L'histoire politique française révèle d'étonnants paradoxes, un seul retiendra notre attention : le suffrage universel, matrice de notre démocratie, s'affirme sous le régime autoritaire de Louis-Napoléon Bonaparte.
L'histoire politique française révèle d'étonnants paradoxes, un seul retiendra notre attention : le suffrage universel, matrice de notre démocratie, s'affirme sous le régime autoritaire de Louis-Napoléon Bonaparte. Le fait électoral sous le Second Empire revêt un caractère particulièrement ambigu : à la fois contrôlé et dirigé par l'administration impériale, il s'affirme aussi comme un moment d'apprentissage démocratique pour les citoyens français. à l'échelle locale, l'étude de l'arrondissement de Bordeaux, dans le département de la Gironde, donne à voir toutes les étapes, de même que les différents acteurs mobilisés, de cette construction paradoxale du suffrage universel masculin entre 1852 et 1870. Par ailleurs, l'étude synoptique d'élections législatives et cantonales permet d'embrasser une histoire " totalisante " du fait électoral, et de questionner la politisation croissante des électeurs sous le Second Empire. C'est donc cette longue construction politique, véritable " fabrique " du choix politique démocratique, qui intéresse notre étude.
Mû par les sensibilités contemporaines, notre rapport aux animaux change. Comment la littérature de jeunesse, qu'ils habitent, participe-t-elle à ce " tournant animal " ? Quelles nouvelles représentations littéraires apparaissent ainsi ?
Le lien entre l'enfance et les animaux n'est plus à prouver et ces derniers habitent les productions pour enfants plus que n'importe quel autre champ culturel. Dès lors, la littérature et la culture pour la jeunesse apparaissent comme les lieux privilégiés de l'expression d'un " tournant animal " contemporain, ainsi que des sensibilités écologiques et environnementales qui l'accompagnent. L'ouvrage se propose de faire état, en 17 contributions, de la manière dont la littérature de jeunesse en prend acte et y contribue. Du Cameroun au Canada, en passant par l'Espagne, la Côte d'Ivoire, la France et la Suisse, l'ouvrage manifeste une dimension internationale et notamment francophone, à travers des recherches qui visent à explorer, par coups de sonde, l'écopoétique et la zoopoétique de l'engagement tout autant littéraire que militant par la voie/voix de la fiction pour la jeunesse. Les études mettent ainsi en lumière de nouvelles représentations littéraires.
L'oubli menace tout écrivain. Comment prédire la longévité d'un livre de littérature de jeunesse au succès particulièrement difficile à cerner ? Tout oubli est-il immérité ? Ne conviendrait-il pas de tirer certaines œuvres de leur purgatoire ?
Qui étaient Lily Jean-Javal, André Hellé, Saint-Marcoux ou Claude Campagne ? Pourquoi lit-on toujours les romans de Jules Verne ou de la comtesse de Ségur et non ceux de leurs contemporains Edmond About ou Paul Féval pourtant célèbres à leur époque ? L'oubli menace tout écrivain car le succès est capricieux en littérature. Il est difficile de le prévoir, même de nos jours, malgré de solides études de marché. En littérature pour la jeunesse, en outre, un canon plus ou moins subjacent se fait toujours percevoir, celui de la pédagogie auquel il faut associer celui du plaisir beaucoup plus difficile à cerner et tributaire d'un grand nombre de critères. Comment, dans ce cas, prédire la longévité de ce type de livre ?
Dix chercheuses venues d'horizons voire de pays différents ont essayé de répondre à ces questions en interrogeant les critères de réussite d'un ouvrage destiné à la jeunesse qu'ils soient liés à une époque, aux modes, aux mœurs, à une conception de l'éducation ou des loisirs, à la fabrique éditoriale… Elles n'ont pas manqué de se demander parallèlement si tout oubli était forcément immérité ou si certain(e)s écrivain(e)s ne mériteraient pas aujourd'hui d'être tiré(e)s de leur purgatoire.
L'expression " Trouver son chemin de Damas " est devenue proverbiale et désigne aujourd'hui un moment de révélation. Treize études retracent les différentes interprétations données à la conversion de saint Paul à travers les siècles.
Parti de Jérusalem pour persécuter les premiers chrétiens, le futur saint Paul, ébloui et interpellé par Jésus, se convertit brutalement sur le chemin de Damas pour devenir l'apôtre des nations. L'épisode est relaté à trois reprises dans le livre des Actes et évoqué dans les épîtres pauliniennes. De nos jours, l'expression " Trouver son chemin de Damas " est devenue proverbiale et désigne un tournant subit et décisif dans une vie, un changement complet d'idée ou d'orientation.
Au regard des sources bibliques qui donnent lieu à une analyse approfondie, le volume retrace l'histoire de la réception littéraire et picturale de l'épisode néotestamentaire, depuis la période patristique jusqu'à aujourd'hui, à travers treize études. Chaque article montre combien la conversion de Paul s'est auréolée d'une valeur d'exemplarité, même si, chez certains auteurs, elle reste un idéal spirituel. Quant à la peinture, elle associera bientôt à la scène un cheval que la Bible ne mentionne pas mais qui s'imposera de lui-même.
Inédite jusqu'alors, la correspondance d'Henri Bosco et Joseph d'Arbaud rassemble 25 lettres écrites de 1924 à 1947, ici éditées par Jean-Yves Casanova, spécialiste de langue et littérature provençales. La relation presque filiale du cadet, Bosco, au " parrain " d'Arbaud, auteur de La Bête du Vaccarès qui inspirera Malicroix, y apparaît inséparable de la relation de Bosco avec son propre père disparu, et avec la langue provençale.
Trois études critiques de Danièle Henky, Christian Morzewski et Bernard Vigneron complètent le sommaire de ce volume, avec la bibliographie des études bosquiennes pour les années 2023 et 2024 établie par Arnaud Dhermy.
C'est quand, la jeunesse ? Des enfants aux ados, des futurs irrespirables aux promesses d'un espoir ténu, ce numéro consacré aux multiples formes et supports SF pour la jeunesse est un carrefour générationnel.
Province des littératures de l'imaginaire, la Science-Fiction apparaît d'emblée comme cross age, n'ayant pas pour vocation première d'instruire ou d'éduquer, mais de donner du futur une configuration plausible ou délirante, mais toujours spéculative. Or la question d'une SF lue, pratiquée, enseignée par et à la jeunesse n'avait pas encore été posée, systématiquement et précisément. Le présent volume, porteur d'une parole multiplement vive et critique, où s'éveillent les anticipations et où se révèle un " usage " pédagogique de la SF, comme il y a un " usage " du monde, se veut donc un rendez-vous des thèmes, formes et supports : un carrefour générationnel.C'est quand, la jeunesse ? a-t-on envie d'écrire. Les réponses ici apportées racontent aussi l'histoire d'une légitimation, ce dont la génération Z ne se préoccupe même plus, acquise d'entrée de jeu à la multiplicité et à la pluralité des œuvres offertes/ouvertes. Le premier moment de l'ouvrage prend acte des innovations et des propositions adressées aux (parfois très) jeunes lecteurs, puis des mondes irrespirables que la contemporanéité suggère et suscite, pour, dans une troisième partie, retrouver une SF porteuse d'espoir.
Les contributeurs de ce numéro rendent hommage à Claude Santelli (1923-2001) dont on a fêté le centenaire de la naissance en 2023. Ils ont étudié sa série d'émissions connue sous le titre de Théâtre de la jeunesse qui adaptait des romans classiques pour les enfants. Cette émission phare de la télévision des années soixante est étroitement liée au nom de celui qui en fut le créateur, et le
principal producteur, très impliqué dans la politique culturelle du service public de télévision des années cinquante jusqu'au début des années quatre-vingt.
De 1960 à 1969, 38 dramatiques seront diffusées, majoritairement adaptées de romans classiques, entre autres de la Comtesse de Ségur, Verne, Hugo, Daudet, Rabelais, Gautier, Malot, Beecher Stowe, etc. mais aussi des créations comme celle de Santelli lui-même, Gaspard ou le petit tambour de Fulda. À ces transpositions s'ajoutent des biographies et des émissions spéciales diffusées à Noël, comme Le Petit Claus et le Grand Claus créée par Grimaud et Prévert.
Dans la Bible, le combat entre le jeune David, armé de sa seule fronde, et le géant Goliath, bardé de fer, est devenu proverbial et désigne aujourd'hui la victoire du faible contre le fort. Utilisée dans des situations très différentes (politique, sportif, religieux…), l'expression exprime une lutte inégale et incertaine.Le récit donne d'abord lieu à une analyse approfondie, accompagnée d'une traduction inédite des versions hébraïque et grecque. Puis douze études parcourent les grandes étapes de son interprétation. D'après la lecture traditionnelle, David incarne la bravoure et la hardiesse, Goliath symbolise la force brutale et l'ennemi de Dieu. Mais, selon les enjeux et le contexte, l'approche varie. Les articles, de l'époque médiévale jusqu'à aujourd'hui, dans la littérature, le cinéma et la peinture, montrent que les deux protagonistes ne sont pas aussi caricaturaux et que l'on trouve même une inversion des caractères, liée en particulier à la laïcisation de l'épisode.
Ce volume s'inscrit dans le développement dynamique de l'écocritique et de l'écopoétique, lié à la prise de conscience des effets néfastes du développement humain sur la planète. Dans ce contexte de réflexions théoriques actuelles sur les rapports entre littérature jeunesse et écologie, il présente la particularité de proposer un large horizon culturel et une double ambition théorique et didactique, poétique et politique. Il propose aussi bien des études panoramiques qui reconstituent l'émergence du sujet écologique dans la littérature de jeunesse, dans une perspective européenne, que des applications pratiques de cas d'étude singuliers, au croisement de la poétique et de la didactique, des témoignages d'écrivains et des articles théoriques couvrant tous les genres, roman, théâtre, poésie ou conte.