En France et au Liban, l'identité professionnelle des enseignants est aujourd'hui mise à mal et entraîne une perte de sens et d'attractivité du métier. Ce numéro explore la manière dont les enseignants vivent ces difficultés et reconfigurent leur identité professionnelle.
Dans les contextes libanais et français, le constat est le même : l'identité professionnelle des enseignants est aujourd'hui mise à mal. Si la construction d'une identité professionnelle repose sur l'appartenance à un collectif, sur l'investissement d'une identité qui contribue à la réalisation de soi, sur l'affirmation de valeurs partagées, ce numéro s'interroge sur la façon de maintenir cette dynamique identitaire dans une perspective vertueuse quand les collectifs se dissolvent, que le ciel des valeurs se brouille et que l'exercice du métier n'offre plus d'opportunité de valorisation mais multiplie les expériences négatives, les contrariétés, les déceptions.
Les contributions s'intéressent à la façon dont les enseignants et le métier font face à des difficultés. Elles s'attachent à repérer les formes de résilience, d'inventivité, de solidarité qui se manifestent et favorisent une reconfiguration des identités professionnelles. La perspective comparative et historique adoptée permet d'identifier des éléments communs, des traits stables appartenant à une forme de tradition, mais également des éléments émergents, et ainsi de dessiner les contours de cette identité professionnelle enseignante en recomposition et de dégager des pistes pour la formation ou l'accompagnement des collectifs.
Lettres de mon moulin a souffert de lectures réductrices : tantôt œuvre pour enfants, tantôt ouvrage régionaliste. Il est temps de relire ce recueil composite et ambigu, avec son ironie et ses côtés sombres, et pour le rapport complexe entre Paris et la Provence.
Lettres de mon moulin est une œuvre patrimoniale, mais le recueil a souffert de lectures réductrices voire totalement fausses, qui en faisaient une œuvre pour enfants ou à vocation régionaliste. Or il s'agit d'un recueil composite, ambigu, qui a plu à des auteurs très différents, parfois pour son ironie ou ses côtés sombres, souvent occultés, ou encore par le rapport complexe qui se joue entre Paris et la Provence. L'objectif de ce dossier est de relire le recueil à la fois dans l'esprit des contemporains et avec les méthodes et thèmes de la recherche actuelle.
Quel jeu commun pour le chœur et les héros dans le spectacle tragique ?
Comment les membres du groupe choral et les héros du drame jouent-ils ensemble ? Ce numéro tente de répondre à cette question en confrontant les textes anciens aux expériences contemporaines d'un " jeu en commun " tragique.
Dans La Poétique, Aristote insiste sur la nécessité pour le chœur de " jouer avec " les héros du drame tragique sous peine d'être réduit à des interludes. Or c'est précisément cette marginalisation du groupe choral qui a été accomplie non par les auteurs tragiques grecs mais par les éditeurs modernes – et, dans leur sillage, beaucoup de metteurs en scène contemporains – en remplaçant le chœur par un personnage unique, ledit " coryphée ", dans les parties dialoguées. Aussi s'agit-il de " dé-coryphéiser " et par là même de " re-choraliser " les tragédies en réintégrant le chœur dans la construction du spectacle tragique. Comment les membres du groupe choral et les héros du drame jouent-ils ensemble ? Quelles nouvelles dynamiques spectaculaires cette étude des interactions – qui inclut des enjeux dramatiques mais également une recherche sur le partage de l'espace de jeu, du chant et de la gestualité – permet-elle de retrouver ? C'est cette question que pose se numéro en confrontant les études philologiques et archéologiques aux expériences contemporaines de mise en scène pour aborder la question à la fois esthétique et politique de la construction d'un jeu en commun.
" Rouillages, Rouillages… une heure d'arrêt. " Une heure qui dépasse, qui déborde, qui déraille. Une heure dans cette gare en vrac, aux côtés de personnages en friche, qui résistent en chantant.
" Rouillages, Rouillages, prenez garde à l'intervalle entre le marchepied et le quai. " Albert Jalbert, Annet et Jeanne errent dans la gare de Rouillages, à moins qu'ils ne la hantent. Annet, chef de gare, chante son amour des trains, promesse d'un printemps qui n'arrivera peut-être jamais. Jeanne a tout vécu, tout connu, tout traversé, tout s'entasse en elle mais jamais ne meurt. Albert Jalbert, quant à lui, n'a pas d'histoire, il s'enroule dans la gare comme on se réfugie dans un rêve ou au creux de ses draps. Et puis il y a le Petit Coutard, insaisissable et fantomatique, qui traverse la gare sans jamais la toucher – à moins qu'il ne soit la gare. Une annonce brutale déchire l'espace-temps des personnages : leur heure est effacée, annulée, éclipsée. Mais ils ne renonceront pas au printemps des trains, ne ploieront pas sous le poids du barrage, ne se laisseront pas dicter leur tempo. Au bord de cet espace-temps troublé, le Pianiste accompagne, guide, impulse ou distord le rythme. " Rouillages, Rouillages… une heure d'arrêt " – ou plus.
Une histoire matérielle des pratiques de soin (XVIe-XXIe siècle)
En suivant les trajectoires de plantes, de substances et de dispositifs médicaux, ce dossier explore les divers usages et rapports à la nature qui s'exercent dans le domaine de la santé du XVIe au XXIe siècle.
Ce dossier explore les divers usages et rapports à la nature qui s'exercent dans le domaine de la santé du XVIe au XXIe siècle. En suivant les trajectoires de plantes, de substances et de dispositifs médicaux, il invite à repenser la relation santé-nature à l'aune de l'histoire environnementale et de la santé environnementale. Les différents articles ici réunis permettent de nuancer les oppositions usuelles entre biomédecine et médecines " naturelles ", mettent au jour la porosité des frontières entre marges et centre, et articulent des échelles qui vont du jardin à l'industrie pharmaceutique, du local au global. En étudiant des pratiques aussi variées que l'accouchement ou l'alimentation, ces contributions donnent à voir comment se redessinent, dans le temps long, les façons de soigner et les contours mêmes de ce que nous appelons " nature ". Ce dossier montre ainsi que le domaine de la santé, parce qu'il touche à l'intime, joue un rôle structurant dans la construction de ce qui est perçu comme " naturel ".
Universitaire et Juif, Ignace Meyerson est contraint de quitter Paris en 1940. Il se replie à Toulouse. S'ouvre alors une période éprouvante. Cet ouvrage retrace les activités et les engagements intellectuels et citoyens de Meyerson à Toulouse entre 1940 et 1951. Universitaire et Juif, Ignace Meyerson est contraint de quitter Paris en 1940. Il se replie à Toulouse, où il poursuit son enseignement dans la clandestinité.Cet ouvrage s'intéresse à la période au cours de laquelle Ignace Meyerson vécut et travailla à Toulouse, entre 1940 et 1951. Victime des lois raciales de Vichy, relevé de ses fonctions, le fondateur de la psychologie historique multiplie les engagements, notamment en créant la Société toulousaine d'études psychologiques. C'est aussi au cours de ces années qu'il se lie à celui qui deviendra son ami, Jean-Pierre Vernant, avec qui il s'engagera dans la résistance au sein de l'Armée secrète. Après la guerre, sa rencontre avec Philippe Malrieu sera décisive dans la naissance de la psychologie universitaire toulousaine.
Une variété d'articles pour une géographie plurielle alliant étude des transports, tourbière et migrations.
Numéro varia composé de cinq articles traitant d'une grande variété de thèmes, il est le reflet d'une géographie plurielle dans ses thématiques, ses terrains et ses échelles. Les trois premiers articles s'intéressent aux transports : le ferroviaire pour les deux premiers, et l'hydrogène pour le troisième. Les deux derniers articles sont bien différents, l'un traitant de la problématique physique des tourbières et l'autre d'une activité frontalière particulière, mêlant à la fois prostitution et parcours migratoires.