Cet ouvrage pédagogique novateur démontre la thèse qu'il n'existe pas de coupure radicale entre lexique et syntaxe, et conduit l'étudiant, en une 20aines d'étapes, des sons de la langue à la composante de la phrase et du texte qu'est le mot.
L'apprentissage du lexique d'une langue étrangère met en jeu des compétences bien plus nombreuses et complexes que ne le laisse supposer l'instauration d'une correspondance biunivoque et mécanique entre deux termes - du genre house/ " maison " ; to jump/ " sauter " - à quoi se limitent bien des manuels ; il y faut l'appoint d'indications sur la structure et le fonctionnement du lexique étudié et l'apport d'autres disciplines ( phonologie, lexicologie, étymologie, syntaxe, etc...) voire d'une théorie comparative du fonctionnement des deux idiomes mis en contact
Traduit une première fois en 1953, ce roman faulknérien servi par une écriture splendide devait être réédité. Il égale, à plus d'un titre, les plus belles réussites de la littérature sudiste contemporaine, et c'était celui de ses six romans que Shelby Foote préférait.Ampleur de la période historique embrassée, de la fin de la guerre de Sécession à la Seconde Guerre mondiale, ingéniosité de l'intrigue, personnages inoubliables, subtilité de l'analyse psychologique, richesse des thématiques abordées, exigence non dénuée d'humanité, portée par un humour parfois désespérant – L'Amour en saison sèche démontre de manière exemplaire ce que peut être une fidélité vraiment créatrice.L'œuvre nous transporte dans ce Sud qui a toujours fasciné les lecteurs français à travers ses plus brillants représentants: Edgar Poe, Eudora Welty, Flannery O'Connor, Truman Capote, Erskine Caldwell, William Styron…Une redécouverte.
C'est traditionnellement à Vladimir Nabokov qu'est attribuée la paternité du terme " nymphette " pour désigner une créature fantasmatique incarnée en la personne d'une jeune fille préadolescente, mi-ange, mi-démon, objet d'un désir pervers. Cette expression poétique et grotesque d'un érotisme transgressif remonte toutefois plus loin dans les âges, puisque c'est le poète Pierre de Ronsard qui, à l'origine, accola à la nymphe son diminutif.
De la diabolique donzelle médiévale à l'adolescente fatale de nos sociétés mercantilistes, l'idée de la jeune fille séductrice et tentatrice n'est certainement pas neuve. Cet ouvrage collectif et interdisciplinaire s'intéresse à la généalogie et aux diverses représentations artistiques de cet objet d'un désir interdit.
L'image de la voie et son rôle dans les domaines de l'imaginaire religieux, littéraire et épistémologique ; les conceptions de la voie et des événements articulés par rapport à la voie : l'avoiement (la mise en route), le dévoiement (le fait de changer de voie, de s'écarter de l'itinéraire) et le fourvoiement (le fait de quitter toute voie). L'ouvrage s'ouvre sur une prise de repères qui place les usages de l'image de la voie dans une perspective épistémologique et souligne le biais " spatialisant " des habitudes de pensée dominantes, de tradition aristotélicienne. Les différentes contributions, tout d'abord présentées et situées vis-à-vis de ce cadre général, explorent ensuite différentes déclinaisons de la voie ainsi que de l'avoiement, du dévoiement et du fourvoiement. Elles illustrent les caractéristiques de trois types de conceptions de la voie, respectivement attachées aux traditions aristotélo-thomiste (définition de la voie selon sa fin), épicurienne (définition selon l'origine) et à la pensée chinoise pré-bouddhiste dans laquelle la voie ne se définit ni selon un début ni selon une fin mais ne se comprend qu'en fonction du trajet lui-même.
Après Saveurs, senteurs ; Le goût de la Méditerranée, et Rythmes et Lumières de la Méditerranée, l'équipe d'accueil VECT-Mare Nostrum de l'université de Perpignan-Via Domitia poursuit son exploration des cinq sens avec le dernier volet de cette trilogie : Le Corps dans la culture méditerranéenne. Situé dans une perspective comparatiste allant de l'Antiquité à nos jours, il se propose de donner à voir l'imaginaire du corps méditerranéen, dans une culture qui allie paradoxalement une grande libération à un puritanisme tout aussi radical. Au début du XXIe siècle occidental, marqué par le recours identitaire à des formes d'affirmation de soi sur son corps (vêtements trop courts ou trop longs, piercing, cheveux décolorés, tatouages, signes religieux ostensibles), il est important qu'une réflexion théorique et méthodologique se mette en place à propos du corps. De plus, dans la tradition méditerranéenne, la dépense du corps détermine une logique encore plus urgente : cris, gestes, éphémères ou ressassés, disent une culture de l'apparence, du contact, de la physiologie. En croisant ces deux réalités, des chercheurs venus d'horizons disciplinaires et épistémologiques différents (littérature, anthropologie, histoire de la médecine) et aussi un romancier vont confronter leurs conclusions, non pas pour proposer des perspectives fragmentaires, mais plutôt pour saisir les usages sociaux du corps : le corps vécu dans la solitude, dans la famille, dans la collectivité.
Les deux précédents colloques internationaux organisés par l'Équipe de recherches VECT-Mare Nostrum - "Saveurs, senteurs : le goût de la Méditerranée" et "Rythmes et lumières de la Méditerranée" - ayant privilégié l'image du monde méditerranéen comme " machine à faire de la civilisation " (P. Valéry), il était temps, pour équilibrer l'analyse et l'image que nous souhaitons en donner, de prendre pour objet la Méditerranée belliqueuse et cruelle.
L' approche retenue pour cette nouvelle série de contributions s'inscrit dans le cadre de la poétique (théorie généralisée de la littérature ou rhétorique restreinte) ou mieux encore de la poétique " le faire qui s'achève en quelque oeuvre " (P. Valéry). Elle nous conduira à examiner la spécificité du récit de guerre et la démarche paradoxale de l'écrivain, ce "pense-phrases" (R. Barthes), confronté à la gageure de rendre accessible au langage une expérience a priori ineffable qui risquait fort d'être à jamais condamnée à " l'aphasie du monstrueux " (J. Hervier).