La " modernité " peut être définie comme l'expression collective de la remise en question d'une représentation holistique de l'être en société centrée autour de Dieu. Les autorités religieuses résistèrent à cette tentative d'émancipation dans les champs de l'économie, de la politique, de la justice et de la culture (donc des sciences), susceptible de déboucher sur d'autres formes de subordination. Les magistères qui relevaient du christianisme et, dans une moindre mesure, du judaïsme, furent les premiers concernés. Leurs divisions favorisèrent un processus de sécularisation non linéaire, qui fut partiellement accepté, moyennant des réserves dans le champ éthique notamment. Du fait de la première mondialisation, que fut la colonisation européenne, les autorités religieuses non chrétiennes furent également touchées par cette problématique, augmentée de celle de la lutte contre le monde " occidental " et " libéral ". Et, à partir des années 1960, c'est du sein même de cette " modernité " que furent aiguisées de nouvelles armes contre elle. L'intérêt de cet ouvrage est double. En inscrivant le propos dans la longue durée, il permet de poser des jalons de la construction des autorités religieuses, de leur remise en question puis des formes d'adaptation aux situations nouvelles. En offrant des possibilités de mise en regard avec, par exemple, le sunnisme et le confucianisme, il ouvre la voie d'un comparatisme fécond, qui existe en anthropologie mais qui reste encore trop rare en histoire.
La technologie désigne bien souvent les " nouvelles technologies " et les " techno-sciences " qui réduisent la technique aux applications de la science. Pourtant, au XIXe siècle, la technologie revêt un autre sens, celui d'une science de la technique, c'est-à-dire d'une science des arts et des intentions fabricatrices. Le caméralisme a joué un rôle fondamental dans l'édification de cette discipline dont l'un des textes fondateurs est l'Entwurf der algemeinen Technologie de Johann Beckmann (1806). Dans cet essai, Beckmann propose une science nouvelle, la technologie générale, qui classe les activités humaines par opérations. Maintes fois cité et jamais traduit, il fallait rendre disponible en français ce texte essentiel, qui a ouvert la voie à une compréhension générale de l'action et à la philosophie des techniques. Tous ceux qui s'intéressent aux savoirs de l'action trouveront chez Beckmann la tentative la plus aboutie de formalisation du geste comme unité fondamentale de l'activité humaine. Pour la première fois, l'Entwurf der algemeinen Technologie a fait l'objet d'une traduction menée par le regretté Joost Mertens, avec la collaboration de Guillaume Carnino et de Jochen Hoock. À l'occasion de cette publication et afin d'approfondir la réflexion sur le creuset européen de la technologie, une analyse est proposée au fil d'articles qui accompagnent la traduction. L'enjeu est d'une part d'étudier un milieu savant à travers sa formation, ses activités, ses techniques intellectuelles et d'autre part, d'interroger les résonances de la technologie.
Entre l'entrée dans la guerre de la Ligue d'Augsbourg en 1688 et la fin de la guerre de Succession d'Espagne en 1714, la France connaît les deux conflits les plus difficiles et les plus disputés du long règne martial de Louis XIV. Combattant les armées de l'Europe coalisée sur toutes ses frontières terrestres et maritimes, mais également outre-mer, le royaume souffre d'un contexte géostratégique défavorable (c'est le début de la " seconde guerre de Cent Ans " contre l'Angleterre de la Glorieuse Révolution) autant que d'une situation financière de plus en plus dramatique, alors même que la crise démographique de 1693-1694 puis le grand hiver de 1709 s'abattent sur les campagnes. Malgré les victoires remportées par ce " géant du Grand Siècle " qu'est plus que jamais l'armée du Roi-Soleil, le demi-siècle de succès presque continus inauguré par la bataille de Rocroi prend brutalement fin avec les catastrophes de Blenheim, Ramillies, Turin et Audenarde, avant que la résistance offerte à Malplaquet et la manœuvre de Denain ne permettent à la France menacée d'invasion de sauver l'essentiel au congrès d'Utrecht. Cette face sombre de l'histoire militaire du règne du Grand Roi, moins connue que le temps des conquêtes célébrées par les décors de Versailles ou les toiles de Van der Meulen, a fait l'objet ces dernières années de nombreux travaux qui, loin de résumer cette période aux limites de la guerre de siège et à la médiocrité de généraux courtisans, en soulignent l'importance dans l'histoire longue des pratiques et de la conduite de la guerre. Croissance inédite des effectifs et de l'administration militaire, mutations de l'armement et des dispositifs tactiques avec l'apparition du couple fusil-baïonnette et le triomphe de l'ordre mince, impact accru de la guerre sur les sociétés à travers la création de la milice, des campagnes marquées par une grande violence (sac du Palatinat, guerre des Camisards) et la mobilisation des économies mais aussi des esprits, mondialisa- tion des conflits et mise en place enfin de nouveaux équilibres diplomatiques: cet ouvrage collectif, rassemblant les contributions de chercheurs français et étrangers, interroge et éclaire d'un jour nouveau les nombreuses évolutions qui font des dernières guerres de Louis XIV une époque de transformations profondes et de refondation des rapports entre la guerre, l'État, le territoire et la société.
Le présent ouvrage, qui constitue le deuxième volume d'Histoire et Nature paru aux PUR en 2011, est consacré aux aléas biologiques. La Nature, en effet, ne se limite pas à la matière qui la compose ni aux forces agissant sur elle, elle inclut les organismes vivants, à commencer par les agents pathogènes qui se développent au détriment de l'être humain et de ses animaux. Si l'on retient la définition selon laquelle la Nature est tout ce qui n'a pas besoin de l'être humain pour être, alors la maladie sur le plan individuel et les épidémies ou épizooties sur le plan collectif sont des aléas naturels auxquels les sociétés humaines ont été d'autant plus soumises qu'elles n'ont pas eu de prise sur eux jusqu'à une époque récente. À ce titre, les crises sanitaires ont contribué de façon autonome à modeler l'évolution des sociétés. L'esprit qui avait présidé à l'élaboration du premier volume a été respecté. Il s'agit du choix d'une approche plurielle, largement ouverte à des traditions épistémologiques et à des outils de recherche souvent différents et parfois éloignés sur les plans méthodologiques ou disciplinaires. Le résultat apparaît à l'image de cette variété, multiple et fragmenté. Néanmoins, le lecteur se rendra compte au fil des chapitres que les points de vue se répondent, que les analyses se conjuguent et que, finalement, les éclats qui composent l'ensemble reflètent avec plus de force l'objet placé en leur centre. Un objet qui est double, puisqu'il s'agit de la maladie en tant que fait collectif et du corps malade dans ses dimensions historique, sociale et culturelle. Autrement dit, la crise sanitaire dévoile le corps tout autant que le corps, par les marques qu'il porte ou par sa position dans l'espace, révèle la crise sanitaire. Or ce corps disparu demeure paradoxalement quelque chose de vivant à cause de la maladie, fût-il réduit à des ossements ou à une citation dans un texte.
Le but de cet ouvrage est de rendre hommage à Hélène Vérin dont les travaux sur les ingénieurs ont joué un rôle majeur dans la compréhension de l'intelligence technique à l'époque moderne. L'enjeu est de présenter des recherches nouvelles qui approfondissent cette thématique en suivant un fil: loin de la figure du génie d'exception, il s'agit d'analyser la professionnalisation de l'ingénieur comme reposant à la fois sur de multiples interactions avec d'autres porteurs de savoirs au gré de mobilités tant sociales que géographiques, qu'il s'agisse des pérégrinations justifiées par les demandes princières et les recherches de patronage, de la construction d'un habitus professionnel du voyage ou encore de transferts de modèles éducatifs. Cela suppose de considérer les lieux de savoir tels que les chantiers, les mines, les arsenaux, les jardins princiers comme des trading zones. Si l'histoire des savoirs, des méthodes et des instruments de travail des ingénieurs a fait l'objet de nombreuses études, les parcours de ces hommes de terrain restent largement méconnus. Pour chaque ingénieur, l'inscription dans un modèle dominant de clientélisme, de validation des compétences, de rétribution des travaux, de mise en scène de ses savoirs est à mettre en évidence. En lien avec la question d'histoire moderne des concours du CAPES et de l'Agrégation, les auteurs proposent donc d'examiner des itinéraires d'ingénieurs, à travers les forma- tions, les configurations nationales, les conditions d'exercice du métier et la mise en œuvre des savoirs.
À la suite des dernières volontés du roi Attale III, le royaume de Pergame fut légué au peuple romain en 133 avant J.-C.: un tel événement constitua un choc considérable pour les notables de la célèbre cité, laquelle bénéficiait cependant du statut de civitas libera. Dès lors, ceux qu'on désignait comme les aristoi andres, c'est-à-dire les hommes les plus aptes à prendre les rênes de la vie politique pergaménienne, formèrent une force de substitution à la monarchie. Ces personnages influents, riches et reconnus par leurs concitoyens, consolidèrent leur domination en endossant des magistratures, des liturgies et en se montrant évergètes. Si Pergame fut marquée à l'époque républicaine par de nombreux troubles, le Haut-Empire proposa de nouvelles perspectives politiques à ces notables. Intégrés à l'empire, les plus brillants d'entre eux formèrent alors une éclatante élite et devinrent des partenaires parfois privilégiés des empereurs sur le plan politique. Selon l'historien allemand Helmut Halfmann, les notables de Pergame auraient été des personnages particulièrement conservateurs, qui auraient maintenu dans la cité des traditions héritées directement de l'époque attalide, et rétifs à l'implantation de traditions ou de valeurs nouvelles, essentiellement celles de Rome. Un certain nombre d'arguments viennent nuancer cette grille de lecture. Certes, seule la plus haute strate de la société apparaît dans les sources épigraphiques, ce qui indique que la vie politique était en quelque sorte cadenassée par les élites les plus riches, d'un niveau social exceptionnel, d'autant plus que les titres honorifiques, particulièrement rares dans la cité, étaient également monopolisés par ces notables. Pour autant, ces personnages brillants étaient-ils plus conservateurs qu'ailleurs? Il semble plutôt qu'il s'agissait de notables capables de s'adapter consciemment au nouvel ordre romain, à travers la mise en place et le développement du culte impérial voire la modification de certains sanctuaires traditionnels au profit du culte de l'empereur, par exemple l'Asklépieion. De même, la position " monarchique " de certains d'entre eux doit être nuancée, et le maintien de cultes hérités de l'époque attalide ne saurait témoigner d'un conservatisme forcené, puisque c'est un phénomène que l'on retrouve dans bon nombre d'autres cités.
Dans l'histoire des idées économiques, la physiocratie occupe une place majeure, et sans doute à bien des égards disproportionnée. Il est vrai que la doctrine élaborée par Quesnay, Mirabeau et leurs disciples, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, se présentait comme une " science nouvelle " mettant au jour les lois profondes de l'économie politique. Par son usage des calculs, elle inaugurait la comptabilité nationale et l'inexorable mathématisation de l'économie. En mobilisant les notions d'intérêt individuel, de concurrence et de liberté du commerce, les physiocrates ont posé les bases d'un courant majeur du libéralisme économique en Europe. Ils se voyaient clairement comme une avant-garde de formidables créateurs, persuadés de détenir la vérité. Mais pour bien des contemporains, les excès de la " secte des Économistes ", avec son langage hermétique et son message monologique, allaient à l'encontre de l'ouverture d'esprit caractéristique des Lumières, et la confiance aveugle dans les prétendues lois d'un " ordre naturel " apparaissait bien éloignée des réalités. Aussi faut-il rappeler que les supposées découvertes analytiques des physiocrates rencontrèrent souvent le scepticisme, sinon l'ironie féroce. Le mouvement physiocrate avait-il ouvert les voies de la richesse? Nombre d'auteurs, longtemps sous-estimés par la tradition historiographique, ont élevé de puissantes objections. Ce sont ces voix discordantes que cet ouvrage fait entendre, restituant le pluralisme de l'économie politique du temps.
La Réforme n'a pas accouché comme par magie d'un homme nouveau, plus croyant et plus rationnel, plus moderne surtout, laissant ces projets et ces illusions à d'autres révolutions. Elle a cependant bouleversé pour les hommes et les femmes du XVIe siècle les manières de croire et de prier, de lire la Bible et d'entendre la Parole de Dieu, mais aussi de manger, de dormir, de se vêtir, d'aimer, de parler, de se repérer dans le temps ou de préparer sa mort, imprimant une transformation profonde aux sociétés européennes et aux identités individuelles et collectives dont nous sommes encore les héritiers. Née d'une aspiration à la rénovation de l'Église dans sa tête et dans ses membres, la Réforme a bien été en cela une révolution. C'est à prendre la mesure de ce changement à la fois anthropologique, politique et social que s'attache ce livre, qui pour la première fois réunit historiens, théologiens, linguistes, philosophes, historiens de l'art ou encore spécialistes de l'histoire des femmes pour porter au jour l'héritage de cette naissance de la modernité.
Le sang est une substance à laquelle on prête de nombreux pouvoirs. Fluide biologique, réalité concrète de la vie qui palpite ou s'enfuit, plus ou moins épais, visqueux ou translucide, il est porteur de tout un imaginaire que les Anciens ont interrogé durant l'Antiquité gréco-romaine. Du sang du crime à celui du combat, du sacrifice à la mort du martyr, de la magie à la cuisine, un univers rouge semble ressortir de cette Antiquité fantasmée. Marqué du sceau de l'ambivalence, il a quelque chose de magique?: porteur de vie et de mort, le sang signe les saisons du corps féminin et annonce la mort quand il sourd de la blessure du guerrier : il est le baromètre de la vie qui dit aussi la parenté. Clé de compréhension des cultures antiques, considéré au travers d'un large cadre géographique et chronologique, le sang offre une lecture tant historique qu'anthropologique des corps. Plusieurs dimensions ont été retenues : les pouvoirs du sang réels ou supposés, le sang vecteur de communication, le sang communautaire qui dit la filiation et l'appartenance du groupe et enfin la violence qui le fait couler. C'est une histoire du sensible qui est menée ici par le liquide biologique vital, par la couleur, celle du sang rouge ou noir, de la pourpre. C'est aussi une histoire sociale car, par le sang c'est la transmission, la descendance et la filiation, la souillure, la pureté, les rites que l'on observe ; c'est encore une histoire de la guerre, du crime et de la justice.
Cellule essentielle d'encadrement des hommes, la seigneurie est à la fin du Moyen Âge un organisme complexe et divers. Cet ouvrage vise à mieux en comprendre les ressorts en partant d'un cadre chronologique et géographique cohérent et suffisamment étendu, la Bretagne méridionale du xive au début du XVIe siècle, pour mener les analyses et dégager quelques conclusions d'ensemble. Le croisement des sources et des approches dessine ainsi une chronologie différente, décalée, par rapport aux autres régions françaises. La crise la plus forte à laquelle les seigneuries rurales bretonnes sont confrontées ne se situe pas au XIVe siècle, même si les dégâts de la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364) ne doivent aucunement être minorés, mais bien à la fin du XVe siècle, au moment où les provinces voisines ont déjà entrepris leur processus de reconstruction agraire. Cet écart chronologique a de lourds impacts sur l'organisation des structures rurales bretonnes. Le convenant s'affirme de plus en plus nettement en Vannetais, entraînant un repli mesuré des censives, tandis que les censives en comté de Nantes continuent de dominer largement les terroirs, même si les complants et les métairies se développent dans les zones de marches. La géographie agraire est dès lors de plus en plus contrastée selon les terroirs. Cet ouvrage est enrichi d'une trentaine de cartes, réalisées à partir des dépouillements archivistiques, qui permet de mieux visualiser le poids, le rôle ou encore les traits singuliers des structures seigneuriales dans l'organisation des campagnes de Bretagne méridionale à la fin du Moyen Âge.
Ce fut bien une grande affaire que la réception de la bulle Unigenitus, et s'attacher aux positions et réactions des évêques français en ces circonstances constitue un point de vue original qui s'intéresse à des personnalités maltraitées par l'historiographie traditionnelle. Ces prélats sont incontestablement de bons administrateurs en ce temps de troubles. Ils sont essentiellement rigoristes, gallicans et prudents pour la plupart, même si les Nouvelles ecclésiastiques viennent donner un relief particulier aux idées extrêmes de quelques-uns. Le jansénisme et la Bulle ne sont plus qu'un prétexte à une réflexion sur les rapports entre l'Église et l'État. Faut-il accepter la Constitution parce que le roi le veut ou la refuser pour protéger les libertés gallicanes mises en cause par Rome ? C'est tout le paradoxe d'un épisode riche d'ambiguïtés et de contradictions, aux enjeux théologico-politiques d'une terrible complexité. Ces pages invitent à une relecture de la grande querelle qui a bouleversé l'Église de France dans la première moitié du XVIIIe siècle. Elles se proposent de guider le lecteur dans les inextricables débats qui ont agité le clergé et la monarchie lors de la réception de la constitution de Clément XI ; puis d'aborder les conséquences pastorales de l'Unigenitus dans les diocèses et dans les ouvrages forgés par les curies épiscopales, des bréviaires aux missels en passant par les catéchismes.
C'est au XVIIe siècle en France que la thèse illustrée connaît son apogée. À l'exemple de Richelieu et de Mazarin, Louis XIV accorda aux thèses une place de choix dans la diffusion de son image. De 1638 à 1704, plus de 130 thèses de philosophie, théologie, droit et médecine lui furent dédiées. Même si certaines sont destinées à son père, à sa mère ou aux parlements de province, il apparaît en haut de l'affiche en personne ou par ses armoiries. Les étudiants étaient issus de l'entourage royal, fils de ministres ou de parlementaires, membres de congrégations religieuses, et quelquefois même étrangers. Courtisans, parlementaires et ecclésiastiques de haut rang participaient à la soutenance publique où le candidat et sa famille adressaient des éloges au roi. On y distribuait des affiches ornées de son portrait ou d'une allégorie à sa gloire exécutées par les meilleurs artistes du temps, aussi les dépenses engagées étaient-elles considérables. Soutenues à Paris, mais également en province et à l'étranger, les thèses, et avec elles l'image du roi, pénétraient les demeures des Français et se diffusaient à l'extérieur du royaume. Cet ouvrage décrit successivement la place des thèses dans le cursus universitaire, leur soutenance, leur dédicace et leur diffusion ainsi que l'élaboration de leurs illustrations, en insistant sur le rôle des peintres, graveurs et éditeurs. Il montre comment elles rendent compte de l'histoire du roi et de l'évolution de son portrait physique et moral. Ce volume est accompagné d'un catalogue raisonné, abondamment illustré, des thèses dédiées au roi, consultable sur les sites du Centre de recherche du château de Versailles et des Presses universitaires de Rennes.