L'idée d'une accélération générale du monde, dont nous serions tous les spectateurs désemparés, semble faire consensus. Mais ne s'agirait-il pas plutôt d'une massification, d'une densification, face à laquelle notre cerveau, submergé, visualise, crée cette accélération ?
Cette confusion entre densité et vitesse nous pousse vers de mauvaises solutions ; aller plus vite quand il faudrait filtrer, accélérer nos réponses au lieu de réduire les sollicitation...
Pour épargner nos capacités cognitives, émotionnelles, intellectuelles, professionnelles saturées, il existe pourtant un choix simple, mais extrêmement difficile dans sa simplicité : ralentir. Non pas individuellement, car il est souvent contre-productif, voire impossible, de lutter contre le flot adverse, mais collectivement.
Pour son premier numéro de 2026, en pleine actualité géopolitique mouvementés, Inflexions vous propose de ralentir.
L'Intelligence artificielle est-elle maîtresse du champ de bataille ? Le wargame est-il moral ? Le pari est-il possible pour un chef militaire ? Et en géopolitique ? Qu'est-ce que la gamification ? Quand naît l'addiction ? Jouer peut-il être utile à la société ?....
Pour sa 60e livraison, Inflexions vous invite à "Jouer". Sur un mode impressionniste comme à son habitude.
" Le caractère du monde est celui du chaos éternel " affirme Nietzsche dans Le Gai Savoir. Et l'actualité semble lui donner raison. Le chaos peut surgir n'importe quand, n'importe où et sous n'importe quelle forme. Il provoque souvent un état de stupeur, d'incertitude, d'incompréhension en raison de la perte de repères. Plus rarement il stimule et exalte. Quoi qu'il en soit, il nous engage, civils comme militaires : il nous faut tenter de le combattre, de la maîtriser, d'y mettre un terme, de rétablir un semblant d'ordre. Parmi les pistes de réflexion de ce numéro : le brouillard de la guerre, la place des héros, le Tohu Bohu biblique, le chaos mathématique, la prise de responsabilité…
La fraternité est le parent pauvre de la devise républicaine, l'oubliée. Ce thème est rarement débattu ; il est peu inscrit dans les travaux des sciences humaines et sociales, et pas davantage dans le débat public alors que notre société semble de plus en plus cloisonnée et soumise à des coups de boutoir communautaires et identitaires. Un besoin, un souci de fraternité revient cependant depuis quelques temps. Avec ce numéro, Inflexions entend participer à une réflexion qui se développe aujourd'hui dans des cercles de plus en plus nombreux. Alors, ne " restons pas au balcon ! "
Rigidité, étouffement, bureaucratie, technocratie… Les normes n'ont pas bonne presse. L'image qu'en ont les citoyens est celle d'une accumulation toujours plus complexe et toujours plus distante, aux mains d'une superstructure technocratique. Et dans les armées, certains seraient enclins à les vouer aux gémonies car déconnectées des réalités de la guerre, éloignées de l'agilité et de la rusticité, apanages des hommes de terrain. Alors qu'en est-il ?
Dans ce numéro, Inflexions vous propose de vous aventurer dans un milieu protéiforme, complexe, où oscillent quiétude et terreur, mystère et révélation : la nuit. On y découvre une nuit stratégique au travers de l'obscurité des combats, une nuit urbaine dans un Paris contrasté, une nuit astronomique, une nuit photographique, une nuit mystique, une nuit intime aussi. Avec notamment Michel Goya, Brice Erbland, Jean-Yves Daniel, Thomas Vaisset, Sandra Chenu Godefroy, Sarina Cohn, Ghada El Koury…
A l'heure où militaires comme politiques rappellent la nécessité de préparer les esprits à la possibilité du déclenchement d'un conflit de haute intensité sur le territoire national et où les positions françaises en Afrique sont fortement contestées, il a semble intéressant à Inflexions de susciter et d'alimenter la réflexion sur ce qu'est " vaincre ". Est-ce remporter la victoire ? Autre chose ?
Le rapport du militaire au temps n'est pas uniquement une question d'heures consacrées à son pays. Sa maîtrise est une donnée majeure : décider et agir plus rapidement que l'ennemi, partir à l'heure, délivrer des feux dans le bon délai, gérer les approvisionnements, innover, notamment en ce qui concerne l'armement… Mais ce numéro n'a pas vocation à définir et à traiter exhaustivement et exclusivement le temps militaire. Il parle aussi d'histoire, de démocratie, de nature, d'adolescence, de reconstruction, de difficulté à envisager l'avenir…
Il semble difficile de croire qu'un combattant prêt à risquer sa vie pour défendre son pays soit adepte de traits d'esprit. Il ne s'occupe forcément que de choses graves, incompatibles avec une telle pratique ! Et pourtant… L'humour chez les soldats n'a rien d'anecdotique. Ce n'est pas un épiphénomène, mais bien un trait prégnant de la culture militaire. Et l'humour est partout. Nous vous invitons à partir à sa découverte. Y compris en images...
Voilà une question aussi vieille que le monde ! Elle surprend pourtant, tant le réflexe de l'esprit nous conduit à opposer schématiquement les deux termes. En vérité, le sujet porte principalement sur la conscience humaine en prise avec deux systèmes de référence avec lesquels elle doit composer en permanence : celui du monde perçu et celui du monde pensé. Un numéro qui nous entraîne vers le futur. Qui nous renvoie à une légitime interrogation sur la place de l'humain, du citoyen et du soldat dans le monde qui vient.
La route est un objet qui établit une fonction et qui répond à un besoin. Parce qu'elle relie des points habités, elle trouve ses origines dans le commerce et dans la guerre, deux activités qui nécessitent que l'on se rencontre ou que l'on se confronte. Objet géographique, elle ne s'arrête pas à l'espace mais contracte aussi le temps ; elle devient immatérielle avec le cyberespace ; elle est génératrice de normes, outil de construction sociétal et spatial ; elle suscite l'imagination ; elle sert à se perdre… La route raconte quelque chose de nous. Bien des raisons pour qu'Inflexions s'y intéresse.
Dans ce numéro, Inflexions vous invite à réfléchir à l'état de la relation entre deux notions dont les périmètres et les fondations semblent profondément intriqués. D'un côté le champ des valeurs, compris comme une collection d'idéaux et de références fondamentales permettant à l'individu et aux sociétés humaines de se donner des repères et des objectifs partagés. D'un autre, l'espace des vertus, entendu comme un recueil de qualités humaines fondamentales. Deux repères essentiels pour l'action, de quelque nature qu'elle soit, relevant l'un du registre des finalités et l'autre de celui des modalités.