" Tout est collectif en droit. " C'est ainsi que pourrait se résumer, comme l'a fait François Collart-Dutilleul, la cinquième édition du colloque des doctorants nantais.La notion de collectif désigne un groupe de personnes ou d'entités s'unissant autour d'un intérêt commun. Selon le contexte, elle peut prendre des significations variées. Le droit lui-même peut être considéré comme un collectif, regroupant un ensemble de normes régissant la société. Les différentes disciplines juridiques appréhendent le collectif tantôt comme acteur, tantôt comme outil de gestion des ressources ou moyen de défense et de répression.Deux grandes tendances se dégagent de cette diversité: le Collectif saisi par le droit, et le Droit saisi par les collectifs. Cet ouvrage explore ces interactions à travers les contributions retenues pour ce colloque, offrant un panorama complet des manières dont le droit encadre, protège ou est transformé par les collectifs.
Ce volume d'hommages rassemble les contributions d'une quarantaine de chercheurs, français et étrangers, qui ont croisé la route du Professeur Olivier Vernier sur les chemins de la recherche. Au cours d'une longue et riche carrière, où les travaux individuels ont progressivement cédé la place à d'importantes recherches collectives, Olivier Vernier a multiplié les rencontres intellectuelles, jusqu'à constituer autour de lui un vaste réseau de chercheurs et d'amis. Ils sont ici réunis aux côtés de ses collègues et des élèves qu'il a formés à l'Université Côte d'Azur.Sous le titre Études d'histoire du droit social, l'ouvrage propose un ensemble d'articles originaux consacrés aux principales thématiques de ce champ de recherche. Sont ainsi abordées des questions liées à l'assistance, à la bienfaisance, à la charité et à la philanthropie, mais également à l'étude des institutions sociales et religieuses telles que les oeuvres sociales et pies, les hôpitaux et hospices, ou encore les dispositifs d'aide et de prise en charge des populations les plus démunies (pauvres, blessés, accidentés, veuves, orphelins ou enfants abandonnés). À ces thématiques viennent s'ajouter des réflexions sur l'évolution du droit du travail, de la condition ouvrière, du paternalisme industriel, de la sécurité sociale et du droit de la santé. Ces contributions illustrent la richesse et la diversité des questionnements soulevés par l'histoire du droit social.Elles sont autant de témoignages et d'hommages de reconnaissance adressés à Olivier Vernier pour avoir, au sein de l'histoire du droit et des institutions, contribué à tracer les contours et donner vie à cette discipline.
Le 11 septembre 1973, Georges Klein, médecin et conseiller du président Allende au Chili, est enlevé par l'armée chilienne lors du coup d'État d'Augusto Pinochet; le 19 septembre 1973, Étienne Pesle, ancien prêtre, est enlevé par des forces de l'armée de l'air du Chili; le 30 juillet 1974, Alphonse Chanfreau, militant du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR) est enlevé à Santiago par la police secrète; le 1er novembre 1975, Jean-Yves Claudet, militant du MIR disparaît à Buenos Aires en Argentine.Treize Chiliens et un Argentin, bien qu'aucun ne soit présent, sont jugés en France pour détention, séquestration arbitraire, tortures, actes de barbarie et disparition forcée de ces quatre Franco-Chiliens. Le procès qui se déroule à la cour d'assises de Paris du 8 au 17 décembre 2010, porte plus largement sur les crimes commis au Chili pendant la dictature d'Augusto Pinochet et sur le plan Condor qui organise des disparitions et assassinats à grande échelle au Chili ou à l'étranger.La constitution de son enregistrement intégral au titre des archives audiovisuelles de la Justice et leur conservation aux Archives nationales soulignent la dimension historique des débats judiciaires.Cet ouvrage immerge les lecteurs dans les onze jours d'audience à travers l'édition de la retranscription intégrale des archives audiovisuelles de la Justice de ce procès. Cette source exceptionnelle restitue les voix des victimes, de leurs familles, les réflexions des historiens et des juristes à la barre, qui mettent en mot les crimes les plus atroces. C'est aussi un outil de réflexion sur cette justice par défaut des accusés, sur la lutte contre l'impunité, sur la réception et la portée symbolique d'un tel procès.
La pandémie de 2020 a rappelé avec force combien nos vies restent liées aux espaces que nous habitons: ville ou campagne, lieux intimes ou scènes publiques. Elle a aussi révélé l'importance des " langages de l'espace " qui traversent discours sociaux, imaginaires collectifs, récits personnels et créations artistiques.Ce volume explore ces territorialités dans la littérature, les arts visuels, la photographie, les récits oraux et les mondes numériques. Les contributions réunies interrogent les multiples façons dont les espaces francophones et européens - urbains, maritimes, insulaires ou archipellaires - se disent, se vivent et se transforment.À travers une approche géocritique et comparatiste, l'ouvrage renouvelle les théories spatiales contemporaines et met en lumière la dette que le spatial turn du XXIe siècle entretient envers les arts et la littérature.
Le 10 juin 1944, une compagnie appartenant à la division Waffen SS Das Reich massacre à Oradour-sur-Glane 643 personnes. Neuf ans plus tard, en 1953, sont jugés au Tribunal militaire de Bordeaux 64 ex-soldats accusés d'avoir participé à ce crime de guerre, 21 prévenus seulement étant présents : 7 Allemands et 14 Alsaciens dont 13 étaient des incorporés de force dans les Waffen SS. Autour de ce procès " historique " qui se déroule du 12 janvier au 13 février, les débats sont passionnés, largement relayés par les quelques 50 journalistes qui suivent les volets judiciaires et politiques de l'affaire, la présence des 13 alsaciens incorporés de force conduisant en effet à la confrontation de deux mémoires à vif, celle du Limousin et celle de l'Alsace. C'est ce qui a surtout été retenu de ce procès (avec, en plus, l'amnistie des condamnés alsaciens une semaine après le verdict qui exacerba la césure entre les deux provinces).
Cette nouvelle édition en deux volumes, complétée de trois audiences retrouvées revient au moment judiciaire proprement dit en mettant à la disposition du public la sténographie complète des audiences in extenso afin d'éclairer le fonctionnement d'un tribunal militaire dans ce contexte si particulier des années 1950. Au-delà, cette archive constitue un outil de réflexion sur le " passage " de la justice dans le post-conflit, sur ses ambitions et ses limites, sur la réception du procès dans l'espace démocratique.
XIIIe-XVe siècle - Consulats et relations consulaires
En Quercy et en Rouergue, entre le XIIIe et XVe siècle, les villes organisées en consulats ont lentement bâti une forme originale de représentation du " pays ". À travers l'étude d'un riche corpus d'archives, cet ouvrage met au jour la montée en puissance d'un Tiers État essentiellement urbain, fédérateur d'intérêts communs et acteur structurant d'un ordre politique régional.Dépassant les modèles classiques de la tripartition médiévale, Pierre Flandin-Bléty explore la genèse d'un ordre nouveau, né de la concertation intercommunale, des solidarités fiscales et des relations complexes entre consulats, Église et pouvoir royal.Resté inédit, ce travail pionnier livre une analyse aussi érudite que novatrice, éclairant la formation d'un Tiers État avant l'heure, dans le creuset d'un espace méridional aux fortes dynamiques collectives.
Faire du concept une pratique et, inversement, d'une pratique un concept: tel est le cas des multiples voies de la transmission que Jacques Fontanille a mises en acte pendant toute sa carrière de chercheur et d'enseignant. La recherche et l'enseignement, précisément: deux voies intimement liées et davantage fédérées dès l'institutionnalisation officielle de la recherche sémiotique à Limoges, et plus globalement en France, par la fondation du CeReS (Centre de Recherches Sémiotiques) en 2000, laquelle a permis de former plusieurs générations de sémioticiennes et de sémioticiens, de France et de l'étranger.En France, en Colombie, au Brésil, en Iran, et dans tant d'autres pays encore, cette double voie ne cesse elle-même de se transmettre à travers le développement des différentes voix de la sémiotique " fontanillienne ": celles du corps, des pratiques, des formes de vie, de l'anthroposémiotique…Les textes ici réunis souhaitent d'abord rendre hommage, par la voix de ses élèves, de tout âge et de tout horizon, à la transmission verticale que Jacques Fontanille a poursuivie en tant qu'enseignant. Ils témoignent également – et surtout – de la vivacité et des ouvertures d'une transmission horizontale de la recherche sémiotique en quête de nouvelles voies à partir d'un socle et d'un exemple commun: un savoir-faire qui fait savoir, et ce dans la double acception de la formule.
Dialogues pluridisciplinaires sur un phénomène en fermentation
Bien que son existence soit ancienne, le vin " nature " se voit aujourd'hui occuper une place singulière dans le paysage viticole, et cela en raison des préoccupations sanitaires, environnementales et sociétales contemporaines de certains producteurs et consommateurs. Cette culture émergente accompagne une véritable transition agroécologique, en valorisant des pratiques respectueuses de l'environnement, de la biodiversité et des cycles naturels. Longtemps marginalisé en raison de sa non-conformité aux cahiers des charges des AOC et des AOP, le vin " naturel " connaît une reconnaissance officielle avec la création, en février 2020, du label " Vin méthode nature ". Mais cette étape décisive ne résout pas pour autant les problèmes de terminologie, d'analyse sensorielle, de communication et de promotion du vin " naturel ".Dans ce cadre, l'ouvrage Le vin " naturel " en questions. Dialogues pluridisciplinaires sur un phénomène en fermentation propose d'explorer ces différents aspects du vin nature et d'en apprécier la complexité, en croisant les approches théoriques et disciplinaires de ses contributeurs. Destiné aussi bien aux universitaires qu'aux amateurs et aux curieux, cet ouvrage invite chacun à découvrir la richesse d'un univers viticole en pleine effervescence.
Le 10 juin 1944, Oradour-sur-Glane entrait tragiquement dans l'Histoire. Ce nom, désormais associé à l'innommable, évoque l'un des massacres les plus atroces de la Seconde Guerre mondiale. Mais au-delà de l'horreur et du silence des ruines, Oradour est aussi devenu, au fil du temps, un lieu de mémoire, de reconstruction et d'espoir.
Ce livre explore avec justesse et sensibilité le chemin complexe de la résilience. Il donne tout d'abord la parole à l'architecte du Centre de la mémoire, confronté au défi de concevoir un lieu capable de dire l'indicible, d'honorer la mémoire tout en ouvrant un espace à la réflexion. Puis il retrace la renaissance du village, la manière dont les habitants ont repris vie sur une terre meurtrie, recréé un tissu social, attiré de nouvelles entreprises, construit un avenir sans effacer le passé. Enfin, une réflexion plus large permet de mieux comprendre ce qu'est la résilience individuelle, et comment elle se bâtit grâce à l'engagement de nombreux acteurs.
Un hommage à la dignité humaine, à la mémoire vivante, et à la force de la reconstruction.