Le 17 mars 2020, à la veille du confinement, Johan Mathieu se retrouve seul avec le souvenir de Juliette. Qu'importe s'il a partagé un open space avec sa charmante collègue, il n'a jamais osé l'aborder et s'en mord les doigts aujourd'hui. Combien de temps avant de la revoir ? L'apocalypse est-elle proche ? Un matin, Johan reçoit une curieuse livraison de mochis – ce dessert japonais –, qu'il n'a jamais demandée. Intrigué par sa provenance, épaulé de son truculent livreur, il va braver les interdits pour mener l'enquête. Et retrouver peut-être la mystérieuse Juliette. Bâtie sur le modèle du journal intime, cette aventure a initialement été composée sur Instagram, par épisode quotidien, pendant la durée exacte du premier confinement. À la fois chronique de l'actualité, de l'isolement, roman initiatique, ce récit explore nos failles quand le quotidien nous est volé. Le roman a fait l'objet d'une exploitation en classe dans le cadre du projet pédagogique international Short Forms Beyond Borders, soutenu par l'union européenne. Il est devenu un appareil pédagogique livré ici. Les fiches fournies permettent aux enseignants de FLE/lettres modernes d'exploiter le roman directement en cours (du lycée à l'université), et aux apprentis enseignants de se former à l'élaboration de matériau pédagogique. Le carnet d'écriture, enfin, pose les jalons d'une méthode pour l'encadrement de l'écriture créative en classe.
Les patrimoines de l'Amérique française prennent leur source dans les ports de France d'où sont partis les pionniers et pionnières qui ont peuplé le continent nord-américain, du Québec aux Prairies, de l'Acadie à la Louisiane. Leurs descendants et descendantes ont progressivement construit leurs propres patrimoines, à la suite d'adaptations au territoire et à son climat, au fil de contacts et d'échanges avec les peuples autochtones et avec les autres groupes européens, de même que par la mise en valeur d'éléments phares de leur passé, pour affirmer leur identité. Cet ouvrage rassemble un florilège de ces patrimoines, dont les lecteurs et lectrices pourront aussi faire l'expérience à plusieurs endroits du continent, en visitant un site naturel, un bâtiment historique ou en participant à un festival. La France a hérité à son tour de nombreux éléments des patrimoines de l'Amérique française qui se trouvent aujourd'hui sur son sol. Les lecteurs et lectrices pourront également faire connaissance avec ce riche héritage. Les articles illustrent toutes les formes de ces patrimoines, qu'ils soient naturels, matériels ou immatériels. En plus de décrire leurs différentes formes et fonctions, ils explorent les manières dont ils se constituent. Au lieu d'insister sur le seul caractère permanent d'un patrimoine, comme on le fait souvent, l'Encyclopédie présente chacun comme un phénomène dynamique et pluriel, toujours en construction, modelé et remodelé par des acteurs sociaux.
Alors que les études féministes et de genre sont parfois contestées, neuf enseignantes-chercheuses de différentes générations et disciplines exposent ce qui les a amenées à choisir ce domaine, les recherches très diverses qu'elles mènent, le montage de formations, ainsi que les luttes pour l'égalité professionnelle et contre les violences au sein de l'université. Leurs autobiographies intellectuelles permettent de mieux comprendre une catégorie peu étudiée – les universitaires – et un domaine universitaire en plein développement – les études de genre –, à partir d'une université située en dehors de l'espace universitaire parisien.
L'absence concerne aussi bien les parties au procès, que le chef de l'État, les acteurs du jeu démocratique, les citoyens, les militaires, les médecins, le dirigeant social, le délégué syndical, les mères, mais aussi la décision ou le droit lui-même. L'ouvrage permet d'en appréhender la nature, les problèmes, les enjeux. Il fait émerger deux mouvements différents d'analyse : l'absence peut se voir ou bien comme un outil de maîtrise, ou bien comme un phénomène qu'il faut chercher à limiter. C'est entre ces deux pôles que se déploient les exemples et les analyses juridiques précises ici présentés et pensés.
Le lien entre logement et inégalités a pris une actualité particulière depuis le début de la pandémie du Covid 19. Dans les Amériques, la crise a remis en évidence les difficultés de beaucoup à se loger dans des conditions décentes, notamment dans les villes où les inégalités de revenus sont les plus importantes. Les inégalités d'accès au logement en génèrent donc d'autres, de nature socio-économique mais également sanitaire, puisque ce sont dans les quartiers pauvres, aux logements inadéquats et surexposés aux nuisances industrielles, où habitent souvent les minorités ethniques et raciales, que la mortalité liée au Covid a été la plus élevée et que les maladies respiratoires y sont les plus développées. Dans une perspective transversale, et depuis les Amériques, autour des cas de Medellin, Los Angeles, Caracas et Montréal, ce numéro vient renouveler l'analyse des inégalités liées à l'habitant dans les villes contemporaines et réaffirmer l'importance de mobiliser et politiser l'enjeu du logement comme prisme de lutte contre les inégalités.
Que connaît-on des hommes grecs dans l'Antiquité ? Force est de constater que l'on sait peu de choses, sinon des stéréotypes et des représentations dépassées. Leur histoire est donc en cours d'écriture. En Grèce ancienne, les hommes ne se réduisent pas à être des citoyens performants au gymnase, à la guerre ou dans la politique, en un mot, " virils ". Ils ne peuvent être présentés seulement comme des individus dominants les femmes, les esclaves et les Barbares, ils ont aussi tissé des liens familiaux et affectifs, noués des amours et des amitiés. Ils sont tour à tour, et parfois en même temps : héros, fauchés, maris, traîtres, riches, paysans, combattants, malades, poilus… La masculinité est construite aussi par des déficiences et des fragilités, des peurs et des espoirs. Dans le présent volume, 120 notices et 50 auteurs/autrices permettent d'approcher ces hommes grecs, au-delà des mythes et des récits qui les dépeignent comme les parangons d'une virilité affichée, mais surtout construite.
Le stéthoscope, cet instrument destiné à l'auscultation, symbolise le médecin moderne et la clinique modernes. Porté autour du cou, tranchant sur une blouse immaculée, il a ouvert, depuis plus de deux siècles, le champ du diagnostique contemporain. Mais que sait-on vraiment de son inventeur, René Théophile Hyacinthe Laennec (1781-1826) ? Au terme de sa courte vie ancrée dans les vicissitudes de son époque, entre la Révolution française et la Restauration, Laennec est bien plus que son invention. Breton, royaliste et fervent catholique, il émerge en scientifique tout à la fois buté et curieux, en intellectuel réservé et pugnace qui défend ses idées à l'heure d'une métamorphose décisive d'une science et d'un art. Cette édition révisée et augmentée — la première en français — de la biographie de Laennec faisant autorité s'appuie sur un corpus de sources restées inexplorées. Elle s'adosse en premier lieu à l'intégralité de la production écrite du médecin : pas moins de 170 publications, 1 300 lettres, plus de 10 000 pages manuscrites de dossiers de patients et de notes prises dans le cadre de ses leçons au Collège de France, sans oublier des essais non publiés.
Les enseignants de langue et de littérature sont confrontés à une interrogation récurrente : " Quel texte choisir pour mes élèves ? Des extraits ? Une oeuvre intégrale ? L'extrait est frustrant, mais auront-ils le temps et les compétences pour lire une oeuvre ? Qu'en retiendront-ils réellement ? " C'est à une investigation approfondie de ces questions qu'invite l'ouvrage. S'ancrant dans la didactique du français langue étrangère, il intéressera tous les spécialistes de l'enseignement de la littérature et les praticiens concernés par la question du choix des textes littéraires. Car lire une oeuvre ou un extrait est une pratique scolaire construite par l'histoire de nos disciplines. Les ensembles de textes, les corpus, obéissent, si l'on s'attache à observer leur structure avec minutie, à des ensembles de règles, à des idéologies, à une esthétique aussi : comprendre ces règles, c'est manipuler les corpus avec plus d'aisance. Mettre en oeuvre l'extrait ou l'oeuvre intégrale en classe, c'est proposer aux apprenants différentes manières de lire, qui correspondent à des modalités différentes de réception des textes. Il ne s'agit pas d'opposer extraits et oeuvre, mais de voir comment les pratiques didactiques nous donnent accès à différents niveaux de l'échelle des textes.
Offrir un regard original sur les ajustements en jeu dans la transmission et l'appropriation des savoirs au sein de différentes institutions, en montrant comment une culture des ajustements à autrui et au milieu se construit dans des manières de pratiquer, de dire et de représenter des pratiques où le corps tient une place centrale : tel est l'objet du livre qui s'appuie sur une série d'exemples travaillés en Théorie de l'action conjointe en didactique (TACD), à partir de divers apports issus des sciences de l'homme et de la culture.