Célèbre pour son intense activité bancaire, le Luxembourg présente aussi, à son échelle, un creuset des tendances et du mouvement de fond à l'œuvre au niveau européen en matière d'économie sociale et solidaire (ESS). L'ouvrage s'appuie sur une enquête qualitative menée auprès de différents acteurs porteurs de projets et de politiques publiques de l'ESS et analyse les composantes socio-économiques et socio-politiques de l'ESS luxembourgeoise. Quatre mondes de l'ESS sont identifiés : l'économie du traitement social du chômage par le travail, l'économie traditionnelle du social à visée caritative, l'entrepreneuriat social et responsable omniprésent dans les discours, et les initiatives solidaires désormais disséminées dans des projets locaux peu visibles.Respectivement sociologue et économiste à l'université de Lorraine, Melaine Cervera et Vincent Lhuillier font partie du collectif d'animation et de gestion du Réseau inter-universitaire de l'ESS (RIUESS) et sont membres fondateurs du Réseau de formation et de recherche en ESS du Grand Est (RESSOR).
Le dossier s'inscrit dans le prolongement des dossiers thématiques que la Revue Tiers Monde, puis la Revue internationale des études du développement ont publiés depuis 25 ans en matière de microfinance et d'inclusion financière dans les pays des Suds, en particulier dans l'agriculture et le secteur rural. Dans un contexte de fortes contraintes, marginalisé dans les politiques de financement du développement, le financement agricole et rural apparaît comme peu adapté aux besoins des unités de production et difficilement en mesure de relever les objectifs, parfois contradictoires, d'une véritable transformation économique, sociale et environnementale des systèmes agricoles et alimentaires.
À partir des formes d'organisation existantes, ce dossier vise à observer les besoins de financement en lien avec les nouvelles trajectoires de transformation des systèmes agricoles et alimentaires. Il s'agit également d'interroger, aux différentes échelles des dispositifs et des territoires, les relations existantes entre les instruments, les acteurs qui les gouvernent ainsi que les effets qu'ils produisent.
Les articles mobilisent un ensemble de travaux originaux donnant accès à une meilleure connaissance des réalités de terrain en ce qui concerne le financement des producteurs et productrices agricoles, selon trois axes: i) les pratiques financières d'une agriculture familiale " sous contraintes "; ii) les dispositifs visant à améliorer le financement de l'agriculture dans une perspective de durabilité; iii) les leviers de l'action collective et des politiques publiques qui les sous-tendent.
Comment et quand le monde a-t-il basculé dans ce système que l'on appelle " capitalisme " ? C'est dans cette discussion que s'inscrit le Brenner Debate, du nom de l'historien américain Robert Brenner. À l'origine de ce débat important parmi les historiennes et historiens du capitalisme, les travaux de Robert Brenner ont exercé une influence majeure sur le développement de la pensée marxiste à partir des années 1970.Dans une première partie, François Allisson et Nicolas Brisset retracent et contextualisent les principales étapes de ce débat ayant mené aux travaux de Robert Brenner. Les auteurs montrent ainsi que la manière d'aborder l'histoire du capitalisme est intimement liée au regard que l'on porte sur ce système économique. Une seconde partie propose la traduction inédite d'un article de Robert Brenner paru en 2007, " Propriété et progrès : quand Adam Smith faisait fausse route ", qui constitue, de l'aveu même de son auteur, la version définitive de son argument développé en 1976.Cet ouvrage est une porte d'entrée sur la pensée d'un économiste méconnu dans l'espace francophone, qui pourtant mérite, au regard de son importance dans l'historiographie anglo-saxonne, toute notre attention.
Le commerce de détail vit depuis quelques années une période troublée, faite d'incertitudes et de craintes sur le devenir de cette fonction et de sa place dans les territoires. Des centres-villes aux zones périphériques, la vacance commerciale partout s'installe et témoigne des difficultés du secteur. Dans le même temps, de nouveaux de modèles de distribution émergent autour du numérique. La vente en ligne s'installe dans les pratiques et modifie le rapport des clients à l'acte d'achat et aux lieux du commerce. L'offre marchande se renouvelle dans ses formes, ses localisations et initie de nouveaux parcours de consommations, parfois éloignés de la boutique, du magasin ou de la grande surface. D'autres acteurs cherchent dans l'affirmation de valeurs montantes au sein de la société les voies de leur maintien ou de leur renouveau.
Chacune de ces dynamiques redéfinit en profondeur les besoins en matière d'approvisionnement des points de vente, initie de nouvelles pratiques logistiques pour la livraison des colis issus de la vente en ligne, induisent de nouveaux flux dont la gestion devient plus que jamais un enjeu majeur, en ville comme dans les territoires moins urbanisés.
De l'Europe à l'Afrique, des centres-villes aux zones périphériques, au prisme des consommateurs comme des professionnels du secteur, cet ouvrage propose des regards singuliers sur ces transitions à l'œuvre en matière de commerce et de consommation et sur leurs conséquences.
Quatrième ouvrage de la collection " Microfinance contemporaine " publiée sous l'impulsion de l'Association internationale des chercheurs francophones en microfinance (AICFM), ce volume reproduit les actes des journées qui se sont tenues à Saint-Louis au Sénégal.À travers trois thématiques – bouleversement lié aux politiques internationales, rôle des frontières, rôle de la microfinance dans la lutte contre la pauvreté –, les auteurs dressent un état des lieux de la microfinance à l'échelle mondiale grâce à des exemples riches et variés. Ainsi, ils nous invitent à nous intéresser, tour à tour, aux traditionnelles tontines puis à leur extension dans la sphère du numérique, à la finance islamique, aux relations entre les institutions et les établissements de microfinance au Mali, en Côte d'Ivoire ou même en Chine.
Après trente ans de fermeture économique, puis quarante ans d'une ouverture graduelle, la Chine est devenue le premier exportateur mondial. Comment en est-elle arrivée là ? Comment peut-on caractériser sa place dans le commerce mondial ? Comment sa politique en matière d'investissements étrangers a-t-elle évolué ? Quels sont ses principaux partenaires ? Quelle pourra être son influence économique à l'avenir ?
Cet ouvrage présente la stratégie de la Chine en matière d'ouverture économique depuis 1979 et les principaux enjeux de son internationalisation.
La pomme que l'on mange, crue, cuite, n'est pas qu'une pomme: elle déclenche une très large palette d'imaginaires, ressuscite, derrière sa rondeur rassurante, des personnages oubliés. Elle est la pomme qu'Ève croque, celle que Guillaume Tell vise, celle que Newton voit tomber de l'arbre; elle s'immisce aussi dans notre quotidien, sur la table de la cuisine; elle s'affiche fièrement croquée sur notre téléphone ou notre ordinateur.Plus qu'un fruit, elle est un tout, qui raccroche l'humanité à son histoire, sa culture, ses mythes. Elle est un objet scientifique pour qui s'intéresse à ses qualités nutritives, un objet historique venu tout droit d' Asie, un fruit à la réputation parfois difficile à assumer.Non, décidément, la pomme n'est pas qu'une pomme! Cet ouvrage né du travail enthousiaste d'universitaires, issus de disciplines différentes, vous raconte pas à pas ce fruit pas si ordinaire que cela et qui participe pleinement à l'identité du Limousin.Des mythologies à la structuration de la filière de production, en passant par les problématiques de consommation, le lecteur trouvera dans cet ouvrage pédagogique autant d'informations pour croquer la pomme, dans tous ces états.
Ce livre apporte sur la révolution numérique, phénomène majeur du 21e siècle, un éclairage conceptuel et un panorama d'ensemble que l'on ne trouvera nulle part ailleurs. Imposant recueil de connaissances et d'expertises, il est un outil indispensable pour comprendre notre époque.La première partie, consacrée à l'action publique, montre comment s'articulent les stratégies des différents acteurs (pouvoirs publics, plateformes marchandes, communs du numérique) pour la conduite des politiques publiques, la mise en place des infrastructures et la protection de l'environnement.Dans la seconde partie, centrée sur les services collectifs, des acteurs de premier plan de ce nouveau monde numérique présentent une analyse approfondie des applications mises en œuvre dans les différents secteurs de l'économie publique et de l'économie sociale.La troisième partie traite des interactions entre numérique et démocratie, et décrit les immenses perspectives ouvertes par la révolution numérique, mais aussi les risques qu'elle comporte pour le droit, la justice, la protection des libertés, et le fonctionnement de nos institutions.Ce livre est le cinquième de la collection " Économie publique et économie sociale " publié aux PURH sous l'égide de la commission scientifique du CIRIEC-France. Il a été dirigé par Philippe Bance et Jacques Fournier, avec la collaboration d'Olivier Bonet et Yannick Prost.
Alors que les appels médiatiques, politiques et sociaux en faveur d'une transition écologique se font de plus en plus nombreux à l'échelle mondiale, quelle analyse et quel regard peut-on porter sur la " transition agroécologique " menée en France ? Le " plan agroécologique pour la France " et les nouvelles politiques agricoles initiées depuis 2012 seraient-ils parvenus, huit ans après, à réconcilier enfin agriculture et environnement ?
Cet ouvrage propose un tour d'horizon des acceptions encore plurielles de l'agroécologie et des évolutions en cours au sein des politiques publiques à l'échelle locale, nationale mais aussi européenne. Il renseigne également sur les logiques sociales d'appropriation ou de rejet du mot " agroécologie ", qui demeure encore perçu par certains agriculteurs comme une violence symbolique, un énième élément de langage technocratique ou politique qui contredit les modèles de développement agricole jusqu'alors promus et valorisés. Face à certaines inerties, des changements de pratiques s'opèrent pourtant " silencieusement " et des innovations agroécologiques, à l'échelle l'individuelle ou collective, contribuent à infléchir métiers, identités et savoir-faire. Au-delà des enjeux strictement agricoles, les transitions amorcées ouvrent-elles une opportunité inédite de repenser socialement et politiquement les logiques de production et d'exploitation des écosystèmes à l'aune des questions de santé publique et de justice sociale ?
La professionnalisation des formations supérieures est aussi ancienne que les universités. Cependant, son interrogation en tant qu'objet d'études est plus récente. Dans un contexte de massification des systèmes d'enseignement supérieur, de transformations économiques et de difficultés d'insertion socioprofessionnelles accrues pour les jeunes, le processus de réformes européennes des universités, appliqué également dans de nombreux pays tiers, marque une rupture dans la professionnalisation des offres de formation.Cet ouvrage issu d'un colloque international examine quelques questions que soulèvent ces réformes et leurs multiples conséquences dans plusieurs pays (France, Algérie, Maroc, Tunisie, Québec, Grèce), notamment à travers trois principales dimensions: les mutations dans l'enseignement supérieur et la professionnalisation, les dispositifs de professionnalisation et d'insertion des diplômés et enfin les résultats des réformes de l'enseignement supérieur dans des contextes internationaux.
Financer la culture sans intermédiaire, en donnant à tous les projets les mêmes chances de réussite: depuis une dizaine d'années, le crowdfunding est présenté comme le moyen qui permettra à la sagesse des foules de renouveler démocratiquement des industries en difficulté. Au-delà des discours prosélytes et laudatifs, les textes réunis dans cet ouvrage replacent le financement participatif dans les évolutions contemporaines du capitalisme. Par l'analyse des logiques d'intermédiation recomposées, des stratégies d'acteurs, des processus de légitimation ainsi que des politiques publiques, les auteurs interrogent le lien entre crowdfunding, communautés et expérience, l'économie politique du journalisme à l'heure du financement participatif, ses dimensions territoriales et patrimoniales, ainsi que les domaines dans lesquels il peut – encore ? – être considéré comme une alternative.
Cet ouvrage propose une brève histoire de l'extrême gauche en France. Sur un siècle, de la révolution bolchevique de 1917 aux élections présidentielles de 2017, les auteurs évoquent successivement les principales tendances de l'extrême gauche française.
Des premiers groupes trotskystes aux " antifas ", en passant par l'affirmation des maoïstes en 1968, il s'agira d'apporter des clefs de lecture permettant de prendre contact avec une thématique composite et de reconnaître les courants et les personnes qui en ont fait l'histoire.