Le terme d'Anthropocène, qui s'est imposé dans le vocabulaire scientifique comme dans les médias depuis le début du XXIe siècle, n'a pas été retenu par la Commission Internationale de Stratigraphie en mars 2024 comme marqueur d'une nouvelle époque géologique. S'il a suscité des réserves chez les géologues qui ont finalement renoncé à l'inscrire dans le temps long de l'histoire de la Terre, il est également critiqué par les anthropologues, les philosophes ou les historiens qui lui reprochent son caractère totalisant, quand les faits menant à la situation écologique actuelle sont bien plutôt les conséquences de multiples pratiques extractivistes propres aux sociétés industrialisées. Il a cependant l'intérêt, en tant qu'outil conceptuel, de mettre l'accent sur la responsab ...
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Le terme d'Anthropocène, qui s'est imposé dans le vocabulaire scientifique comme dans les médias depuis le début du XXIe siècle, n'a pas été retenu par la Commission Internationale de Stratigraphie en mars 2024 comme marqueur d'une nouvelle époque géologique. S'il a suscité des réserves chez les géologues qui ont finalement renoncé à l'inscrire dans le temps long de l'histoire de la Terre, il est également critiqué par les anthropologues, les philosophes ou les historiens qui lui reprochent son caractère totalisant, quand les faits menant à la situation écologique actuelle sont bien plutôt les conséquences de multiples pratiques extractivistes propres aux sociétés industrialisées. Il a cependant l'intérêt, en tant qu'outil conceptuel, de mettre l'accent sur la responsabilité d'organisations humaines sur un vivant désormais mis en danger. La question est plus précisément abordée dans ce dossier en interrogeant les rôles joués par les processus de nomination et de catégorisation sur le vivant lui-même et sur la considération qu'on peut en avoir.