Des affres de l'exil aux aléas de l'intégration. Sociologie historique de la communauté indonésienne de Nouvelle-Calédonie
Les Javanais n'ont pas la réputation d'être un grand peuple migrateur. C'est pourquoi l'implantation de quelque 20000 javanais en Nouvelle-Calédonie entre 1896 et 1955 est très intéressante. Et si beaucoup sont repartis, d'autres, assez nombreux, ont fait souche. Arrivés comme coolies pour travailler à la mise en valeur agricole et minière de l'île, les Javanais ont progressivement diversifié leurs activités dans les secteurs secondaire et tertiaire. Leur progression économique et leur ascension sociale ne leur a toutefois pas encore permis de jouer un grand rôle sur le plan politique et leur intégration réussie s'est faite au détriment de problèmes d'identité culturelle et d'acculturation, notamment du fait d'un fort métissage. Cet ouvrage de sociologie historique part des causes du départ de Java et débouche sur l'analyse de la situation actuelle, à l'aube du 21e siècle. Il soutient l'idée que, pour occuper la place qui lui revient dans l'avenir du pays, la communauté javanaise doit réaffirmer clairement son identité comme une de celles qui en ont fait et doivent continuer à en faire la richesse.
Jeanne Cuisinier, élève de Marcel Mauss, apprit le malais aux Langues orientales à Paris, puis se spécialisa sur l'Asie du Sud-Est, en commençant par l'étude des Muong en Indochine. Ce terrain lui fournit la matière de sa thèse publiée en 1946 à l'Institut d'ethnologie. De ses archives personnelles, déposées à la bibliothèque du musée de l'Homme, Daniel Perret a extrait les principaux passages du journal de son premier voyage en Malaisie (1933) et, plus tard, de son long séjour comme enseignante à l'université Gadjah Mada de Yogyakarta (1952-55). De la mission en Malaisie, on retiendra la découverte de la péninsule par la première ethnologue française spécialisée sur cette région du monde. En 1952, Jeanne Cuisinier fut invitée à enseigner l'ethnologie. Sa description de l'atmosphère intellectuelle à Gadjah Mada est l'un des rares témoignages étrangers de cette époque.
Le site de Lobu Tua . Vol. I : études et documents
Au sommaire : Y. Subbarayalu, "The Tamil Merchant-Guild Inscription at Barus. A Rediscovery" ; K. Kévonian, "Un itinéraire arménien de la mer de Chine" ; R. Ptak, "Possible Chinese References to the Barus Area (Tang to Ming)" ; M.-F. Dupoizat, "Céramique chinoise de Barus et du Proche-Orient : analogies, différences, premières conclusions" ; D. Perret et S. Riyanto, "Les poteries proche-orientales engobées à décor incisé et jaspé de Lobu Tua. Étude préliminaire" ; C. Guillot et S. C. Wibisono, "Le verre à Lobu Tua. Étude préliminaire" ; D. Perret, "Tombes batak modernes de la région de Barus" ; N. Stéphan, "Le camphre dans les sources arabes et persanes. Production et usages" ; E. Katz, "L'exploitation du benjoin dans les hautes terres batak. Situation actuelle" ; M. Goloubinoff, "Senteurs de miel et d'encens. Le benjoin à Java Centre".
Le présent ouvrage s'intéresse aux transformations concomitantes des espaces bâtis et sociaux des maisons de type umah, qui sont les habitations des Balinais roturiers, dans la ville de Denpasar. Il s'applique à identifier les permanences, les mutations et les effacements du legs balinais, ainsi que les innovations inhérentes au fait urbain et à la modernité. L'approche ethno-architecturale met en évidence la corrélation étroite qui lie les formes architecturales et urbaines à l'ordre social coutumier balinais. À Bali, la relation habitat-habitant est d'autant plus forte que la résidence est une affiliation cultuelle. Groupement territorial, la maison correspond à l'espace intra muros qui inclut, outre l'espace domestique, le temple familial avec l'autel des origines où se perpétue le culte des ancêtres. Groupement social, la maison comprend la famille au sens large du terme, c'est-à-dire l'ensemble des familles nucléaires qui habitent dans la maison et celles qui sont ancrées à son temple familial. Toutes sont liées par un même culte des ancêtres qui résident dans le temple familial et s'incarnent périodiquement dans un de leurs membres. Aussi la maison, dans la double acception sociale et territoriale du terme, constitue-t-elle un groupe cultuel de descendance. Dans cette perspective, il apparaît que, parallèlement aux contraintes imposées par la modernité et le fait urbain, la nature et le degré des transformations admises dans l'habitat demeurent, en grande partie, déterminés par le statut cultuel de la construction.
Il y a dans l'islam une relation étroite entre les voyages et l'acquisition du savoir. Cet ouvrage analyse le rôle que l'Université et la mosquée al-Azhar (l'un des plus importants centres d'enseignement religieux de l'islam) ont joué et jouent toujours dans la formation des groupes intellectuels, politiques et religieux les plus influents de l'Indonésie ; il étudie plus précisément les échanges d'étudiants musulmans entre l'Indonésie et l'Égypte.
L'évolution de l'image de la femme est envisagée à travers un corpus d'une soixantaine d'œuvres littéraires, en majorité romanesques. Deux grandes périodes se distinguent. La première, du milieu du 19e siècle à 1942, présente des femmes pour la plupart dépendantes. Mais, avec le développement des mouvements nationaliste et féministe, des signes d'autonomie commencent à se manifester. La deuxième période, de 1942 aux années 1980, voit la tendance à l'autonomie se confirmer. Désormais les rôles de la femme sont diversifiés, elle n'est plus cantonnée dans ceux, traditionnels, d'épouse et de mère.
Nouvelle édition de l'ouvrage paru en 1980 sous le titre Sastra. Introduction à la littérature indonésienne contemporaine. On y trouvera certains des articles remis à jour, d'autres, l'anthologie par exemple, supprimés. En revanche, de nouvelles contributions ont été ajoutées afin de répondre à trois besoins qui paraissent maintenant évidents : fournir aux étudiants et aux chercheurs un ouvrage de référence sur la littérature indonésienne moderne ; indiquer ses origines et ses limites ; ne pas la limiter en vertu d'une définition trop stricte et arbitraire des belles-lettres.
Phan Huy Chú. Hai trình chí lu'o'c/Récit sommaire d'un voyage en mer, 1833
Phan Huy Chú, haut fonctionnaire viêtnamien (1782-1840), se rendit à Singapour et à Batavia en 1832-1833 et en a laissé ce récit. Signalé depuis longtemps dans les bibliographies érudites, ce texte est resté jusqu'à maintenant inconnu du public. Au moment même où les pays d'Asie du Sud-Est cherchent à retrouver leurs liens ancestraux et à redécouvrir une histoire commune, il est important de lire le récit de ce mandarin dont le manuscrit vient enfin de réapparaître.
Le Roi de Siam Chulalongkorn (1853-1910) s'est rendu en visite officielle à Java à trois reprises, en 1871, en 1896 et en 1901. Du deuxième voyage, il nous a laissé un journal très circonstancié dont, pour la première fois, de larges extraits sont traduits ici en français. Non seulement il y décrit les réceptions qui lui sont faites, à Singapour, Batavia, Yogya et Solo, et les excursions qu'il effectue avec toute sa suite au Papandayan, au temple de Borobudur, ou encore au Bromo, mais il nous fait part aussi de ses réflexions sur le système de gouvernement mis en œuvre aux Indes néerlandaises. Le pays se modernise certes, à l'instigation des Hollandais, mais les souverains javanais, dont les cours ressemblent pourtant tellement à celle de Bangkok, se trouvent réduits à un simple rôle de figurants.
Depuis la parution en 1981 d'une première bibliographie de la littérature en malais des Chinois d'Indonésie, la recherche s'est beaucoup développée dans ce secteur oublié. Il était temps de faire le point sur l'état nouveau des connaissances : ces huit textes visent à souligner les spécificités d'un mouvement qui, né vers 1870, a pris fin au lendemain de l'indépendance et que ce volume cherche à replacer dans l'ensemble de la littérature indonésienne.