Partant du constat que le paradigme du " romantisme politique " [politische Romantik] connaît un regain d'intérêt important en Allemagne sous la République de Weimar (1918-1933), au point de constituer un idéologème essentiel du discours politique de l'époque, en congruence avec les réseaux discursifs de la " communauté " [Gemeinschaft], de la " nation " [Nation] ou du peuple [Volk], qui sont les " mots magiques " (Kurt Sontheimer) de la vie intellectuelle weimarienne, le présent ouvrage procède à une analyse archéologique des discours sur le " romantisme politique " sous la République de Weimar.Par le recours à une conception de la " réception " qui met entre parenthèses la fonction " auteur " il s'agit d'analyser les stratégies discursives qui se structurent autour du ...
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Introduction 1. La République de Weimar : laboratoire d'une modernité en crise 2. Romantisme, romantisme politique : l'impossible définition ? 3. Pour une archéologie de la réception 4. Le champ discursif du " romantisme politique ". Les marqueurs d'une renaissance
Première partie : Lutter (1918-1924) Chapitre 1 : Le socialisme romantique : un projet démocratique post-marxiste 1. Socialisme, marxisme, romantisme : affinités électives ? 2. Une révolution sous le signe des conseils 3. Du paradis médiéval aux abysses absolutistes 4. Le romantisme comme projet d'avenir
Chapitre 2 : La radiographie de l'ennemi : Carl Schmitt contre le romantisme politique 1. Un livre sous influences : les racines françaises de la critique schmittienne 2. Le romantisme politique : l'idéologie de l'ennemi 3. Qui est l'ennemi ? Schmitt et la crise de l'idéologie allemande
Deuxième partie : Penser (1924-1930) Chapitre 3 : L'universalisme romantique : la réponse allemande à l'individualisme moderne 1. Spann et la galaxie universaliste 2. L'État véritable et l'actualité du romantisme politique
Chapitre 4 : Penser l'envers de la modernité : romantisme et conservatisme 1. Penser à la marge 2. La naissance romantique du conservatisme 3. Une nouvelle synthèse ?
Troisième partie : Agir (1930-1933) Chapitre 5 : La politique radicale : victoire du christianisme romantique 1. Wilhelm von Schramm : officier, écrivain et théoricien politique 2. Au cœur des réseaux du nouveau conservatisme weimarien 3. Le modèle soviétique 4. Revenir aux racines allemandes : le romantisme comme solution
Chapitre 6 : Mythe romantique et décision socialiste. Retrouver l'unité du politique 1. La " jeune droite " et la rénovation de la social-démocratie 2. Le projet socialiste contre le mythe romantique
Conclusion
Partant du constat que le paradigme du " romantisme politique " [politische Romantik] connaît un regain d'intérêt important en Allemagne sous la République de Weimar (1918-1933), au point de constituer un idéologème essentiel du discours politique de l'époque, en congruence avec les réseaux discursifs de la " communauté " [Gemeinschaft], de la " nation " [Nation] ou du peuple [Volk], qui sont les " mots magiques " (Kurt Sontheimer) de la vie intellectuelle weimarienne, le présent ouvrage procède à une analyse archéologique des discours sur le " romantisme politique " sous la République de Weimar.Par le recours à une conception de la " réception " qui met entre parenthèses la fonction " auteur " il s'agit d'analyser les stratégies discursives qui se structurent autour du paradigme " romantique " entre 1918 et 1933. L'attention va donc aux discours qui se réfèrent explicitement au " romantisme politique " sans préjuger de la " justesse " ou de la " vérité " de cette référence.L'étude d'un corpus d'auteurs pour qui la référence romantique est explicite et centrale (Sigmund Rubinstein, Carl Schmitt, Othmar Spann, Karl Mannheim, Wilhelm von Schramm et Paul Tillich) ainsi que des réseaux sociaux qui s'organisent autour d'eux, permet de conclure à l'existence d'une sensibilité " romantique " centrale au monde weimarien, qui transcende les oppositions politiques (gauche/droite, conservateur/progressiste, nationaliste/universaliste, etc.) et qui se construit dans l'opposition fondamentale à l'individualisme matérialiste du " libéralisme " capitaliste.