Dans nos sociétés vieillissantes, une réalité demeure largement invisible : les personnes en situation de sans-abrisme elles aussi vieillissent, souvent de manière précoce. Ce constat, pourtant observable chaque jour sur le terrain, reste largement absent des politiques publiques et de la recherche.
Vieillir en situation de sans-abrisme participe à combler ce manque. Issu de la recherche interdisciplinaire La ville avec ses marges (HES-SO Genève), l'ouvrage croise le regard de professionnel·les, de décideur·ses politiques et urbanistes avec les expériences, les savoir-faire et les formes de résistance des personnes concernées. Vieillir à la rue, c'est un corps qui s'use plus vite, des besoins qui évoluent mais des dispositifs qui restent inadaptés.
Le livre rend visibles les dimensions sociales, sanitaires et urbaines de cette réalité encore peu reconnue et met en lumière les limites des dispositifs actuels ainsi que l'instabilité qu'ils produisent. Les auteures énoncent quatorze recommandations qui placent la dignité, le pouvoir d'agir et le droit à un " chez-soi " au cœur des enjeux.
Enrichi de photographies, de dessins et de cartographies, cet ouvrage invite à appréhender de manière sensible les réalités de la grande précarité, en changeant de regard et en repensant les formes possibles d'un accompagnement.
Dans des contextes sociopolitiques marqués par la recomposition de l'État-providence, une nouvelle forme de travail social émerge : le travail social entrepreneurial. Comment se structure-t-il ? Quelle légitimité acquiert-il ? Comment la gouvernance participative contribue-t-elle à l'articulation d'une mission sociale avec des logiques économiques ?
L'ouvrage aborde la question de l'entrepreneuriat social comme forme innovante de travail social venant compléter les autres formes de travail social qui se sont développées depuis le XIXe siècle.
Objets, écologies et économies de l'intervention sociale
Comment penser et pratiquer le travail social dans un monde marqué par la numérisation, les inégalités économiques et les crises écologiques ? L'ouvrage interroge la manière dont les transformations contemporaines des conditions matérielles d'existence reconfigurent les publics, les institutions et les pratiques professionnelles. Il propose de dépasser une approche strictement anthropocentrée pour analyser les interdépendances entre humains et non-humains dans la production des vulnérabilités et des solidarités.
Les contributions explorent les dimensions spatiales, écologiques, économiques et techniques qui façonnent l'intervention social, les inégalités et les pratiques de l'accompagnement. Il s'intéresse aux lieux (prison, logement précaire, littoraux, etc.), aux infrastructures (cyberadministration, dispositifs d'activation), aux ressources (argent, alimentation) et aux environnements (pollutions, limites planétaires) qui conditionnent concrètement l'action sociale.
La notion de frontières entre les domaines du médical et de l'intervention sociale est au centre du présent ouvrage. Dès les prémices de la professionnalisation du secteur social, la puissance et l'aura exercées par la sphère médicale sur le travail social ont été observées. Ces lignes de partage se dessinent en pointillé ou au marqueur encore aujourd'hui. Travaux de recherche et retours d'expériences déployées dans plusieurs pays francophones permettent d'analyser les relations professionnelles à la lisière de ces deux univers. Entre le prestige et un certain pouvoir du secteur médical, d'une part, et la reconnaissance imparfaite de l'intervention sociale, d'autre part, comment les modalités de collaboration sont-elles élaborées, mises en place et perçues?Des éléments de réponse se trouvent dans les contributions à cet ouvrage qui présentent des situations tirées de différents contextes d'intervention – milieu scolaire, protection de l'enfance, secteur des addictions, unité de psychiatrie, centre médico-social, etc. Les cadrages théoriques mobilisés sont également multiples: sociologie critique, interactionnisme, travail des frontières, sociologie du travail, sociologie de l'action publique. Ces situations et ces approches variées permettent de rendre compte des différentes formes d'interrelations professionnelles – conflit, domination, collaboration, médiation – ainsi que de leur impact sur les " publics " et les praticien·nes du social. De plus, elles permettent d'identifier les enjeux sociaux et politiques des coopérations entre ces deux modes d'intervention. Interroger l'intervention sociale au regard des prestations médicales permet également de poser et de clarifier ses spécificités en vue d'une meilleure reconnaissance de ses apports.
Tout éducation, et l'éducation sexuelle ne fait pas exception, se déploie dans un cadre normatif. En Suisse, l'éducation sexuelle a été fortement marquée par des représentations hygiénistes, de santé publique ou par des principes moraux voire religieux. Aujourd'hui, les droits humains constituent également un cadre de références.Quels sont les contenus et les orientations de l'éducation sexuelle actuelle? Quelles sont les attentes des jeunes? Quel est le regard porté sur l'éducation par les jeunes, les parents et le corps enseignant? Les droits humains font-ils réellement partie de cette éducation? Cet ouvrage se propose de répondre à ces questions sur la base d'une recherche qui a exploré les représentations des différents groupes concernés à propos des droits sexuels, des valeurs démocratiques qui les sous-tendent (participation, non-discrimination, égalité, liberté, etc.) et de leur prise en compte ou non dans les pratiques éducatives. Pour chaque type d'acteurs et actrices, la place des droits sexuels est donc abordée, qu'elle soit considérée comme base, repère, ou objet de l'éducation sexuelle. Le degré d'appropriation de ces droits a aussi été pris en considération, qu'ils soient méconnus, ignorés, appliqués ou questionnés.Cet ouvrage est destiné à toute personne impliquée dans l'éducation sexuelle des enfants et des jeunes, que ce soit en tant que parent, professionnel·le de la santé, du travail social et de l'éducation ou encore en tant que scientifique et responsable de formation. Il vise à enrichir les manières de penser l'éducation sexuelle par la compréhension de la place accordée ou non aux droits.
La Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) adoptée en 2006 par l'ONU réaffirme le principe selon lequel les personnes vivant une situation de handicap jouissent des mêmes droits de participer à la vie politique et communautaire que tout autre citoyen ou citoyenne.A travers lois, règlements ou conventions, les Etats ayant signé et ratifié cette convention établissent des politiques –– qui dessinent les orientations à suivre en faveur du développement de pratiques inclusives. Cependant, pour les personnes en situation de handicap, l'écart entre les lois et les pratiques peut s'avérer important, tant les attitudes négatives, les préjugés, les lacunes dans l'organisation des services et les problèmes d'accessibilités sont lents à disparaître. Passer du principe à la réalité peut souvent sembler utopique.Pourtant, des initiatives citoyennes et scientifiques menées avec succès démontrent que l'émancipation des personnes avec une déficience intellectuelle est en marche et que l'autodétermination tend à devenir une réalité pour une partie croissante d'entre elles. Pour les enfants, on tend vers une scolarisation plus inclusive, pour les adultes des dispositifs en vue d'une plus grande autonomie dans les choix de vie fondamentaux sont sporadiquement mis en place.Les contributions présentées dans cet ouvrage sont issues d'expériences de personnes concernées, de professionnel·e·s, de chercheur·e·s et d'étudiant·e·s de différents pays francophones (Suisse, France, Belgique, Canada) et offrent des pistes de réflexion et d'action en vue d'une concrétisation de l'égalité des droits.
Pour les bénéficiaires de l'intervention sociale, l'autodétermination est souvent présentée comme un objectif à atteindre. Ceci est particulièrement vrai dans le domaine socio-éducatif concernant les personnes présentant une déficience intellectuelle (DI). Mais qu'entend-on par autodétermination? Qui la souhaite et dans quel but? Par quels moyens les personnes concernées peuvent-elles y parvenir?Les auteures de Co-construire l'autodétermination au quotidien mettent en lumière la primauté de la relation socio-pédagogique entre les personnes accompagnées et les professionnel·le·s dans le démarrage de ce processus.Basée sur une recherche participative, l'ouvrage souligne la nécessité d'ancrer le concept d'autodétermination dans un quotidien partagé, pragmatique et dynamique, dans lequel la relation socio-pédagogique constitue un moteur. Quatre grands thèmes en lien avec le déploiement de l'autodétermination sont abordés: la co-construction des représentations et les définitions, l'autodétermination dans la vie quotidienne, les obstacles et ressources et finalement les caractéristiques de la relation d'accompagnement.La méthodologie mise en œuvre au cours de la recherche permet de développer des stratégies pour la promotion de l'autodétermination des personnes ayant une DI. Les auteures fournissent des clés pour que cette démarche soit aisément répliquée et adaptée dans d'autres contextes d'intervention sociale.
Au-delà de la transition liée à leur âge, les jeunes migrant·e·s avec statut de séjour précaire, font face aux obstacles liés à ce statut juridique durant leur parcours scolaire et professionnel. Ils et elles doivent tracer un chemin entre pays d'origine et pays de résidence, oscillant entre l'attente d'une stabilisation et la peur d'un renvoi, navigant entre une orientation dans des filières à plein temps ouvertes et des formations professionnelles duales qui leur sont fermées.En présentant à la fois le dispositif de prise en charge, la vision des professionnel·le·s du social et de l'éducation, et la vision des jeunes eux-mêmes, cet ouvrage offre un éclairage renouvelé de cette transition.
Enfance, jeunesse, familles et travail social : de la prévention précoce à la participation sociale
Un enfant de 2 ans, accueilli dans une crèche, crise et frappe un autre bambin…
Faut-il voir dans ce geste, le signe précurseur – pour un enfant issu d'un milieu vulnérable – d'une trajectoire délinquante à l'adolescence? Ou s'agit-il d'un enfant ordinaire dont l'éducation ne fait que commencer? Et si besoin est, comment agir?
De la vision de l'enfance envisagée, dépend la réponse à ces questions et le mode d'intervention adopté. En se basant sur des expertises scientifiques et économiques réductrices, d'aucuns opteront pour une prévention précoce normative qui glisse vers une pathologisation des conduites sociales dès la petite enfance. Une toute autre posture est celle d'une prévention prévenante: malgré un environnement aux inégalités marquées, un monde dans lequel la frontière entre norme et pathologie s'est tendue, certains s'engageront pour la généralisation de conditions sociales acceptables. Divers acteurs de l'accompagnement socio-éducatif font le choix de favoriser l'épanouissement des enfants, des jeunes et des familles, de valoriser leurs potentiels et de viser la participation sociale plutôt que la stigmatisation et le contrôle.
L'ouvrage Au risque de la prévention, porté par le réseau "Socialisation des mineurs", réunit des contributions d'enseignants et chercheurs en travail social, de responsables politiques et de professionnels des domaines socio-éducatifs. Réflexions théoriques et éthiques accompagnent l'exposé de pratiques innovantes à fort potentiel émancipatoire. L'ouvrage apporte ainsi des éléments au débat sur le modèle de société que nous souhaitons.
Dans un contexte professionnel et organisationnel en tension, notamment avec l'établissement de nouvelles normes de gouvernance de l'intervention sociale, le travail social connaît de profondes mutations. Les professions et les formations qui le structurent, se trouvent engagées dans des situations paradoxales entre prescription et autonomie. On relèvera par exemple, l'augmentation des exigences alors que les ressources diminuent; l'injonction d'insérer des personnes précarisées dans un système économique générant lui-même de la précarisation. Dans le champ de la formation, les différents cursus et l'accent mis notamment sur le développement des compétences engendrent l'ajustement des programmes et l'adaptation des formateurs et des enseignants-chercheurs.Les contributions réunies dans Dynamiques du travail social en pays francophones permettent d'entrevoir les conditions de renouvellement des métiers du social et les régulations mises en œuvre dans chacun des cinq pays francophones convoqués (Belgique, France, Luxembourg, Québec, Suisse). En dépeignant des paysages contrastés et en soulevant des questions ouvertes issues d'expériences hétérogènes, l'ouvrage vise à alimenter la réflexion et les débats des praticiens, des étudiants, des professeurs-chercheurs et des usagers au sein du travail social.
La journée internationale de la femme est devenue une institution! Chaque année, le 8 mars, les questions d'égalité et de mixité dans les domaines d'activité professionnelle ou domestique sont soulevées et les inégalités ou le manque de mixité dénoncées. Comme si, les 364 jours restants, la construction des hiérarchies et des divisions du travail ou des tâches selon le genre pouvait se perpétuer. Depuis plus de trente ans, un passage de la parole aux actes est attendu en Suisse afin que l'égalité des chances et des places devienne une réalité.
Sans garantie de mixité déconstruit les avancées – aux apparences parfois trompeuses – en matière de mixité, dans le travail socio-sanitaire en particulier et plus généralement dans la formation. Les contributrices à ce recueil mettent en avant les mécanismes de reproduction de la non mixité, apportent des éléments de compréhension des politiques et des pratiques institutionnelles de promotion de la mixité, et examinent de manière critique le rapport complexe entre égalité et mixité.
Cet ouvrage, issu de recherches et d'analyses de mesures prises sur le terrain veut contribuer au développement d'une réelle égalité des sexes dans le monde du travail.
Les familles migrantes ayant des enfants en situation de handicap doivent non seulement faire face aux défis liés à ce handicap mais elles doivent de surcroît composer avec les exigences administratives, matérielles, économiques et culturelles liées à leur migration.
A travers une synthèse des approches disciplinaires utiles pour comprendre la problématique, une recension d'outils, des illustrations tirées de la littérature et des analyses de cas, Geneviève Piérart invite le lecteur à repenser l'intervention dans le champ du handicap à l'aune de l'interculturalité, et passer par là, d'une perspective de " double handicap " ou de " double altérité " à une perspective de " double compétence " de ces enfants et de leurs familles.