L'organisation contemporaine du savoir est telle que la notion d'humanité y joue une position relativement ambigüe. D'un côté, le développement des sciences de l'homme depuis le milieu du XIXe siècle, fait de l'humanité un domaine épistémologique de premier ordre. D'un autre côté, les notions de " nature humaine ", d'" humanité " voire d'" humanisme " font régulèrement l'objet d'attaques frontales: en témoignent les différentes formes de morale ou de politique " antihumaniste ", le constat philosophique de la " mort de l'homme " ou l'annonce d'une ère historique " post- ou trans- humaniste ". Or, ces différentes acceptions de la notion d'humanité ne se superposent pas. Le groupe de recherche " L'humain impensé " cherche à clarifier la nature des débats contemporains autour de cette notion. Les différentes contributions présentées dans cet ouvrage participent à cet effort, en interrogeant l'humain aux prismes des questions de la philosophie, du langage, de l'art, et de la technologie.
Depuis le xviiie siècle, on pense que les humains sont dotés d'un sens moral ou d'un sentiment instinctif de ce qui est bien ou mal. Avec cette conception, les valeurs morales ne relèvent plus de la seule métaphysique, mais sont intrinsèquement liées à l'action humaine. De quoi parlons-nous quand nous parlons de sens moral: d'un module sélectionné par l'évolution ou des dispositions qui organisent les relations entre humains? Comment les humains évaluent-ils les situations? Comment décident-ils de leurs actions et comment jugent-ils les actions d'autrui? Pourquoi les actions immorales sont-elles parfois socialement vertueuses? En réunissant des contributions d'anthropologues, de sociologues, de psychologues et de philosophes qui revisitent les débats ayant façonné l'étude du " sens moral " et les méthodologies empiriques dans une visée interdisciplinaire, ce volume pose les bases d'une anthropologie cognitive de la morale.
Ce volume analyse différentes manières de penser l'humain aujourd'hui, dans la diversité des disciplines qui le prennent pour objet. La philosophie, l'anthropologie, la préhistoire, la paléoanthropologie, la psychologie ou encore la biologie s'emploient tour à tour à définir, à décrire et à raconter l'humain. La définition, la description et la narration sont ici appréhendées comme trois modalités de la connaissance de l'humain qui traversent les sciences humaines comme les sciences du vivant. En faisant émerger des problèmes communs à ces différents domaines de savoir, cet ouvrage collectif questionne la possible unité des sciences relatives à l'humain, ainsi que la place de l'anthropologie philosophique dans cette approche transdisciplinaire.
Ce livre propose une trajectoire à la double signification.Il part à la recherche d'une philosophie aussi pessimiste qu'optimiste, pour nous qui survivons dans l'ombre portée de l'événement traumatique de la débâcle et déjà auprès de gouffres insoupçonnés, jusqu'ici inimaginables – exemplairement, dans la possibilité effective de la fin du monde, de notre monde, pour ainsi dire au sens littéral.Il propose une lecture de Levinas. Pour ce faire, il s'intéresse plus particulièrement à deux moments de l'œuvre, disons, tout simplement et au risque d'une légère simplification, le début et la fin: de la débâcle traversée par le captif (les textes de la période de guerre – les Carnets de captivité, les romans inachevés, et De l'existence à l'existant??) vers le survivant et son éthique impitoyable.
Deux essais sur la géographie, l'humain et la littérature
Ce livre est une exploration à deux voix, par le biais des œuvres littéraires, de l'expérience humaine de l'espace. Dans le premier essai, Henri Desbois explique en quoi la confrontation avec la littérature permet à la géographie d'interroger de manière féconde son statut de science humaine. Dans le second essai, Philippe Gervais-Lambony prend pour point de départ une analyse de la restitution de l'expérience de l'espace par Saint-Exupéry et pour point d'arrivée une réflexion sur l'expérience de l'espace urbain. Proust, Cendrars, Camus, Gibson, mais aussi Edith Piaf et bien d'autres, sont mobilisés, pour montrer de quelle façon la littérature, en rendant compte de l'expérience subjective de l'espace, permet à la géographie, et plus largement aux sciences sociales, de réintégrer le facteur humain.Les deux auteurs sont géographes. Enseignants-chercheurs à l'Université Paris Nanterre, ils sont membres du Laboratoire Architecture Ville Environnement (LAVUE).
Ce livre tente de " réveiller " le thème apparemment banal de l'humain, lui faire tenir ses promesses scientifiques, faire jaillir de lui la richesse philosophique.Les deux textes rassemblés ici, l'un une proposition, l'autre une critique, semblent paradigmatiques des débats possibles lorsqu'il est question des sciences de l'homme.Pour Albert Piette l'anthropologie doit être refondée et adopter un nouveau paradigme: l'étude des volumes humains en train d'exister.Quant à Jean-Michel Salanskis, il tente de montrer que l'opération d'objectivation de l'humain n'est ni heureuse ni facile. Bien que chaque démarche ait le sentiment de totaliser l'humain et de couvrir tout le champ de sa manifestation, chacune emprunte à l'autre et d'ailleurs, chacune a sa façon de se révéler paradoxale.