Ce volume raconte une aventure passionnante, qui commence le 24 juin 1961, quand André Malraux, ministre des Affaires culturelles, inaugure la première Maison de la culture en France, installée dans le musée d'Art moderne inventé par Reynold Arnould, conservateur des musées du Havre. C'est l'amorce d'une citoyenneté culturelle nouvelle, dans le droit fil du Front populaire et des espoirs soulevés à la Libération. La tâche des hommes et des femmes engagés dans ce pari inouï a été immense: concrétiser l'intuition d'André Malraux, " permettre au plus grand nombre possible d'avoir accès aux œuvres de l'esprit ". Artistes, spectateurs, professionnels, élus, nous mesurons tous encore aujourd'hui les effets de cette ambition culturelle. Ce livre fait suite au colloque " Culture et démocratie ", organisé pour fêter le cinquantenaire de la Maison de la culture, et à la parution d'un recueil de photographies de spectacles, 50 ans de création, 50 ans d'émotions, également porté par notre association pour que perdure sa mémoire vive. Visions d'historiens, témoignages d'acteurs de cette histoire, analyses de spécialistes, la juxtaposition de leurs textes, la multiplication de leurs points de vue et angles d'approche font l'originalité de cet ouvrage. Ce parti-pris le rend lisible par tous, jeunes et moins jeunes, car la " culture partagée " concerne la société toute entière. Plus encore, elle est l'un des défis de notre xxie siècle.
" Vous prendrez bien une petite goutte? " Servie au moindre prétexte, l'eau-de-vie de cidre ou " goutte " est traditionnellement distillée par des bouilleurs de cru dans l'Ouest de la France depuis des siècles pour être consommée localement. Pourtant, au cours du XXe siècle elle devient le " calvados ", spiritueux emblématique de la Normandie exporté dans le monde entier. Peut-on expliquer cette métamorphose inattendue? Comment et pourquoi s'est-elle opérée? Pour répondre à ces questions, la démarche retenue est volontairement axée sur le produit, son origine et les moments-clés de son parcours. Fondée sur des sources variées et inédites, elle permet de dégager le rôle que les hommes, les entreprises, l'État mais aussi les marques ou les réseaux jouent dans la construction d'un alcool typique dont l'histoire est méconnue.
Histoire, mémoires et patrimoines de deux régions européennes
Au sortir de la seconde guerre mondiale, le territoire normand et le Land de Basse-Saxe, dont les principales villes ont été sinistrées (Le Havre, Rouen, Caen, Hanovre, Osnabrück, Brunswick. . .), sont confrontés à des défis de reconstruction qui dépassent la seule question de la reconstitution du parc immobilier et des orientations architecturales. Les implications politiques, sociales mais aussi identitaires des choix opérés dans l'après-guerre connaissent des prolongements jusqu'à nos jours, ajoutant à l'histoire des destructions et des reconstructions une dimension patrimoniale et mémorielle.Cet ouvrage franco-allemand et pluridisciplinaire, qui s'inscrit dans la continuité des recherches européennes récentes tout en s'appuyant sur la coopération entre la région Haute-Normandie et le Land de Basse-Saxe, place au coeur de ses approches la représentation de l'espace urbain et son évolution. Abondamment illustré, il s'adresse tant à la communauté scientique qu'à un large public soucieux de connaître et de s'approprier ce patrimoine aux multiples facettes.
Appuyée sur une reconstitution parcellaire d'un espace d'environ sept hectares et sur l'abondante documentation rouennaise, cette étude d'histoire urbaine médiévale porte sur trois paroisses de la ville de Rouen voisines de la cathédrale : les paroisses de Saint-Lô, Notre-Dame-la-Ronde et Saint-Herbland, aux derniers siècles du Moyen Âge. Après une évocation des différentes phases de l'urbanisation de la capitale normande et de ses répercussions sur le secteur étudié, l'auteur s'attache à faire revivre l'habitat et le cadre de vie de ces Rouennais de la fin du Moyen Âge, puis se consacre à l'étude du marché immobilier et enfin à l'évocation des habitants, à leurs activités et à ce que les sources laissent entrevoir de leur existence.Philippe Cailleux, titulaire d'un diplôme d'architecture et d'un doctorat d'histoire, enseigne au collège Saint-Louis de Louviers depuis 1980. Chargé de cours en histoire médiévale à l'université de Rouen de 1998 à 2000, il est chercheur associé au Groupe de recherche d'histoire (GRHis, université de Rouen).
Le quatrième volume de l'Atlas linguistique et ethnographique normand est consacré à la Normandie, soit les cinq départements normands : Eure, Seine-Maritime, Manche, Calvados et Orne (amputée du Perche qui figure dans l'Atlas linguistique de l'Île-de-France et de l'Orléanais) ; il s'inscrit dans une collection riche de plus de 70 volumes publiés qui a pour but de collecter et de décrire les variétés dialectales des régions de France répertoriées par aires géographiques et qui, bien qu'en voie de disparition, sont révélatrices des cultures qui les sous-tendent.
Actes de la table ronde de Eu (Seine-Maritime) - 25-26 novembre 2004
Ce volume issu de la table ronde qui s'est tenue à Eu et qui a réuni professionnels du patrimoine (archéologues, architectes, muséographes, animateurs, etc.) et décideurs (élus et administrateurs) propose, à partir d'études de cas, une réflexion sur la conservation, la valorisation et l'animation, les trois étapes indispensables qui permettent de transformer les vestiges archéologiques en patrimoine et de constituer un lien entre celui-ci et la population.
Dans notre pays de droit et de tradition écrits, le rôle formidable joué par la mémoire orale a trop longtemps été négligé. Aujourd'hui au contraire, on assiste à une inflation du phénomène de mémoire qui rejoint et, parfois même, envahit l'actualité. Les débats récents sur des lois applicables à l'histoire ne sont-ils pas liés à ce développement spectaculaire de la mémoire collective ? Les sciences sociales s'attachent à comprendre le rôle de la mémoire et à aider ainsi le législateur à effectuer certains choix difficiles. En Normandie, comme ailleurs, la culture est plurielle, élaborée grâce à la sédimentation d'apports sociaux et ethniques multiples. La présence de groupes issus d'une immigration plus ou moins lointaine est particulièrement sensible en milieu urbain. Elle est favorisée par la présence des ports et toujours connectée à une demande de main d'œuvre généralement suscitée par les reconstructions et l'aménagement du territoire d'après 1945. Quels rapports entretiennent les membres de ces groupes avec la tradition de leurs pays d'origine ? Quelle est la culture propre aux différents groupes socioprofessionnels ? Existe-t- il une mémoire particulière aux gens de mer, aux ouvriers, aux habitants des différents quartiers, ainsi qu'une manière particulière d'utiliser cette mémoire ? Quelle valeur peut-on accorder à un récit de vie ? Voici quelques-unes des questions qui sont développées dans cet ouvrage, fruit d'une réflexion menée par les deux régions Haute et Basse Normandie lors du colloque sur la mémoire orale.
Théories et pratiques en géographie physique. Hommage au professeur Alain Godard/From Continent to Catchment. Theories and Practices in Physical Geography. A Tribute to Professor Alain Godard
70 collègues, français et allemands, australiens, britanniques, polonais, portugais, québécois, scandinaves ont contribué à la réalisation de l'ouvrage en hommage au professeur Alain Godard. Les contributions s'articulent autour de trois thèmes scientifiques représentatifs de l'itinéraire d'Alain Godard : les socles cristallins, les domaines froids, les bilans d'érosion et rythmes d'évolution.
Table ronde en l'honneur du professeur René Neboit-Guilhot
Géographes, paléoenvironnementalistes, historiens et archéologues se sont réunis, autour de René Neboit-Guilhot, pour revisiter une problématique scientifique qui lui est chère : les rapports complexes et multiformes existant au sein du triptyque société, climat et érosion. L'ouvrage présente cinquante-six contributions regroupées autour de trois questions clefs. La première concerne les difficultés méthodologiques posées par le déchiffrage et l'interprétation des archives sédimentaires comme indicateurs des paléoenvironnements et des paléodynamiques holocènes. La deuxième soulève le problème des dialectiques homme/climat et insiste sur leur inégale perception selon les acteurs scientifiques, les échelles d'analyse et les contextes morphoclimatiques. En troisième lieu, enfin, est proposée une mise au point sur les acquis et les perspectives des recherches géomorphologiques et géoarchéologiques dans le monde méditerranéen.
Le Havre colonial évoque en général le temps du commerce triangulaire. Paradoxalement, l'imaginaire local garde moins de traces des relations plus récentes du Havre avec l'Empire français, de la conquête des années 1880 aux Indépendances de 1960. Le livre explore trois domaines : les échanges maritimes, les entreprises travaillant avec les colonies, les chemins de l'idée coloniale au Havre. Comparé à Marseille ou à Bordeaux, le port du Havre a joué un rôle original dans la captation des produits chers, café, cacao, coton, bois exotiques. Les archives nous révèlent un port avant tout africain et malgache qui prend le relais du Havre antillais. Le prosélytisme des élites, la sociabilité coloniale, l'identité de "port impérial" ont connu leur apogée dans les années 1930. Pourtant, plus colonial que colonisateur, Le Havre n'a pas vécu les indépendances comme un drame.
Durant les années quatre-vingts et au début de la décennie suivante, les territoires des communes de Mondeville, Grentheville, Cormelles-le-Royal et Giberville, dans le Calvados, ont fait l'objet de vastes opérations d'archéologie préventive. Quelques années après la fin des travaux, les résultats acquis sont considérables. En nous permettant de raisonner sur des surfaces de plusieurs centaines d'hectares, les recherches présentées dans cet ouvrage nous autorisent à aborder une véritable archéologie du territoire, depuis la mise en place des premières communautés de paysans jusqu'aux métallurgistes de la fin de l'âge du Bronze et du début du premier âge du Fer, soit sur une période de près de 5 000 ans. Nous voyons des habitants se fixer, évoluer lentement et modeler progressivement l'occupation de la plaine. En mettant en évidence les relations que la Normandie entretient avec l'Armorique, le Bassin parisien et les îles Britanniques, cette étude nous permet de comprendre le développement et la diffusion des différentes cultures régionales et de restituer la pré- et protohistoire de cette partie de la plaine de Caen.
La ville est le lieu de naissance du christianisme ; elle l'a vu ensuite s'épanouir au point de s'identifier à cette religion, dans l'espace qu'il avait conquis. N'a-t-on pas coutume de mesurer les villes au nombre de leurs clochers ? Pourtant cette identification n'a pas été immédiate. Les chrétiens ont d'abord dû se cacher dans la ville avant de pouvoir s'en emparer. À l'inverse, la sécularisation observée depuis le 18e siècle a d'abord concerné les villes (à l'image de Paris), premières touchées par la "déchristianisation", la politique de laïcisation engagée en France à partir de la Révolution visant à faire disparaître précisément toute trace d'identification au christianisme. La ville devenait ainsi un terrain de conflit entre chrétiens et libres-penseurs. Mais le phénomène n'est pas nouveau. Au Moyen Âge, dans les villes divisées entre chrétiens et musulmans, au temps de la Réforme, les luttes ont fait rage pour le contrôle de l'espace urbain. Il en reste des traces innombrables, à commencer par les églises et les temples, les croix, les noms de lieux qui sont autant de signes du lien entre les chrétiens et l'espace urbain. Les études recueillies dans le volume analysent comment se construit l'identité du chrétien dans la ville par l'investissement du territoire urbain par les chrétiens, les pratiques cultuelles propres à la ville, et la place particulière de la paroisse. Complété par une approche historiographique, le livre apporte ainsi une contribution importante sur la place du religieux dans la cité.