La France et le Royaume-Uni du début des années 2010 auront été les témoins d'un phénomène a priori surprenant: des Églises chrétiennes se présentant comme une force de contestation antigouvernementale. Que ce soit à l'occasion de projets de coupes budgétaires en 2012 au Royaume-Uni, de l'ouverture du mariage aux couples homosexuels, ou de la garde à vue des étrangers, on a pu voir des évêques, des prêtres, des pasteurs, des laïcs se revendiquer de leur foi chrétienne pour contester des mesures gouvernementales.
Ce recueil se penche donc sur l'attitude des religions face à la contestation, et se demande dans quelle mesure elles peuvent elles-mêmes être force contestatrice, et pas (uniquement) des forces conservatrices comme cela est souvent allégué. Poser la question du lien entre religion et contestation impose de distinguer deux types de contestation, selon que l'on parle d'une contestation motivée par les principes religieux ou d'une contestation de ces mêmes principes. Les liens entre la religion et l'État seront explorés dans toute leur complexité sur un plan non plus uniquement conceptuel, mais également spatial et temporel.
La richesse des points de vue de nos contributeurs, de leurs propos ainsi que des espaces analysés dans leurs articles, place résolument cet ouvrage sous le signe de la diversité.
La lutte féministe qui s'organise en Grande-Bretagne à partir de la fin des années 1850, se durcit à la veille de la première guerre mondiale puis décline après l'obtention du droit de vote à égalité avec les hommes en 1928, s'inscrit dans un contexte qui correspond, d'un point de vue géopolitique, à la fois à l'apogée de la puissance coloniale britannique et à l'amorce de son déclin. L'Empire, qui, de façon générale, joue un rôle crucial dans l'élaboration de l'identité des colonisateurs tout autant que dans celle des colonisés, n'est, de fait, pas sans incidence sur cette première vague féministe. C'est en partie en vertu de leurs responsabilités philanthropiques, " civilisatrices " et éducatrices que celles qui luttent pour les droits des femmes au tournant du siècle cherchent ainsi à légitimer leurs revendications politiques. Dans le même temps, le pays est agité par de multiples revendications politiques et sociales sur lesquelles celles-ci ne peuvent manquer d'avoir une opinion. En replaçant les idéologies féministes britanniques dans leur contexte, et à travers différents cas de figures, le présent ouvrage cherchera à déterminer de quelle façon les allégeances politiques, mais également d'autres facteurs, tels que l'appartenance sociale et régionale/ nationale, ont été susceptibles de guider certaines prises de position et comment les féministes ont pu percevoir et se positionner vis-à-vis d'autres exclus de la citoyenneté, opprimés ou citoyens de deuxième ordre, qu'ils soient ouvriers, esclaves ou colonisés.
L'Allemagne, Empire colonial ? On l'ignore trop souvent, mais de la fin du 19e au début du 20e siècle se constitue brièvement un important Empire colonial allemand. "La geste colonisatrice" germanique s'inscrit d'ailleurs dans la très "longue durée" de l'espace continental européen, et la question du Reich, celle du rapport entre l'Empire et ses colonies, dont certains vont jusqu'à affirmer qu'il fut annonciateur d'Auschwitz, restera posée jusqu'à l'époque de la République Fédérale.
Convergences entre le Reich allemand et les autres grands Empires coloniaux ou bien "voie spécifique" allemande (Sonderweg) depuis le Saint-Empire germanique ? L'ouvrage répond à cette double interrogation en opérant un retour sur la généalogie de l'Empire dans le contexte international.
Depuis quelques années, la question de la "diversité" est devenue centrale, aussi bien au niveau de la réflexion théorique qu'à celui des études de cas sur la citoyenneté. Elle se réfère généralement aux différences de genre, de sexualités, aux différences fondées sur l'appartenance "ethno-raciale", l'origine nationale, ou les pratiques culturelles et/ou religieuses. L'apparition de ce terme dans l'espace public indique que la prise en compte des différences constitue désormais un enjeu dans des contextes socio-politiques très variés. Le terme cache toutefois autant qu'il ne révèle. Il brouille en effet la distinction entre les formes de différence que l'on pourrait appeler "horizontales", et les différences "verticales" que sont les inégalités. Celles-ci s'en trouvent minimisées, réduites à des problèmes facilement résolus grâce à une "reconnaissance publique de la diversité" qui ne nécessiterait aucune remise en cause du mode de distribution des ressources et/ou du pouvoir.
Chacun des onze textes de ce volume – quatre en anglais, sept en français – jette une lumière particulière, non seulement sur le ou les cas nationaux étudiés (France, Grande-Bretagne, États-Unis, Australie, Argentine, Équateur et Bolivie, Algérie) mais aussi sur la question plus générale des rapports complexes entre citoyenneté et diversité, compte tenu des philosophies publiques qui orientent la mise en forme de la citoyenneté à l'époque contemporaine.
Quels sont les rapports entre citoyenneté — entendue comme ensemble de droits individuels garantis à toutes et à tous par l'État, central ou décentralisé, et de devoirs envers lui — et empires, précurseurs du monde " globalisé " ou " mondialisé " d'aujourd'hui ? En quoi les différents empires européens (romain, chrétien, puis français et britannique) ont-ils affecté la question de la citoyenneté — ou l'acquisition des droits — des individus appartenant aux divers groupes en présence ? Quels effets cette histoire impériale multiple a-t-elle encore sur les lois et les débats d'aujourd'hui, dans les anciennes métropoles et colonie ? Qui est inclus dans la communauté nationale, dans quelles conditions ? Comment sont aujourd'hui gérés diversité et pluralisme dans les sociétés de culture européenne ?
Les mutations rhétoriques et politiques au Royaume-Uni. Colloque tenu à la Maison de la recherche à l'université Blaise Pascal, 19 et 20 mai 2005
Treize spécialistes de la civilisation britannique contemporaine étudient dans quelle mesure, au cours des dernières décennies, l'identité " citoyen et/ou consommateur " a été assignée ou revendiquée dans des domaines bien précis, l'éducation, la santé, les transports, la fonction publique… Ces deux concepts s'excluent-ils mutuellement ou au contraire, comme le prétend le New Labour, leur complémentarité ne constituerait-elle pas la base pour définir à la fois la citoyenneté et la consommation de demain ?
Pour un nouvel éclairage sur la pratique des lettres à la Renaissance. Journées d'étude organisées par le Centre d'études et de recherches sur la Réforme et la Contre-Réforme, les 15 nov. 2003, 12 juin 2004, 5 et 6 nov. 2004
En réfléchissant aux usages et fonctions de l'emprunt à une époque où cette pratique va de soi, les différents auteurs s'interrogent sur la paternité et les filiations de l'écriture. Comment les écrivains deviennent-ils des auteurs ? De quels textes tirent-ils leur autorité ? La propriété littéraire existe-t-elle ? À qui peut-on ou doit-on emprunter ? À partir de quand y a-t-il plagiat ? Que cachent l'anonymat et les noms de plume ?
Colloque international du CERHAC, Clermont-Ferrand, 25 et 26 juin 2004
A-t-on suffisamment entendu l'avertissement d'Aragon, qui, dans Les poètes, faisait l'apologie de Dassoucy, soulignant l'excellence de sa langue poétique et de sa prose ? Victime d'un jugement péremptoire de Boileau, et de la réputation infâme que lui fit pour la postérité le Voyage de Chapelle et Bachaumont, Charles Coypeau Dassoucy (1605-1677) s'est vu relégué pendant trois siècles sur le "second rayon" des bibliothèques. Il demeure encore mal connu : au cours des dernières décennies, les avancées de la critique sur le libertinage et l'écriture à la première personne ont permis de redécouvrir ses Aventures burlesques, mais ont négligé les autres aspects de sa production littéraire, abondante et polymorphe. Les contributions rassemblées ici portent sur les œuvres poétiques et dramatiques ainsi que sur les différents aspects de la narration "autobiographique". L'ouvrage propose par ailleurs un bilan de la réception de Dassoucy et inclut des annexes biographiques inédites, ainsi qu'une bibliographie réactualisée.
Élaboré en vue de la préparation à l'agrégation de lettres 2006, cet Index suit fidèlement le texte de l'édition de référence Michel François ("Classiques Garnier") de l'Heptaméron. Il favorise considérablement l'étude thématique de l'œuvre, en servant par exemple à définir la personnalité stylistique de chaque Devisant, en suggérant des co-occurrences révélatrices, etc. Il aide ainsi à une bonne compréhension d'un lexique plus raffiné qu'il n'y paraît ; l'étude des mots éclaire la nature composite de la culture de l'auteur, la complexité de sa psychologie, de son éthique, de sa religiosité. Cet outil met en évidence l'indécision constante d'un vocabulaire qui hésite entre le charnel et le spirituel, ce qui lui permet de rendre compte notamment d'une caractéristique de l'œuvre : la difficulté qu'ont les individus à communiquer entre eux.
L'ouvrage collectif examine le sens et la portée des relations entre la France et le monde luso-brésilien, de la Renaissance au siècle des Lumières, en les plaçant volontiers sous le double signe des échanges établis (la circulation de personnes, de doctrines, de thèmes littéraires et de pratiques culturelles, la réception de textes et d'images, les traductions…) et des représentations que les deux aires culturelles se sont réciproquement dirigées (descriptions, caractérisations, analyses). La diversité des approches et la variété des résultats obtenus sont le fruit de la perspective pluridisciplinaire adoptée et la preuve du grand foisonnement des problèmes abordés dans le livre, qui réunit des spécialistes de différentes disciplines, issus d'universités des trois pays directement concernés par la problématique étudiée.
Le volume réunit des explications littéraires et stylistiques ainsi que des lectures synthétiques de quelques nouvelles de l'Heptaméron de Marguerite de Navarre, à l'attention d'un large public d'étudiants de lettres et d'amateurs éclairés : tous pourront trouver, à travers ces approches variées, les clefs qui demeurent un préalable nécessaire pour aborder le texte de Marguerite de Navarre. Les éclairages proposés par les différents auteurs se gardent de figer l'interprétation. Ils se contentent de suggérer des échos et d'esquisser une trame commune autour de la question du déchiffrement, formant une suite à la fois convergente et polyphonique, à l'instar des commentaires ouverts de l'Heptaméron : un tel opuscule invite à goûter les plaisirs inhérents à l'extrême subtilité narrative et herméneutique d'un recueil dont la lecture appelle la mise en œuvre active d'un savoir et d'une imagination critique.
Le fragment des Trois ordres de Pascal, cité trois fois intégralement par Péguy à trois tournants de sa vie, joua un rôle remarquable dans la formation de sa pensée et de sa poétique. Le présent travail montre le lien profond qui lie les deux auteurs : polémistes, chrétiens et poètes, en dépit des siècles qui les séparent. Par cette confrontation de deux grandes figures de la théologie littéraire, sont mis en lumière l'aspect révolutionnaire du "charnel" réhabilité par Péguy grâce à sa découverte centrale de l'incarnation, la nouveauté prophétique de son esthétique dans l'Ordre du cœur, son rôle décisif dans l'histoire du christianisme occidental, marquant le déclin de toute une part de l'augustinisme et promouvant une spiritualité caractérisée par la liaison mystérieuse du charnel et du spirituel. À ces apports s'ajoute leur commune aspiration à la simplicité, fruit de l'unité de l'être et de la communion : aboutissement de la tension dynamique et dialectique des contraires, entre l'inquiétude et l'espérance, entre la singularité et l'universalité. En fin de compte, la lecture par Péguy des Trois ordres de Pascal constitue "un point de repère incomparable de la métamorphose de la pensée catholique".