et les dynamiques socio-politiques dans les pays du Plateau des Guyanes
Après quarante-cinq ans d'activité de recherche ; commencée à l'université Paul Valéry de Montpellier, poursuivie à l'université de Paris Nanterre, puis à l'Université des Antilles et de la Guyane, et qui s'est achevée à l'Université de Guyane ; le Professeur des Universités Serge Mam Lam Fouck, en position de retraité depuis 2015, est entré dans une nouvelle phase de sa vie. C'est l'occasion de lui rendre hommage en évoquant l'itinéraire du chercheur et sa contribution à la connaissance de l'histoire de la Guyane.
Des pistes de recherche ouvertes par le Professeur Serge Mam Lam Fouck, nous avons privilégié la question des identités culturelles et sociopolitiques car ce qui interpelle, c'est l'ignorance de soi-même, couplée à celle des peuples formés sur l'ensemble du Plateau des Guyanes, dans laquelle a été construite la société guyanaise.
Cette ignorance aux effets multidirectionnels est doublement confortée : d'une part, par la faible prise en charge de l'histoire et de l'anthropologie comparées du territoire par l'institution scolaire ; d'autre part, par les insuffisances de la production scientifique elle-même. Ainsi, cet hommage est l'occasion de réunir des chercheuses et des chercheurs afin de contribuer à une meilleure connaissance du Plateau des Guyanes.
À mi-chemin entre le témoignage et le récit de voyage, Black Martinique – Red Guiana a été publié en 1942 aux éditions Bobbs Merrill Company par l'aventurier, conférencier, écrivain et agent secret californien Nicol Smith. Divisée en trois parties, l'œuvre relate d'abord le passage en Martinique de Nicol Smith et son photographe, Loren Tutell, puis retrace leur séjour en Guyane, périple qui occupe la majeure partie de l'ouvrage.Outre sa pertinence sur le plan historique, le récit fait découvrir un univers singulier, à une époque instable, dans un style accessible, agrémenté d'un humour pince-sans-rire qui tend volontiers vers l'autodérision. Black Martinique – Red Guiana n'est donc pas exclusivement destiné aux passionnés d'Histoire mais à tous ceux qui seraient curieux de savoir ce que dit un Américain de la Guyane des années 1930-1940.
Une histoire méconnue de la Seconde Guerre mondiale
Plus de 600 Réunionnais engagés dans les armées françaises ont été faits prisonniers durant les combats de la Seconde Guerre mondiale.
Pourtant, leur histoire reste largement méconnue.
Dans cet ouvrage rigoureux et poignant, l'historien Cédric Fontaine dévoile un pan oublié de la mémoire réunionnaise. Des plaines de France en 1940, face à la déferlante nazie, jusqu'aux jungles d'Indochine en 1945 contre l'Empire japonais, des hommes venus de La Réunion ont
combattu avec courage. Mais pour beaucoup d'entre eux, l'issue fut l'amertume de la défaite, suivie d'une longue captivité dans les camps de prisonniers de guerre.
Alors que la mémoire collective a célébré les héros de la victoire, elle a trop souvent relégué dans l'ombre ceux qui ont été marqués par le sceau de la défaite. Ce livre leur redonne voix et visage, en mettant en lumière leurs parcours, leurs souffrances et leur dignité.
Un hommage indispensable à ces oubliés de l'Histoire, et une plongée saisissante dans l'engagement réunionnais pendant la Seconde Guerre mondiale.
La Guadeloupe an tan Sorin est plus qu'un livre d'histoire de la Guadeloupe, c'est un vrai roman d'aventures qui concerne la période 1940-1943.
Le gouverneur Constant Sorin évoque la période de Vichy pendant laquelle son rôle fut très controversé. Obligé d'obéir à l'amiral Robert qui tenait les Antilles avec 2500 marins, mais aussi La Jeanne et une escadre comprenant les croiseurs Estérel, Quercy, Barfleur, une escadrille de sous-marins de 1500 tonnes avec le Surcouf, un modèle unique, orgueil de la marine française.
Avec le porte-avions Béarn, chargé d'avions achetés aux usa et surtout le croiseur Emile Bertin porteur d'un véritable trésor de 300 tonnes d'or, destiné au Canada, mais qui fut conservé précieusement.
Et puis, ce décor étant planté, vous apprendrez comment les Guadeloupéens se nourrissaient, puis rétablirent le commerce, résistèrent aux convoitises des amis anglais, américains, etc.
Puis ce fut la délivrance, des marins français " libres ", fraternisant avec ceux qui, pendant trois ans, avaient maintenu le drapeaux français.
Que de moments passionnants de cette tranche de vie, revivons-nous grâce à Eliane Sempaire.
Malgré les restrictions et le carburant antillais, ce fut l'occasion de se remettre aux cultures vivrières, à l'élevage, à la pêche.
Un livre à lire absolument.
L'atelier d'écriture, tel qu'il est proposé aux étudiants inscrits en Licence de Lettres au Département de Lettres et Sciences Humaines à l'université de Guyane, est un espace d'expression créative, propice au déploiement de l'imaginaire. Les étudiants s'emparent de leurs plumes, s'approprient ou se réapproprient les outils techniques poétiques, narratifs et stylistiques. Face aux bruissements, aux boucans de notre monde, la réflexion anime les uns et les autres et les amène à observer leur environnement, leurs semblables et à disséquer des pratiques quotidiennes.Les mots s'égrènent inexorablement, s'amalgament dans un lot continu pour traduire les émois et l'inévitable.Les textes poétiques et narratifs se tissent comme dans une véritable fabrique de mots et alimentent l'espérance individuelle, collective.L'écriture devient ainsi une expérience inventive plurielle aux résonances multiples. Soyons attentifs aux rougeoiements des mots en " boucans d'espérance ".
L'aéroport Félix-Eboué est l'oeuvre des Américains pendant la Seconde Guerre mondiale.
Malgré cela, la mémoire collective n'a pas retenu comme évidente la rencontre entre les États-Unis et la Guyane. Pourtant, des liens bien plus profonds ont uni les deux territoires dans la première moitié du XXe siècle, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale. A travers les stratégies diplomatiques et les jeux de pouvoir dont la Guyane fut le théâtre en 1939-1945, auxquels s'ajoutent l'aura mythique de l'île du Diable dans l'imaginaire américain, les difficultés de la Panamerican Airways à terminer la piste du Gallion et l'implication des États-Unis dans le ralliement de Cayenne à la France Libre, Rémy Péru-Dumesnil propose ici le récit inédit du double mouvement qui relie le pays de l'oncle Sam à la Guyane pendant la Seconde Guerre mondiale.
Outre le fait qu'il exploite les recherches menées entre Paris, la Rochelle, Cayenne, Aix-en-Provence, la Floride et la Californie, cet ouvrage prend comme fil rouge un récit de voyage – traduit par l'auteur de ce mémoire – intitulé Black Martinique – Red Guiana de Nicol F. Smith, explorateur, écrivain et agent secret américain.
Ce mémoire de Master 2 a été sélectionné parmi les " meilleurs mémoires " soutenus en 2018 à l'institut Pierre-Renouvin de l'université Paris I Panthéon-Sorbonne. Un article sur l'aérodrome du Gallion a été publié dans le Bulletin de l'Institut.
Gabriel Lanois voit le jour et grandit dans la petite bourgade de Malmanoury. Après le service militaire, son cousin lui offre un poste d'apprenti bijoutier à Sinnamary. Cet art, devenu sa raison de vivre, fait de lui une personnalité dans sa commune et dans le milieu de l'or et de la bijouterie en Guyane. Il sera
un orfèvre de talent et un militant engagé dans l'organisation et le développement de cette filière. Des années plus tard, il perdra la vie durant l'une des tentatives de cambriolage dont il sera victime.
Camille, c'est le regard aiguisé, espiègle, intelligent, d'un garçon né en 1916 à la croisée de plusieurs mondes: ses parents étant réfugiés d'une Martinique sinistrée, il voit le jour sur une terre nouvelle, dans ce village martiniquais de Guyane où tout est à reconstruire. Au coeur de cette tranche de vie sur fond de faits historiques, le personnage principal grandit joyeusement, entre traditions occultes, vie simple et rêves de grandeur, suivant un parcours initiatique au goût parfois amer. Camille, désigné ici par le prénom non-officiel donné par sa famille, n'est autre que le grand-père de l'auteur dont il s'est inspiré pour son premier roman.
Guyane, 1969. Au lendemain de la suppression du territoire de l'Inini, un enseignant d'une quarantaine d'années, Paul Jean-Louis, devient le premier conseiller général du canton de Maripa Soula, nouvellement créé. Pendant seize ans, à la suite du préfet Robert Vignon, surnommé par les populations marronnes Gran man Baka (Grand chef Blanc), il permettra l'installation d'infrastructures de base dans la vallée du Maroni. Il sillonne l'ouest guyanais, noue de solides amitiés sur place, contribue au développement de cette partie du territoire, encore méconnue. Le fleuve se révèle, dans sa diversité culturelle, avec ses complexités et ses réalités.
Ce roman, qui est en grande partie inspiré de faits réels, est aussi une plongée dans la vie politique guyanaise. Il s'appuie sur de nombreux récits rapportés par des femmes et des hommes qui ont vécu cette période de l'histoire de la Guyane, et sur des documents d'archives. Il raconte les combats, les
réussites et les échecs de cet homme aux trois prénoms. Il permet de suivre son parcours politique, depuis ses débuts comme suppléant du député Hector Riviérez en 1967, jusqu'à son retrait de la vie publique en 1985.