La seigneurie collective

Pairs, pariers, paratge, les coseigneurs du XIe au XIIIe siècle
Hélène DÉBAX
Date de publication
30 avril 2012
Résumé
Le phénomène de la coseigneurie est reconnu depuis longtemps comme une des modalités de fonctionnement du système seigneurial, bien qu'il soit resté quelque peu en marge de la recherche. Il a souvent été pensé comme une spécificité méridionale et, de ce fait, mis de côté dans la plupart des grandes synthèses sur la société féodale. La présente recherche a pour ambition de considérer la pluralité des seigneurs non comme une forme marginale mais comme une des expressions courantes de la domination aristocratique aux XIe-XIIIe siècles. De fait, un certain nombre de figures historiographiques trouvent un sens nouveau lorsqu'on les considère en regard les unes des autres : les pariages ou paréages connus dans tout l'Occident, compris comme des fondations de bourgs, de villag ... Lire la suite
FORMAT
Livre broché
24.00 €
Ajout au panier /
Actuellement Indisponible
Date de première publication du titre 30 avril 2012
ISBN 9782753519701
EAN-13 9782753519701
Référence 114172-53
Nombre de pages de contenu principal 464
Format 16 x 24 x 0 cm
Poids 716 g

La coseigneurie, les mots et la chose

    Quelles sources pour la coseigneurie ?
    Pairs et pariers : quels mots pour dire la coseigneurie ?
    Quelques formes de quantification

Seigneurs, héritiers et vassaux : la construction des coseigneuries

    L'origine des coseigneuries
    Coseigneurie et féodalisation
    Les modalités de la répartition : de l'indivision au partage
    Les freins à la coseigneurie

La coseigneurie fragmentée

    Des partages de pouvoirs et de revenus
    Répartitions temporelles
    Partages spatiaux

La collectivité des coseigneurs

    Faire la guerre
    Servir la justice et jurer la paix
    Gérer et administrer

Le paratge

    Le paratge, figure de l'aristocratie
    Haut et bas paratge : une scission de l'aristocratie
    Coseigneurie et parenté
 

Le phénomène de la coseigneurie est reconnu depuis longtemps comme une des modalités de fonctionnement du système seigneurial, bien qu'il soit resté quelque peu en marge de la recherche. Il a souvent été pensé comme une spécificité méridionale et, de ce fait, mis de côté dans la plupart des grandes synthèses sur la société féodale. La présente recherche a pour ambition de considérer la pluralité des seigneurs non comme une forme marginale mais comme une des expressions courantes de la domination aristocratique aux XIe-XIIIe siècles. De fait, un certain nombre de figures historiographiques trouvent un sens nouveau lorsqu'on les considère en regard les unes des autres : les pariages ou paréages connus dans tout l'Occident, compris comme des fondations de bourgs, de villages, de villes neuves de toute sorte ; le parage normand, institution successorale qui instaure le temps d'une ou plusieurs générations une seigneurie partagée à l'intérieur de la parenté ; les pairs de châteaux ou pairs de principautés flamands ; les Ganerbenburgen très fréquents dans tout l'espace germanique de l'Empire, châteaux tenus en parts de coseigneurie, dont la gestion complexe était codifiée au sein de Burgfrieden ; les societates italiennes, qu'elles portent sur des châteaux ruraux ou des tours urbaines, créant des parentèles artificielles ; la behetría castillane, pouvoir collectif d'un certain nombre de diviseros ou naturales sur un village, etc. Et bien entendu la coseigneurie méridionale qui éclate au détour de tout type de sources, entre les Alpes et l'Océan. En somme, dès que les textes sont assez précis pour permettre de l'apercevoir, il semble que partout il existe des biens tenus en commun, des seigneuries divisées et des châteaux partagés.Dans une société d'ordres comme l'est celle de l'Occident des XIe-XIIIe siècles, c'est une question essentielle de déterminer si ces relations horizontales, la coseigneurie et la parité, sont une perturbation ou bien un élément régulateur des rapports féodaux et des liens verticaux ; la trame d'un tissu social dont les relations hiérarchiques seraient la chaîne. C'est de cela qu'il est ici question, de la façon dont l'aristocratie occidentale a pu, aux siècles centraux du Moyen Age, explorer des voies de seigneurie collégiale, de gestion partagée, de domination en commun.

Recommandations