Des torrents de papier

Catholicisme et lectures populaires au 19e siècle
Loïc ARTIAGA
Collection
Mediatextes
Date de publication
27 novembre 2007
Résumé
Le 20 juin 1864, le monde de l'Église et celui des Lettres se toisent au grand jour. Tandis que journaux, livres bon marché et kiosques de gare font basculer la France en régime médiatique, la Papauté marque avec éclat son hostilité. Par un décret de l'antique congrégation de l'Index bientôt repris par la presse catholique toute entière, Rome interdit la lecture des grands romanciers de l'époque, de Balzac à Flaubert. Les auteurs encore vivants opposent une superbe indifférence à cet anathème, qui couronne trois décennies d'une lutte acharnée contre des "torrents" de papiers impies, dont les catholiques ne cessent de dénoncer l'influence croissante. S'appuyant sur des sources souvent inédites conservées au Vatican et dans les pays francophones, cette étude dévoile les m ... Lire la suite
FORMAT
Livre broché
20.00 €
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Date de première publication du titre 27 novembre 2007
ISBN 9782842874414
EAN-13 9782842874414
Référence 112133-29
Nombre de pages de contenu principal 196
Format 16 x 24 x 1.2 cm
Poids 320 g

Préface
Introduction

Première partie : La condamnation du roman

Chapitre I - La peur des "torrents" de papier
Les révolutions gigognes
Loups, sauterelles, sangliers et autres métaphores
Du danger des "petits livres empoisonnés"

Chapitre II - Mécanique de l'Inquisition littéraire
La congrégation de l'Index "mieux connue"
Les rythmes des condamnations
Bruissements de la rumeur et échos de la presse
Stupeur et tremblements

Chapitre III - Le quadruple examen de Balzac
La philosophie
Les mots
Les figures
Les mœurs

Deuxième partie : L'essor des pharmacies littéraires

Chapitre IV - L'archiconfrérie des bons livres
La conquête des âmes par le livre
Le temps des ambitions
La crise de croissance
Le temps des concurrences

Chapitre V - Quadrillages
Montréal, Murviel, Paris
Les relais institutionnels : l'exemple de la prison de Mazas
Les temps mesurés du livre
Le bibliothécaire en son domaine

Chapitre VI - Le principe de prescription
Le classement des ouvrages
La catégorisation des lecteurs
Le choix des remèdes
L'extension du contrôle

Chapitre VII - La rémission, ou le fantasme du repenti
Les tentations romanesques
Les conversions masculines
Le lecteur, suspect par nature

Troisième partie : Littérature et lectures catholiques : normes et "braconnages"

Chapitre VIII - L'édition d'une "bonne" littérature populaire
Production du populaire catholique
Collections et identité générique
Steady-sellers

Chapitre IX - Représentations et modèles
L'Histoire et la société au miroir déformant
Religion, dévotions, miracles
Le religieux prescrit et la question du "respect humain"
Les règles de la bonne lecture

Chapitre X - Le piège du "bon" roman
Flux et rythmes de consommation
La controverse des clercs-bibliothécaires
"Bons" romans et plaisir de lecture

Conclusion
Bibliographie
Annexes Passages relevés par l'Index à la lecture du Lys dans la vallée et de Histoire des treize d'Honoré de Balzac
Les figures du "bon" lecteur Liste des cartes, graphiques et tableaux

Le 20 juin 1864, le monde de l'Église et celui des Lettres se toisent au grand jour. Tandis que journaux, livres bon marché et kiosques de gare font basculer la France en régime médiatique, la Papauté marque avec éclat son hostilité. Par un décret de l'antique congrégation de l'Index bientôt repris par la presse catholique toute entière, Rome interdit la lecture des grands romanciers de l'époque, de Balzac à Flaubert. Les auteurs encore vivants opposent une superbe indifférence à cet anathème, qui couronne trois décennies d'une lutte acharnée contre des "torrents" de papiers impies, dont les catholiques ne cessent de dénoncer l'influence croissante. S'appuyant sur des sources souvent inédites conservées au Vatican et dans les pays francophones, cette étude dévoile les mécanismes conduisant l'Église à condamner puis à tenter de capter à son profit le formidable outil que représente la fiction populaire, dès lors qu'elle se transforme en machine idéologique propre à imprégner l'imaginaire des masses. Aux romans bannis par l'Église s'opposent dès les années 1830 de "bons" et "sains" ouvrages, distribués dans des bibliothèques contrôlées par les clergés locaux. Une politique de la lecture reposant sur l'observation et la classification de lecteurs populaires se dessine : pour contrecarrer la percée du feuilleton-roman, les catholiques sont les premiers à distribuer gratuitement des livres de fiction expurgés, considérés comme des antidotes à la fièvre de lecture qui gagne les couches populaires. De l'établissement de la liberté de la presse en 1830 au Syllabus de 1864, la contre-offensive catholique détermine les positions tenues par l'Église face aux poussées successives de la culture médiatique. À la Belle Époque comme à l'ère de la télévision, le clergé tentera de juguler les effets produits par les nouveaux médias, éditant revues et guides pour éclairer le peuple dans la jungle toujours plus foisonnante des produits culturels. L'orthopraxie de la lecture de masse imaginée sous la monarchie de Juillet fait des nouveaux consommateurs de romans des malades curables. L'histoire de leurs comportements face au redoutable dispositif incluant production, diffusion et distribution des "bons" romans nous apprend qu'ils peuvent aussi se montrer rapidement résistants au traitement qu'on leur impose, mieux disposés à cheminer librement dans les vastes provinces de la littérature populaire.

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