.LISTE DES ABRÉVIATIONS UTILISÉES............................................................ p. 255 BIBLIOGRAPHIE ............................................................................................. p. 257TABLE DES MATIÈRES..................................................................................... p. 269
Le livre est un essai sur l'esthétique de Connaissance de l'Est, recueil de poèmes en prose composés par Claudel en Chine, entre 1895 et 1905. Partant des déclarations contenues dans les Mémoires improvisés, qui mettent l'accent sur l'importance des procédures rationnelles dans la composition de ces textes, et sur le désir de conduire une exégèse de la création, qui habitait alors leur auteur, l'essai montre d'abord la diversité du recueil, sur lequel se sont exercées des influences a priori fort peu compatibles — celles de Rimbaud, de Jules Renard, de Mallarmé et de saint Thomas par exemple. Il tente surtout de mettre en évidence l'existence sous-jacente d'une "autre esthétique", inspirée notamment par les arts de l'Orient. Cette esthétique se réclame d'Anima plutôt que d'Animus, préfère l'allusion à la traduction et, en dépit du titre de l'ouvrage et des commentaires a posteriori de l'auteur, débouche sur une critique - explicite - de la connaissance.

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