Une vision tripartite des âges de la vie s'est peu à peu imposée dans les sociétés occidentales : l'enfance et l'adolescence consacrées à la formation ; la vie adulte marquée par le travail ; le troisième âge, celui de la retraite, où l'emploi n'est plus central. Depuis la fragmentation croissante des parcours de vie professionnelle, cette approche très figée a fait place à des analyses plus dynamiques. Aux âges projetant un ordre prédéfini d'étapes identiques pour tous, se substitue maintenant la reconstitution de la diversité des parcours générationnels et individuels. C'est cette approche qui inspire le livre explorant une question mal connue pour les périodes anciennes. L'âge n'a été en effet que fort rarement pris en considération par les historiens comme critère dans les situations de travail. Il s'agit alors d'évaluer les relations variées et changeantes entre âges et travail au cours de la longue période allant de la fin du Moyen Âge à l'époque actuelle, dans des secteurs variés : de l'agriculture aux manufactures, à la ville comme à la campagne. Cette mise en perspective historique permet de mieux saisir les enjeux des débats actuels sur le sens et le rôle du travail pour nous.
Un Projet alimentaire territorial ? Un PAT ? La diffusion du terme laisse à penser qu'ils sont désormais largement compris alors même que de nombreux acteurs ne saisissent pas entièrement leur intérêt et que les habitants ne savent même pas de quoi il s'agit. Effet de mode, entre-soi pour couches sociales urbaines à fort capital culturel ou nouvelle manière d'envisager l'alimentation et d'habiter le territoire, la question de l'alimentation locale durable est au coeur de cet ouvrage hybride original. Il rassemble chercheurs, élus et acteurs locaux comme nationaux autour de formats complémentaires : articles, témoignages, relations ou encore regards croisés. Un premier moment illustre et analyse le dispositif lui-même, de sa genèse à son appropriation en passant par son institutionnalisation. Un second donne à voir le PAT dans son territoire pour en saisir la capacité intégrative. Entre Covid et crises sociales et écologiques, il éclaire la manière dont les PAT poursuivent l'objectif attendu de " rendre accessible à tous une alimentation locale et durable " mais aussi s'emparent d'autres secteurs d'action avant de renouveler la question de la gouvernance. Le troisième moment propose un bilan du dispositif pour envisager son avenir. Des études et des entretiens auprès d'acteurs donnent des clés de lecture sur une éventuelle évolution du dispositif des PAT ouvrant sur les défis à venir : le genre, la santé, la gastronomie, la démocratie alimentaire ou encore la nourriture cellulaire.
Depuis une quinzaine d'années, les mouvements migratoires sont au coeur des préoccupations et s'inscrivent durablement dans le débat public et les imaginaires collectifs européens. L'écart entre les différentes réalités migratoires et les représentations que nous en avons est au coeur de ce livre. Le concept polysémique de " rupture " est ici mobilisé pour penser autrement, dans une temporalité large, les mobilités humaines contraintes, souvent violentes. Documenter la rupture en migration, en explorer le caractère systémique, permet en effet de penser autrement la question migratoire. Les analyses rassemblées ici offrent du point de vue de l'histoire, de l'anthropologie, de la sociologie et de la géographie sociale, une exploration fine et novatrice des mobilités contraintes. Fondées sur des enquêtes en archives et de terrain originales, elles interrogent l'apparente évidence de la rupture et éclairent le pouvoir d'agir des individus en contexte migratoire. Explorer les lieux et les temporalités de l'exil au prisme de la rupture permet ainsi d'appréhender la migration dans toute sa complexité anthropologique, et dans sa dimension la plus humaine.
Le 17 mars 2020, à la veille du confinement, Johan Mathieu se retrouve seul avec le souvenir de Juliette. Qu'importe s'il a partagé un open space avec sa charmante collègue, il n'a jamais osé l'aborder et s'en mord les doigts aujourd'hui. Combien de temps avant de la revoir ? L'apocalypse est-elle proche ? Un matin, Johan reçoit une curieuse livraison de mochis – ce dessert japonais –, qu'il n'a jamais demandée. Intrigué par sa provenance, épaulé de son truculent livreur, il va braver les interdits pour mener l'enquête. Et retrouver peut-être la mystérieuse Juliette. Bâtie sur le modèle du journal intime, cette aventure a initialement été composée sur Instagram, par épisode quotidien, pendant la durée exacte du premier confinement. À la fois chronique de l'actualité, de l'isolement, roman initiatique, ce récit explore nos failles quand le quotidien nous est volé. Le roman a fait l'objet d'une exploitation en classe dans le cadre du projet pédagogique international Short Forms Beyond Borders, soutenu par l'union européenne. Il est devenu un appareil pédagogique livré ici. Les fiches fournies permettent aux enseignants de FLE/lettres modernes d'exploiter le roman directement en cours (du lycée à l'université), et aux apprentis enseignants de se former à l'élaboration de matériau pédagogique. Le carnet d'écriture, enfin, pose les jalons d'une méthode pour l'encadrement de l'écriture créative en classe.
Les patrimoines de l'Amérique française prennent leur source dans les ports de France d'où sont partis les pionniers et pionnières qui ont peuplé le continent nord-américain, du Québec aux Prairies, de l'Acadie à la Louisiane. Leurs descendants et descendantes ont progressivement construit leurs propres patrimoines, à la suite d'adaptations au territoire et à son climat, au fil de contacts et d'échanges avec les peuples autochtones et avec les autres groupes européens, de même que par la mise en valeur d'éléments phares de leur passé, pour affirmer leur identité. Cet ouvrage rassemble un florilège de ces patrimoines, dont les lecteurs et lectrices pourront aussi faire l'expérience à plusieurs endroits du continent, en visitant un site naturel, un bâtiment historique ou en participant à un festival. La France a hérité à son tour de nombreux éléments des patrimoines de l'Amérique française qui se trouvent aujourd'hui sur son sol. Les lecteurs et lectrices pourront également faire connaissance avec ce riche héritage. Les articles illustrent toutes les formes de ces patrimoines, qu'ils soient naturels, matériels ou immatériels. En plus de décrire leurs différentes formes et fonctions, ils explorent les manières dont ils se constituent. Au lieu d'insister sur le seul caractère permanent d'un patrimoine, comme on le fait souvent, l'Encyclopédie présente chacun comme un phénomène dynamique et pluriel, toujours en construction, modelé et remodelé par des acteurs sociaux.
Alors que les études féministes et de genre sont parfois contestées, neuf enseignantes-chercheuses de différentes générations et disciplines exposent ce qui les a amenées à choisir ce domaine, les recherches très diverses qu'elles mènent, le montage de formations, ainsi que les luttes pour l'égalité professionnelle et contre les violences au sein de l'université. Leurs autobiographies intellectuelles permettent de mieux comprendre une catégorie peu étudiée – les universitaires – et un domaine universitaire en plein développement – les études de genre –, à partir d'une université située en dehors de l'espace universitaire parisien.
L'absence concerne aussi bien les parties au procès, que le chef de l'État, les acteurs du jeu démocratique, les citoyens, les militaires, les médecins, le dirigeant social, le délégué syndical, les mères, mais aussi la décision ou le droit lui-même. L'ouvrage permet d'en appréhender la nature, les problèmes, les enjeux. Il fait émerger deux mouvements différents d'analyse : l'absence peut se voir ou bien comme un outil de maîtrise, ou bien comme un phénomène qu'il faut chercher à limiter. C'est entre ces deux pôles que se déploient les exemples et les analyses juridiques précises ici présentés et pensés.
Le lien entre logement et inégalités a pris une actualité particulière depuis le début de la pandémie du Covid 19. Dans les Amériques, la crise a remis en évidence les difficultés de beaucoup à se loger dans des conditions décentes, notamment dans les villes où les inégalités de revenus sont les plus importantes. Les inégalités d'accès au logement en génèrent donc d'autres, de nature socio-économique mais également sanitaire, puisque ce sont dans les quartiers pauvres, aux logements inadéquats et surexposés aux nuisances industrielles, où habitent souvent les minorités ethniques et raciales, que la mortalité liée au Covid a été la plus élevée et que les maladies respiratoires y sont les plus développées. Dans une perspective transversale, et depuis les Amériques, autour des cas de Medellin, Los Angeles, Caracas et Montréal, ce numéro vient renouveler l'analyse des inégalités liées à l'habitant dans les villes contemporaines et réaffirmer l'importance de mobiliser et politiser l'enjeu du logement comme prisme de lutte contre les inégalités.
Que connaît-on des hommes grecs dans l'Antiquité ? Force est de constater que l'on sait peu de choses, sinon des stéréotypes et des représentations dépassées. Leur histoire est donc en cours d'écriture. En Grèce ancienne, les hommes ne se réduisent pas à être des citoyens performants au gymnase, à la guerre ou dans la politique, en un mot, " virils ". Ils ne peuvent être présentés seulement comme des individus dominants les femmes, les esclaves et les Barbares, ils ont aussi tissé des liens familiaux et affectifs, noués des amours et des amitiés. Ils sont tour à tour, et parfois en même temps : héros, fauchés, maris, traîtres, riches, paysans, combattants, malades, poilus… La masculinité est construite aussi par des déficiences et des fragilités, des peurs et des espoirs. Dans le présent volume, 120 notices et 50 auteurs/autrices permettent d'approcher ces hommes grecs, au-delà des mythes et des récits qui les dépeignent comme les parangons d'une virilité affichée, mais surtout construite.