Ce n'est ni en défaisant l'État social ni en s'efforçant de le restaurer comme un monument historique que l'on trouvera une issue à la crise sociale et écologique. C'est en repensant son architecture à la lumière du monde tel qu'il est et tel que nous voudrions qu'il soit. Et, aujourd'hui comme hier, la clé de voûte sera le statut accordé au travail.Face à la faillite morale, sociale, écologique et financière du néolibéralisme, l'horizon du travail au XXIe siècle est celui de son émancipation du règne exclusif de la marchandise. Comme le montre le cas du travail de recherche, les statuts professionnels qui ont résisté à la dynamique du Marché total ne sont donc pas les fossiles d'un monde appelé à disparaître, mais bien plutôt les germes d'un régime de travail réellement humain, qui fasse place au sens et au contenu du travail – c'est-à-dire à l'accomplissement d'une œuvre.
La professionnalisation des formations supérieures est aussi ancienne que les universités. Cependant, son interrogation en tant qu'objet d'études est plus récente. Dans un contexte de massification des systèmes d'enseignement supérieur, de transformations économiques et de difficultés d'insertion socioprofessionnelles accrues pour les jeunes, le processus de réformes européennes des universités, appliqué également dans de nombreux pays tiers, marque une rupture dans la professionnalisation des offres de formation.Cet ouvrage issu d'un colloque international examine quelques questions que soulèvent ces réformes et leurs multiples conséquences dans plusieurs pays (France, Algérie, Maroc, Tunisie, Québec, Grèce), notamment à travers trois principales dimensions: les mutations dans l'enseignement supérieur et la professionnalisation, les dispositifs de professionnalisation et d'insertion des diplômés et enfin les résultats des réformes de l'enseignement supérieur dans des contextes internationaux.
Cet ouvrage propose une brève histoire de l'extrême gauche en France. Sur un siècle, de la révolution bolchevique de 1917 aux élections présidentielles de 2017, les auteurs évoquent successivement les principales tendances de l'extrême gauche française.
Des premiers groupes trotskystes aux " antifas ", en passant par l'affirmation des maoïstes en 1968, il s'agira d'apporter des clefs de lecture permettant de prendre contact avec une thématique composite et de reconnaître les courants et les personnes qui en ont fait l'histoire.
En montrant les dynamiques sociales qui façonnent le travail, compris en tant que rapport social qui dépasse la seule sphère de production qu'est l'entreprise, cet ouvrage collectif a choisi de croiser l'étude des changements dans les milieux de travail et les institutions publiques qui " accompagnent " le retour à l'emploi.
Il met en discussion ces deux domaines de recherche : les rapports sociaux dans le travail et en dehors, afin d'appréhender les similitudes et de définir les statuts et identités sociales des individus. Les injonctions à la responsabilisation comme les processus d'individualisation et la casse des collectifs de travail sont suivis à partir de différentes enquêtes qui entrent en résonance : dans le secteur public comme dans le privé, dans l'industrie comme dans le tertiaire, auprès d'ouvriers comme d'employés, dans les agences pour l'emploi et les cellules de reclassement, en appréhendant les fermetures de sites comme les restructurations internes aux entreprises.
Nouvelles formes de visibilité des individus en entreprise : technologie et temporalité
L'intérêt de ce dossier est d'analyser comment s'opère, sous l'effet de l'information et de la communication, le couplage entre une culture généralisée du risque et une réorganisation du social, des pratiques et des modes de vie tant individuels que collectifs. Ce processus sera envisagé de l'amont à l'aval, de la qualification-formalisation des risques aux dispositifs d'éducation et de prévention déployés à tous niveaux (école, structure familiale, organisations, institutions). Dans cette dynamique, la part de l'information et le travail de communication jouent un rôle décisif qu'il s'agira ici d'analyser. Cela, qu'il s'agisse de la rationalité des choix, des soubassements de l'éthique, ou encore des valeurs de l'action dans le respect d'un principe de responsabilité. Aussi, les changements de société s'accompagnent d'un questionnement sur les pratiques et diagnostics.
Adoptant une démarche sociologique, ce livre identifie les sens qu'ont les politiques de l'emploi pour les acteurs qui en sont à l'origine. Il met en évidence les redéfinitions successives de la catégorie, qui correspondent à des tournants dans le contenu des politiques menées. À partir d'entretiens et de documents écrits, l'auteur montre que l'interaction entre des acteurs aux profils et expériences divers au sein des scènes de la décision produit des orientations à chaque fois originales laissant en grande partie les fondements cognitifs des politiques de l'emploi indéterminés.
La dimension sociale au coeur de l'efficacité entrepreneuriale
Les entreprises les plus efficaces et performantes sont-elles en même temps les plus sociales ?Cette question stimulante trouve un éclairage nouveau en sillonnant ce grand espace doté d'une longue tradition industrielle que constitue l'Europe du Nord-Ouest au cours des trois derniers siècles. S'inscrivant dans une approche transnationale et régionale, cet ouvrage grâce à la grande diversité de ses contributions, souvent neuves et originales, met en perspective et analyse une dimension souvent méconnue dans la réussite entrepreneuriale, le rôle du social et du monde du travail.Sur la base d'exemples significatifs mettant en exergue l'importance de la réalité historique régionale, les différentes études rassemblées placent cette dimension sociale à la rencontre de trois éléments majeurs : l'évolution de la population active et de ses typologies de qualification ; la gestion des ressources humaines, généralement opérée par une palette de dispositions gravitant autour de la rémunération (primes de rendement, avantages en nature, hérédité de l'embauche, etc.) ; les relations professionnelles conflictuelles ou consensuelles entre employeurs et salariés. En proposant des éclairages nouveaux, cette contribution collective ouvre des perspectives d'analyse et de réflexion prometteuses pour l'avenir.
Dans les entreprises, la fonction comptable est devenue une telle évidence qu'elle n'est plus discutée. Pierre Labardin interroge ici cette évidence sous l'angle historique et par un retour à des sources variées : archives d'entreprises, manuels comptables, presse, associations, thèses de droit anciennes, etc. Des entreprises organisées sans fonction comptable (XVIIe-XIXe siècle) à la situation d'aujourd'hui, il s'agit de comprendre les transformations des structures du marché du travail comptable, par les changements du contexte économique, social et culturel.Avec une préface de Marc Nikitin.
En Suisse, la formation professionnelle est la filière post-obligatoire la plus fréquemment choisie. La plupart des jeunes suivant cette filière optent pour le système dual, qui alterne formation pratique en entreprise et formation théorique en école. Ce système, qui constitue un contexte propice à la socialisation professionnelle des apprenti·e·s, est un lieu privilégié d'observation des processus de construction de l'identité professionnelle. Cependant, les changements qui affectent aujourd'hui le monde du travail ont un impact direct sur la formation professionnelle duale et rendent les parcours de formation et de transition moins linéaires.Ce livre présente les résultats d'une recherche qualitative et interdisciplinaire analysant le phénomène des arrêts prématurés de formation professionnelle du point de vue des apprenti·e·s. Il permet tout d'abord de comprendre comment les jeunes vivent et expliquent cette expérience. L'accent est ensuite mis sur les implications d'un arrêt de formation professionnelle sur la suite du parcours des jeunes. Enfin, le lien entre arrêts prématurés et questionnements d'ordre identitaire est investigué. Un certain nombre d'implications pratiques découlent de ces analyses, tant au niveau de la prise en charge individuelle que de l'intervention organisationnelle ou institutionnelle.
Les enjeux contemporains d'une rencontre séculaire
La forte augmentation de la part des " vieux " – en particulier des " très vieux " dans la population totale alimente la croissance des activités de service à la personne et favorise la création en nombre d'emplois salariés caractérisés par une féminisation très élevée et une précarité notoire.À quelles conditions ces tâches pour accompagner les plus âgés d'entre nous dans les actes de la vie quotidienne, et qu'ils ne peuvent plus réaliser seul, peuvent-elles accéder à la qualification au regard de l'efficacité sociale qu'elles contribuent à produire ? L'ouvrage analyse les pratiques et les relations caractérisant la rencontre, de plus en plus fréquente, entre la vieillesse des uns et le travail salarié des autres. Il ouvre une réflexion sur le sens et les enjeux de la prise en charge, par les départements, du vieillissement dans ses ressorts concrets comme dans ses principes généraux.
Le XXe siècle a été par excellence le siècle de l'orientation professionnelle des jeunes d'abord puis des adultes. En France en particulier, le mouvement en faveur de l'orientation professionnelle des adultes a subi l'influence des changements technico-économiques, sociaux et culturels en même temps qu'il s'inscrit de plein droit dans les mécanismes de l'Etat-providence pendant la période des Trente glorieuses. A l'horizon des années 2010, l'orientation professionnelle des adultes est confrontée aux défis de l'internationalisation de l'économie, de la gestion des transitions professionnelles, de l'impact de la transformation des âges et des parcours de vie sur la carrière des hommes et des femmes. Rien d'inéluctable dans ses mutations sociétales, dès lors qu'elles sont mises en perspectives et qu'elles sollicitent la responsabilité des individus et des organisations. Francis Danvers, professeur des universités, psychologue de l'éducation à l'UFR des sciences de l'éducation de l'Université Charles-de-Gaulle / lille 3. Maître en philosophie, docteur en sciences de l'éducation, a exercé pendant une dizaine d'années le métier de conseiller d'orientation à différents niveaux du système éducatif. Enseignant-chercheur depuis 1991, auteur de travaux sur l'histoire du mouvement francophone d'orientation scolaire et professionnelle au XXe siècle. Membre du laboratoire PROFEOR (Equipe de recherche sur les interactions Professions, Formation, Education, Orientation et Santé), il développe des recherches sur une conception socio-anthropologique de l'orientation à tout âge de la vie. Chargé de mission Université-Entreprises, il dirige depuis 2000, le Service Commun Universitaire d'Accueil, d'Information, d'Orientation et d'Aide à l'insertion professionnelle (SUAIO) de Lille 3, ainsi que le Master professionnel option " Conseil en développement des compétences et valorisation des acquis " (CDVA).
Ce livre est destiné aux praticiens de la relation d'aide: psychologues, travailleurs sociaux, médecins, personnel de santé, formateurs et conseillers conjugaux. Il propose une réflexion originale et stimulante à la fois sur les processus de communication (mettre en commun) et sur les différentes dynamiques relationnelles rencontrées dans le travail d'accompagnement, de guidance ou de soutien entre un aidant et un aidé. L'auteur, à travers la description d'un processus de formation à l'entretien, nous invite non seulement à la réflexion, mais aussi à une mise en pratique extrêmement cohérente pour celui qui doit assumer des entretiens d'aide. Il s'agit là d'un véritable manuel de référence pour acquérir les bases d'une formation aux relations humaines. Une bibliographie détaillée sur l'entretien complète l'ouvrage.