A la mi-octobre 1865 un voyageur clandestin débarque à Pointe-à-Pitre et sème la désolation. L'ignorance de son identité et les nombreuses victimes qu'il cause dans le quartier pauvre du cimetière créent dans la ville une panique si grande que les négociants et d'autres bourgeois décident de mettre leurs familles à l'abri dans Basse-Terre. Ce mal qualifié d'épidémique, on n'ose pas le nommer choléra. Les pouvoirs publics et la classe des gros habitants sucriers voient dans cette affirmation un risque commercial et une entrave aux affaires. Les plus jeunes subissent l'empêchement de leurs projets immédiats. Louise, hantée par la survenance brutale d'une mort qui la priverait de la jouissance des plaisirs, développe une véritable obsession à mesure que la situation s'aggrave dans cette ville refuge dont l'administration municipale ne parvient plus à enregistrer et ensevelir les morts. Tout manque dans cette cité devenue fantomatique, les médicaments, les aliments, les planches, les bras. Louise et deux jeunes autres se replient vers la montagne et Saint-Claude. Parviendra-t-elle à surmonter sa panique, sa hantise?
Dernier roman de Federigo Tozzi, inachevé et publié à titre posthume en 1923, "Les égoistes" dépeint l'histoire d'un amour tourmenté, située à Rome dans les années 1910. Alors que ses amis papillonnent de fille en fille, Dario, anti-héros du XXe siècle, recherche l'amour pur et idéal, qu'il espère trouver en la personne d'Albertina. Les deux protagonistes vivent cette passion dans le silence et dans l'inaction, tous deux tétanisés par une tension émotionnelle croissante. Ici, l'essentiel de la narration n'est pas dans le "quoi" mais dans le "comment".Roman psychologique moderne sur l'incommunicabilité entre les êtres et le mal-être de l'homme de ce début du XXe siècle, où la jeune génération tente peu à peu de se libérer de la figure tutélaire du père à la recherche de sa propre identité.
Un joueur de Gwoka guadeloupéen vient de mourir. Le rituel de la mort tel qu'il est observé dans l'ile de la Guadeloupe s'enclenche tout de suite avec l'annonce de cette mort dans les " Avis d'Obsèques " matinales retransmises à la radio locale. La Guadeloupe entière s'enfonce alors dans un deuil palpable. La nature même, touchée par cette mort et guidée par des esprits ancestraux manifeste ses sentiments à qui peut interpréter ses nombreux signaux. La mort de Charly DesSavanes, dit Chawlo Koko Dous, dit Charly Maître Ka, soulève bien-sûr un bon nombre de questions qui vont probablement demeurer sans réponses. Il faut dire que Chawlo Koko Dous de son vivant avait été un chaud lapin! Il laisse derrière lui sept enfants, des adultes, qui n'ont presque rien en commun sauf le lien qui les relie à leur père. L'un d'eux, Marvel, est un jeune Américain, Gouverneur de la Floride qui va bientôt se présenter aux prochaines élections présidentielles. Pourra-t-il sortir l'Amérique de l'impasse dans laquelle le dernier président l'aurait laissé? Marvel est aussi accompagné de sa mère Evelyn, une Jamaïcaine qui a été l'amour de la vie de Charly. La rencontre entre ces deux personnages soulève la question du hasard, de la destinée et du choix que nous avons de vivre notre propre vie. Ce roman ouvre une fenêtre sur la relation entre le monde physique et le monde spirituel. Les morts auraient-ils une influence sur les vivants? La nature est-elle consciente? Du Haut de L'Autre Bord est un roman qui met en évidence la symbiose qui existe entre les hommes et la nature ainsi que tous ses éléments. Les croyances spirituelles Guadeloupéennes y sont revisitées et la question de l'âme et de ses voyages millénaires est abordée.
Marie s'est installée en France hexagonale, il y a des années de cela. Elle s'est habituée à son cadre environnemental, aux conversations téléphoniques avec sa famille restée au pays, synonymes d'une certaine proximité malgré l'éloignement, à l'alimentation, au ciel, aux maisons, aux immeubles si différents de ceux de son île. Vient pourtant un jour où le mal du pays se fait plus fort, où ce besoin enfoui tout au fond d'elle devient si intense qu'il se répand partout dans son être, et à ce moment-là, Marie sait qu'il ne sert plus à rien de résister. Le retour aux sources est imminent. Après mûres réflexions et maints échanges avec son mari, Pierre, elle parvient à le convaincre de regagner leur magnifique île: La Guadeloupe. Une idée parfaite pour leur fils Raphaël également, à peine âgé de cinq ans, afin qu'il s'imprègne de ses racines. Mais dès son arrivée, Marie comprend très vite que ce rêve de retour fait face à une réalité insulaire qu'elle ne reconnaît plus.
En ces temps longtemps où la Mère Patrie, les bras ouverts accueillait ses enfants îliens en quête d'un " Graal " improbable, prenant le sens inverse, l'Indien Singapouli-Moutou avait découvert le sien sur les hauteurs de Morne-Roche à la Martinique. Extirpé, au propre comme au figuré, à un grand Béké d'antan qui n'avait jusqu'àlors pas saisi son propos: " je ne suis pas venu ici admirer le cul de vos vaches, mais y installer ma descendance. " Les détracteurs et les envieux disaient pourtant: ce " couli-là " a des mains en or… Oui! En effet son nid d'Aigle, tant convoité, s'imposait de plus en plus comme une " Habitation " paradisiaque. Car, pour lui, le temps n'a jamais eu de limite!
À l'habitation Morne-Roche, l'Indien Singapouli-Moutou continue à progresser dans sa mission: créer une descendance, non sans peau de banane glissée pour le déstabiliser, non sans perte douloureuse. Lors d'une cérémonie mouvementée dans la chapelle Indienne, ses " Aïeux " lui concèdent une reprise en main de sa vie affective quelque peu mise en sourdine depuis la mort de sa femme Prya. Comme saoulé par cette bouffée d'air, il se prend à rêver d'un vrai renouveau. Hélas! Il va se heurter à une toute autre mésaventure! S'il s'en tire… ce sera bien parce que le temps n'a vraiment pas de limite.
C'est le matin de bonne heure, avec l'air paisible qui précède la grande chaleur, que nous faisons avec des gestes sages et détendus, nos devoirs de vacances. Ma soeur Anna et moi avons l'habitude de nous installer dans le salon, sur la grande table rectangulaire marron foncé, en bois d'acajou. Une table donnée à Grandpère par des prêtres et qui date de très longtemps, a l'habitude de préciser maman pour en prendre soin. J'apprécie cette atmosphère matinale : la douce lumière se faufile discrètement dans la pièce et laisse planer la perspective d'une nouvelle journée remplie de bienfaits.
Ajay a réalisé l'inimaginable: défier et vaincre par la ruse les terribles conquistadors.Christophe Colomb et ses marins ont été battus lors de leur deuxième voyage. Ajay et ses frères ont pris la mer pour partir à la découverte de l'ancien monde.Ce choc des civilisations peut-il basculer en faveur des Indiens taïno ? Les valeurs et le respect de la nature ont-ils une chance face à la cupidité de ces monstres espagnols ? De nombreux défis attendent les Indiens taïno: seront-ils capables de les relever ?Tapi dans la pénombre d'une cathédrale, le plus redoutable des prédateurs guette la venue de ces innocents. La religion catholique a trop à perdre, elle combattra avec rage ce vent nouveau qui s'est abattu sur le royaume d'Espagne.Ajay et ses hommes seront-ils assez forts pour déjouer les plans machiavéliques du terrible Inquisiteur Tomas de Torquemada ?Ce livre relate ce voyage vers l'inconnu, il conduira le lecteur aux côtés d'Ajay dans une épopée dans l'ombre de l'inquisition.
Qui est ce Jean-Mohamed Galmot qui débarque en Guyane quelques jours avant le centième anniversaire des événements de 1928? Serait-il la réincarnation de Jean Galmot? Étrange, oui, vraiment, ce qui arrive à Jean-Mohamed en cette année terrible de 2028 où il devra tout simplement sauver le monde… Mais est-ce encore possible? Et d'ailleurs, de quel monde s'agit-il?André Paradis a écrit ici le roman que personne n'attendait.Une nouvelle vérité (et définitive!) sur l'Eldorado?" Si l'on ne se trouve pas proprement dans un roman de science-fiction à la Aldous Huxley ni semi-prophétique à la George Orwell, l'on se retrouve quand même plongé dans une intrigue à la fois étonnante et inquiétante d'une Guyane et plus largement de l'Amazonie et du monde de 2028, dévorés par la société dite de consommation et les organisations mafieuses. Une façon pour l'auteur de proposer 'un monde possible'' si les bons choix ne sont pas pris par la population guyanaise et les représentants qui, ici, ne sont qu'illusion de pouvoir. Non sans un humour rafraîchissant et une ironie piquante, l'auteur nous livre dans ce roman les charmes d'une nature et la beauté d'un environnement confrontées à la course au profit néfaste des êtres humains… "
Sommes-nous vraiment qui nous sommes?Ce roman, empreint de tendresse et de nostalgie, est l'histoire d'une petite fille qui grandit à la cour Monbruno, dans une Guadeloupe d'antan, entre souvenirs et questionnements. Dans ce milieu défavorisé mais pourtant loin d'être miséreux, l'enfant questionne sa place dans cet univers de lakou ou " quartiers pauvres " dans lequel elle évolue. Progressivement, elle intériorisera les différents éléments qui peut-être constitueront la personne qu'elle deviendra dans le futur…
Un roman. Pas une histoire mais des histoires: une rencontre amoureuse, à Cayenne, de nos jours, écrite par une femme, Hélène. En fait, une histoire à quatre mains, cocasse, surprenante mais harmonieuse, un peu comme une partition de piano. L'écrivain, Claude, écrivant l'histoire d'Hélène qui écrit celle de Marie et de Julien. Chaque écrivain, le réel et le créé vit l'histoire de ses propres désirs… Jusqu'à ce que les récits s'enchevêtrent et que Claude rencontre – ou croit rencontrer – l'un de ses personnages...Vous l'aurez compris, tout cela orchestré par la plume d'un auteur joueur voire taquin qui entraîne ses lecteurs à la découverte d'un tableau à plusieurs lectures pour faire apprécier la notion de désir.
Le prénom de savane flaire bon la campagne, la prairie aux herbes folles et l'originalité; il ignore le monde officiel de l'état-civil. Raymond Boutin s'est servi de cette dualité pour nous livrer un récit dialogué de ses souvenirs d'enfance. Chemin faisant Cyprien son double l'interroge, le relance, le complète, en un mot l'aide à brosser un tableau de la Guadeloupe des années d'après-guerre. Par petites touches sobres il peint la société, ses origines, ses activités, son habitat, sa vitalité, ses travers, ses tensions, la rudesse de ses méthodes éducatives.
Tous les deux nous restituent avec tendresse et humour, la vie d'une époque. Le réveil des habitants, le départ des femmes en direction des champs de cannes, les annonces du garde champêtre, la roublardise des livreurs de pierres, la confection de filets de football par les marins pêcheurs, les tours et détours des chemins d'école, les pratiques politiques, les jeux et amusements des enfants. En tout, un monde de survie avec ses joies, ses élans, ses conflits, ses espoirs et sa foi dans l'avenir.