Ethnogenèse et tradition orale chez les Napo Runa d'Amazonie équatorienne
Les Napo Runa (gens du fleuve Napo) sont un groupe indigène de la forêt amazonienne de l'Équateur. Loin de former une société isolée et éloignée du monde occidental, les Napo Runa ont historiquement entretenu des liens étroits avec les colons espagnols, puis la société nationale équatorienne et, aujourd'hui, avec le capitalisme globalisé.Ce livre explore l'histoire des Napo Runa depuis les premières expéditions espagnoles au xvie siècle jusqu'à aujourd'hui. À travers l'analyse de documents historiques, l'auteur décrit la formation de la société napo runa, initialement composée d'individus d'origines culturelles diverses regroupés dans la région du fleuve Napo par les colons et les missionnaires pour en faire leurs serviteurs.Ce livre aborde également l'histoire des Napo Runa à partir de leurs propres récits historiques que l'auteur a recueillis auprès de plusieurs conteurs. Ces récits sont transcrits en quechua, la langue des Napo Runa, et traduits en français. L'analyse de ces récits, placés dans le contexte culturel, historique et épistémologique qui les a produits, permet de saisir l'histoire de la colonisation selon la vision des Napo Runa.
Le drag connaît aujourd'hui une certaine visibilité en France. Pourtant, cette pratique reste souvent enfermée dans des clichés persistants. Qui sont les artistes drags contemporains et quelles performances inventent-ils et elles sur scène ? Cet ouvrage explore la vitalité d'un art vivant, mouvant et résolument politique, en France et aux États-Unis, en mettant en lumière ses codes, ses imaginaires et ses enjeux. Il ne s'agit ni d'écrire une histoire totale du drag ni d'en recenser toutes les formes possibles. Le livre trace plutôt des lignes de force, examine des représentations passées et révèle comment elles nourrissent les dynamiques actuelles.
Aucune force politique française ne revendique d'être d'extrême droite, le Rassemblement national pas plus que ses devanciers. Pourtant, depuis la fin du XIXe siècle, tous les mouvements qui ont contesté le régime républicain ou ses valeurs universelles peuvent être rattachés à une même tradition politique située " à la droite de la droite " : le nationalisme. Cet ouvrage en retrace les grandes idées et présente les principales organisations et personnalités qui en ont fait l'histoire, depuis le général Boulanger jusqu'à Marine Le Pen.
Si, pour beaucoup de Français, l'extrême droite française s'incarne dans le Rassemblement national, elle ne s'y réduit pourtant pas. Diverse dans ses idées et ses formes d'organisation, cette tendance politique est devenue centrale dans la France du 21e siècle, que ce soit électoralement ou par sa capacité à diffuser ses valeurs auprès de l'opinion publique. Cet ouvrage s'attache à présenter ces différentes facettes de l'extrême droite (doctrines, partis et groupes activistes, relais médiatiques), à expliquer les raisons de sa récente centralité politique et à la replacer plus largement dans un contexte international qui lui est favorable.
En 1905, lors de la séparation des Églises et de l'État, les protestants français sont massivement de confession réformée, dotés d'une forte identité politique, sociale et culturelle qui les place au coeur de la République. En un siècle, leur visage se modifie profondément, devient plus urbain et d'origines plusvariées. Leur comportement électoral se diversifie. Le poids des sensibilités évangéliques s'accroît considérablement. C'est l'histoire de cette mutation qu'éclaire l'ouvrage qui leur est consacré ici. L'auteur fait aussi la part entre réalités et représentations dans l'appréhension d'une minorité religieuse composite et souvent méconnue.
En lien avec l'étalement des villes, l'artificialisation des sols est devenue un phénomène d'envergure planétaire, sujet d'inquiétude à l'heure de l'érosion de la biodiversité. Après avoir tenté d'en mesurer l'ampleur, cet ouvrage reviendra sur ses multiples conséquences. En quoi constitue-t-il un problème majeur et à quoi la lutte contre l'artificialisation sert-elle précisément? Quelles réponses sont apportées pour réduire l'artificialisation, notamment en Europe et en France où la loi sur le " Zéro artificialisation nette " suscite de vifs débats et réinterroge nos modèles de développement et d'aménagement du territoire.
Trente-cinq ans après la consécration du concept de "?développement durable?" dans le rapport Brundtland et à mi-parcours de l'agenda 2030 de l'ONU sur les Objectifs du développement durable (ODD), les initiatives dans le domaine de la recherche et de l'enseignement supérieur visant à leur réalisation sont foisonnantes. De fait, le nombre des publications sur le développement durable a crû de manière exponentielle. Les formations en Sustainability Studies ou Sustainability Science prolifèrent et les programmes de recherche et les chaires dédiées se multiplient dans les universités. En France et dans le monde, un nombre croissant d'établissements se placent sous les bannières de la durabilité?; certains en font leur raison d'être.
La crise climatique, l'effondrement de la biodiversité, la vulnérabilité des systèmes agricoles et alimentaires, la pandémie de Covid-19, les tensions géopolitiques croissantes, tous ces phénomènes concourent à la fois à produire un sentiment d'urgence et à promouvoir des approches de la science à la fois systémiques et tournées vers l'action.
Mus par le souci de leur responsabilité, des chercheurs de plus en plus nombreux s'alarment du déni des connaissances scientifiques dans le débat public et de la faiblesse de l'action publique au regard des urgences de notre temps.
Le projet de ce livre, fondé sur une enquête approfondie dans les textes fondateurs des sciences de la durabilité et auprès des porteurs de la mémoire et des dynamiques actuelles de ce champ, est de donner à comprendre au grand public la genèse, le développement et l'affirmation de la communauté internationale des sciences de la durabilité comme réponse inédite des mondes de la recherche à la crise écologique globale qui affecte l'habitabilité de notre Terre.
L'écriture inclusive fait aujourd'hui l'objet de nombreux débats. Qu'il s'agisse des propositions de loi visant à l'interdire, des tribunes médiatiques qui la promeuvent ou la pourfendent, des prises de position diverses dans nos vies personnelles ou professionnelles, elle ne laisse personne indifférent. Mais qu'est-ce que l'écriture inclusive ? Pourquoi suscite-t-elle autant de passions ? Met-elle en " péril " la langue française ? Ne fait-elle d'ailleurs polémique qu'en France ? Cet ouvrage invite à repenser la question linguistique dans une perspective historique et sociologique pour mieux comprendre les enjeux politiques qui se cachent derrière la pratique et la diffusion du langage non sexiste.
Le genre s'invite aujourd'hui partout, dans les débats de société comme dans les études universitaires. Que ce soit pour s'attaquer à une " idéologie du genre " supposée ou, au contraire, pour dénoncer la dimension idéologiquement réactionnaire de ces attaques, le genre mobilise l'université comme la société civile et les politiques. D'où le terme vient-il ? Que recouvre-t-il dans ses différents emplois ? En quoi et comment cette notion permet-elle de penser des questions d'identités sexuées et des questions de sexualité ? In fine, à quoi sert-elle et que peut-on faire avec elle ? C'est à ces questions que ce volume répond.
Repenser l'environnement au prisme de la littérature
Apparue dans les années 1990, l'écocritique a radicalement changé notre façon d'appréhender la littérature. Elle a en effet décentré notre regard, jusque-là capté par les actions et les sentiments des personnages, pour l'orienter vers une nature longtemps considérée comme un arrière-plan, voire un simple décor. Cet ouvrage expose en les illustrant les grandes caractéristiques de cette nouvelle approche critique, plurielle par essence, qui analyse non seulement ce qu'on a nommé tour à tour la nature, l'environnement ou le non-humain dans les textes littéraires, mais qui appelle aussi, à l'heure de l'Anthropocène, une lecture plus engagée des œuvres de fiction.
Alors qu'un projet de loi relatif à la fin de vie est encore en cours de rédaction, celui-ci fait déjà l'objet de vives discussions, notamment autour de la mise en œuvre d'aides actives à mourir. Cet ouvrage propose de faire le point sur cette question en interrogeant la notion de " fin de vie " puis en revenant sur cinquante années de controverses relatives au " mal mourir ". Afin d'éclairer la réflexion, il montre comment certaines " affaires " ont contribué à médiatiser et politiser la question puis porte la focale sur les dispositifs d'aides actives à mourir à l'œuvre en Suisse, en Belgique et aux Pays-Bas.