La notion de polymère est souvent associée aux plastiques, à des matériaux synthétiques et polluants, alors qu'il s'agit en réalité d'un concept chimique beaucoup plus large. Un polymère est une macromolécule composée de sous-unités capables d'interagir entre elles et pouvant avoir une grande diversité de propriétés.Dans cette leçon inaugurale, Sébastien Lecommandoux montre comment les polymères biomimétiques, qui reproduisent certaines structures et les fonctions biologiques, et les systèmes biohybrides, qui combinent les avantages des systèmes naturels et synthétiques, ouvrent aujourd'hui des perspectives révolutionnaires en nanomédecine. Des assemblages polymères multi-échelles et dynamiques, tels que ceux dotés d'autonomie motrice, ainsi que la création de cellules artificielles, repoussent les frontières de la science. Faisant converger chimie et physique des matériaux, biologie et nanotechnologies, l'approche biomimétique stimule des innovations qui visent à traiter des pathologies complexes allant du cancer aux maladies neurodégénératives.
Étude d'après un manuscrit inédit d'Étienne Drioton
Édition d'un manuscrit inédit d'Étienne Drioton, ancien professeur au Collège de France, relatif à la découverte des tombes familiales intactes de Kanéfer et Ânemhès, prêtres memphites du IVe siècle avant notre ère. Accompagnée d'une analyse complète du matériel funéraire mis au jour et des rituels associés, cette étude offre un nouveau regard sur l'histoire religieuse et les pratiques funéraires des époques tardives.
Qu'est-ce que le socialisme moral ? " Si nous cherchons une réponse à ceux qui hésitent et nous demandent s'ils doivent être socialistes ou non " écrivait l'austro-marxiste Otto Bauer il y a plus d'un siècle, " nous avons encore besoin de l'éthique de Kant ".
Dans cette leçon inaugurale, Lea Ypi réfléchit sur les échecs du socialisme d'État et du capitalisme au XXe siècle et propose une nouvelle voie à suivre. Son analyse vise à raviver la critique des Lumières à l'égard de la raison technocratique et s'appuie sur une conception universelle de la liberté en tant que support d'effectivité morale.
La santé mentale et les addictions sont des concepts larges qui recouvrent des symptômes et expériences hétérogènes, plus ou moins sévères et durables, dont les facteurs de risque et de protection sont multiples et les conséquences sur divers chapitres de la vie des personnes potentiellement importantes. La particularité de la santé mentale étant l'absence de tests biologiques ou de biomarqueurs, comment la mesurer ? La recherche, se fondant nécessairement sur la parole du sujet, est confrontée à la difficulté d'harmoniser et de standardiser des ressentis intimes. À cet égard, il convient de s'interroger sur les classifications des troubles psychiatriques actuelles et sur les concepts sous-jacents. Par ailleurs, que signifie étudier la santé mentale à l'échelle d'une population et que nous disent les grandes enquêtes sur l'état de la santé mentale en France ? Que sait-on du rôle des facteurs collectifs et des déterminants sociaux comme source de risque et de protection ? À l'interface de l'épidémiologie et de la psychologie, cette leçon inaugurale abordera également la question des inégalités sociales, ainsi que celle de la prévention des troubles psychiques et des addictions à l'échelle sociétale.Cet ouvrage est issu de la leçon inaugurale prononcée au Collège de France le jeudi 4 décembre 2025 par Maria Melchior, professeure invitée sur la chaire annuelle Santé publique, créée avec le soutien de l'agence nationale Santé publique France, pour l'année académique 2025-2026.
Au cours de la période hellénistique, dans les écrits de certains auteurs juifs, tradition juive et pensée grecque se sont rencontrées. L'histoire de la philosophie juive débute à la même époque. René Bloch nous introduit à la discipline et déconstruit au passage certaines dichotomies problématiques qui la traversent : l'opposition entre judaïsme et hellénisme, celle entre philosophie et loi juive, ou encore l'incompatibilité prétendue entre le mythe grec et le judaïsme.À cet effet, l'auteur choisit de se concentrer sur l'œuvre de Philon d'Alexandrie (env. 20 av. J.-C.-50 apr. J.-C.), exégète et philosophe de l'époque hellénistique et romaine. Il analyse ses travaux sur le cosmopolitisme, la pensée mythologique juive et grecque, le mysticisme et les rêves, avant d'explorer le thème de la diaspora juive, perçu comme un aspect essentiel de la philosophie juive dans l'Antiquité classique.Issu d'un cycle de conférences prononcé au Collège de France, cet ouvrage permet de mieux appréhender la place remarquable qu'a tenue la philosophie juive dans le monde gréco-romain et la façon dont elle a contribué à construire la philosophie de l'Antiquité.
Les dernières décennies de recherche en physique quantique ont permis de mettre en évidence, puis de maîtriser, la superposition quantique et l'intrication. Il est aujourd'hui possible de manipuler et d'intriquer des photons, des atomes et même des atomes dits " artificiels ", sculptés avec les outils de la micro-électronique. Cette maîtrise inédite ouvre la voie à de multiples applications, dont le calcul quantique. Ce livre décrit les débuts de cette aventure, où recherche fondamentale et innovation technologique avancent de concert. C'est un domaine en plein essor, où technique et esthétique se mêlent à des ambitions scientifiques extrêmes et à une concurrence intense.
Le savant peut-il se tenir au-dessus de la mêlée pour aborder une question aussi brûlante que la place de l'immigration dans nos sociétés ? Face aux discours qui voudraient persuader que la France, trop généreuse, se laisse submerger par les flux migratoires, il se doit de prendre la mesure des choses en menant des analyses rigoureuses.
François Héran relève le défi. Si la progression de l'immigration est une tendance lourde, la France n'est nullement le pays le plus attractif d'Europe. L'appel d'air créé par notre protection sociale est un mythe.
En brisant les idées reçues, le savant se heurte nécessairement au politique qui interfère dans le champ scientifique et frappe l'opinion à coups d'arguments chiffrés. Il rappelle ce faisant que tenir compte des productions de la recherche dans le débat public n'est pas une option, mais une nécessité.
La découverte de la Préhistoire suscite une fascination hors du commun : dès le XIXe siècle, savants et artistes s'emparent avec le même enthousiasme d'une époque mystérieuse qu'ils contribuent à définir autant qu'à inventer. Objet scientifique, la Préhistoire devient aussi un continent fertile de l'imaginaire, ce monde perdu qu'hommes et femmes de science, mais aussi écrivains, peintres et sculpteurs peuplent de leurs hypothèses et de leurs rêveries, souvent insolites ou spectaculaires, parfois contradictoires.
Que fut alors la Préhistoire : âge de pierre synonyme d'âge d'abondance, âge d'or de l'humanité ou guerre du feu de tous contre tous ? Si la recherche connaît d'immenses progrès, elle se construit aussi dans un jeu de miroirs où chaque génération projette ses aspirations et ses fantasmes, produisant sans cesse de nouvelles images de nos origines.
Le présent ouvrage confronte cette Préhistoire rêvée, imaginée, voire utopisée, à la réalité des faits et des données de la science la plus récente.
Introduite par Bertrand Russell pour éviter les paradoxes qui apparaissent en mathématique si l'on utilise de manière trop naïve la notion de collection d'objets, la théorie des types a été raffinée par la notion de type dépendant. Outre son rôle important dans la formalisation des preuves mathématiques, cette notion présente également un intérêt conceptuel intrinsèque en logique et en informatique. Ce livre retrace l'histoire récente de ces découvertes, de la vérification des preuves sur ordinateur à la synergie qui est en train de s'établir entre la théorie des types dépendants et la théorie de l'homotopie.