Alors que l'environnement politique, social et international n'est guère réjouissant, Inflexions a choisi de proposer à ses lecteurs un sujet léger. Voici donc un numéro consacré à la fête ! Car les militaires comme les civils ont besoin de moments de décompression professionnelle, sociale, de déconnexion avec la réalité. Et que derrière le mot " fête " se cachent beaucoup de réalités différentes. Sans occulter que pour certains il est surprenant d'associer " militaire " et " fête ". Au besoin de définition, s'ajoute celui du niveau d'intensité et de la justification implicite ou explicite, du sens. On pourrait se demander s'il y a eu une évolution du sens de la fête au cours des âges, comme on pourrait s'interroger sur une éventuelle différence de conception du phénomène entre les deux composantes civiles et militaires de notre société.
Alors peut-on songer organiser une fête, sans que les " fêtards " puisse s'abandonner et donc prendre des risques, ce qui oblige les organisateurs à imaginer protection et secours potentiel ? De quoi la fête est-elle le symbole ? Peut-on la résumer à une pulsion de vie ? À quoi sert-elle ?
" Ne mentez pas ! " nous admonestent à l'unisson morales et éthiques, les premières ramenant l'existence à des valeurs transcendantales, donc à Dieu, alors que les secondes, à suivre Spinoza, définissent des modes d'existence immanents, ou pour le dire autrement d'adéquation au milieu, notamment social. Reste que dans les deux cas, mentir est mal pour les uns, mauvais pour les autres, à la fois mal et mauvais pour ceux, nombreux, dont l'éthique est nourrie de morale. C'est entendu, mentir est hors la loi des dieux comme des hommes. Qui oserait en effet revendiquer le mensonge comme art de vivre sinon à susciter l'opprobre collective et à s'attirer les foudres d'une société fondée sur un indispensable socle d'honnêteté qu'induit un " vouloir vivre ensemble " ? Pourtant… la mauvaise foi est une seconde nature chez l'homme, nombre de petits arrangements sont d'indispensables composants du ciment social, le droit de la guerre reconnaît la licéité du mensonge destiné à ruser pour gagner, les infox, la confusion croissante entre mensonge et vérité ainsi que la post-vérité sont notre quotidien. Le nez de Pinocchio s'allonge. Et il paraît que même Dieu ment ! Dans ce nouveau numéro Inflexions vous propose de réfléchir à ce qu'est mentir.
L'idée d'une accélération générale du monde, dont nous serions tous les spectateurs désemparés, semble faire consensus. Mais ne s'agirait-il pas plutôt d'une massification, d'une densification, face à laquelle notre cerveau, submergé, visualise, crée cette accélération ?
Cette confusion entre densité et vitesse nous pousse vers de mauvaises solutions ; aller plus vite quand il faudrait filtrer, accélérer nos réponses au lieu de réduire les sollicitation...
Pour épargner nos capacités cognitives, émotionnelles, intellectuelles, professionnelles saturées, il existe pourtant un choix simple, mais extrêmement difficile dans sa simplicité : ralentir. Non pas individuellement, car il est souvent contre-productif, voire impossible, de lutter contre le flot adverse, mais collectivement.
Pour son premier numéro de 2026, en pleine actualité géopolitique mouvementés, Inflexions vous propose de ralentir.
L'Intelligence artificielle est-elle maîtresse du champ de bataille ? Le wargame est-il moral ? Le pari est-il possible pour un chef militaire ? Et en géopolitique ? Qu'est-ce que la gamification ? Quand naît l'addiction ? Jouer peut-il être utile à la société ?....
Pour sa 60e livraison, Inflexions vous invite à "Jouer". Sur un mode impressionniste comme à son habitude.
" Le caractère du monde est celui du chaos éternel " affirme Nietzsche dans Le Gai Savoir. Et l'actualité semble lui donner raison. Le chaos peut surgir n'importe quand, n'importe où et sous n'importe quelle forme. Il provoque souvent un état de stupeur, d'incertitude, d'incompréhension en raison de la perte de repères. Plus rarement il stimule et exalte. Quoi qu'il en soit, il nous engage, civils comme militaires : il nous faut tenter de le combattre, de la maîtriser, d'y mettre un terme, de rétablir un semblant d'ordre. Parmi les pistes de réflexion de ce numéro : le brouillard de la guerre, la place des héros, le Tohu Bohu biblique, le chaos mathématique, la prise de responsabilité…
La fraternité est le parent pauvre de la devise républicaine, l'oubliée. Ce thème est rarement débattu ; il est peu inscrit dans les travaux des sciences humaines et sociales, et pas davantage dans le débat public alors que notre société semble de plus en plus cloisonnée et soumise à des coups de boutoir communautaires et identitaires. Un besoin, un souci de fraternité revient cependant depuis quelques temps. Avec ce numéro, Inflexions entend participer à une réflexion qui se développe aujourd'hui dans des cercles de plus en plus nombreux. Alors, ne " restons pas au balcon ! "
Rigidité, étouffement, bureaucratie, technocratie… Les normes n'ont pas bonne presse. L'image qu'en ont les citoyens est celle d'une accumulation toujours plus complexe et toujours plus distante, aux mains d'une superstructure technocratique. Et dans les armées, certains seraient enclins à les vouer aux gémonies car déconnectées des réalités de la guerre, éloignées de l'agilité et de la rusticité, apanages des hommes de terrain. Alors qu'en est-il ?
Dans ce numéro, Inflexions vous propose de vous aventurer dans un milieu protéiforme, complexe, où oscillent quiétude et terreur, mystère et révélation : la nuit. On y découvre une nuit stratégique au travers de l'obscurité des combats, une nuit urbaine dans un Paris contrasté, une nuit astronomique, une nuit photographique, une nuit mystique, une nuit intime aussi. Avec notamment Michel Goya, Brice Erbland, Jean-Yves Daniel, Thomas Vaisset, Sandra Chenu Godefroy, Sarina Cohn, Ghada El Koury…
A l'heure où militaires comme politiques rappellent la nécessité de préparer les esprits à la possibilité du déclenchement d'un conflit de haute intensité sur le territoire national et où les positions françaises en Afrique sont fortement contestées, il a semble intéressant à Inflexions de susciter et d'alimenter la réflexion sur ce qu'est " vaincre ". Est-ce remporter la victoire ? Autre chose ?
Le rapport du militaire au temps n'est pas uniquement une question d'heures consacrées à son pays. Sa maîtrise est une donnée majeure : décider et agir plus rapidement que l'ennemi, partir à l'heure, délivrer des feux dans le bon délai, gérer les approvisionnements, innover, notamment en ce qui concerne l'armement… Mais ce numéro n'a pas vocation à définir et à traiter exhaustivement et exclusivement le temps militaire. Il parle aussi d'histoire, de démocratie, de nature, d'adolescence, de reconstruction, de difficulté à envisager l'avenir…
Il semble difficile de croire qu'un combattant prêt à risquer sa vie pour défendre son pays soit adepte de traits d'esprit. Il ne s'occupe forcément que de choses graves, incompatibles avec une telle pratique ! Et pourtant… L'humour chez les soldats n'a rien d'anecdotique. Ce n'est pas un épiphénomène, mais bien un trait prégnant de la culture militaire. Et l'humour est partout. Nous vous invitons à partir à sa découverte. Y compris en images...
S'élever. Longtemps, pour des raisons religieuses puis d'inspiration humaniste, l'Occident a porté ce projet en l'associant à un surplus d'être, à des promesses d'accès à des états et à des biens que l'ici bas ne pouvaient fournir. Les sciences s'en sont également servi pour classer les êtres vivants selon leur degré présupposé de perfection et de complexité. S'élever, c'est alors exister, sortir de soi, mais en regardant au-dessus de soi. Mais s'élever c'est aussi le progrès, la mobilité sociale, c'est transcender les différences sociales, ethniques, religieuses, géographiques. Qu'en est-il aujourd'hui ? Et qu'est-ce que l'armée a à dire sur ce sujet ?