Le 11 septembre 1973, Georges Klein, médecin et conseiller du président Allende au Chili, est enlevé par l'armée chilienne lors du coup d'État d'Augusto Pinochet; le 19 septembre 1973, Étienne Pesle, ancien prêtre, est enlevé par des forces de l'armée de l'air du Chili; le 30 juillet 1974, Alphonse Chanfreau, militant du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR) est enlevé à Santiago par la police secrète; le 1er novembre 1975, Jean-Yves Claudet, militant du MIR disparaît à Buenos Aires en Argentine.Treize Chiliens et un Argentin, bien qu'aucun ne soit présent, sont jugés en France pour détention, séquestration arbitraire, tortures, actes de barbarie et disparition forcée de ces quatre Franco-Chiliens. Le procès qui se déroule à la cour d'assises de Paris du 8 au 17 décembre 2010, porte plus largement sur les crimes commis au Chili pendant la dictature d'Augusto Pinochet et sur le plan Condor qui organise des disparitions et assassinats à grande échelle au Chili ou à l'étranger.La constitution de son enregistrement intégral au titre des archives audiovisuelles de la Justice et leur conservation aux Archives nationales soulignent la dimension historique des débats judiciaires.Cet ouvrage immerge les lecteurs dans les onze jours d'audience à travers l'édition de la retranscription intégrale des archives audiovisuelles de la Justice de ce procès. Cette source exceptionnelle restitue les voix des victimes, de leurs familles, les réflexions des historiens et des juristes à la barre, qui mettent en mot les crimes les plus atroces. C'est aussi un outil de réflexion sur cette justice par défaut des accusés, sur la lutte contre l'impunité, sur la réception et la portée symbolique d'un tel procès.
La pandémie de 2020 a rappelé avec force combien nos vies restent liées aux espaces que nous habitons: ville ou campagne, lieux intimes ou scènes publiques. Elle a aussi révélé l'importance des " langages de l'espace " qui traversent discours sociaux, imaginaires collectifs, récits personnels et créations artistiques.Ce volume explore ces territorialités dans la littérature, les arts visuels, la photographie, les récits oraux et les mondes numériques. Les contributions réunies interrogent les multiples façons dont les espaces francophones et européens - urbains, maritimes, insulaires ou archipellaires - se disent, se vivent et se transforment.À travers une approche géocritique et comparatiste, l'ouvrage renouvelle les théories spatiales contemporaines et met en lumière la dette que le spatial turn du XXIe siècle entretient envers les arts et la littérature.
XIIIe-XVe siècle - Consulats et relations consulaires
En Quercy et en Rouergue, entre le XIIIe et XVe siècle, les villes organisées en consulats ont lentement bâti une forme originale de représentation du " pays ". À travers l'étude d'un riche corpus d'archives, cet ouvrage met au jour la montée en puissance d'un Tiers État essentiellement urbain, fédérateur d'intérêts communs et acteur structurant d'un ordre politique régional.Dépassant les modèles classiques de la tripartition médiévale, Pierre Flandin-Bléty explore la genèse d'un ordre nouveau, né de la concertation intercommunale, des solidarités fiscales et des relations complexes entre consulats, Église et pouvoir royal.Resté inédit, ce travail pionnier livre une analyse aussi érudite que novatrice, éclairant la formation d'un Tiers État avant l'heure, dans le creuset d'un espace méridional aux fortes dynamiques collectives.
Faire du concept une pratique et, inversement, d'une pratique un concept: tel est le cas des multiples voies de la transmission que Jacques Fontanille a mises en acte pendant toute sa carrière de chercheur et d'enseignant. La recherche et l'enseignement, précisément: deux voies intimement liées et davantage fédérées dès l'institutionnalisation officielle de la recherche sémiotique à Limoges, et plus globalement en France, par la fondation du CeReS (Centre de Recherches Sémiotiques) en 2000, laquelle a permis de former plusieurs générations de sémioticiennes et de sémioticiens, de France et de l'étranger.En France, en Colombie, au Brésil, en Iran, et dans tant d'autres pays encore, cette double voie ne cesse elle-même de se transmettre à travers le développement des différentes voix de la sémiotique " fontanillienne ": celles du corps, des pratiques, des formes de vie, de l'anthroposémiotique…Les textes ici réunis souhaitent d'abord rendre hommage, par la voix de ses élèves, de tout âge et de tout horizon, à la transmission verticale que Jacques Fontanille a poursuivie en tant qu'enseignant. Ils témoignent également – et surtout – de la vivacité et des ouvertures d'une transmission horizontale de la recherche sémiotique en quête de nouvelles voies à partir d'un socle et d'un exemple commun: un savoir-faire qui fait savoir, et ce dans la double acception de la formule.
Dialogues pluridisciplinaires sur un phénomène en fermentation
Bien que son existence soit ancienne, le vin " nature " se voit aujourd'hui occuper une place singulière dans le paysage viticole, et cela en raison des préoccupations sanitaires, environnementales et sociétales contemporaines de certains producteurs et consommateurs. Cette culture émergente accompagne une véritable transition agroécologique, en valorisant des pratiques respectueuses de l'environnement, de la biodiversité et des cycles naturels. Longtemps marginalisé en raison de sa non-conformité aux cahiers des charges des AOC et des AOP, le vin " naturel " connaît une reconnaissance officielle avec la création, en février 2020, du label " Vin méthode nature ". Mais cette étape décisive ne résout pas pour autant les problèmes de terminologie, d'analyse sensorielle, de communication et de promotion du vin " naturel ".Dans ce cadre, l'ouvrage Le vin " naturel " en questions. Dialogues pluridisciplinaires sur un phénomène en fermentation propose d'explorer ces différents aspects du vin nature et d'en apprécier la complexité, en croisant les approches théoriques et disciplinaires de ses contributeurs. Destiné aussi bien aux universitaires qu'aux amateurs et aux curieux, cet ouvrage invite chacun à découvrir la richesse d'un univers viticole en pleine effervescence.
Le 10 juin 1944, Oradour-sur-Glane entrait tragiquement dans l'Histoire. Ce nom, désormais associé à l'innommable, évoque l'un des massacres les plus atroces de la Seconde Guerre mondiale. Mais au-delà de l'horreur et du silence des ruines, Oradour est aussi devenu, au fil du temps, un lieu de mémoire, de reconstruction et d'espoir.Ce livre explore avec justesse et sensibilité le chemin complexe de la résilience. Il donne tout d'abord la parole à l'architecte du Centre de la mémoire, confronté au défi de concevoir un lieu capable de dire l'indicible, d'honorer la mémoire tout en ouvrant un espace à la réflexion. Puis il retrace la renaissance du village, la manière dont les habitants ont repris vie sur une terre meurtrie, recréé un tissu social, attiré de nouvelles entreprises, construit un avenir sans effacer le passé. Enfin, une réflexion plus large permet de mieux comprendre ce qu'est la résilience individuelle, et comment elle se bâtit grâce à l'engagement de nombreux acteurs.Un hommage à la dignité humaine, à la mémoire vivante, et à la force de la reconstruction.
Vieillissement, maladie, handicap, blessures... Lorsque le corps est éprouvé, c'est toute l'identité qui vacille. Comment se reconstruire après une rupture biologique ou sociale? Quel rôle l'activité physique peut-elle jouer dans ce processus?Cet ouvrage explore la reconstruction de soi à travers le prisme du corps en mouvement. Loin de se limiter à une simple rééducation fonctionnelle, l'activité physique et sportive (APS) s'impose comme un véritable levier de résilience, permettant de restaurer l'estime de soi, de retisser du lien social et de redonner du sens à l'existence.À travers une approche pluridisciplinaire, ce livre analyse les effets des APS sur les personnes âgées, les malades chroniques, les personnes en situation de handicap et les blessés de guerre. Il interroge aussi les obstacles qui freinent l'accès à ces pratiques pourtant reconnues pour leurs bienfaits.Un regard essentiel sur le pouvoir du corps en mouvement et sa capacité à reconstruire les trajectoires de vie.
À l'occasion de la tenue des JOP Paris 2024, le CDES a organisé un séminaire de recherche consacré à la soutenabilité des Grands Évènements Sportifs Internationaux (GESI). En effet, depuis quelques années déjà, les grands évènements sportifs comme les JOP font l'objet de nombreuses controverses. Les principales questions débattues concernent la taille de ces évènements et leurs enjeux financiers, leur empreinte écologique, leur coût d'opportunité, leur legs d'éléphants blancs. C'est ainsi que l'on discute de plus en plus aujourd'hui de la soutenabilité des GESI autour de quelques questions majeures à l'origine de multiples controverses: que peut-on dire de l'héritage des GESI et notamment des JOP? Faut-il réformer la conception des GESI pour tenir compte des limites de la planète? Quels obstacles faudra-t-il surmonter pour réformer les GESI? Faut-il concevoir de nouveaux instruments d'évaluation comme une comptabilité écologique? Faut-il ou non continuer à organiser de tels événements gigantesques?Le présent ouvrage tente de répondre à toutes ces interrogations autour de quatre questions de recherche: les enjeux de l'accueil des GESI, l'avenir des GESI, la gouvernance des GESI face à la transition écologique, l'héritage controversé des GESI dans les villes hôtes.
À la suite de l'armistice de 1940, près de 1,6 million de prisonniers de guerre français sont progressivement transférés en Allemagne. Si les travaux historiques se sont penchés sur les ressorts politiques ou sociaux de cet exil forcé, le domaine des activités corporelles n'a guère été considéré.Or, le sport constitue un angle d'attaque précieux pour saisir, dans toute sa complexité, la captivité de guerre, que cet ouvrage entend investiguer. Si les organismes humanitaires jouent un rôle central, les réalisations des prisonniers dépendent avant tout des conditions mêmes de leur captivité: entre les officiers des Oflags luttant contre le désœuvrement, les prisonniers jugés récalcitrants et les hommes de troupe des commandos, les différences sont considérables. Derrière les joies qu'ils procurent à ceux qui peuvent s'y adonner, se cachent, en outre, des projets d'encadrement idéologique menés tant par les nazis que le gouvernement de Vichy.Les pratiques physiques témoignent ainsi de la diversité et de la singularité des conditions de détention, et plus largement des rapports entre corps, liberté et soumission.