Se basant sur l'architectonique proposée par Eugen Fink, le dernier assistant de Husserl, cet essai expose la phénoménologie transcendantale en dix thèses qui s'enchaînent les unes aux autres. L'architectonique mise en œuvre vise à souligner combien la " corrélation ", qui est la percée décisive de la phénoménologie, modifie radicalement le mode de penser par représentation, prévalant dans la modernité. Héritier de Kant mais aussi de l'idéalisme allemand, Husserl opère lui aussi un bouleversement de la révolution copernicienne, en n'admettant plus la distinction entre phénomène et chose en soi.
Sans Kant, la notion actuelle de l'État de droit serait inconcevable, telle est l'hypothèse de départ du présent livre. Le fondement kantien de la notion, développé, enrichi, mis en cause également, est ici examiné par Hegel, Léon Duguit, Ernst Cassirer, Hans Kelsen, Hannah Arendt, Niklas Luhmann, Jürgen Habermas et Ingeborg Maus. La présentation théorique et historique de la notion d'État de droit est complétée par l'analyse, plus pratique, de la manière dont la font vivre les juges des Cours européennes. L'originalité du volume, au carrefour de la philosophie politique, de la théorie de l'État et de la pensée juridique, consiste dans le regard croisé que philosophes et juristes portent sur cette notion. Il montre à quel point les deux champs disciplinaires ont aujourd'hui besoin l'un de l'autre.
Le lecteur de Schopenhauer est toujours confronté à la double référence à la " Volonté " ou au " vouloir-vivre ", qui donne le sens intime du monde, et à la " représentation ", fondée sur la dualité sujet/objet, qui est superficielle. Il en résulte des apories que Daniel Schubbe tente d'élucider par un travail de phénoménologie herméneutique. Loin d'être des fautes de raisonnement, les antinomies ou les intrusions de l'irrationnel auxquelles nous sommes confrontés, renvoient à notre situation existentielle, celle d'un entre-deux vécu intuitivement, irréductible aux concepts. Les apories valent pour Schopenhauer comme une forme de communication indirecte de l'indicible. La prévalence de l'être au monde annonce déjà l'existentialisme.
Le " transcendantal ", c'est quoi au juste? Est-ce une chose, un fait, une idée, une méthode, une structure psychique, un état mental? Cette notion semble au premier abord abstraite et insaisissable, difficile à cerner avec précision. Elle joue pourtant un rôle majeur dans la philosophie contemporaine, au moins dans son versant hérité du kantisme. Depuis Kant, elle se trouve au cœur de problématiques philosophiques qui sont toujours débattues aujourd'hui. Nos représentations et notre connaissance des objets se suffisent-elles à elles-mêmes, ou dépendent-elles de " formes " de notre esprit plus ou moins conscientes, qui méritent d'être élucidées? Ce livre s'attache à retracer certains aspects de l'histoire de la notion, de sa réception et de ses mutations, à partir de l'examen des problématiques les plus importantes qu'elle suscite.
Kurd Lasswitz (1848-1910) passe aujourd'hui avant tout pour l'ancêtre de la science-fiction allemande. De son œuvre, on a retenu surtout un roman, Auf zwei Planeten et quelques contes. Mais, physicien de formation, il est aussi l'auteur d'une Geschichte der Atomistik vom Mittelalter bis Newton et d'ouvrages de vulgarisation scientifique et philosophique.La présente étude s'attache à mettre en lumière la richesse et l'unité de cette œuvre. L'Histoire de l'atomisme est une étude de cas, dont l'objet est la compréhension historique et systématique de la connaissance scientifique, à travers l'émergence de la physique moderne. L'activité de vulgarisation vise, non pas à diffuser des savoirs constitués, mais à proposer aux contemporains une vision du monde intégrant les changements induits par les progrès des sciences. Le volet littéraire est essentiellement fiction explorant les possibles et les interrogations que suscitent leurs promesses. En pleine période de positivisme enthousiaste, Lasswitz, confiant lui aussi dans le progrès, n'en est pas moins soucieux de préserver les aspirations de l'humanité auxquelles les sciences de la nature ne sauraient répondre. C'est de l'intérieur même de la science qu'il s'attache à la défendre et à la limiter en s'appuyant sur le criticisme kantien.Une figure clé de son œuvre est le perspectivisme, le " déplacement du point de vue ", principe heuristique, principe éthique, garantie de l'ouverture de toute connaissance, et fondement d'une volonté de médiation, au service d'un idéal de culture dont l'enjeu est de concilier nécessité et liberté.
Cet ouvrage collectif regroupe les contributions de plusieurs spécialistes de philosophie allemande unis autour d'une même thématique: l'intuition, prise dans son acception kantienne. Il s'agit d'une part, dans cet ouvrage, d'étudier différents aspects de l'intuition chez Kant, envisagée soit comme source spécifique de connaissance, pure ou bien empirique, soit comme méthode de connaissance. Il s'agit d'autre part d'examiner les difficultés liées aux usages kantiens du terme d'intuition, à travers l'interprétation qu'en ont donné quelques-uns de ses grands lecteurs, comme Jacobi, Schopenhauer, Heine, Peirce, John McDowell, etc. Enfin, cet ouvrage donne une première traduction française de l'article de Moritz Schlick mettant en cause l'idée même de connaissance intuitive: " Y a-t-il de la connaissance intuitive? "