Pendant huit ans, Fabienne Martin a suivi le quotidien des résidents d'une communauté de lépreux établie dans la ville de Jodhpur au Nord de l'Inde. Cette communauté est née de la volonté de recouvrer une existence et une place dans une société surdéterminée par les appartenances collectives et dont les individus lépreux ont été détachés, dépossédés.Comment vivre avec la lèpre ? Pour les lépreux qui ont fondé la communauté et pour leurs descendants qui y sont nés, cette question impérieuse, existentielle au sens le plus littéral et le plus concret, anime sans relâche leur quotidien. Pour le chercheur, elle invite à examiner comment la vie peut se trouver radicalement redéfinie par un événement, et, à partir de l'éclairage de cette reformulation même, à appréhender le se ...
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Note sur la langue et la translittération Introduction
Première partie. Ruptures Chapitre premier – " Comment c'est arrivé " Veeraya : Lectures du corps et réactions Muttusvami : Chercher un endroit où rester K. Kisan : Désarroi et abandon Antaya : Une question d'époque La mère de Bala : Mesures de protection et langage de l'impureté Sarojna : L'expérience de l'intouchabilité Shanta : Faute et punition
Chapitre II – Le séjour à Dichpalli Gagner l'hôpital La découverte d'un univers médical inédit Le dieu des Chrétiens Une communauté de patients
Chapitre III – Sur les routes Devoir partir Cartographie des déplacements Le mouvement des relations
Deuxième partie. Se reconstruire un monde Chapitre IV – Former un ashram L'ancrage dans un territoire Un espace de seva Solliciter, demander, encore et toujours
Chapitre V – Le partage du quotidien Les formes du vivre-ensemble Partager son espace avec d'autres
Chapitre VI – Le corps lépreux Les marques du corps dans l'enceinte de l'ashram Le corps, forme de subsistance : la pratique de la mendicité Maintenir la visibilité des marques
Troisième partie. Le poids de l'appartenance Chapitre VII – Tous parents Le langage de la parenté, structure des relations Se marier dans le contexte de la lèpre Rôle et interventions du sangam dans les mariages
Chapitre VIII – Entre dire et taire La gestion de l'appartenance dans les relations quotidiennes L'éloignement et la préservation des liens L'administration de la compensation
Chapitre IX – À qui la faute ? Les modes d'interprétation de l'infortune Une affaire de qismat La question de la responsabilité
Conclusions
Pendant huit ans, Fabienne Martin a suivi le quotidien des résidents d'une communauté de lépreux établie dans la ville de Jodhpur au Nord de l'Inde. Cette communauté est née de la volonté de recouvrer une existence et une place dans une société surdéterminée par les appartenances collectives et dont les individus lépreux ont été détachés, dépossédés.Comment vivre avec la lèpre ? Pour les lépreux qui ont fondé la communauté et pour leurs descendants qui y sont nés, cette question impérieuse, existentielle au sens le plus littéral et le plus concret, anime sans relâche leur quotidien. Pour le chercheur, elle invite à examiner comment la vie peut se trouver radicalement redéfinie par un événement, et, à partir de l'éclairage de cette reformulation même, à appréhender le sens que les individus lui prêtent.Placés devant l'incertitude de l'inconnu, accompagnés par la violence de l'exclusion et les douleurs du corps, les lépreux ont constamment opéré des choix. Ils ont exploré des possibles et en ont aussi créés. C'est là que réside leur particularité, à la fois en deçà et au-delà de la communauté qu'ils ont formée, dans ce qui précède et ce qui suit sa constitution : dans une certaine manière de construire du commun, dans une certaine manière d'être en commun. Cet ouvrage s'intéresse à ces choix, ces parcours et ces élaborations qui exposent dans une certaine nudité ce qu'il est rarement donné d'observer : la fabrique en cours de nouvelles formes sociales d'existences.