Ce numéro des Cahiers Robinson consacré à la mer dans la littérature jeunesse analyse la façon dont les ouvrages proposés aux jeunes lecteurs mettent en scène la mer, ses représentations, ou réécrivent les récits patrimoniaux qui lui sont consacrés.
La mer sous toutes ses facettes, qu'elle soit menaçante et déchaînée, porteuse d'espoir, source d'aventures, pleine de trésors ou simplement lieu de loisirs, a nourri l'imaginaire de nombreux jeunes lecteurs au fil des siècles et encore aujourd'hui. Métaphore de la liberté et des grands espaces pleins de promesses, la mer et ses différents symboles se retrouvent aussi dans les images qui accompagnent et illustrent les récits pour la jeunesse. Dès lors, les récits de et sur la mer ne se contentent pas de nourrir l'imaginaire des lecteurs, de les mettre en garde ou de les inciter à adopter une attitude écologiquement responsable, ils permettent aussi aux plus jeunes de faire l'expérience de la littérature en leur demandant de déchiffrer et d'interpréter les références et les symboles qui leur sont proposés.Les contributions de ce numéro s'intéressent à la façon dont les ouvrages destinés aux enfants et aux adolescents abordent la mer et tous ses enjeux en ce début de XXIe siècle. Sont ainsi analysés les classiques du roman maritime et leurs réécritures, les questions écologiques, politiques et éducatives.
Traduction et cuisine : deux activités universelles associées pour la première fois dans un ouvrage de référence qui se veut synthèse d'approches pluridisciplinaires autant que point de départ d'autres réflexions à venir.
Le culinaire a le vent en poupe. Sur le plan de la recherche, les Food Studies n'ont jamais été aussi développées et n'ont jamais autant fait l'objet d'approches aussi diverses. L'une des raisons en est sans doute que le culinaire passionne. On ne compte pas le nombre de publications sur le sujet dans l'édition grand public : le livre de cuisine, pour faire court, continue de très bien se vendre.En même temps, le culinaire n'a jamais été aussi controversé. Dans un monde en pleine crise environnementale, parler cuisine, c'est en effet englober un certain nombre de processus de transfert et de transformation, qui peuvent engendrer de la friction aussi bien que du plaisir. Un grand nombre de ces processus sont foncièrement interculturels et la question de la traduction se pose donc naturellement.Traduction et cuisine : deux activités universelles qui font chacune de leur côté l'objet de nombreuses études et que nous avons choisi d'associer à l'occasion d'un colloque international. Cet ouvrage se veut une synthèse des réflexions qui en ont résulté et à la fois, espérons-le, le point de départ d'autres cogitations, car c'est bien connu, l'appétit vient en mangeant.
L'hybridité, concept venu des sciences du vivant, est de plus en plus associée aujourd'hui aux arts contemporains. Cet ouvrage réfléchit aux enjeux esthético-politiques qui accompagnent son essor depuis plusieurs décennies dans le spectacle vivant.
L'hybridité, concept venu des sciences du vivant, est de plus en plus associée aux formes contemporaines de la littérature et des arts. Cet ouvrage tente d'en cerner les contours dans le domaine des arts de la scène, d'identifier le contexte de son émergence, de réfléchir aux enjeux, esthétiques comme politiques, qui accompagnent son essor depuis plusieurs décennies. Revenant d'abord sur quelques repères historiques ou théoriques, il se concentre ensuite sur un répertoire plus récent, de la fin du xxe siècle jusqu'aux années 2020, qu'il s'agisse de formes textuelles - de Müller à Piemme, de Ben Bouchta à Gao Xingjian - ou d'écritures dites " de plateau ", en parcourant une large diversité d'œuvres. Ce livre intéressera tous les spécialistes d'arts du spectacle, chercheurs comme étudiants, et vise aussi un public plus large d'amateurs d'art contemporain.
L'histoire politique française révèle d'étonnants paradoxes, un seul retiendra notre attention : le suffrage universel, matrice de notre démocratie, s'affirme sous le régime autoritaire de Louis-Napoléon Bonaparte. Le fait électoral sous le Second Empire revêt un caractère particulièrement ambigu : à la fois contrôlé et dirigé par l'administration impériale, il s'affirme aussi comme un moment d'apprentissage démocratique pour les citoyens français. à l'échelle locale, l'étude de l'arrondissement de Bordeaux, dans le département de la Gironde, donne à voir toutes les étapes, de même que les différents acteurs mobilisés, de cette construction paradoxale du suffrage universel masculin entre 1852 et 1870. Par ailleurs, l'étude synoptique d'élections législatives et cantonales permet d'embrasser une histoire " totalisante " du fait électoral, et de questionner la politisation croissante des électeurs sous le Second Empire. C'est donc cette longue construction politique, véritable " fabrique " du choix politique démocratique, qui intéresse notre étude.
Mû par les sensibilités contemporaines, notre rapport aux animaux change. Comment la littérature de jeunesse, qu'ils habitent, participe-t-elle à ce " tournant animal " ? Quelles nouvelles représentations littéraires apparaissent ainsi ? Le lien entre l'enfance et les animaux n'est plus à prouver et ces derniers habitent les productions pour enfants plus que n'importe quel autre champ culturel. Dès lors, la littérature et la culture pour la jeunesse apparaissent comme les lieux privilégiés de l'expression d'un " tournant animal " contemporain, ainsi que des sensibilités écologiques et environnementales qui l'accompagnent. L'ouvrage se propose de faire état, en 17 contributions, de la manière dont la littérature de jeunesse en prend acte et y contribue. Du Cameroun au Canada, en passant par l'Espagne, la Côte d'Ivoire, la France et la Suisse, l'ouvrage manifeste une dimension internationale et notamment francophone, à travers des recherches qui visent à explorer, par coups de sonde, l'écopoétique et la zoopoétique de l'engagement tout autant littéraire que militant par la voie/voix de la fiction pour la jeunesse. Les études mettent ainsi en lumière de nouvelles représentations littéraires.
L'oubli menace tout écrivain. Comment prédire la longévité d'un livre de littérature de jeunesse au succès particulièrement difficile à cerner ? Tout oubli est-il immérité ? Ne conviendrait-il pas de tirer certaines œuvres de leur purgatoire ?
Qui étaient Lily Jean-Javal, André Hellé, Saint-Marcoux ou Claude Campagne ? Pourquoi lit-on toujours les romans de Jules Verne ou de la comtesse de Ségur et non ceux de leurs contemporains Edmond About ou Paul Féval pourtant célèbres à leur époque ? L'oubli menace tout écrivain car le succès est capricieux en littérature. Il est difficile de le prévoir, même de nos jours, malgré de solides études de marché. En littérature pour la jeunesse, en outre, un canon plus ou moins subjacent se fait toujours percevoir, celui de la pédagogie auquel il faut associer celui du plaisir beaucoup plus difficile à cerner et tributaire d'un grand nombre de critères. Comment, dans ce cas, prédire la longévité de ce type de livre ?
Dix chercheuses venues d'horizons voire de pays différents ont essayé de répondre à ces questions en interrogeant les critères de réussite d'un ouvrage destiné à la jeunesse qu'ils soient liés à une époque, aux modes, aux mœurs, à une conception de l'éducation ou des loisirs, à la fabrique éditoriale… Elles n'ont pas manqué de se demander parallèlement si tout oubli était forcément immérité ou si certain(e)s écrivain(e)s ne mériteraient pas aujourd'hui d'être tiré(e)s de leur purgatoire.
L'expression " Trouver son chemin de Damas " est devenue proverbiale et désigne aujourd'hui un moment de révélation. Treize études retracent les différentes interprétations données à la conversion de saint Paul à travers les siècles.
Parti de Jérusalem pour persécuter les premiers chrétiens, le futur saint Paul, ébloui et interpellé par Jésus, se convertit brutalement sur le chemin de Damas pour devenir l'apôtre des nations. L'épisode est relaté à trois reprises dans le livre des Actes et évoqué dans les épîtres pauliniennes. De nos jours, l'expression " Trouver son chemin de Damas " est devenue proverbiale et désigne un tournant subit et décisif dans une vie, un changement complet d'idée ou d'orientation.
Au regard des sources bibliques qui donnent lieu à une analyse approfondie, le volume retrace l'histoire de la réception littéraire et picturale de l'épisode néotestamentaire, depuis la période patristique jusqu'à aujourd'hui, à travers treize études. Chaque article montre combien la conversion de Paul s'est auréolée d'une valeur d'exemplarité, même si, chez certains auteurs, elle reste un idéal spirituel. Quant à la peinture, elle associera bientôt à la scène un cheval que la Bible ne mentionne pas mais qui s'imposera de lui-même.
Cet ouvrage présente un panorama de l'œuvre d'Yves Bonnefoy (1923-2016), qui permet de donner une idée de l'étendue du travail de ce poète-traducteur et critique de la traduction, ainsi que de sa postérité dans une langue éloignée comme le chinois.
Yves Bonnefoy (1923-2016) est l'auteur de nombreux poèmes, mais il a aussi été traducteur de Shakespeare, de Yeats et de Keats pour le domaine anglophone, de Pétrarque, de Leopardi et de Pascoli pour l'italien. Il a également livré des réflexions et travaux critiques, tant sur la poésie que sur la traduction. Par ailleurs, les œuvres de Bonnefoy lui-même ont été traduites dans de nombreuses autres langues-cultures.
Pour célébrer le centenaire de la naissance de ce poète-traducteur, des spécialistes de différents pays (France, Italie, Chine…) qui ont, pour certains, connu Yves Bonnefoy et collaboré avec lui, présentent ici un panorama de l'œuvre d'Yves Bonnefoy qui permet de donner une idée de l'étendue de son travail de poète-traducteur et de critique de la traduction, ainsi que de sa postérité dans une langue éloignée comme le chinois.
Inédite jusqu'alors, la correspondance d'Henri Bosco et Joseph d'Arbaud rassemble 25 lettres écrites de 1924 à 1947, ici éditées par Jean-Yves Casanova, spécialiste de langue et littérature provençales. La relation presque filiale du cadet, Bosco, au " parrain " d'Arbaud, auteur de La Bête du Vaccarès qui inspirera Malicroix, y apparaît inséparable de la relation de Bosco avec son propre père disparu, et avec la langue provençale.
Trois études critiques de Danièle Henky, Christian Morzewski et Bernard Vigneron complètent le sommaire de ce volume, avec la bibliographie des études bosquiennes pour les années 2023 et 2024 établie par Arnaud Dhermy.