Sémiotique, patrimoine et scénographie de la radioactivité
Considérée comme une réponse aux enjeux énergétiques contemporains, l'énergie nucléaire laisse des traces matérielles et symboliques dont la gestion excède les cadres techniques ordinaires. Les déchets radioactifs imposent en effet de penser la transmission d'un danger invisible sur des temporalités qui dépassent nos institutions et nos cultures. Cet ouvrage inscrit cette question dans le champ des Sciences humaines et sociales en l'abordant comme un problème de mémoire, de médiation et de signification.
Issu d'une démarche interdisciplinaire associant notamment sémiotique, sociologie, histoire du patrimoine, muséologie, esthétique et sciences de l'information et de la communication, il analyse les processus de patrimonialisation liés au nucléaire et interroge les formes de signalétique susceptibles d'alerter durablement. Les contributions articulent études de cas, analyses théoriques et enquête empirique sur la réception de dispositifs d'alerte.
En examinant les conditions sociales, symboliques et perceptives de la transmission, l'ouvrage met en lumière les tensions entre visibilité et effacement, esthétisation et efficacité communicative. Il s'adresse aux chercheurs, enseignants-chercheurs, doctorants et étudiants avancés en SHS, ainsi qu'aux professionnels impliqués dans les politiques de mémoire, de patrimoine et de prévention des risques.
René Depestre (1926-2023), écrivain et poète haïtien né à Jacmel, s'engage très tôt en politique et en littérature. Contraint à l'exil pour son opposition aux dictatures, il fait du déracinement le moteur de son œuvre. À Paris, il fréquente les milieux surréalistes et les figures de la négritude comme Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor, puis séjourne à Cuba avant de s'installer en France.
Son écriture mêle poésie et engagement, explorant l'identité, la mémoire et la liberté. Prix Renaudot 1988 pour Hadriana dans tous mes rêves, il affirme dans En état de poésie (1980), objet de cette édition bilingue, une voix lyrique et combative célébrant les cultures noires et la dignité humaine.
L'éducation corporelle à l'épreuve d'un idéal démocratique
Engagé dans une vaste recherche-action, Pierre Parlebas développe une vision renouvelée de l'éducation physique à la fin du XXe siècle. Cet ouvrage se focalise sur la genèse, le déploiement et la transmission d'une œuvre aux multiples facettes.
L'enquête historique révèle un authentique idéal démocratique, dédié à l'avènement d'un monde où les dominations s'estompent. Au sein de l'agora, Pierre Parlebas adopte une position dissidente afin d'ébranler les institutions. En matière de pédagogie, le responsable de colonies de vacances et instructeur des CEMÉA s'insurge à l'égard d'une éducation autoritaire et d'une compétition sportive hégémonique. Ce militant promeut alors des alternatives telles que les jeux traditionnels et les pratiques de pleine nature. Dans le domaine scientifique, le chercheur s'emploie à amoindrir la hiérarchie universitaire en conceptualisant une science propre, la praxéologie motrice.
Ces quelques pages invitent le lecteur à découvrir les débats et les controverses en matière de pédagogies corporelles et de sciences du sport, à travers un certain nombre d'archives inédites et l'étude d'un point de vue singulier.
De la Révolution française à l'ordonnance de 1958 qui les supprime, les juges de paix ont incarné une justice de proximité chargée d'apaiser les conflits du quotidien. Notables ou citoyens élus, figures rurales ou acteurs urbains, ces magistrats ont occupé une place essentielle dans la régulation sociale, la conciliation et l'équilibre des communautés locales.Cet ouvrage collectif rassemble des recherches inédites menées en France, en Suisse, dans l'espace germanique et en Afrique occidentale française. À partir d'archives riches mais souvent délaissées, les auteurs renouvellent profondément la compréhension de cette institution oubliée. En révélant la diversité de leurs pratiques, de leurs engagements et de leurs évolutions professionnelles, ils éclairent un héritage qui continue d'alimenter les réflexions contemporaines sur la justice de proximité, la médiation et la réconciliation.
" Tout est collectif en droit. " C'est ainsi que pourrait se résumer, comme l'a fait François Collart-Dutilleul, la cinquième édition du colloque des doctorants nantais.
La notion de collectif désigne un groupe de personnes ou d'entités s'unissant autour d'un intérêt commun. Selon le contexte, elle peut prendre des significations variées. Le droit lui-même peut être considéré comme un collectif, regroupant un ensemble de normes régissant la société. Les différentes disciplines juridiques appréhendent le collectif tantôt comme acteur, tantôt comme outil de gestion des ressources ou moyen de défense et de répression.
Deux grandes tendances se dégagent de cette diversité: le Collectif saisi par le droit, et le Droit saisi par les collectifs. Cet ouvrage explore ces interactions à travers les contributions retenues pour ce colloque, offrant un panorama complet des manières dont le droit encadre, protège ou est transformé par les collectifs.
Ce volume d'hommages rassemble les contributions d'une quarantaine de chercheurs, français et étrangers, qui ont croisé la route du Professeur Olivier Vernier sur les chemins de la recherche. Au cours d'une longue et riche carrière, où les travaux individuels ont progressivement cédé la place à d'importantes recherches collectives, Olivier Vernier a multiplié les rencontres intellectuelles, jusqu'à constituer autour de lui un vaste réseau de chercheurs et d'amis. Ils sont ici réunis aux côtés de ses collègues et des élèves qu'il a formés à l'Université Côte d'Azur.
Sous le titre Études d'histoire du droit social, l'ouvrage propose un ensemble d'articles originaux consacrés aux principales thématiques de ce champ de recherche. Sont ainsi abordées des questions liées à l'assistance, à la bienfaisance, à la charité et à la philanthropie, mais également à l'étude des institutions sociales et religieuses telles que les oeuvres sociales et pies, les hôpitaux et hospices, ou encore les dispositifs d'aide et de prise en charge des populations les plus démunies (pauvres, blessés, accidentés, veuves, orphelins ou enfants abandonnés). À ces thématiques viennent s'ajouter des réflexions sur l'évolution du droit du travail, de la condition ouvrière, du paternalisme industriel, de la sécurité sociale et du droit de la santé. Ces contributions illustrent la richesse et la diversité des questionnements soulevés par l'histoire du droit social.
Elles sont autant de témoignages et d'hommages de reconnaissance adressés à Olivier Vernier pour avoir, au sein de l'histoire du droit et des institutions, contribué à tracer les contours et donner vie à cette discipline.
La pandémie de 2020 a rappelé avec force combien nos vies restent liées aux espaces que nous habitons: ville ou campagne, lieux intimes ou scènes publiques. Elle a aussi révélé l'importance des " langages de l'espace " qui traversent discours sociaux, imaginaires collectifs, récits personnels et créations artistiques.Ce volume explore ces territorialités dans la littérature, les arts visuels, la photographie, les récits oraux et les mondes numériques. Les contributions réunies interrogent les multiples façons dont les espaces francophones et européens - urbains, maritimes, insulaires ou archipellaires - se disent, se vivent et se transforment.À travers une approche géocritique et comparatiste, l'ouvrage renouvelle les théories spatiales contemporaines et met en lumière la dette que le spatial turn du XXIe siècle entretient envers les arts et la littérature.
Le 11 septembre 1973, Georges Klein, médecin et conseiller du président Allende au Chili, est enlevé par l'armée chilienne lors du coup d'État d'Augusto Pinochet; le 19 septembre 1973, Étienne Pesle, ancien prêtre, est enlevé par des forces de l'armée de l'air du Chili; le 30 juillet 1974, Alphonse Chanfreau, militant du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR) est enlevé à Santiago par la police secrète; le 1er novembre 1975, Jean-Yves Claudet, militant du MIR disparaît à Buenos Aires en Argentine.Treize Chiliens et un Argentin, bien qu'aucun ne soit présent, sont jugés en France pour détention, séquestration arbitraire, tortures, actes de barbarie et disparition forcée de ces quatre Franco-Chiliens. Le procès qui se déroule à la cour d'assises de Paris du 8 au 17 décembre 2010, porte plus largement sur les crimes commis au Chili pendant la dictature d'Augusto Pinochet et sur le plan Condor qui organise des disparitions et assassinats à grande échelle au Chili ou à l'étranger.La constitution de son enregistrement intégral au titre des archives audiovisuelles de la Justice et leur conservation aux Archives nationales soulignent la dimension historique des débats judiciaires.Cet ouvrage immerge les lecteurs dans les onze jours d'audience à travers l'édition de la retranscription intégrale des archives audiovisuelles de la Justice de ce procès. Cette source exceptionnelle restitue les voix des victimes, de leurs familles, les réflexions des historiens et des juristes à la barre, qui mettent en mot les crimes les plus atroces. C'est aussi un outil de réflexion sur cette justice par défaut des accusés, sur la lutte contre l'impunité, sur la réception et la portée symbolique d'un tel procès.
Le 10 juin 1944, une compagnie appartenant à la division Waffen SS Das Reich massacre à Oradour-sur-Glane 643 personnes. Neuf ans plus tard, en 1953, sont jugés au Tribunal militaire de Bordeaux 64 ex-soldats accusés d'avoir participé à ce crime de guerre, 21 prévenus seulement étant présents : 7 Allemands et 14 Alsaciens dont 13 étaient des incorporés de force dans les Waffen SS. Autour de ce procès " historique " qui se déroule du 12 janvier au 13 février, les débats sont passionnés, largement relayés par les quelques 50 journalistes qui suivent les volets judiciaires et politiques de l'affaire, la présence des 13 alsaciens incorporés de force conduisant en effet à la confrontation de deux mémoires à vif, celle du Limousin et celle de l'Alsace. C'est ce qui a surtout été retenu de ce procès (avec, en plus, l'amnistie des condamnés alsaciens une semaine après le verdict qui exacerba la césure entre les deux provinces).
Cette nouvelle édition en deux volumes, complétée de trois audiences retrouvées revient au moment judiciaire proprement dit en mettant à la disposition du public la sténographie complète des audiences in extenso afin d'éclairer le fonctionnement d'un tribunal militaire dans ce contexte si particulier des années 1950. Au-delà, cette archive constitue un outil de réflexion sur le " passage " de la justice dans le post-conflit, sur ses ambitions et ses limites, sur la réception du procès dans l'espace démocratique.