En lien avec l'étalement des villes, l'artificialisation des sols est devenue un phénomène d'envergure planétaire, sujet d'inquiétude à l'heure de l'érosion de la biodiversité. Après avoir tenté d'en mesurer l'ampleur, cet ouvrage reviendra sur ses multiples conséquences. En quoi constitue-t-il un problème majeur et à quoi la lutte contre l'artificialisation sert-elle précisément? Quelles réponses sont apportées pour réduire l'artificialisation, notamment en Europe et en France où la loi sur le " Zéro artificialisation nette " suscite de vifs débats et réinterroge nos modèles de développement et d'aménagement du territoire.
Les villes se caractérisent par leur pluralisme. Ce fait gagne en importance dans la pratique de la gouvernance et de la planification urbaines. Le traitement des différences repose généralement sur une conception qui privilégie une seule caractéristique individuelle (telle que le revenu) et ne s'adresse qu'à des groupes spécifiques. Il s'agit d'une compréhension restrictive des différences, une compréhension qui impose des caractéristiques exclusives aux individus ou aux groupes et simplifie ainsi les identités complexes. En fait, dans notre conception, il est nécessaire d'inclure dans le concept de différences de nombreuses autres caractéristiques existantes telles que l'âge,
le sexe, la langue, le handicap et la religion, afin de comprendre
ces caractéristiques dans leur combinaison intersectionnelle et de dissoudre les représentations de groupes supposés homogènes. L'urbanisme orienté vers les différences est une approche que nous suggérons pour conceptualiser les différences dans la théorie et la pratique de la planification.
Cet ouvrage est le 2ème de la collection Images in Situ. Il réunit les Actes d'un colloque organisé pendant et en lien avec le festival Visa pour l'Image, les 2 et 3 septembre 2020. Il présente un double intérêt: proposer une réflexion sur l'image, qu'elle soit photographique, numérique, littéraire ou mentale et sur la notion de quartier, un sujet d'actualité tant aux niveaux national que local. Il permet ainsi de comprendre et de décrypter le rôle joué par les différentes instances politiques à l'intérieur de cet espace, la façon dont se construisent l'identité d'un quartier et celle de ses habitants, les représentations qu'on en donne. Cette démarche est facilitée par un dialogue interdisciplinaire qui cautionne la diversité des approches.
Les années 1970 avaient déjà vu les grands bureaux d'études parapublics s'intéresser de près aux jeux de simulation urbaine essentiellement en provenance des États-Unis. Ces jeux qui empruntent au Monopoly et aux jeux de rôle étaient assidûment pratiqués au Ministère de l'équipement mais aussi par le milieu de la recherche appliquée. Ces jeux étaient et sont toujours considérés comme étant de nature à comprendre et faire comprendre "la boîte noire" de la production urbaine. Dans une première partie, l'enfance, et plus globalement les différentes phases d'apprentissage de la jeunesse, et le jeu comme pratique ou dispositif pédagogique sont les points communs des textes rassemblés.La seconde partie insiste sur le jeu de construction principalement comme l'aboutissement d'une vie passée à tester les ressources d'une vision du monde appliquée à l'architecture ou comme l'expression d'une fiction mise en scène pour séduire, enseigner ou convaincre.Enfin, la dernière partie tire les leçons du jeu, qu'il soit funny game ou serio ludere, en interrogeant les enjeux de la gamification des pratiques professionnelles de fabrication de la ville, tant dans les bureaux d'études, qu'en matière de transition environnementale et participation.
Cette étude, à la fois architecturale, urbanistique et sociale, se propose de faire revivre les maisons du Havre dans les anciens quartiers de la ville, Notre-Dame et Saint-François, anéantis par les bombardements de 1944.Grâce à une minutieuse étude des archives et des documents iconographiques conservés des fonds publics et privés, il a été possible de retrouver les traces des constructions, de leurs architectes et entrepreneurs, de leurs décors mais aussi de leurs habitants. Parmi les nombreuses sources, les dessins réalisés en 1942 par de jeunes élèves sous la direction de Georges Priem, historien passionné de sa ville, ont constitué un apport déterminant.Ce livre rend compte de l'ampleur et de l'originalité d'une telle recherche, qui n'avait jamais encore été réalisée. En grand format et en couleur, il met à la disposition du lecteur une iconographie exceptionnelle: plus de 215 images, le plus souvent inédites ou inaccessibles.
" Urbaniser près des gares "; " assurer la diversité des fonctions dans les quartiers pour favoriser la marche à pied ": tels sont les objectifs de nombreuses politiques d'urbanisme. Au discours de l'effet structurant des transports sur les territoires semble se substituer une vulgate de l'effet structurant de l'urbanisme sur les mobilités. La ville contemporaine a été très fortement remodelée par et pour l'automobile, les principes d'urbanisme qui ont présidé à la configuration actuelle de ses périphéries correspondent assez étroitement aux conditions de l'efficacité automobile. Dans ce contexte, est-il possible de concevoir des agencements territoriaux qui favorisent l'usage pertinent d'autres modes de transport que l'automobile, que ce soient les transports collectifs, la marche à pied ou encore la bicyclette?L'ouvrage promeut une approche non naïve: l'urbanisme ne peut pas tout et une vision principalement " spatiale " d'un urbanisme organisé en fonction des alternatives à l'automobile peut accentuer les processus ségrégatifs. Toutefois, il se refuse à tout renoncement à un aménagement du territoire qui favorise les modes de transports les moins polluants et les moins socialement sélectifs. Mais le voulons-nous vraiment? Et nos institutions le permettent-elles? Ces enjeux sont majeurs car la contribution de l'aménagement du territoire peut être décisive pour réduire les ségrégations sociales liées à la mobilité et pour répondre aux enjeux nés du changement climatique.
En mêlant réflexion théorique et perspectives opérationnelles, ce livre souhaite questionner les transformations urbaines occasionnées sur le temps long par l'émergence des mobilités partagées mises en oeuvre par de grandes firmes privées mondialisées. Dans quelle mesure la participation de ces nouveaux acteurs aux politiques de mobilité des villes transforme-t-elle le rôle des institutions publiques dans la gestion urbaine? Ces systèmes de mobilité peuvent-ils répondre aux enjeux écologiques du XXIe siècle? Quels sont les gagnants et les perdants de ces recompositions dans l'économie des transports, les institutions et les structures sociales urbaines? Ces questions sont abordées à partir de l'analyse du développement récent des systèmes de vélos en libre-service et d'autopartage, en proposant une réflexion plus générale sur la place du capitalisme dans l'innovation en matière de mobilité et dans la fabrique de la ville. L'ouvrage permet de saisir les contours des nouvelles économies collaboratives en interrogeant la gouvernance " public-privé " des mobilités partagées.
Phnom Penh, ville fantôme totalement vidée de ses habitants et partiellement détruite par le régime génocidaire khmer rouge entre 1975 et 1979, semble aujourd'hui renaître de ses cendres, comme en témoigne la multiplication de nombreux projets immobiliers ambitieux. Cependant, la modernisation apparente de la capitale cambodgienne s'accompagne d'une ségrégation socio-spatiale accrue et d'écarts socio-économiques de plus en plus importants. Faut-il y voir l'émergence d'une ville duale, qui opposerait les plus riches aux plus pauvres, les beaux espaces résidentiels aux quartiers ouvriers, les intérêts privés aux intérêts publics? Loin de là, et c'est bien ce que ce livre entend démontrer. En se concentrant sur la production, les activités et les stratégies immobilières, l'ouvrage s'articule autour de l'idée que le lien entre l'urbanisation et l'activité immobilière ne relève pas seulement de la sphère économique. En effet, la production immobilière est aussi tributaire des dynamiques sociales, politiques, culturelles et spatiales qui structurent les dynamiques d'urbanisation. En ce sens, cet ouvrage s'attache à explorer, comprendre et représenter les liens qui se tissent entre l'immobilier, les dynamiques territoriales et les stratégies d'acteurs (de l'habitant au promoteur privé, en passant par les institutions) dans le contexte plus général de modernisation d'une petite capitale en développement.
Ce livre étudie des pratiques socio-spatiales en les appliquant pour les villes françaises aux services commerciaux et non-marchands dans leurs périodicités diverses. Il s'agit aussi de réfléchir à l'aménagement urbain durable qui, avec son usage économe des ressources, doit prendre en compte les entrées spatiales mais aussi les notions de phase, de rythme, de temps, de synchronisation, c'est-à-dire combiner les connexions sociétales et celles de l'espace.
Les projets de " ville durable " se sont aujourd'hui multipliés à travers le monde. Comment interpréter cet engouement généralisé ? Est-ce une nouvelle façon de concevoir les relations entre sociétés urbaines et environnements naturels ?
Dans un contexte d'accélération de l'urbanisation, plutôt que d'acter l'inauguration de nouvelles politiques urbaines, la nécessité d'une analyse des pratiques, représentations et discours de la durabilité urbaine, assortie d'un recul critique s'imposent. C'est l'objectif de cet ouvrage. Il rassemble les travaux actuels de spécialistes en géographie, sociologie et urbanisme, ainsi qu'en architecture, agronomie, lettres, paysagisme, et interroge les dynamiques socio-spatiales de diffusion et de traduction du mot d'ordre désormais mondial de " durabilité urbaine ", sur des aires différenciées, en conjuguant les regards " macro " et " micro ". Confrontant de façon originale villes du nord et villes du sud, l'ouvrage donne des clés de compréhension sur la façon dont le projet de " ville durable " a pu devenir le symbole de ce contre quoi il est censé lutter : un " verdissement " inégal de la ville, facteur de ségrégation sociale. Si une ville naturalisée apparaît bien au cœur de la " ville durable ", elle procède moins de l'application d'un paradigme idéologique, d'une régulation politique " par le haut " que d'une mosaïque d'initiatives, croisant ambiances, pratiques sociales et récits ordinaires.
Le déchet est un marqueur social des modes de consommations, des processus de productions agricoles, artisanales et industrielles. La gestion des déchets concerne surtout l'intégration des innovations sociales et territoriales, au- delà des seuls enjeux techniques. Mais quel challenge que de faire travailler ensemble des chercheurs et des professionnels autour de cet objet, d'échanger expériences, savoirs et savoir-faire, afin que le déchet ne soit plus considéré comme un rebus mais une ressource secondaire valorisable. L'ouvrage traite des processus territoriaux et sociaux de la structure des filières de gestion des déchets, s'appuyant sur l'écologie territoriale et les systèmes d'acteurs depuis les filières de collecte, jusqu'au traitement et à la valorisation. L'acceptabilité des pratiques sociales et techniques ne passe que par des moyens de prévention et de communication qui permettent de mobiliser les acteurs, sachant que l'Homme et le territoire sont au cœur de cette question. Des exemples multiples dans des pays du Nord comme du Sud éclairent ces questionnements et s'inscrivent dans une démarche allant vers une économie davantage circulaire.
Visites préalables à la réception d'un chantier, visites d'appartements à louer, vraie-fausse visites de théâtre de rue, visites urbaines des divers projets de la métropole, visites d'un bâtiment par des critiques d'architecture... Expériences a priori peu en rapport, elles sont pourtant le point de départ de l'auteur qui a choisi de les combiner car toutes ces situations constituent la visite comme une expérience spatiale particulière, fondamentale aujourd'hui dans l'approche de l'urbain. Croisant géographie de la spatialité et sociologie de la perception, le livre d'Anne Bossé s'appuie sur une enquête empirique pour faire de la visite un être-en-ville-ensemble problématisé. La visite comme moyen de connaissance, les compétences du visiteur dans l'action, la nature de l'expérience eue en public sont les principales questions abordées. Chaque fois, l'attention est portée à la condition de l'in situ dans le faire avec l'espace, l'émergence de savoirs en actes ou la fabrique d'interprétations partagées. L'ouvrage permet ainsi de nourrir le regard à porter sur la multiplication des usages de la visite dans les mondes de l'architecture et de l'urbanisme. Il engage à réfléchir au voir-la-ville dans ses multiples dimensions, y compris politique.